La Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) fut un conflit planétaire extrêmement meurtrier. Cette bataille a impliqué de nombreux pays et a eu un impact notoire sur le cours de l'histoire. L'un des faits marquants de la Seconde Guerre Mondiale a été l'utilisation d'armes à feu, notamment des armes de poing et des armes longues, qui ont joué un rôle déterminant dans le dénouement des affrontements.
La Résistance dispose d'armes d'origine, de conception, de dates différentes. L'ensemble constitue un armement hétérogène, de valeur très variable. Surtout, elle ne possède pas d'armement lourd, notamment d'une artillerie même légère.
Armes Françaises
Voici une description succincte des armes françaises utilisées :
- Revolver modèle 1892 : Manufacture d'armes de Saint-Etienne. Calibre 8,92 mm ; six cartouches ; poids 0,840 kg. Souvent souvenir de la guerre 1914-1918 ; récupéré par la Résistance.
- Mitrailleuse Hotchkiss modèle 14 : Calibre : 8 mm ; longueur : 1,31 m ; alimentation par bande rigide de 24 cartouches ou bande articulée de 251 cartouches ; masse : 25 kg avec affût ; vitesse de tir : 200 à 500 coups par minute ; portée : 2 400 m. Cette mitrailleuse, dépassée en 1940, est parfois récupérée dans les arsenaux et utilisée par la Résistance.
- Fusil-mitrailleur FM 24/29 : Calibre : 7,5 mm ; longueur : 1, 007 m ; chargeur de 25 cartouches ; masse à vide : 8,93 kg ; vitesse de tir : 200 à 400 coups/minute ; portée : 2 000 m. La Résistance dispose de ce FM (fusil-mitrailleur), d'excellente qualité, mais en nombre insuffisant ; il est récupéré lors de coups de mains dans les arsenaux ou grâce à l'action du CDM (Camouflage du matériel).
- Fusil MAS (Manufacture d'armes de Saint-Etienne) 36 : Calibre : 7,5 mm ; longueur : 1 002 m ; chargeur de cinq cartouches ; masse : 3,75 kg ; portée : 1 200 m ; semi automatique. C'est le fusil le plus moderne de l'armée française ; quelques exemplaires, récupérés, arment la Résistance drômoise.
- Mousqueton modèle 1892-1916 : Calibre : 8 mm ; longueur 945 mm ; chargeur : cinq cartouches ; masse : 3, 25 kg ; portée : 2 000 m ; répétition manuelle. Malgré un recul à la "gifle" célèbre, ce mousqueton est très apprécié grâce à son faible encombrement ; il équipe de nombreuses brigades de gendarmerie.
Armes Étrangères Utilisées par la Résistance
La Résistance a également utilisé des armes étrangères, notamment :
- Pistolet Colt 1911 : Calibre 45ACP (11,43 mm) mais aussi d'autres calibres ; modifié, 450 000 produits pendant 1914 1918. Fabrication importante pendant la Seconde Guerre mondiale, livré au SOE (Special operation executive) qui en parachute à la Résistance.
- Mitraillette Sten : Arme emblématique de la Résistance, la plus célèbre mais pas la plus efficace. Créateurs Reginald V. Shepherd et Harold J. Turpin : premières fabriquées en juin 1941, par l'arsenal d'Enfield ; nom : S. T. En. Construction maximum en 1943 avec 47 000 par semaine au prix de 30 shillings (50F 1987 ; 7,5€ 2006). De 1941 à 1945, 3 750 000 fabriquées ainsi que 34 millions de chargeurs ; plusieurs usines de fabrication dont une au Canada.
- Fusil Lee-Enfield N° MK I : Apparaît dans les troupes britanniques en 1942 ; largement parachuté dans toute l'Europe occupée. A répétition ; calibre : 7,7 mm ; capacité : dix cartouches. Fabriqué aussi au Canada.
- Antichar PIAT (Projector Infantry Anti-Tank) : Inventé par le SOE ; entrée en service en 1943 ; utilise le principe de la charge creuse ; relativement difficile à utiliser. L'obus PIAT perce tous les blindages de l'époque. Il sera surclassé par le bazooka de l'US Army, utilisant le principe de la fusée. Poids 15 kg, poids de l'obus 1,13 kg ; portée maximum en tir tendu : 110 m ; portée en tir indirect : 340 m ; 1 206 PIAT parachutés en France contre 2 240 bazookas.
- Antichar Bazooka US AT M1 A1 : Mis au point en 1944 ; lance-fusée à charge creuse. Longueur : 1,38 m ; poids : 6 kg ; portée efficace : 70 m.
- Carabine US M1, calibre 30 : Adoptée par l'US Army en septembre 1941. Carabine semi-automatique, Winchester fabriquée aussi par General Motors (GM) ; fabriquée de 1942 à 1950 ; calibre 30M1 (7,62 mm) ; poids avec chargeur de 15 cartouches : 2,5 kg. 6,120 millions ont été fabriquées pendant la guerre. A un seul défaut : la munition est trop faible. A eu un énorme succès dans les maquis.
- Pistolet mitrailleur US M3 A1 : Adopté en décembre 1944 pour remplacer le PM Thompson. Assez rare d'en trouver dans les maquis.
- Fusil-mitrailleur Bren MKII : En 1932, les services britanniques essaient plusieurs FM étrangers ; retiennent le Brno ZB 26n ; l'améliore ; construit par l'arsenal d'Enfield : Bren. Parachuté sur tous les maquis européens ; calibre 303 (7,7 mm) ; poids à vide 10,050 kg ; chargeur de trente cartouches.
- Mortier anglais de deux pouces (50 mm) : Arme normalement une section d'infanterie. Arme très maniable, bien adaptée au combat de guérilla. Poids : 10 kg ; poids de l'obus : 0,9 kg ; portée efficace : 900 m.
- Grenade Gammon : Est conçue pour développer une très grande puissance, pour être lancée à la main, pour exploser à l'impact, sans système de retard. Elle est formée d'un bouchon allumeur ou fusée Allways , d'un détonateur et d'un explosif primaire destiné à amorcer la charge principale ; celle-ci peut atteindre jusqu'à 1 kg ; elle est placée dans une sac en tissu noir fermé par un élastique ; elle peut être truffée de morceaux de métal afin d'accroître son efficacité anti-personnel.
- Pistolet mitrailleur Marlin UD M 42 : EUA ; 9 mm; chargeur de 20 cartouches ; poids chargé : 4,5 kg ; cadence de tir 700 /mn. Relativement peu répandu.
- Mitrailleuse légère Browning M 30 : La mitrailleuse légère états-unienne la plus souvent parachutée. Calibre : 7,62 mm, bande de 100 cartouches, 19 kg, 500 coups par minute, portée 1000 m. Même si elle est moins puissante que la M 50, la M 30 est une excellente mitrailleuse.
- Mitrailleuse Browning M 50 : La mitrailleuse états-unienne lourde la plus connue. Elle est toujours utilisée. Son utilisation est limitée par son poids qui peut atteindre 210 kg avec son trépied tripode. Sa puissance de feu est redoutable.
- Mitrailleuse Maschinengewehr (MG) 34 Mauser : Mitrailleuse allemande la plus utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale. A eu de nombreuses versions, en particulier le modèle MG 42. Calibre 7,92 mm, par bande ou chargeur, 900 coups par minute, portée 1000 m, poids 11 kg sans trépied, 23 kg avec.
Munitions Non Explosées (UXO)
15% des munitions tirées, mouillées ou larguées pendant la Deuxième Guerre mondiale n’ont pas explosé. Elles sont qualifiées dans le jargon pyrotechnique d’UXO (Unexploded Ordnance) ou de “duds” (ratés). Ces innombrables ratés ont heureusement évité la perte de vies humaines et des ruines supplémentaires pendant les guerres. Mais aujourd’hui, 80 ans après le Débarquement des troupes alliées en Normandie, ils continuent à mettre en danger les populations civiles et les démineurs et à polluer les sols, les eaux superficielles, souterraines et marines. Leur découverte et leur neutralisation s’étireront sur plusieurs siècles. Dans l’attente, elles constituent un risque majeur pour l’environnement et pour la sécurité publique. En Allemagne, les experts en déminage sont réalistes et considèrent que “jamais ne viendra le temps de la dernière bombe”.
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Les masses explosives et incendiaires utilisées par les belligérants de la dernière Guerre mondiale étaient la penthrite, la thermite, le magnésium, le phosphore, le pétrole, le TNT, le naphtalène, les huiles inflammables, le RDX (Royal Demolition eXplosive) connu sous le nom évocateur de cyclonite.
Les inondations, les coulées de boue, l’érosion des falaises, les vagues de submersion vont remettre en mouvement l’armée des obus oubliés. Les cours d’eau en mal d’eau vont de plus en plus remettre au jour les déchets de guerre lessivés.
Mise à jour du 5 sept. 2024 : De l’utilité des sangliers : ils ont mis au jour à Burcy à une cinquantaine de kilomètres au sud de Caen, dans l’allée menant au château du Coisel, un stock de 500 obus fumigènes éclairants, toxiques et explosifs abandonné par les troupes alliées après la reconquête de la Normandie en 1944. La mise en sécurité a été accomplie le 20 août par les démineurs venus de la région de Caen.
A terre, les dynamiteries, les usines d’armement et les usines Seveso mettant en œuvre des matières susceptibles de destruction massive sont hyperprotégées par tous les moyens disponibles y compris la rétention abusive d’information pour s’opposer aux risques de malveillance et de terrorisme. La porte est fermée. En mer, la porte est souvent ouverte et les épaves ne font pas toutes l’objet d’un arrêté interdisant la plongée sous-marine et l’exploration. Lorsqu’ils existent, les distances de sécurité entre les plongeurs sous-marins et l’épave sont très variables voire inexistantes.
Au moins 2 épaves contenant des munitions font même l’objet de fiches du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-marines (DRASSM) et de la région Normandie facilitant leur exploration.
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Exemples d'Épaves Dangereuses
- HMS Capel : Frégate de 88,21 m de long construite à Boston aux Etats-Unis d’Amérique, lancée en avril 1943 et transférée à la Royal Navy en juin de la même année. Touchée par une torpille tirée par le sous-marin allemand U-486 le 26 décembre 1944, elle coule au large de Cherbourg, à une vingtaine de kilomètres de l’actuel site atomique de la Hague. 80 hommes périssent en mer. Les survivants sont récupérés par un Motor Torpedo Boat (MTB, vedettes-torpilleurs).
- La Fidèle : Gabare de la Marine nationale française de 43 mètres de long, construite par les Ateliers et chantiers de la Manche à Dieppe, entrée en service actif en 1969. Le 30 avril 1997, lors d’une opération d’immersion de 1440 grenades sous-marines espagnoles de type Laguna déclassées au large du Cap Lévi au-dessus d’une décharge historique de munitions, une explosion se produit et par contagion, des grenades encore stockées à bord explosent. La Fidèle coule en quelques minutes faisant 5 morts (dont 3 disparus) et 17 blessés.
- LST 523 : Landing Ship Tank de l’US Navy de 98 mètres, construit dans l’Indiana aux Etats-Unis d’Amérique et mis en service en 1944. Le 19 juin 1944, alors qu’il transporte des chars Sherman, des jeeps et des munitions et au moins 210 hommes dont des médecins, il est pris dans le mauvais temps. Pendant qu’il manœuvre en attendant une accalmie, il heurte une mine allemande qui par contagion provoque l’explosion d’une partie de sa cargaison comprenant 15 tonnes de dynamite.
- Lawford : Destroyer d’escorte construit à Boston pour l’US Navy, 88,24 m de long, lancé en 1943 et transféré à la Royal Navy pour devenir une frégate. Victime d’un tir de Junkers 88, il coule à l’aube du 8 juin 1944. 37 hommes périssent. Le 25 octobre 2016, le préfet maritime de la Manche et de la Mer du Nord prend un premier arrêté interdisant la navigation, le stationnement et le mouillage des navires, engins et embarcations ainsi que la pêche et la plongée sous-marine aux abords du Lawford en raison de la présence de munitions.
- Magic : Dragueur de mine anglais de 67,45 m de long construit à l’origine pour l’US Navy à Savannah en Géorgie (USA), il est lancé en 1943. Il coule le 6 juillet 1944 touché par une torpille humaine “Neger” allemande dite également torpille montée. 26 hommes périssent. Le Cato venu repêcher des rescapés sera lui aussi coulé.
- Niobé : Cargo minéralier français de 79,3 m de long construit en 1920 à Blyth en Angleterre, exploité par la Société Navale Caennaise, il est réquisitionné en mai 1940 pour le transport de vivres et de munitions. Le 10 juin 1940, le Niobé est au Havre. Il quitte le port le 11 au matin surchargé de civils. Il est rapidement attaqué par l’aviation allemande et touché par 3 bombes. 11 rescapés sont récupérés par le Cotentin.
- Cérons : Cargo français d’une longueur de 65,84 m construit au Trait en Seine Inférieure et lancé en 1923, il est réquisitionné en 1939 et devient patrouilleur auxiliaire après quelques aménagements, son armement avec des canons et des mitrailleuses et une couche de peinture grise. Le 12 juin 1940, alors qu’il vient concourir à l’évacuation de troupes françaises et anglaises encerclées par les allemands à Saint-Valéry-en-Caux, il s’approche de la plage pour mettre à l’eau des canots qui effectuent des rotations. Il s’avance trop et s’échoue. Un obus fini par faire péter des grenades sous-marines présentes à bord. Le Cérons est déchiqueté.
- UJ 1404 : Cet ex-bateau de pêche a été lancé le 6 novembre 1936. D’une longueur de 54,1m, il a été construit par le chantier Norderwerft Köser & Mayer de Hambourg. Sous le nom d’UJ 128, il a réussi l’exploit en 1940 de remorquer un sous-marin anglais en avarie dans le détroit du Kattegat jusqu’au port de Frederikshavn. Il a été coulé le 19 août 1942 lors de l’opération Jubilee.
- Sperrbrecher 178 : Cargo allemand de 70,9 m de long, construit à Kiel en Allemagne, lancé en 1925, réquisitionné par la Kriegsmarine en 1942, il devient le Sperrbrecher 178, un démineur équipé d’une grosse bobine de cuivre qui grâce à son champ magnétique faisait sauter les mines magnétiques de fond par anticipation (avant le passage du navire) et d’un bruiteur anti-mines acoustiques. Le convoi auquel il appartient, parti de Boulogne-sur-Mer et se rendant à Royan pour protéger des U-Boot, est attaqué le 12 décembre 1942 par la flotte anglaise.
Impact Environnemental des Explosions Sous-Marines
Le pétardage creuse un cratère sous-marin, met en suspension un mélange turbide de sédiments et de résidus d’explosion et disperse des macrodéchets métalliques. Les trous de bombes dans les fonds marins dévastent la biodiversité. Les organismes benthiques fixés et les crustacés sont sacrifiés.
La Convention OSPAR sur la protection de l’Atlantique du Nord-Est rapporte dans son document de synthèse sur les munitions immergées que des marsouins ont été tués dans un rayon de 4 km autour des bombes pétardées et ont subi une détérioration permanente de l’ouïe dans un rayon de 30 km.
Pour diminuer la mortalité et le saccage dans les fonds marins, la Marine nationale effectue dans certains cas des pétardages “sous fût” : les bombes, obus ou mines à détruire sont reliés à un flotteur en surface et la déflagration a lieu dans la colonne d’eau. Pour réduire la mortalité des poissons et des mammifères marins, le GPD peut aussi procéder à un effarouchement acoustique graduel qui est supposé les faire fuir.
Munition de 37 mm du FT en 1940
En 1940, était-il possible de tirer avec le canon de 37 mm TR 16 qui équipait certains régiments de cavalerie (3e Brigade de Spahis par exemple) la munition embarquée dans les coffres des chars FT ? Y avait-il une réelle différence entre ces munitions de 37 mm utilisées en 1940 sur FT et TR 16, et celles utilisées pendant la Première Guerre mondiale (obus explosifs et obus de rupture) ?
Les canons de 37 mm Mle 16, Mle 17 et Mle 18 tiraient tous les mêmes munitions y compris l'OR Mle 35 en 1940.
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Les munitions utilisées étaient :
- obus explosif Mle 1916
- obus de rupture Mle 92-24
- obus en fonte Mle 1888M (pour Marine)
- boulet ogival Mle 1916
- obus porte message BLM
- boîte à mitraille Mle 1918
Les trois premiers projectiles étaient tirés avec la douille de 37 mm Mle 1885 à amorçage marine, les trois derniers projectiles étaient tirés avec la douille Mle 1931.
En ce qui concerne le canon de 37 mm Mle 1918 modifié 1937 qui armait les chars légers FCM, Hotchkiss et Renault :
- obus à boulet de rupture Mle 1935
- obus explosif Mle 1916
- obus explosif Mle 1916 avec fusée-ogive RSA Mle 33
Ces trois projectiles étaient tirés avec la douille Mle 1931. Donc, l’obus à boulet de rupture Mle 1935 ne pouvait être tiré que par le 37 mm Mle 18 M37.
L'adjudant du 2e Spahis Algériens qui explique qu'il a récupéré des cartouches explosives de 37 mm dans un char FT abandonné (33e BC) qui se trouvait à une vingtaine de mètres de la position de son 37 mm TR 16 (sans roues ni bouclier), cet adjudant a donc utilisé sans problème des munitions OE Mle 16 avec douille Mle 1885 du char FT dans son canon à terre TR 16.
Ce même adjudant insiste lourdement sur le fait qu'il a récupéré des cartouches explosives dans le char FT. Cela voudrait-il dire que sa dotation du canon de 37 TR Mle 16 (régiment de spahis type OM) était composée uniquement de cartouches à obus de rupture Mle 92/24 à douille Mle 1885 ?
| Type de munition | Calibre | Utilisation |
| Revolver modèle 1892 | 8,92 mm | Arme de poing |
| Mitrailleuse Hotchkiss modèle 14 | 8 mm | Mitrailleuse |
| Fusil-mitrailleur FM 24/29 | 7,5 mm | Fusil-mitrailleur |
| Fusil MAS 36 | 7,5 mm | Fusil |
| Mousqueton modèle 1892-1916 | 8 mm | Mousqueton |
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