Bruce lit a ceci de formidable, qu’il permet d’écrire sur des sujets plutôt incongrus mais passionnants. L'arc est une arme de plus en plus présente dans la culture populaire, au point que le nombre d’adhérents à cette discipline est en constante augmentation, de nombreux archers s’y mettant suite à la lecture d’un livre ou au visionnage d’un film dont le héros ou l’héroïne avait choisi l’arc comme arme de prédilection.
Présent dans la plupart des sociétés depuis la préhistoire, l’arc est une arme à haute valeur symbolique, souvent exploitée dans les mythologies et les religions (les récits mythologiques étant à l’origine des histoires contemporaines). Dans les récits anciens occidentaux l’arc semble avoir une symbolique ambigüe, équivoque. Chacun sait que l’un des attributs d’Apollon, célèbre dieu de la beauté et des arts, est un arc qui répand la peste (que le dieu peut ensuite guérir).
Or, le Saint-Patron des archers, Saint-Sébastien, toujours fêté dans les compagnies d’arc les plus traditionnelles, a été criblé de flèches par ses archers alors qu’il soutenait les chrétiens de son armée. Et pourtant, Saint-Sébastien est lui-même…invoqué pour guérir de la peste. Arme de jet, symbole de la mort qui se répand à distance, contrairement au glaive, bien plus noble, qui oblige le guerrier à s’approcher au maximum de sa victime pour lui donner la mort, avant de la regarder dans les yeux voire de la toucher (et donc, de risquer sa vie), l’arc est une arme perfide.
N’est-ce pas le signe que cette arme est source de contradiction, de ruse et de perfidie? Mais en vérité, les armes de jet en général ont beau être largement utilisées dans toutes les cultures à travers l’histoire, elles ont une très mauvaise connotation dans les cultures occidentales. C’est encore avec une flèche (ou une sorte de javelot, selon les versions) que Höd, fils aveugle d’Odin dans la religion nordique et influencé par le perfide Loki, tue son frère Bladr.
Au Moyen-Âge, malgré l’avantage du « longbow » (arc anglais de deux mètres de haut) contre les ennemis des Anglais (Gallois, Ecossais puis la France durant la guerre de Cent ans) l’arc reste l’arme non-noble par excellence. L’arc est l’antithèse du modèle chevaleresque : son utilisation est massive, le recrutement s’opérant jusque chez les roturiers, contrairement à la chevalerie qui n’intègre que l’élite, la noblesse; l’archer tue de loin, contrairement au chevalier qui prouve sa valeur en risquant sa vie au combat rapproché. Le pape tente à plusieurs reprises d’interdire l’arme (ainsi que l’arbalète) comme au concile de Latran de 1139.
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L’arc de Robin, c’est également le symbole de la ruse. Ce symbole suivra l’arme jusqu’à la culture populaire de nos jours. Robin le renard, dont on apprécie la fourberie touchante, tout comme l’arc vicieux nous attire. Si la ruse est le cliché le plus marquant sur l’arc, d’autres ont la vie dure. Une vue perçante serait par exemple l’atout indispensable pour tout bon archer.
Et Le cinéma reproduit en effet les préjugés que la population entretient avec le tir à l’arc. Dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, Legolas (et l’ensemble des elfes) possède une vue hors du commun, et quelle est son arme favorite? Un arc. D’ailleurs dans les films de Peter Jackson, Legolas n’a pas un geste très « beau » en terme de technique et donc, malgré sa vue perçante, il tire en réalité très mal. La visée n’est que secondaire, et est très facile à maîtriser.
De rares films montrent un geste réussi et respectueux de la réalité, comme dans HUNGER GAMES, qui a par ailleurs entraîné une forte augmentation du nombre de pratiquantes du tir à l’arc dans les pays occidentaux. Errol Flynn, ce diable charmeur et meurtrier, opportuniste et génial, maîtrise son arc en Robin des Bois comme jamais un autre acteur ne le fera, supervisé par Howard Hill, un véritable champion de la discipline.
Ce sera sans doute l’une des rares fois où l’on verra, au cinéma, le tir à l’arc respecté. Mais le plus bel exemple que j’ai pu voir en tant qu’archère amatrice de BD est une couverture de HAWKEYE : MA VIE EST UNE ARME, par David Aja. Lauréat du prix Eisner pour ses couvertures de ce super-héros, l’artiste a dû s’intéresser au tir à l’arc de très près afin d’illustrer l’essence même de la technique idéale de l’archer.
Aujourd’hui, grâce à sa présence dans de nombreuses œuvres populaires, l’arc bénéficie d’une excellente image auprès du public. Il a toujours l’image du personnage rusé, intrépide et rebelle, mais au sens positif. C’est une arme peu commune, choisie par des individus aux personnalités marginales. C’est le cas de l’héroïne du film REBELLE, dont le titre équivoque ne laisse pas de place au doute. Le parallèle avec Robin des bois est ici évident, tout comme il l’est pour le personnage de comics Green Arrow, fils de riches entrepreneurs qui choisit l’action sociale et politique de gauche à travers sa couverture super-héroïque, brandissant son arc comme Robin le faisait.
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Quant à Katniss Everdeen, l’héroïne de HUNGER GAMES, elle maîtrise l’arc car il est l’arme du silence, de la ruse et de la « sauvagerie », donc de la rébellion. Elle subit le désintéressement et la moquerie de la part des juges, car elle doit prouver sa maîtrise d’une arme aux marges de sa catégorie.
L’usage de l’arbalète n’est pas en reste, puisqu’elle ressemble, dans l’imagerie commune et dans sa symbolique, à l’arc (mais se rapproche en réalité davantage du pistolet dans sa technique). Elle relève donc des mêmes significations dans la fiction populaire. De Guillaume Tell à Daryl Dixon dans la série TV WALKING DEAD, l’arbalète est l’arme du rebelle.
Le cas de de Daryl Dixon est intéressant : un homme abimé par la vie, incapable de contrôler ses nerfs, bourru, mutique et indomptable, mais au grand cœur et à l’idéal d’un justicier, son arbalète ne le quitte jamais et lui permet de chasser gibiers, morts-vivants et humains dangereux. Une arme redoutable, précise et silencieuse, peu courante mais utile en cas de danger : tout à l’image de son propriétaire.
Une arbalète peut être considérée comme un arc horizontal monté sur une crosse et utilisé pour tirer des flèches. On pense que les premières arbalètes ont probablement été inventées dans l’un des états de la Chine primitive ou dans les régions voisines d’Asie centrale, aux alentours de 400 avant J.-C. De nos jours, l’arbalète est utilisée pour la chasse ou en tant que sport et loisir.
L’arbalète en tant que loisir gagne de plus en plus en popularité et rassemble une communauté d’amateurs grandissante. Tout le monde, ou presque, connaît Guillaume Tell. Ce personnage de l’histoire suisse symbolise le courage civil et l'aspiration à la liberté. Ce dernier est connu pour avoir tiré un carreau à l’aide d’une arbalète au milieu d’une pomme posée sur la tête de son fils.
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La légende raconte que Guillaume Tell serait originaire de Bürglen, un village du canton d’Uri. Il aurait été un bon chasseur, un père de famille aimant et un excellent arbalétrier. C’est le 18 novembre 1307, que son histoire débute. Guillaume Tell ignore le chapeau impérial placé sur un mât et continue son chemin.
Le jour suivant, il est convoqué sur la place pour se justifier de son acte devant tous, car quelques mois auparavant, le bailli Gessler (l’administrateur local des Habsbourg) avait fait placer un chapeau sur un mât de la place comme symbole de l’autorité impériale. En passant devant ce dernier, les gens devaient faire une révérence, faute de quoi ils risquaient la mort ou la confiscation de leurs biens. Mais Guillaume Tell ne s’était pas soumis au rite, alors il est convoqué.
Avec son arbalète, Guillaume Tell doit transpercer une pomme placée sur la tête de son fils. Il réussit le défi mais se fait arrêter pour dissimulation d’un second carreau sous ses habits qu’il réservait à Gessler au cas où l’épreuve tournait mal. Alors qu’il est amené en barque vers la prison, survient une tempête. Ses gardiens libèrent Guillaume Tell de ses liens pour qu’il les aide.
Arrivé près du rivage, Guillaume Tell parvient à s’enfuir. Le troisième jour, Guillaume Tell se cache derrière un arbre sur une route reliant le Gothard à Zurich. La légende se finit ainsi, sans plus, ni moins de détails. Ce mythe inspira durant des siècles, d'innombrables artistes suisses et bien au-delà des frontières helvétiques. A titre d’exemple, le peintre espagnol Salvador Dalí, a réalisé un tableau intitulé Guillaume Tell en 1930.
Le peintre suisse Ferdinand Hodler à, quant à lui, peint le portrait de cet arbalétrier hors pair en 1897. Un théâtre en son nom a aussi été écrit en 1804 par le poète allemand Friedrich von Schiller. Voici quelques exemples parmi tant d’autres, d’œuvres qui racontent la légende de ce personnage mythique.
Mais qu'en est-il de la véracité historique de ce récit? Rien ne prouve que ce dernier ait existé. Car maintes recherches ont été entreprises par des historiens, en vain. De plus, Roger Sablonier historien médiéviste, explique dans un livre publié en 2008 en allemand que l’histoire de Guillaume Tell relate plus d’un mythe que de la réalité.
Léonard de Vinci, figure emblématique de la Renaissance, était bien plus qu'un simple artiste. Tour à tour peintre, ingénieur, musicien et inventeur, il a marqué son époque par son esprit visionnaire et sa capacité à concevoir des machines extraordinaires, souvent en avance sur leur temps. Parmi ses nombreuses inventions, l'arbalète géante se distingue comme un exemple fascinant de son génie militaire et de sa compréhension des principes mécaniques.
L'histoire de l'arbalète géante est intimement liée à Ludovico Sforza, un prince italien de la Renaissance désireux de moderniser son armée et d'étendre son influence sur la région de Milan. Bien qu’il n’existe pas de date exacte pour le dessin de l’arbalète géante, il est pensé qu’elle a été terminée entre 1483 et le début des années 1490. Généralement, plusieurs érudits conviennent que Léonard de Vinci a fini l’illustration à Milan.
L'inspiration pour une telle arme trouve probablement sa source dans le fait que Léonard de Vinci a grandi dans une Italie du XVe siècle constamment déchirée par les guerres entre les cités-États. Témoin de ces conflits incessants, il consacra énormément de temps et d'efforts à concevoir des inventions capables de protéger ses concitoyens, mais aussi de nuire à leurs ennemis. L'arbalète géante s'inscrit parfaitement dans cette logique. Sa taille imposante était destinée à semer la panique et la peur chez l'ennemi, dans le but de le dissuader d'attaquer. Elle a servi pour tirer des bombes et des pierres et était principalement utilisée pour intimider.
Bien que l'arbalète existât déjà avant l'intervention de Léonard de Vinci, sa conception a permis de faire évoluer considérablement cette arme. Si une arbalète est construite avec un manche plus étroit et un boulon conique ajustant l’encochage des flèches, cela améliore énormément le flux d’air de l’arc et la traînée sur les flèches. Ce qui permet à l’arbalète de fonctionner plus efficacement et de disposer d’une visée plus précise.
Les mathématiques qu’il a utilisées pour concevoir son invention d’arbalète géante étaient très évoluées malgré des inexactitudes actuellement connues avec les connaissances d’aujourd’hui de la conception et de la géométrie. Toutefois, Léonard de Vinci a été le premier ingénieur moderne à essayer d’appliquer les mathématiques géométriques des lois du mouvement à la conception des machines.
Mécaniquement, la barre de l’arbalète à tir rapide était divisée en deux pièces de bois empilées fixées ensemble à l’avant par une charnière et fixées en place à l’arrière par un loquet à ressort. En appuyant sur un interrupteur sur le côté de la barre afin de libérer le loquet, l’utilisateur rabat la moitié inférieure de la barre vers le bas.
Bien que Léonard de Vinci n'ait jamais construit l'arbalète géante à taille réelle, des prototypes ont été réalisés à partir de ses dessins. En 2013, après la construction d’un prototype, le premier modèle de travail est sorti en 2015 durant une démonstration au Castello Sforzesco de Milan.
Toute sa vie, il a consigné ses observations, ses inventions et ses réflexions dans ses carnets. De l'arbalète géante à la rôtissoire automatique, de la machine volante au tuba, Léonard de Vinci était un inventeur de génie, souvent en avance sur son temps.
Il n’est pas sûr que le projet technique, tel qu’il apparaît dans les dessins de Léonard de Vinci, vise nécessairement une réalisation - c’est pourquoi il y a toujours eu quelque chose d’un peu vain dans l’entreprise de construction de maquettes selon les présentations de machines dans les Carnets - il manifeste bien souvent une appropriation du monde sur un mode poétique autant que technique, par entrelacement des deux. En effet, pour Léonard de Vinci, il s’agit de saisir les flux : ceux qui animent le monde des fluides, de l’écoulement des eaux aux mouvements des fumées et de l’air autour des ailes artificielles. Dans l’univers de Léonard de Vinci tout est mouvement.
Léonard de Vinci est l’un des artistes les plus célèbres de l’histoire. Il a envisagé de nombreuses inventions bien avant que la technologie ne les créent réellement. Nombre de ses conceptions allant de l’hélicoptère aux véhicules blindés, calculateurs, combinaisons de plongée et aux robots ne sont jamais arrivées au bout, de son vivant.
L’une des inventions les plus fameuses de Vinci est la machine volante, bien qu’elle consistait en fait en différents modèles, principalement basés sur le vol des chauves-souris, des cerfs-volants et des oiseaux. Beaucoup des inventions de Vinci tournaient autour de l’armurerie et des machines de guerre, probablement du fait qu’il recevait ses fonds du duc de Milan, responsable de la défense de Milan contre les Français.
Alors que Léonard de Vinci travaillait à Venise, il a conçu le modèle d’une combinaison de plongée primitive, destinée à être utilisée pour détruire les vaisseaux ennemis entrant dans les eaux vénitiennes. L’étude de l’anatomie humaine de Léonard de Vinci l’a mené à la conception de l’un des premiers robots humanoïdes connus de l’histoire.
L’arbalète telle que la décrit Dante dans La Divine Comédie est -pour son époque- une arme relativement récente. Marco Scardigli indique qu’elle a sans doute été utilisée d’abord sur les bateaux «où les questions de transport et poids importaient peu, alors que la puissance et la précision de tir étaient essentielles pour frapper d’un bateau à l’autre».
Assez rapidement, au début du XIIe siècle, l’arme s’imposera sur terre également, car elle permettait à des soldats peu formés de devenir d’efficaces combattants en raison de la précision et de la force du carreau ainsi que de la distance qu’il pouvait atteindre. Ce déséquilibre (un carreau pouvait percer une armure) conduisit les nobles à faire pression sur l’Église pour obtenir l’interdiction de cette arme. Elle y prêtera une oreille attentive et l’interdira lors du IIe Concile du Latran en avril 1139.
Techniquement, une arbalète est un arc, la seule différence étant que la tension de la corde est assurée par une pièce rigide, l’arbrier. Le mécanisme qui permet de libérer le carreau, appelé la “noix”, est relativement simple et robuste. L’intérêt est multiple. L’arbalétrier, une fois la corde tendue n’a plus d’effort à fournir et peut donc se concentrer sur sa cible.
Depuis sa Toscane natale jusqu’à sa mort au Clos Lucé le 2 mai 1519, Léonard de Vinci tente de percer les secrets de la nature et de la physique qui servent de fondement à ses travaux. Peindre au plus près de la réalité, c’est la devise du Maître. Pour cela, il étudie l’anatomie humaine et animale en pratiquant la dissection.
Loin de se limiter aux traditionnelles théories des proportions, illustrées pourtant par son emblématique « Homme de Vitruve », Léonard pense toujours ses modèles de façon fonctionnelle et de l’intérieur. Il n’en saisit que mieux les mouvements, la force et, pense-t-il, l’âme des créatures qu’il représente.
Léonard est passionné de sculpture car la réalisation de chaque œuvre représente un véritable défi technique. Sa plus belle sculpture aurait dû être celle d’un cheval en bronze de huit mètres de haut en l'honneur de Francesco Sforza, fondateur de la dynastie. Bien que Léonard de Vinci ait résolu les nombreux problèmes de conception, ce projet ne verra pas le jour car Ludovic Sforza décide de consacrer le bronze nécessaire à la fonte des canons pour défendre Milan à l’approche des troupes françaises de Louis XII.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1452 | Naissance de Léonard de Vinci en Toscane. |
| 1467 | Il entre dans l’atelier d’Andrea del Verrocchio à Florence. |
| 1482 | Il se rend à Milan pour servir Ludovic Sforza. |
| 1503 | Il commence à peindre La Joconde. |
| 1519 | Décès de Léonard de Vinci au Clos Lucé. |
L'arc est donc une arme bien particulière dans l’univers fictionnel. Lourd de symboles plus ou moins explicites, il bénéficie aujourd’hui d’une aura spécifique, malgré (ou sûrement à cause de) une présence toute relative à côté des armes à feu. Un héros doté d’un arc apparaît comme quelqu’un de singulier, habile, rusé, marginal.
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