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Créée au XVIIe siècle, la manufacture d'armes blanches du Klingenthal, en Alsace, prédécesseur de la manufacture d'armes de Châtellerault, a fourni l'armée française en lames, du sabre au fusil Chassepot. Klingenthal, littéralement « la vallée des lames » en alsacien et allemand, doit son existence au roi Louis XV qui, en 1729, estime que le Royaume de France ne doit plus dépendre de l’étranger pour fournir à ses troupes des armes de qualité.

Un Aperçu Historique

Jusqu'au début du XVIIe siècle, la France ne dispose pas de manufactures forgeant des lames pour les armes blanches. Elle importe ses lames de Solingen (Westphalie, Allemagne). Louis XV décide d'y remédier et charge le Secrétaire d'État à la Guerre, ancien Intendant d'Alsace, Nicolas Prosper Bauyn d'Angervilliers, d'établir une manufacture d'armes blanches dans son Royaume.

Le 15 juillet 1730, le roi délivre ainsi des lettres patentes pour l'établissement d'une Manufacture royale d'Armes blanches en Alsace. Henri Anthès exploite et dirige les différentes forges en Haute-alsace (Haut-Rhin actuel). Il choisit la vallée de l'Ehn, en amont d'Obernai, en raison de la présence du cours d'eau obligatoire pour la production d'énergie nécessaire au fonctionnement des usines, de nombreuses matières premières utiles à la construction et au fonctionnement de l'usine (bois, grès).

La proximité du Rhin permet le transport de l'acier venant de Siegen et de l'Arsenal de Strasbourg pour l'écoulement des armes et la pratique de l'alsacien, en usage dans la région, permet aux premiers ouvriers venus de Solingen de mieux s'intégrer. En tout, 10 spécialistes sont alors recrutés de la Manufacture de Solingen pour devenir les premiers ouvriers de la Manufacture royale d’armes blanches d’Alsace. En un an, leur nombre passe à 25 employés, tous originaires de Solingen. Au fur et à mesure des années, Klingenthal prospère et attire de nombreux/ses travailleurs/ses. La manufacture acquiert de ce fait sa réputation en adaptant les techniques de travail de Solingen auxquelles elle ajoute un contrôle particulièrement attentif de la qualité de sa production.

L'Apogée et le Déclin

La manufacture connaît une grande prospérité jusqu'à la chute de l'Empire. Mais, en 1819, débute la construction de la manufacture de Châtellerault plus éloignée des frontières. Ce qui va conduire à la fermeture des ateliers en 1936. A Klingenthal, la manufacture d'État cède sa place à une entreprise privée dirigée par la famille Coulaux, qui continue à produire des armes blanches et procède également à des transformations afin de produire des faux et des faucilles.

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La production d'outillage débute dès 1840, Klingenthal produit des faux et des faucilles et fournit toute la France. Le savoir-faire en matière d'armes blanches permet d'honorer les commandes du gouvernement lorsqu'elles reprennent. En plus des sabres pour les officiers, la manufacture fabrique également les sabres-baïonnettes pour les fusils Chassepot produits aux usines Coulaux à Mutzig.

Malgré un siècle d’existence et de ténacité, la chute de la Manufacture arrive en même temps que celle de l’Empire. Les guerres napoléoniennes (grandes consommatrices d’armes) étant désormais terminées, la demande diminue drastiquement. De plus, la création en 1819 d’une seconde Manufacture en France à Châtellerault, crée une sérieuse concurrence. En 1830, la décision est prise de fermer la Manufacture de Klingenthal, et celle-ci devient effective en 1836.

Le 1er février 1962, faute d'avoir trouvé un nouveau créneau de fabrication, les ateliers sont définitivement fermés.

La Maison de la Manufacture d'Armes Blanches et ses Collections

L'association pour la sauvegarde du Klingenthal a installé la Maison de la Manufacture d'Armes blanches dans les salles de l'ancienne école communale. Elle s'est donnée pour objectif de sauvegarder un patrimoine historique et industriel.

Les divers objets exposés montrent au visiteur le savoir-faire des ouvriers du Klingenthal. Ce sont non seulement de très belles armes blanches qui attirent le regard du visiteur, mais surtout les outils, qui jadis ont servi à leur fabrication. Ce parcours de mémoire est proposé sur 4 niveaux :

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  • Le premier niveau présente le plan du village, des photos, diverses informations concernant le réseau hydraulique, la reconstitution de l'atelier du forgeur de lames, etc.
  • Au deuxième niveau : Le visiteur pourra voir le travail du polisseur, du graveur-doreur et du monteur fourbisseur avant de pénétrer dans la salle d'armes, où sont exposés divers modèles de sabres, d'épées et de cuirasses fabriqués au Klingenthal.

Klingenthal Aujourd'hui

À côté du Mont Sainte-Odile, le lieu-dit Klingenthal situé à 30 minutes de Strasbourg, camoufle un témoin vivant du passé industriel de l’Alsace : la Maison de la manufacture d’armes blanches. Le musée retrace ainsi l’histoire de la manufacture et du village, et expose les techniques de fabrication des armes blanches et les métiers nécessaires à leur création. Chaque premier dimanche du mois, de mars à décembre, la forge est allumée pour une démonstration transportant les visiteurs/ses dans le passé en leur faisant découvrir les techniques des anciens ouvriers de la « vallée des lames ».

En se promenant à travers le lieu-dit, on peut apercevoir les vestiges de cette époque révolue. Les anciens ateliers, désormais réaménagés en habitations, arborent des plaques commémoratives en souvenir d’antan.

Tableau Récapitulatif de l'Histoire de Klingenthal

Période Événement
1730 Création de la Manufacture Royale d'Armes Blanches par Louis XV
1730-1819 Période de prospérité de la manufacture
1819 Début de la construction de la manufacture de Châtellerault
1836 Fermeture de la manufacture d'État à Klingenthal
1838 Rachat des bâtiments par la famille Coulaux
1840 Début de la production d'outillage (faux et faucilles)
1962 Fermeture définitive des ateliers

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tags: #armurerie #royale #alsace #histoire

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