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Cet article se penche sur l'histoire des fusiliers marins, en particulier sur leurs actions héroïques lors de batailles clés. L'histoire des fusiliers marins est une histoire de courage, de dévouement et de sacrifice.

Les origines et la formation

Le 5 août 1914, quatre jours après la déclaration de guerre, il est décidé de renforcer la police de Paris avec des marins. Un premier bataillon en provenance de Brest arrive à Paris dès le 13 août, il est rapidement rejoint par ceux de Rochefort, Cherbourg et Lorient. Parmi ce dernier, figurent 700 apprentis fusiliers marins dont les plus jeunes âgés d’à peine seize ans et demi seront surnommés « les demoiselles de la Marine » par les Parisiens. Les marins sont répartis dans deux régiments tous constitués de trois bataillons de 1 000 hommes chacun. Le premier régiment est confié au capitaine de vaisseau Delage, le second au capitaine de vaisseau Varney. Cette brigade, commandée par le contre-amiral Pierre-Alexis Ronarc’h, est renforcée par une compagnie de mitrailleuses de 15 sections.

Les fusiliers marins dans la Première Guerre mondiale

En octobre, la protection de Paris n’est plus d’actualité. Les Allemands sont sur le point de bousculer les défenses belges dans les Flandres. Le 7 octobre, sept trains quittent la région parisienne, direction Dunkerque puis Gand pour y débarquer la brigade. C’est à Melle, bourgade de la banlieue de Gand, que les fusiliers marins reçoivent leur baptême du feu du 9 au 11 octobre. Le 15, après une marche épuisante, ils atteignent Dixmude. Avec 5 000 soldats belges, les 6 500 marins doivent y stopper trois corps d’armée allemands (entre 45 000 et 60 000 hommes) appuyés par une forte artillerie, alors que celle des Belges et des Français est quasi inexistante.

Il faut vite creuser autour de la ville un demi-cercle de retranchements dont les deux extrémités s’appuient sur l’Yser. La rive gauche est également fortifiée car elle abrite les réserves, l’artillerie, le poste de commandement. Les attaques commencent dès le 16 octobre, de jour comme de nuit, toujours précédées d’un bombardement intensif. Le 19 octobre les fusiliers marins reçoivent l’ordre de se sacrifier et de tenir coûte que coûte pendant au moins quatre jours. Les tranchées sont prises, perdues, reprises, les combats furieux.

Actes héroïques à Dixmude

Les faits d’armes sont nombreux, comme, par exemple, celui du lieutenant de vaisseau Sérieyx qui, blessé et fait prisonnier, est utilisé par les Allemands comme bouclier humain lorsqu’ils attaquent. Il s’échappe et regagne les lignes en franchissant l’Yser à la nage. Autre exemple, le quartier-maître Le Bellé qui à bord d’un radeau atteint une écluse sous le feux allemand et réussi à la faire sauter pour noyer les positions ennemies. Le 26 octobre, la brigade reçoit le renfort de 1 200 tirailleurs sénégalais, mais du 6 au 10 novembre l’ennemi intensifie ses tirs d’artillerie. L’assaut final du 10 novembre force les hommes de l’amiral Ronarc’h à évacuer la ville désormais en ruines. Ils se replient sur la rive gauche de l’Yser après avoir fait sauter les ponts. Ils devaient tenir quatre jours, ils auront tenu quatre semaines. Les Allemands sont bloqués sur la rive droite. Ils y seront cantonnés car les Belges ont ouvert les écluses de Nieuport permettant ainsi à la mer de noyer les lignes ennemies.

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Les pertes et l'impact de Dixmude

À l’issue de la bataille plus de la moitié des hommes de la brigade sont hors de combat : tués, blessés ou disparus. Dixmude, ce sont nos Thermopyles du Nord, comme le Grand-Couronné de Nancy fut nos Thermopyles de l'Est; les fusiliers ont été le premier et le plus solide élément de la longue défensive triomphante qui portera un jour-le nom de victoire de l'Yser, - victoire plus disputée et, si l'on veut, moins rayonnante que la victoire de la Marne, mais qui n'aura pas développé des conséquences moins heureuses.

Les fusiliers marins pendant la Seconde Guerre mondiale

C’est du 5 juillet 1940, à Londres, que l’Amiral MUSELIER décide la formation d’une unité de Fusiliers Marins au sein des Forces Navales Françaises Libres. La constitution de ce groupement est un gros sacrifice pour les F.N.F.L. qui souffrent d’une pénurie de personnel pour l’armement des navires. Le 14 juillet 1940, au camp londonien de l’Empire Hall et à bord du cuirassé Courbet servant depuis quelques jours de dépôt aux FNFL dans le port de Portsmouth un appel est lancé aux volontaires.

Le 17 juillet 1940 le Premier Bataillon de Fusiliers Marins de la France Libre (1e BFM) prend armement sur le Courbet. Le 1er août 1940 l’unité est rassemblée au camp d’Aldershot entre Londres et Portsmouth où elle retrouve, pour son entraînement les Troupes de l’Armée de terre. Le Bataillon est organisé en formation d’Infanterie. Le 10 août 1940, le 1e Bataillon de Fusiliers Marins est mis pour emploi à la disposition de l’Armée de Terre Française Libre par l’Amirauté de Londres. L’Unité est versée dans le Corps Expéditionnaire en cours de formation.

Le 31 août 1940, placé sous le commandement du Lieutenant de vaisseau DETROYAT , le Bataillon comprend 5 officiers ( l’officier des Equipages LE MEUR, Enseignes de Vaisseau AMYOT D’INVILLE, DES MOUTIS, TOUCHALEAUME, LE BOURGEOIS ), deux Aspirants de Marine ( BAUCHE et PETIT ). 18 Officiers-Mariniers, 90 Quartiers-Maîtres et Marins. L’Unité embarque a Liverpool à bord du S/S Hollandais Westernland avec le Corps Expéditionnaire Français Libre pour l’opération Menace (débarquement, à Dakar).

Opération Menace et combats en Afrique

Le 14 septembre 1940, les forces alliées (Corps Expéditionnaire Français Libre, corps d’appui britannique et force navale britannique) arrivent à FREETOWN en Sierra Leone et en repartent le 21 pour le Senégal. Les Fusiliers Marins qui doivent débarquer les premiers sont repartis sur trois avisos battant pavillon à Croix de Lorraine : Savorgnan de Brazza, Commandant Duboc et Commandant Dominé. Le 23 septembre 1940 , après une vaine opération montée dans la matinée pour entrer dans le port de Dakar, les Fusiliers marins font une seconde tentative dans l’après-midi sur la plage de Rufisque. Les troupes de Vichy ouvrent le feu. Le Général de Gaulle informé fait annuler l’opération qui se voulait pacifique. L’A.O.F, ne reprendra le combat dans le camp des alliés qu’en fin 1942.

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Le 27 septembre 1940, avec l’ensemble du Corps Expéditionnaire les Fusiliers Marins font de nouveau escale à Freetown d’où ils sont dirigés vers POINTE-NOIRE au Congo où ils arrivent le 11 octobre. Le 26 octobre 1940, la Compagnie Le Bourgeois est rattachée au groupement Parent pour participer à l’opération sur le Gabon toujours inféodé à Vichy. Le 5 novembre 1940 cette Compagnie prend part à la prise de LAMBARENE avec des éléments du B.M.1. Le 10 décembre 1940 , la Compagnie des Moutis est à Port-Gentil, la Compagnie Amyot d’Inville à Libreville, une section à Mayomba, une autre à Loango, le reste du Bataillon est à Pointe-Noire.

Actions au Moyen-Orient et en Libye

Le 27 janvier 1941, le Bataillon est regroupé à Pointe-Noire et le 21 février il embarque sur le cargo français libre Capo Olmo pour se rendre à Freetown où il est transborbé sur le transport de troupes belge - Thysville - qui appareille le 6 mars pour Suez via le Cap de Bonne Espérance. Le 23 avril 1941, le Bataillon débarque à Suez et est aussitôt acheminé sur Qastina en Palestine où vont être regroupées toutes les unités françaises libres réparties dans le Moyen-Orient. Le 8 juin 1941, avec l’ensemble de la Première Division Légère Française Libre (1e DLFL) qui vient d’être créée sous les ordres du Général LEGENTILHOMME les Fusiliers Marins participent à l’opération - Exporter - et franchissent la frontière Syrienne. Le Bataillon est jumelé au Bataillon d’Infanterie de Marine du Commandant de CHEVIGNE.

Le 9 juin 1941 les Fusiliers Marins sont à DERAA , le 10 à SANAMEIN , le 11 à GHABACHEL où ils subissent un bombardement aérien, le 14 à TAIYBE et à MOUKKELEE . Le 15 ils participent à la prise de KYSSOUE , de CHEIK MESKINE et de YDAIDET-AARTOUZ . Le 17, ils sont repoussés devant l’oasis de MOUADANIE et subissent beaucoup de pertes. Du 18 au 21 ils se battent pour le contrôle de l’aérodrome de DAMAS et du Faubourg de MEZZE . Le 21 juin 1941 , avec les forces alliées et la 1e DLFL ils pénètrent dans Damas après avoir perdu 10 tués et 33 blessés. Le Capitaine de Corvette DETROYAT, commandant l’Unité figure parmi les morts. Le 16 juillet 1941, les Fusiliers Marins entrent à BEYROUTH au Liban alors que les hostilités ont cessé le 12 dans les Etats du Levant qui passent dans le camp des alliés.

Dissolution avortée et protection aérienne

Les Forces Navales Françaises Libres qui manquent de personnel pour armer la Marine au Levant, ordonnent, avec l’accord de l’Amiral MUSELIER et du Général DE GAULLE la dissolution du Bataillon de Fusiliers Marins dont le personnel doit être réutilisé par la Marine. Mais cet ordre ne sera jamais exécuté, par suite de l’opposition du Général CATROUX alors Conseiller National délégué au Moyen-Orient. Le 1e BFM assure tout d’abord la Police du port de Beyrouth, en collaboration avec les troupes australiennes, pour contrôler le bon ordre du réembarquement des troupes de Vichy. Sur les navires venus de France pour rapatrier les soldats de Vichy, de nombreux passagers clandestins débarquent par les aussières pour rallier la France Libre et s’engager au Bataillon. Puis l’Unité est dotée de canons antiaériens récupérés sur place et elle reçoit mission de défendre contre les avions les côtes libanaises. Une section est basée en permanence à Chekka pour protéger la cimenterie, une autre à Tripoli près de la raffinerie. Le reste du Bataillon est à Beyrouth et poursuit son instruction.

Le 30 décembre 1941, le 1e Bataillon de Fusiliers Marins, commandé par le lieutenant de vaisseau AMYOT D’INVILLE , quitte le Liban avec la 1e Brigade Française Libre indépendante (1e BFL) commandée par le Général KOENIG, l’unité, toujours dotée de canons français de DCA de 20 millimètres assure la protection contre avions de la Brigade qui se dirige vers le désert de Libye pour rejoindre les forces de la Huitième Armée Britannique. A Londres, l’Amirauté F.N.F.L se décide à mettre sur un pied d’égalité les marins qui servent à bord des unités navigantes et ceux qui appartiennent au Premier Bataillon de Fusiliers Marins. Ceci entraîne pour ces derniers les mêmes avantages de solde, d’avancement et que ceux accordés au personnel Servant à la mer .

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Combats dans le désert

Dès lors, le 1e BFM participera à tous les déplacements et à tous les combats de la Brigade dans le désert : HALFAYA le 1e janvier 1942, EL MECHILI le 20 janvier, les jock Columns dans le no man’s land, BIR HAKEIM en mai-juin 1942, EL ALAMEIN le 23 octobre. A cette époque, le Bataillon est ainsi articulé , six sections de deux pièces de DCA. chacune ( Enseigne de Vaisseau de 2e classe BAUCHE, Premier Maître LE GOFFIC, Maitre Principal COLMAY, Premier-Maitre LE SAND, Maitre HAFFIQUAIRE, Premier-Maître BERROYER ). Plus une pièce de DCA rapprochée (berceau de mitrailleuse quadruple), Premier-Maitre GUTTINGER. A Bir-Hakeim, comme à El Alamein, les Fusiliers Marins remplissent bien leur mission et méritent la reconnaissance de tous en même temps qu’une citation.

Pour ne citer qu’ un chiffre, rappelons qu’à BIR-HAKEIM en quinze jours de combats ils ont tiré 47 200 obus de DCA. contre les avions ennemis (qui ont effectué 5.200 passages au-dessus de la position), interdisant a ceux-ci une plus grande précision de tir. A la mi-novembre 1942 , après la bataille d’El Alamein, les Fusiliers Marins sont regroupés avec les deux Brigades Françaises Libres dans la région de GAMBUT près de Tobrouk et y resteront jusqu’à la fin avril 1943, assurant la protection aérienne des cantonnements français libres et des aérodromes alliés du voisinage.

Campagne de Tunisie et transformation en régiment

Le 1e mai 1943, avec l’ensemble de la Première Division Française Libre (1e DFL) qui vient d’être créée et confiée au Général DE LARMINAT, le Bataillon pénètre en TUNISIE. Les 9 et 10 mai 1943, l’Unité participe aux combats du DJEBEL GARCI et de TAKROUNA qui aboutissent à la libération d’ENFIDAVILLE. Entre-temps, le 7 mai, une batterie est entrée à KAIROUAN avec les forces alliées. Le 24 septembre 1943 est décidée la transformation du Bataillon en Premier Régiment de Fusiliers Marins qui doit être équipé en Unité de reconnaissance Divisionnaire (1e RFM). Dès lors, depuis MELTINE où il est cantonné près de Bizerte, débute pour le Régiment un immense effort de recrutement, de réorganisation et d’instruction. Partis d’Angleterre comme fantassins, ayant assuré dans le désert la défense contre avions, les Fusiliers Marins se convertissent en cavaliers. L’extraordinaire facilité d’adaptation de ces marins dont beaucoup sont brevetés radios, mécaniciens, canonniers ou armuriers facilite les choses.

Le 23 décembre 1943, porté à l’effectif de 30 officiers 125 officiers-mariniers, 700 quartiers-maîtres et marins le 1e RFM, sous les ordres du Capitaine de Corvette Amyot d’Inville, quitte Metline pour le camp de BOUFICHA afin de se rapprocher de la 1e DFL désormais commandée par le Général BROSSET. Le 26 janvier 1944, devant les quatre escadrons de combat, l’Escadron Hors Rang, le Peloton de Commandement, l’Etat-Major et le Commandement de la formation, le Commissaire National à la Marne Louis JACQUINOT remet son drapeau au Premier Régiment de Fusiliers Marins.

Campagne d'Italie et libération de la France

Le 1e mars 1944, le Régiment est au grand complet. C’est sous cette forme que le 20 avril 1944 l’unité s’embarque pour l’Italie, en même temps que la 1e DFL, avec tout son matériel : 25 motos, 57 jeeps, 1 command car, 17 camions Dodge, 1,5 tonne, 1 ambulance, 1 Wrecker de 10 tonnes, 14 canons de 57 mm, 9 obusiers, 9 remorques blindées, 20 Half-Track, 53 Scout-Cars, 17 chars légers. Suivant désormais tous les mouvements et toutes les opérations de la 1e DFL, le premier Régiment de Fusiliers Marins participe à la bataille du GARIGLINANO le 10 mai 1944, puis à la poussée sur Rome, à la poursuite de l’ennemi au nord de la capitale italienne. Partout où la DFL se bat, les pompons rouges sont présents pour reconnaître le terrain, déterminer les emplacements de l’adversaire, appuyer ses attaques d’infanterie, poursuivre l’ennemi en retraite, renseigner le commandement. Partout où les soldats de la 1e DFL verseront leur sang, les marins y mêleront le leur. Cette campagne coûtera cher au Régiment et les combats seront nombreux.

Le 16 août 1944, l’unité débarque à CAVALAIRE dans le cadre de l’Opération Anvil-Dragon sous les ordres du Capitaine de Corvette de Morsier et toujours à la tête de la 1e DFL, elle trouve le contact le 18 août dans la région de Saint-Isidore sur la route de Toulon. Il s’agit dès lors de libérer la France du sud au nord, de faire jonction avec les forces alliées débarquées en Normandie. de refouler l’ennemi hors d’Alsace.

Quelques exemples d'actes individuels de bravoure

  • ABOLIVIER J.M.: Très courageuse sous le feu de l'ennemi.
  • ALBESSARD P. L. M. J.: Blessé par des éclats d'obus.
  • AMET A.G.A.C.L.M.: A montré son courage et son mépris du danger à la brigade de fusiliers-marins.
  • ANDRE G.H.M.N.: A été inscrit au tableau spécial de la .
  • ANTOINE L.L.E.: A conduit admirablement sa compagnie.
  • AUDRY J. J.: A montré un zèle et un dévouement inlassables.
  • AUTRIC J.P.B.M.: A concouru à l'organisation du sauvetage.
  • BALLANDE Ch. A.: A fait preuve de courage et d'entrain.
  • BARD F.M.A.: A été plein de sang-froid, de courage et d'intelligence.
  • BARTET A.J.A.L.: A montré courage et d'une gaité remarquables sous le feu.
  • BAUDRY A. E.: A dirigé la mise à l'eau des embarcations.
  • BAYLE J.F.: A vaillamment contribué à sauver son bâtiment contre un sous-marin.
  • BEAUDROIT P.C.: A montré un dévouement à toute épreuve.
  • BEGOUEN-DEMEAUX M.H.J.: A montré une haute valeur morale.
  • BELGODERE V.H.R.: A fait preuve de calme.
  • BERGASSE DUPETIT THOUARS A.H.N.D.: A montré d'une bravoure et d'un sang-froid impressionnants.
  • BERNARD C.: Brave et plein de sang-froid.
  • BERNARD P.O.L.M.B.: Officier très dévoué à son devoir.
  • BLACHAS H.J.H.: Marin courageux et plein de dévouement.
  • BLANCHET J.M.A.: A fait preuve d'un courage et d'un sang-froid exceptionnel.

Tableau récapitulatif des unités et commandants (Seconde Guerre mondiale)

Unité Période Commandant
1e Bataillon de Fusiliers Marins (1e BFM) 1940-1943 Lieutenant de vaisseau DETROYAT (1940-1941), Lieutenant de vaisseau AMYOT D’INVILLE (1941-1943)
1e Régiment de Fusiliers Marins (1e RFM) 1943-1944 Capitaine de Corvette Amyot d’Inville (jusqu'au 10 juin 1944), Capitaine de Corvette de Morsier

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