Envie de participer ?
Bandeau

Remington Arms, aujourd’hui connu sous le nom de RemArms, est l'un des plus anciens et des plus prestigieux fabricants d'armes à feu aux États-Unis. Avec une histoire qui remonte à 1816, la marque est reconnue pour ses fusils de chasse, carabines et pistolets de haute qualité, utilisés par les chasseurs, les tireurs sportifs et les professionnels de la sécurité.

Depuis plus de deux siècles, Remington Arms a su s'imposer comme un leader incontesté dans le domaine des armes à feu. La marque est synonyme de qualité et d’innovation, avec des modèles emblématiques tels que le fusil de chasse Remington 870 ou la carabine Model 700, qui continuent d'être des références pour les chasseurs et tireurs du monde entier.

RemArms s’engage à maintenir cet héritage en proposant des armes fiables, avec une précision exceptionnelle, adaptées à tous les environnements de tir.

Les Racines Familiales : Eliphalet Remington I et II

L'aventure commence avec Eliphalet Remington I, né en 1768 dans le Connecticut. Forgeron de métier, il s'installe dans l'État de New York et développe une entreprise prospère fabriquant divers objets en acier. Son rôle dans l'histoire de l'armurerie se limite à l'acquisition d'un terrain stratégique de 150 hectares à Ilion, au bord d'un canal, futur site historique de Remington Arms.

C'est son fils, Eliphalet Remington II, né en 1793, qui est le véritable fondateur de la dynastie armurière. Passionné d'armes à feu, il aurait fabriqué son premier fusil dans la forge familiale avec l'aide de son père. À une époque où l'industrie armurière américaine est embryonnaire, Eliphalet II, rejoint par ses fils Samuel et Philo, se lance dans la production de fusils d'une qualité remarquable.

Lire aussi: Eslettes : Retour sur le braquage

Les Débuts : Un Forgeron Visionnaire (1816)

Tout commence en 1816 à Ilion, dans l’État de New York, où un jeune forgeron de 23 ans, Eliphalet Remington, fabrique son propre canon de fusil. Insatisfait des armes disponibles sur le marché, il décide de produire une arme selon ses propres critères de qualité et de précision. L’entreprise familiale voit officiellement le jour sous le nom E. Remington.

Il participa à une compétition de tir et finit second. Mais son fusil fait maison impressionna, il recevait pas mal de commandes ce qui lui permit de vivre de son nouveau métier comme armurier.

En 1828, Remington installa sa production près d'Ilion dans l'État de New York. Ce site est toujours en activité de nos jours.

L'Ère Industrielle : De E. Remington à Remington Arms

Eliphalet II comprend la nécessité de passer à une production industrielle. Vers 1840, les Remington s'associent à Harrington pour produire des aciers de qualité supérieure, fondant ainsi une société qui deviendra plus tard « Remington Arms ».

En 1865, Remington a été transformé en une société par actions. En 1873, la société ne fabriqua pas que des armes mais aussi des machines à écrire. Cette dernière activité fut vendue en 1886 et devint la société Remington Rand (Remington Typewriter Co.) alors que la partie armes prit le nom de Remington Arms Company. Les machines à écrire Remington étaient les premières à utiliser un clavier QWERTY avec des touches en majuscule.

Lire aussi: Choisir son armurier à Clermont-Ferrand

Remington Arms Co. fabrique des armes à feu comme des carabines de chasses et leurs versions militaires, des fusils, des pistolets et des munitions.

Les Revolvers Remington : Une Révolution dans l'Armement

Dans les années 1850, Samuel Colt domine le marché des revolvers. Remington, grâce à l'acquisition des brevets de Beals et Withney en 1856, se lance dans la production de revolvers innovants, comme le Remington Beals Model pocket et le Remington Rider Pocket, premier revolver à double action.

La guerre de Sécession offre une opportunité cruciale. Eliphalet II charge Beals de concevoir un nouveau revolver de gros calibre pour l'armée. Samuel Remington, conscient des enjeux, insiste sur une arme innovante, fiable et robuste. De cette collaboration naît le revolver Remington Beals Army Model, breveté en 1858, considéré comme une merveille de revolver.

Le Remington 1858, facile à recharger, précis et puissant, connaît un succès immense et hisse Remington au premier rang des fabricants d'armes individuelles aux États-Unis. Ses innovations sont reprises par la concurrence, y compris Colt.

Remington et la Guerre de Sécession

Les revolvers Navy & Army sont considérés par les militaires comme les meilleurs disponibles, ce qui explique pourquoi la quasi-totalité de leur production est absorbée par les militaires. L'armée américaine achète environ 466 000 revolvers à une quinzaine de fabricants pendant la guerre de Sécession, dont 128 000 Remington 1858 à 1863.

Lire aussi: Armurier Minecraft : Comment faire ?

Après la dernière livraison de Colt 1860 Army fin 1863, Remington, Rogers&Spencer et Starr deviennent les fournisseurs habituels de l'Armée.

Le Remington 1861 : Une Rareté

Le revolver Army de ce jour est en plus une rareté dans la fratrie des Army qui courre de 1858 à 1863. Il n’a été produit qu’en 1862 (peut-être un peu encore au début de janvier 1863) et à peut être entre 6 à 12.000 exemplaires seulement.

De 1858 à la fin de la guerre de Sécession c’est bel et bien l’armée qui provoquera, à force de demande d’améliorations, l’apparition des trois variantes du 1858 (58/61/63). Mais en ce qui concerne le 1861 c’est Remington lui-même, voulant consolider son avantage compétitif sur ses concurrents, qui a pris l’initiative d’une modification substantielle.

Remington, couvert d’éloges par les militaires sur la capacité de son arme à être rechargée bien plus rapidement que le Colt, voulut faire encore mieux. Beals et Remington imaginèrent alors de fraiser une gorge dans la partie supérieure du refouloir pour que l’axe du barillet puisse être dégagé par l’avant au lieu de devoir manipuler le dit levier de refouloir vers le bas pour dégager l’axe de barillet comme sur le 1858. On gagnait ainsi encore quelques précieuses secondes, le barillet étant extrait encore plus rapidement et le capacité de tir encore améliorée. Cela rendait en outre impossible la perte de l’axe du barillet qui restait constamment dans cette gorge.

Mais, en conditions opérationnelles, les soldats s’aperçurent rapidement que rien ne retenait le dit axe de barillet au bon niveau dans la gorge. Toutes ces armes furent retournées chez Remington par l’US Army Ordnance pour modification. Le problème n’était pas gravissime et une simple vis fut insérée dans juste à l’avant de la tête d’axe de barillet dans la gorge du refouloir pour remédier au sujet et les armes renvoyées illico en unités militaires.

Notre 1861 est donc en soi une pièce intéressante à mi chemin entre le Beals Army model et son successeur le 1863 et il est déjà rare par le très peu d’armes produites. Mais ce qui le rend encore plus rare est une autre de ses caractéristiques : c’est l’un des rares 1861 Old Army à avoir justement échappé à la célèbre modification du refouloir. Pas de vis dans la fraisure de l’axe de refouloir pour remédier au problème détecté par les soldats bleus ! C’est un vrai 1er type de chez 1er type.

C’est une rare variante pour un collectionneur d’armes de la Guerre de Sécession ou d’armes américaines et règlementaires. Si son bronzage a disparu, son métal est en excellent état sans marques d’oxydation autres que résiduelles et aucune peau d’orange. Il a été peu frotté et pas abusivement « nettoyé » a contrario de nombre d’exemplaires de Army/Navy car le marquage sur le canon (comme la plupart de ses poinçons d’ailleurs) est encore très bien lisible.

On peut y lire sur deux lignes « Patented Dec 17 1861 - Manufactured by Remington’s, Ilion, N.Y » . Seul le mot Dec pour décembre est un peu faible mais encore devinable. Tout le reste est bien net et bien lisible. Notre arme est bien évidement une arme militaire.

Ses plaquettes de crosse de noyer sont en très bon état avec assez peu de traces de manipulation. Si le tampon d’inspection a disparu de la crosse (même s’il me semble apercevoir une sorte de j très effacé sur le bas de plaquette du coté gauche), il porte bien son poinçon militaire de réception « P » à coté du numéro de série sous le canon.

Ce même numéro de série apparait aussi sur le bas de la carcasse sous la plaquette gauche (après démontage) et sur le pontet (sur le tenon de fixation de ce dernier - il faut démonter le pontet pour le trouver). Ce pontet au même numéro est en laiton comme il se doit et porte un « R » qui est sans doute aussi un poinçon de contrôle. L’arme est donc monomatricule sauf le barillet ce qui est assez souvent le cas du fait que les soldats chargeaient souvent plusieurs barillets d’avance pour aller plus vite en rechargement en combat.

Toutefois ce barillet est bel et bien un barillet Remigton de cette même production de 1862.

Ce numéro de série est le « 6501 » ce qui fait de notre arme une arme de début de série. D’autres détails nous le confirment : son refouloir est fraisée sur le dessus (sans la modification vis introduite en fin d’année 1862 encore une fois) ce fraisage n’est observé qu’entre les numéros 2500 et 9000 environ. De plus, l’angle supérieur avant du cadre formé par la carcasse autour du logement du barillet est droit et le filetage du canon est entièrement dissimulé par la carcasse. Au delà du numéro 7000 environ, les cadres commencent à être arrondis laissant apparaitre sur une faible longueur le filetage du canon au niveau de la chambre du barillet.

L’état mécanique de cette belle arme est impeccable - très peu de jeu - très bonne indexation - ressort bien ferme - percussion franche. Rare état mécanique pour une arme qui en a tant vu. Le percuter est un bonheur et donne une impression de puissance qu’on éprouve peu sur nombre d’autres revolvers. A titre anecdotique, les tireurs à poudre noire américains en étaient venus d’ailleurs à la même conclusion que leurs ancêtres soldats bleus: avant l’arrivée sur le marché, à partir des années 1960, de répliques italiennes de qualité, les tireurs de concours poudre noire là-bas utilisaient des armes d’époque.

Le canon lui-même est en excellent état avec très peu d’oxydation résiduelle et de belles rayures encore bien nettes. A titre accessoire, le canon porte à nouveau le P de réception (un peu effacé) au niveau où le canon rejoint la carcasse. Il est suivi d’un » S » dont je ne connais pas la signification mais qui est celui d’un « sub-inpector » chargé ponctuellement du contrôle de certains lots de pièces. Le barillet porte aussi en lettres très fines un poinçon « WW ».

L'Expansion et la Diversification

Après la guerre de Sécession, Remington se diversifie. En 1873, l'entreprise commence à fabriquer des machines à écrire, activité vendue en 1886 pour devenir Remington Rand (Remington Typewriter Co.). La partie armement prend le nom de Remington Arms Company.

Remington Arms Co. fabrique des armes à feu comme des carabines de chasses et leurs versions militaires, des fusils, des pistolets et des munitions.

Remington Rolling Block : Un Succès International

En 1865, Remington connaît une baisse d'activité due à la saturation du marché après la guerre de Sécession. Joseph Rider conçoit le fusil Remington Rolling Block, breveté en 1868. Malgré son système simple et supérieur, l'armée américaine lui préfère le système "Trapdoor" de Springfield.

Les frères Remington se tournent alors vers l'Europe. Samuel Remington, homme sociable et habile, effectue une tournée de démonstration en 1866. Le Danemark, la Suède, la Norvège, l'Espagne et l'Égypte passent des commandes massives. En 1870-71, la France achète également des fusils Remington Rolling Block pendant la guerre Franco-Prussienne.

Le Remington Rolling Block devient le "meilleur fusil militaire de son temps", adopté par de nombreux pays.

Remington et la France en 1870-1871

Juste avant le début de la guerre Franco-Prussienne en 1870, la France envoya des acheteurs à travers le monde pour se procurer des armes de tous types. La France était en train de reconstruire et de moderniser frénétiquement ses forces, essentiellement armées de l’inefficace fusil Chassepot. D’une manière ou d’une autre, les acheteurs arrivèrent à convaincre le gouvernement Egyptien qu’ils avaient besoin d’obtenir la toute nouvelle commande de Rolling Blocks, et les Egyptiens résilièrent d’eux-mêmes le contrat qu’ils avaient conclu avec Remington. Le lot complet de fusils fut détourné vers Paris.

En 1870-71, la France fit à son tour une commande à Remington, pour 130 000 fusils Rolling Block supplémentaires, mais elle dut les accepter en .43 Espagnol. Malgré ses fusils Rolling Block, son armée équipée de bric et de broc ne se débrouilla pas trop bien pendant la guerre Franco-Prussienne, et elle dut céder une grande partie de son territoire à l’Allemagne. Mais, malgré ses pertes, la France, satisfaite de ses Remington Rolling Blocks, commanda 145 000 autres de ces fusils à chargement par la culasse en 1874, sous le modèle « Garde Civile », et chambrés pour la nouvelle cartouche d’ordonnance en 11 MM Gras.

L'utilisation du Remington Egyptien lors de la bataille du Mans en 1871 est un exemple de l'impact de cette arme sur le conflit.

Le Remington "Egyptien" en France en 1870

Un petit rappel d'histoire de France n'est pas superflu : 19 juillet 1870 : la guerre Franco-Prussienne est déclenchée à la suite d'une provocation de Bismarck, la fameuse "dépèche d'Ems". Les hostilités commencent en Alsace en aout.

Le 4 septembre, l'Empire n'existe plus, la République est proclamée à Paris et un gouvernement de la Défense Nationale est nommé, notamment autour de Gambetta. La France choisit de poursuivre la guerre pour chasser l'envahisseur Prussien. Mais les armes manquent. Le gouvernement de la Défense Nationale décide d'importer le plus d'armes possibles pour pallier aux lourdes pertes en Chassepots (plus de 600.000 Chassepots perdus à Metz et Sedan)

Aux USA, les seules armes modernes disponibles en nombre chez Remington étaient alors les 60.000 fusils d'un contrat pour l'Égypte encore en attente du paiement. Les émissaires Français avaient des crédits illimités et la série fut attribuée à la France pour 110 francs par arme avec 400 cartouches. La fabrication de ces armes fut même relancée. Du coup la France importa près de 150.000 fusils "egyptiens" au calibre de 11 mm. Mais aussi des Remingtons Espagnols, Grecs et même des armes réglementaires US en 50/70.

De fait, les fusils Remington 43 égyptiens furent des armes essentiellement françaises. Les Remingtons "égyptiens" équiperont notamment les bataillons de mobiles de la seconde Armée de la Loire du Général Chanzy.

Remington Après la Première Guerre Mondiale

À la fin de la Première Guerre mondiale, Remington subit un revers financier en raison de l'annulation de commandes massives d'armes et de munitions par le gouvernement russe après la révolution bolchevique.

Pendant la Grande Dépression, la société Remington Arms est rachetée par le groupe DuPont. En 1970, Remington ferme son usine de munitions à Bridgeport dans le Connecticut, mais ouvre une nouvelle usine à Lonoke dans l’Arkansas.

Remington Aujourd'hui : Défis et Renaissance

En 2010, Colt, son concurrent, a perdu les droits exclusifs sur les brevets du Colt M4, ce qui permet à toutes les sociétés d’armement d'en fabriquer.

En 2020, Remington connaît une faillite retentissante, marquant la fin d'une époque. Cependant, la marque renaît sous le nom de RemArms, perpétuant l'héritage de qualité et d'innovation.

Pour l’avenir, les perspectives pour Remington Arms dépendent maintenant de l’efficacité de sa nouvelle structure et stratégie sous la gestion des nouveaux propriétaires.

Les Modèles Emblématiques de Remington

Remington est l’image même des grands espaces où la chasse résonne comme nulle part ailleurs. Ses carabines, ses fusils et ses munitions à la fois performants et accessibles continuent d’équiper des générations de chasseurs et tireurs passionnés.

Remington 870

Remington 870 (1950) : le fusil à pompe, largement adopté par les forces de l’ordre, les services correctionnels et les tireurs civils. Les produits les plus emblématiques fabriqués par Remington Arms incluent la fusil à pompe Remington 870, un des fusils les plus vendus au monde. Sa fiabilité légendaire est au cœur de sa popularité, comme en témoignent les plus de 13 millions de passionnés qui ont choisi ce fusil à pompe infatigable depuis son lancement en 1950.

Remington 700

Le modèle 700 et le modèle 870 ont revendiqué leur place parmi les armes à feu les plus vendues de tous les temps.

Les carabines à verrou : la série 700

La Remington 700 est sans doute la carabine à verrou la plus célèbre et la plus vendue au monde. Introduite en 1962, elle est rapidement devenue une référence pour sa précision et sa robustesse.

  • Action à verrou fiable: Le cœur de la Remington 700 est son action à verrou cylindrique, réputée pour sa rigidité et sa douceur, qui contribue directement à son exceptionnelle précision.
  • Polyvalence des calibres: Disponible dans une multitude de calibres, de la petite chasse au grand gibier, elle s'adapte à presque toutes les situations.
  • Personnalisation aisée: Sa conception modulaire permet de nombreuses options de personnalisation, des crosses aux détentes, ce qui en fait une base de choix pour les tireurs d'élite et les chasseurs exigeants.

Que ce soit la Remington 700 SPS ou d'autres variantes, ces carabines sont appréciées pour leur capacité à délivrer des tirs précis et fiables, même dans des conditions difficiles.

tags: #armurier #américain #Remington #histoire

Post popolari: