L'artère fémorale est le principal vaisseau de la cuisse. Elle fait suite à l'artère iliaque externe au dessous du ligament inguinal. Par sa branche profonde, elle apporte du sang oxygéné aux muscles de la cuisse.
L'artère fémorale se situe au niveau de la cuisse. Elle débute au pli de l’aine, dans une zone que l’on appelle le triangle fémoral. Il est possible de la palper à la face interne de la cuisse dans sa région supérieure au niveau du pli de flexion de la cuisse à mi distance entre l'épine iliaque antéro postérieure et l'épine du pubis.
La disparition de ce pouls à l'examen signifie que l'artère iliaque externe ou l'artère iliaque primitive sont bouchées. L'accès facile à l'artère fémorale par la palpation en fait un accès pour explorer le système artériel profond et en particulier l'aorte.
Comme toutes les artères, la fémorale transporte le sang riche en oxygène et en nutriments du cœur vers les organes, les muscles, mais aussi la peau, les os et les nerfs de tout le corps. Elle assure le passage du sang de l’abdomen vers chaque jambe.
L’artère fémorale sert aussi de point d’accès privilégié pour de nombreuses interventions médicales. Pourquoi elle ? Parce qu’elle est facile d’accès, de bon calibre, et qu’on peut la palper dans l’aine.
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Mais ces procédures ne sont pas sans risque : « Les ponctions artérielles peuvent se compliquer de la survenue d'un "faux anévrisme" (hématome alimenté par la persistance d'une "fuite" au niveau de la ponction artérielle au retrait du cathéter) ou une dissection (passage anormal de sang dans la paroi de l'artère à la suite d'un traumatisme de la paroi lors de la navigation dans l'intérieur des artères) voire d'une oblitération d'une artère (thrombose) », prévient le Dr Diard.
Comme toutes les grandes artères, l’artère fémorale peut être atteinte par des pathologies plus ou moins rares. L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs est la maladie la plus courante de l’artère fémorale.
« C’est la branche superficielle qui est la plus exposée aux pathologies, notamment à la maladie athéromateuse (l’accumulation de "graisses" dans les parois des artères donnant naissance à des plaques d’athérome qui obstruent progressivement les artères) », précise le Dr Diard. « Cette maladie est commune à tous les territoires artériels. De fait, la découverte d’athérome sur l’artère fémorale incite à rechercher d’autres localisations, en particulier au niveau des artères du cœur et du cerveau.
L'artérite des membres inférieurs donne une réduction du calibre des artères qui vascularisent les membres inférieurs. L'athérome, responsable de dépôts de cholestérol dans les parois des artères en est la cause. Il en résulte une réduction de l'apport en sang oxygéné qui se manifeste d'abord à l'effort par des douleurs dans le mollet.
L'occlusion aiguë de l'artère fémorale est une situation plus rare mais beaucoup plus grave. Parfois, l’obstruction de l’artère fémorale se fait brutalement, à cause d’un caillot. On parle alors d’ischémie aiguë du membre inférieur, c’est une urgence de prise en charge chirurgicale.
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Ces traumatismes peuvent provoquer une plaie ouverte de l’artère, entraînant une hémorragie, mais aussi une dissection artérielle.
Les anévrismes fémoraux sont des dilatations anormales et localisées de l’artère, plus souvent à proximité du genou. Ils peuvent passer inaperçus pendant longtemps, jusqu’au jour où la sédimentation qui s’installe au sein de l’anévrisme finisse par occlure brutalement l’artère.
Les dissections artérielles surviennent quand la paroi de l’artère se déchire et qu’une partie du sang dans un faux chenal dans l’épaisseur de la paroi, qui peut comprimer le chenal habituel, et bloquer la circulation.
Les infections artérielles (ou artérites infectieuses). Ce sont des infections exceptionnelles, mais redoutables.
Tout commence par un examen clinique. Le médecin va palper le pouls au niveau de l’aine : s’il est faible ou absent, cela peut signaler un problème de circulation artérielle en amont. Mais pour en savoir plus, il faut recourir à des examens d’imagerie.
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L’écho-doppler est l’examen de première intention. Non invasif et indolore, il permet de visualiser et d’analyser en temps réel le flux sanguin dans les artères. Il peut détecter un rétrécissement (sténose), une occlusion (thrombose) ou un anévrisme (dilatation localisée du vaisseau).
« Ces techniques ne sont pas utilisées pour poser un diagnostic, car elles ne permettent pas d’apprécier les modifications hémodynamiques (contrairement à l’écho-doppler). Elles offrent en revanche des images très détaillées du réseau artériel, utiles à la prise de décision de l’opérateur en cas de traitement des lésions.
L’angioscanner expose les patients aux effets des rayons X et du produit de contraste à base d’iode, ce qui peut exposer à une dégradation de la fonction rénale ou des allergies. L’IRM n‘expose pas à des rayons ionisants mais à des champs magnétiques, ce qui peut poser des problèmes chez les porteurs de prothèses.
Plus invasive, elle est réservée aux cas complexes et uniquement en vue d’une intervention.
Le symptôme le plus fréquent d’une atteinte de l’artère fémorale, c’est ce qu’on appelle la claudication intermittente. À partir d’un certain degré de réduction du calibre d’une artère, le débit diminue et les muscles de la jambe reçoivent moins d’oxygène, surtout à l’effort car dans cette situation les besoins en oxygène des muscles sont accrus.
Des nécroses : des zones de peau ou de tissu qui meurent, surtout au niveau des extrémités (orteils).
Bonne nouvelle : oui, il est tout à fait possible de prévenir les atteintes de l’artère fémorale. Et cela passe avant tout par une bonne hygiène de vie. « Le principal facteur de risque pour les artères des jambes, c’est le tabac », rappelle le Dr Diard.
Arrêter de fumer : c’est une mesure essentielle pour protéger ses artères.
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