Nicolas-Noël Boutet demeure une référence incontournable dans le domaine de l’armurerie de luxe. Ses créations, rares et précieuses, attirent toujours les collectionneurs et amateurs d’histoire militaire.
Nicolas-Noël Boutet naît à Paris en 1761 dans une famille d’armuriers réputés. Son père, Noël Boutet, est armurier du roi Louis XVI, ce qui permet au jeune Nicolas-Noël d’intégrer très tôt les cercles de l’armurerie royale. Il se forme dans un contexte de tradition artisanale exigeante, où la qualité prime sur la quantité. Dès 1788, il est nommé “arquebusier de Monsieur”, frère du roi. Il perfectionne son style en mêlant fonctionnalité et décor raffiné, dans la tradition des armes de cour.
En 1793, en pleine Révolution française, la Manufacture d’armes de Versailles est créée pour répondre aux besoins de l’armée. Boutet y est nommé directeur technique, puis devient directeur général sous le Consulat et l’Empire. Il y restera jusqu’en 1818. Sous sa direction, la manufacture produit à la fois des armes militaires standardisées et des armes de luxe destinées aux dignitaires, généraux et à l’Empereur lui-même.
Le célèbre armurier Nicolas-Noël Boutet en sera nommé « directeur-artiste » par décret du 23 août 1792, dans le cadre d'une réorganisation de la production nationale d'armement décidée par l'Assemblée Législative le 19, et en conservera l'administration sous le Directoire.
La direction de l’atelier principal, que les administrateurs inaugurent dans le Grand-Commun du château de Versailles, est confiée à un homme du métier, un arquebusier, qui, de père en fils, a fourni la Maison de France, le citoyen Boutet.
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C’est à la manufacture d’armes de Versailles qu’est confiée la fabrication des armes d'honneur, destinées à honorer des actes de bravoure individuels, les premières remises se firent en Italie pendant la campagne de 1796-1797, à l'initiative du général Bonaparte à la suite de la publication d'un ordre du jour daté de Passeriano le 11 fructidor An V.
La Manufacture de Versailles est destinée à devenir une pépinière d’artistes appelés à conserver les traditions et le savoir-faire de l’arquebuserie française, comme celles de Sèvres et des Gobelins, la fabrication de la porcelaine et des tapisseries, orfèvrerie afin d’obtenir des pièces d’une immense élégance tant leurs finitions seront soignées.
Les armes signées Boutet sont célèbres pour leur ornementation : incrustations d’or, de nacre, gravures fines, montures en ivoire ou en bois précieux. Elles sont souvent offertes comme cadeaux diplomatiques ou récompenses militaires. Parmi les plus célèbres, on trouve les pistolets de duel de Napoléon, des sabres d’honneur, ou encore des fusils de chasse personnalisés. Chaque pièce témoigne du goût impérial pour le faste et la symbolique militaire.
Les armes de Boutet méritent d’être classées parmi les plus belles jamais réalisées par des arquebusiers et fourbisseurs.
Les armes de Nicolas-Noël Boutet se distinguent par :
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Son style mêle classicisme français et influences néoclassiques, avec des motifs empruntés à l’Antiquité ou à la symbolique impériale (aigles, faisceaux, couronnes de laurier).
Les armes signées Boutet sont majoritairement des pistolets de duel, fusils de chasse, sabres et épées.
Elles se caractérisent par :
Les armes de Boutet étaient autant des objets de prestige que des armes fonctionnelles. Elles étaient offertes en cadeau diplomatique ou acquises par de hauts dignitaires.
Les armes signées Boutet sont aujourd’hui très recherchées sur le marché de l’art militaire. Leur valeur dépend de plusieurs critères :
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Plusieurs éléments sont pris en compte lors de l’expertise d’une arme de Noël Boutet :
La cote des armes de Nicolas-Noël Boutet reste stable, voire en légère hausse, en raison de la rareté des pièces et de l’intérêt croissant pour les objets impériaux. Les collectionneurs internationaux, notamment américains et européens, sont particulièrement actifs sur ce segment. Les ventes aux enchères spécialisées en armes anciennes (comme celles organisées par MILLON, Drouot ou Hermann Historica) sont les lieux privilégiés pour ce type d’objets.
Voici quelques exemples récents qui illustrent la valeur des œuvres de Noël Boutet sur le marché :
Ces résultats montrent une fourchette de prix variable selon la rareté, l’état de conservation, la provenance et la richesse décorative de la pièce.
Voici quelques exemples notables :
Ces résultats montrent que les armes de Boutet peuvent atteindre des prix élevés, notamment lorsqu’elles sont bien conservées et accompagnées d’une provenance prestigieuse.
Tableau des estimations d’œuvres de Noël Boutet:
| Type d’œuvre | Estimation basse | Estimation haute | Source |
|---|---|---|---|
| Paire de pistolets de duel | 3 000 € | 25 000 € | Christie’s, 2011, Lot 175 |
| Fusil de chasse | 5 000 € | 40 000 € | Invaluable, 2020, Hermann Historica |
| Sabre ou épée signée | 2 000 € | 15 000 € | Bonhams, 2019, Lot 48 |
| Accessoires d’armurerie (étuis, coffrets) | 800 € | 5 000 € | Millon, 2022 |
Si vous possédez une arme ancienne portant la signature de Boutet ou provenant de la Manufacture de Versailles, il est essentiel de la faire authentifier par un expert. L’expertise permet de déterminer :
Quelle est la cote actuelle de Noël Boutet ?
La cote de Noël Boutet varie selon le type d’arme, son état et sa provenance. Les paires de pistolets peuvent atteindre 25 000 € selon les ventes récentes.
Comment reconnaître une arme authentique de Noël Boutet ?
Les armes authentiques portent la signature “Boutet à Versailles”, souvent gravée sur le canon ou la platine.
Le 22 mai, un sabre de Napoléon a été adjugé 4,6 millions d’euros (frais inclus) chez Giquello à Paris. Forgé à Klingenthal, il fut commandé en 1802 à Nicolas Noël Boutet et offert par Napoléon à son retour de l’île d’Elbe en 1815 à Emmanuel de Grouchy.
Le 18 mars, un pistolet de récompense offert par Napoléon Bonaparte, premier consul, à un officier de la Marine espagnole en 1802, a été mis en vente aux enchères à Saint-Jean-de-Luz. Estimé entre 15 000 et 20 000 euros, « ce pistolet à silex est l’une des œuvres les plus raffinées de son époque », produit à la manufacture de Versailles sous la direction de Nicolas-Noël Boutet.
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