La Revue d'Ardenne & d'Argonne, publiée par la Société d'études ardennaises "La Bruyère", offre un aperçu scientifique, historique, littéraire et artistique de la région. Fondée en novembre 1893, la revue paraît mensuellement, formant un volume annuel d'environ 250 pages. L'abonnement est fixé à cinq francs pour tous pays et part du 1er novembre de chaque année.
Un grand nombre de nos compatriotes, principalement des Sedanais, arrêtés par ordre des comités révolutionnaires, étaient enfermés à la prison établie dans les bâtiments de l'ancienne Chartreuse du Mont-Dieu.
Depuis longtemps l'idée était venue aux historiens ardennais de dresser la liste de ces prisonniers.
Charles Pilard, auteur d'une excellente histoire anecdotique de la Révolution à Sedan, a donné les noms des administrateurs de la prison et de soixante-treize Sedanais internés au Mont-Dieu, mais sa liste est incomplète et contient quelques erreurs.
L'historien moderne du Mont-Dieu, l'abbé Gillet, n'a pas cherché à parfaire l'oeuvre commencée ; il se borne à donner des renseignements sur l'administration de la célèbre prison et les destinées des derniers moines.
Lire aussi: Réglementation Airsoft Française
M. Hannedouche, dans son Dictionnaire historique des communes de l'arrondissement de Sedan, à l'article Mont-Dieu, a établi une série de noms qu'il crut complète ; mais en comparant son travail au nôtre, on en verra facilement les lacunes.
Un travail d'ensemble a été présenté au public en 1903 seulement, par M. J. Poirier, mais son livre, qui aurait dû épuiser le sujet (autant qu'un sujet peut être épuisé), trompa absolument l'attente des hommes compétents.
Nous avons déjà signalé dans une courte note bibliographique ses défectuosités : double et même triple emploi du même nom sous des formes différentes, répétition de certains noms de femmes sous leur prénom, citation de nom d'un homme qui n'était pas né, omission de plusieurs noms et de la plus grande partie de la lettre V.
Tout cela dénotait un travail hâtif et imparfait.
Ayant entrepris, pour notre usage personnel, un travail de rectifications, devions-nous nous borner à communiquer au public le fruit de nos recherches?
Lire aussi: Association Sportive : Guide Complet
Nous avons pensé qu'il était plus simple de rééditer la liste complète des prisonniers du Mont-Dieu.
Grâce au concours d'un historien local, savant et modeste, dont nous avons le regret de devoir taire le nom, nous espérons que notre oeuvre sera moins imparfaite que celle de nos prédécesseurs.
Ajoutons que nous avons puisé nos renseignements à des sources multiples, dans les différentes archives révolutionnaires du département, des communes, du greffe du tribunal civil de Sedan, dans les états civils.
Malheureusement n'existent pas aux Archives Départementales tous les documents qui devraient y être.
Les sources directes de notre travail ont été :
Lire aussi: En savoir plus sur l'ATR
Nous avons laissé de côté quelques noms donnés par M. Poirier, qui ne figurent pas sur les listes Duvivier et X ... et dont l'authenticité n'est pas établie.
Cependant, pour être complet, - autant que possible, - nous donnerons en appendice ceux des noms qui ne font pas double emploi, et ce sans garantie.
Il ne nous paraît pas utile de refaire, même en abrégé, l'histoire de la Chartreuse du Mont-Dieu, pas plus qu'il n'entre dans le cadre du présent travail d'exposer l'action des comités révolutionnaires, pourvoyeurs de la célèbre prison.
Au contraire, nous donnons quelques renseignements biographiques sur les personnages qui ont constitué l'administration et la garde de la maison de détention du Mont-Dieu, depuis le 22 septembre 1793, date à laquelle l'administration érigea la célèbre abbaye des Chartreux en prison politique.
Ces renseignements sont tirés en partie de la correspondance personnelle de Bouché l'aîné, commandant du Mont-Dieu, de l'acte d'accusation dressé contre les terroristes ardennais, par Pauffin-Tiercelet, en exécution du décret de la Convention du 6 prairial an III (25 mai 1795), et des actes de l'état civil de Sedan.
Jean Roland Boudsocq naît le 2 juin 1705 à La Romagne. Il est le quatrième enfant du couple formé par Henry Boutsocq et Jeanne Dehaulme. Il est baptisé par le prieur curé du village, Louis Potin, qui officie dans la paroisse Saint-Jean de La Romagne depuis mai 1704. La Cense Boudsocq est actuellement un lieu-dit (petite métairie ou ferme isolée) situé dans la commune de Rubigny (Ardennes). L’absence d’acte de mariage fait que la filiation des parents ne peut être attestée avec certitude. Sont-ils des descendants de la famille Boudsocq qui a donné son nom à une cense proche de La Romagne ? Le sont-ils de ceux qui ont essaimé dans les villages voisins ? L’aînée des enfants est une fille, Jeanne, née certainement en décembre 1700.
Seul apparaît dans ces derniers un Jacques Boudsocq, qui se révèle être né à Rocquigny et marié en 1713 à La Romagne. Cependant, une preuve de son existence et de son changement de vie apparaît en 1729, lorsqu’il est répertorié sur l’île Bourbon. Qu’a-t-il ressenti en entreprenant un aussi long voyage ?
Selon les règles de la navigation à voile de l’époque, et le lieu de destination, le voyage peut prendre des mois, voire un an pour les destinations les plus lointaines.
L’île Bourbon est une terre volcanique située au cœur de l’océan Indien. Elle est dominée par deux sommets majeurs : le Piton des Neiges et le Piton de la Fournaise. Ces forêts varient selon l’altitude et abritent des essences spécifiques telles que les tamarins, les calumets de Bourbon et les fougères arborescentes. Cette île fait partie de l’archipel des Mascareignes, nom donné en l’honneur du navigateur portugais Pedro Mascarenhas.
Jacques Pronis, agent de la Compagnie française d’Orient (1642-1664), créée par Richelieu, fonde la colonie de Fort-Dauphin à Madagascar, qu’il gouverne. Ses manières de faire provoquent la colère et la révolte de certains colons. Ces derniers, présents sur l’île Mauritius, l’abandonnent en 1715, si bien que les Français la récupèrent au nom du roi de France et s’y installent. Elle fait construire par des esclaves, qui viennent majoritairement de Madagascar, des habitations en bois, des magasins, des entrepôts, des bâtiments administratifs, etc.
Vers 1715, la Compagnie est rattachée à Fort-Dauphin. Ces pouvoirs qui lui sont attribués s’étendent de l’Afrique (jusqu’à Madagascar) à la Chine. Ils sont abolis en 1764, lors de la rétrocession de l’île au roi de France. Dès 1769, le commerce privé s’empare du négoce de l’Océan Indien, et ce jusqu’en 1785. Elle fournit aux colons des terres à mettre en valeur, sous forme de concessions. Celles-ci sont soumises à des impôts (cens, « lods et ventes », etc.). Au départ, elles s’étendent sur plusieurs centaines d’hectares.
Au début du XVIIIe siècle, la Compagnie développe la culture du café. Elle s’occupe de la fourniture des plants, qu’elle achemine. Elle impose, par une ordonnance de 1724, la culture d’au moins deux cents pieds par habitation se lançant dans cette production. Elle gère ensuite la commercialisation d’autant qu’elle dispose du monopole pour la France. La compagnie prend pour nom celui de Compagnie perpétuelle des Indes (1719-1769) jusqu’à sa rétrocession.
Des règlements régulièrement promulgués durcissent les sanctions (« fers à un pied », flétrissure sur une ou deux épaules, fouet, patrouille de recherches nocturnes). Des récompenses (en espèces ou sous la forme du don d’un esclave) sont accordées aux « chasseurs de marrons ».
Administrativement, entre 1735 et 1746, l’île Bourbon est dirigée par un commandant subordonné au gouverneur général résidant à l’île de France. Il est accompagné d’un Conseil supérieur, sorte de corps administratif et d’assemblée de marchands. Comme le nombre de soldats entretenus par la compagnie est insuffisant, chaque quartier, que ce soit Saint-Paul, Saint-Pierre, Saint-Denis a une milice composée de deux classes : les colons, et un groupe statutaire composé d’affranchis et de descendants d’affranchis.
Lors de son arrivée, Jean Roland Boudsocq peut constater que la population originaire du territoire métropolitain est moins importante que celle des esclaves. Son mariage avec une créole, Marie Anne Gruchet, peut s’expliquer par les relations qui ont pu exister entre lui et Jean Gruchet, son beau-père.
Jean Gruchet est né vers 1666 à Lisieux. Il est mort le 8 juillet 1744 à Saint-Paul. Jean Gruchet séjourne à Saint-Paul à partir de son mariage le 28 juillet 1692 avec une jeune créole, Jeanne Bellon (née le 4 novembre 1676 à Saint-Paul, mort le 30 mai 1729 à Saint-Paul). Totalement illettré, Jean Gruchet est décrit comme un homme plutôt sobre, qui ne joue pas, et un travailleur acharné, selon Antoine Boucher.
Il obtient, en 1720, la concession de trois terrains à la « montagne Saint-Paul », chacun d’entre eux jouxtant des propriétés appartenant aux sœurs de sa femme. Le premier se situe en hauteur, à côté d’une forêt de bois de fer, le deuxième est au milieu, et le troisième en bas, à proximité de pignons d’Inde. Ils longent également d’un autre côté un massif de bois rouge et, plus bas, de bois jaune.
Le salon de l'arme ancienne et du militaria est un événement qui attire de nombreux passionnés d'histoire et de collectionneurs. Cependant, en raison des circonstances actuelles, de nombreux événements ont été annulés ou reportés.
Les champs de bataille de trois guerres modernes (1870, 1914-1918, 1939-1945) ont laissé des quantités incalculables de munitions innovantes, performantes, perforantes, insidieuses et polluantes. Le Nord-Pas-de-Calais, la Lorraine, la Champagne-Ardenne, l’Ile-de-France, la Picardie, l’Alsace et la Franche-Comté sont des terroirs de guerre superposées.
Dans le nord et l’est de la France, un milliard d’obus de tous calibres équivalant à 15 millions de tonnes de métaux ont été tirés entre 1914 et 1918. Un quart de ces obus n’ont pas explosé et 6% contenaient des gaz de combat. Pendant la Seconde Guerre mondiale, 1.700 communes françaises ont été bombardées. 14% des bombes anglaises et 16% des bombes allemandes n’ont pas explosé et ont pénétré pour la majorité d’entre elles jusqu’à 4 mètres de profondeur, pour 20% jusqu’à 6 mètres, pour 10% jusqu’à 7 mètres et 1% au-delà de 9 mètres de profondeur.
Dans les 7 régions du nord et de l’est de la France, 25 millions de personnes vivent et travaillent sur un sol truffé de munitions non explosées ou cachées et morphologiquement déformé par les cratères, les boyaux, les sapes, les tranchées, les trous de bombe, les cratères, les entonnoirs de mines.
En avril 2007, deux démineurs de la Sécurité civile de Metz ont été tués dans l’explosion du dépôt de vieilles munitions de Ressaincourt. Ils étaient en train de manipuler des obus datant de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.
Près de Verdun, dans les forêts de chênes, des taux considérables d’arsenic ont été repérés par des universitaires allemands là où des obus chimiques ont été détruits par incinération au lieu-dit La Place à Gaz. Les composés d’arsenic ont été utilisés par les troupes françaises dès 1915. Ils rentraient dans la composition du phosgène et dans la composition d’une autre arme chimique à base d’acide cyanhydrique. A partir de septembre 1917, les troupes allemandes ont utilisé des obus à l’arsenic.
Le gibier et les produits végétaux issus des forêts de guerre peuvent être pollués par le plomb, d’autres métaux et des composés chimiques. Les munitions chimiques ne sont pas les seules à polluer. Dans le nord de la France, les concentrations élevées de sels de perchlorate dans l’eau du robinet sont attribuées aux effets différés des munitions enfouies dans les sols.
C’est un perturbateur endocrinien. Avant de parvenir au robinet et d’être consommés, les sels de perchlorate polluent les masses d’eau souterraines. Les autres munitions dégradées et rouillées ou leurs fragments enfouis dans le sol contiennent des explosifs ou des résidus d’explosifs comme le trinitrotoluène (TNT), le dinitronaphtalène et le trinitrophénol ou acide picrique.
En cours de dégradation, ils libèrent dans l’environnement des substances toxiques, écotoxiques, herbicides, insecticides, biocides, solubles dans l’eau. Il ne faut pas oublier le mercure. Un seul détonateur d’obus de la Première Guerre mondiale contenait 2 grammes de mercure.
Elles décrivent l’extinction des salamandres, la raréfaction et la recolonisation très lente par les tritons, les crapauds, les grenouilles et les reptiles. Les mêmes études, sans démontrer une corrélation formelle avec l’usage des gaz de combat autour de Verdun, constatent des anomalies génétiques et des variations importantes de couleur dans plusieurs espèces et stations végétales.
Les naturalistes luxembourgeois estiment que « la Zone Rouge de Verdun n’est pas sans rappeler l’exemple souvent cité de l’île de Guam dans l’archipel des Mariannes où la dizaine d’espèces de l’avifaune endémique avait survécu au bombardement de l’île pendant la Seconde Guerre mondiale et fut décimée plus tard après l’introduction du serpent brun importé d’Australie pour éliminer les rats de plantation ».
L’Association des Botanistes Lorrains souligne que les plantes obsidionales arrivées dans la Zone Rouge de Verdun sont en quelque sorte des invasives.
Au cours de la Première Guerre mondiale, 112.600 tonnes de munitions chimiques ont été employées. C’est la pire des armes chimiques utilisées pendant 14-18. Elle est insidieuse. Ses effets toxiques persistants se déclarent plusieurs heures après l’exposition et vont en s’aggravant.
L’ypérite est soluble dans les graisses et poursuit sa migration dans l’organisme. Elle détruit les muqueuses, peut aboutir à la cécité et à la mort. C’est un liquide huileux, incolore à jaune brunâtre, dégageant une odeur apparentée à la moutarde ou à l’ail. Cette signature olfactive est le premier moyen d’en soupçonner la présence dans un engin de guerre abandonné ou autour.
A faible concentration, son odeur est plutôt agréable. Elle s’apparente à celle du foin frais. Les symptômes apparaissent plusieurs heures après l’inhalation. Ça commence par de l’essoufflement, de la toux, se poursuit par des vomissements et des douleurs thoraciques, une asthénie extrême, une désorientation totale et ça se finit dans les cas les plus graves par la mort. Les doses sub-létales peuvent provoquer des pneumonies plusieurs mois après l’inhalation.
Le phosphore s’enflamme au contact de l’air et brûle à des températures très élevées, de l’ordre de 1.300°C. La combustion du phosphore produit une flamme éblouissante et une épaisse fumée généralement blanche. Les fumées de trioxyde de phosphore sont toxiques et corrosives. Les brûlures sont très douloureuses.
Après la Seconde Guerre mondiale, des munitions au phosphore blanc ont été immergées en Mer Baltique. Les années suivantes, des résidus de phosphore étaient ramenés par les courants et les vagues sur les plages. Ils étaient ramassés par des pêcheurs à pied qui à tort croyaient pour leur plus grand bénéfice ramasser de l’ambre.
La Franche-Comté comprend les départements du Doubs, de Haute-Saône et du Territoire de Belfort qui dépendent du centre de déminage de Colmar et du département du Jura qui dépend du centre de déminage de Lyon.
Le gouffre de Jardel sur la commune de Chaffois dans le Doubs contient 3.000 t de munitions conventionnelles jetées après la guerre de 14-18. A la fin du 19ème siècle, il a servi de cimetière à des milliers d’animaux morts du typhus ou d’autres maladies. Le gouffre est ponctuellement visité par les services de la sécurité civile. Cette surveillance peu rapprochée vise à observer l’évolution des munitions et à évaluer les risques de pollution de la rivière souterraine qui passe au fond du gouffre.
tags: #association #ardennes #poudre #noire #napoleon #historique