L'histoire des armes à feu est jalonnée d'innovations et d'évolutions constantes. Parmi celles-ci, le revolver occupe une place de choix, tant pour son ingéniosité mécanique que pour son rôle dans l'histoire militaire et civile. Cet article explore l'histoire et les différents modèles de revolvers français anciens, de leurs origines à leur utilisation dans l'armée et les forces de l'ordre.
Le mot « pistolet » serait à l’origine du mot Tchèque « Pist’ala » ou, selon une autre version, viendrait de la ville de Pistoia en Italie. Le mot "revolver" trouverait son origine du verbe anglais "Torevolve" qui traduit parfaitement le mouvement de rotation du barillet de cette arme qui présente une nouvelle munition en face du canon.
Les premiers pistolets sont apparus à l'aube de l'histoire des armes à feu. Les plus anciens pistolets connus ont été utilisés lors de la bataille de Towton en Angleterre le 29 mars 1461. D'une taille imposante et dotés d'un canon unique à chargement par la gueule et d'un système de mise à feu par mèche, rouet ensuite par silex, leur poignée était souvent dotée d'un lourd pommeau, la calotte, en métal qui permettait de se servir du pistolet comme d'une arme contondante après avoir tiré l'unique coup. Au XIXème Siècle, l'apparition du revolver, arme de poing à barillet, changea radicalement la donne car il offrait la possibilité de tirer successivement plusieurs coups sans recharger.
À la toute fin du siècle les premiers pistolets à répétition automatique, dits « semi-automatiques », font leur apparition, mais il faudra attendre le début du XXème Siècle pour obtenir les premiers modèles fiables.
À la fin du XIXe siècle, la gendarmerie est équipée d’armes conçues au lendemain du désastre des armées impériales, puis républicaines, lors de la guerre de 1870-1871. Deux ans après la victoire des États allemands, les armées françaises se voient enfin dotées d’un arsenal léger performant. Citons les revolvers 1873, puis 1874 ainsi que l’adoption du système Gras en remplacement des Chassepots. Passant après les corps de troupe, la gendarmerie doit encore patienter deux à trois décennies pour pouvoir rivaliser avec ses homologues étrangers en matière de moyens.
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Mais surtout, ces nouvelles armes permettent, pour un temps, de jouer à jeu égal avec les hors-la-loi qui n’ont pas besoin d’attendre le bon vouloir des politiques et des budgets supplémentaires pour améliorer leur arsenal. La guerre de 1870 a révélé toutes les carences des armées françaises. En 1874, le « merveilleux » Chassepot tire sa révérence au profit du fusil présenté par le capitaine Gras. Un des points novateurs est l’abandon de la cartouche en papier au profit d’une cartouche métallique.
En raison d’impératifs économiques, la culasse est celle du Chassepot, quelque peu modifiée. La boîte de culasse est aménagée afin de permettre le passage du levier d’armement, ainsi que le chargement et le déchargement de l’arme. En 1880, un dispositif est aménagé en vue de faire dévier les gaz en cas de problème au départ du coup. Une des faiblesses du Gras vient de sa capacité de tir. En effet, il n’existe pas de chargeur : après chaque tir il faut donc réapprovisionner la chambre.
La gendarmerie ne reçoit pas le fusil Gras, mais la version carabine, retenue sous l’appellation « 1874 Modifié 1880 ». Si l’on considère le service à cheval, il est indéniable qu’une arme plus courte facilite les mouvements du cavalier. Les gendarmes à pied ont aussi une version carabine. Le maniement d’une arme de taille réduite dans des affrontements de rue ou tout simplement lors d’opération de maintien de l’ordre reste plus aisé.
La carabine des gendarmes à cheval se caractérise par un levier d’armement coudé et aplati, ainsi que par l’emploi d’une baïonnette cruciforme à douille. L’exemplaire réservé aux gendarmes à pied est en grande partie identique à la précédente. Le fût est légèrement plus court. Le canon est solidaire de la monture par une grenadière et un embouchoir. De plus, par rapport à son homologue, elle a un battant de crosse pour la fixation de la bretelle.
Ces carabines (et le système Gras dans son ensemble), outre leur mécanique perfectible, sont pénalisées par leur capacité de tir qui se limite à une seule cartouche, alors que les modèles allemands sont pourvus d’un chargeur.
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Le Général Boulanger, alors ministre de la Guerre, impose en 1886, et en l’espace de six mois, un nouveau fusil réglementaire : le Lebel. Il cherche à changer le système d’alimentation des armes en service. Berthier désire donc allier modernité et économies, ce dernier terme n’étant pas un vain mot dans la course à l’armement. Ces travaux aboutissent à la carabine modèle 1890, prévue pour accueillir un chargeur de quatre cartouches, placé sous la culasse devant le pontet. Quand le chargeur est vide, le système de fixation le laisse tomber.
En 1892, la gendarmerie change de carabine et prend celle de l’Artillerie. Mais l’arme la plus intéressante de cette série reste le pistolet-revolver 1892. En 1885, la section technique de l’Artillerie propose de remplacer les revolvers modèles 1873 et 1874. Le but du ministère de la Guerre est simple : il s’agit de réduire le nombre de modèles d’armes de poing en service. Dès l’adoption du revolver 1892, les premiers exemplaires sont livrés aux officiers de la gendarmerie et de l’armée de Terre. L’attribution réelle de ce modèle a lieu en 1907, pour l’ensemble de l’institution.
Techniquement cette arme est plutôt révolutionnaire pour son époque ou tout du moins à la pointe de la technique. Le chien rebondissant est équipé d’un percuteur qui frappe l’amorce perpendiculairement, diminuant ainsi le nombre de ratés. La portière de chargement sert de verrou au barillet. En position ouverte, le chien se met automatiquement en position de sécurité. Quand le chien est en position de rebondissement (à l’abattu), une partie crantée de la détente vient s’encastrer dans de petits carrés sur le barillet. Ce dernier est ainsi immobilisé. Pour faire basculer le barillet, il faut ouvrir la portière de chargement puis le faire basculer sur la droite.
En 1868, La Marine souhaite passer une commande avec Eugène Lefaucheux, pour 4000 revolvers supplémentaires, du type 1858. Elle ne s'adresse pas aux manufactures d'état, car elles sont surchargées de travail. Lefaucheux, qui prépare déjà des armes à cartouche à percussion centrale propose à la commission d’artillerie de Vincennes un prototype de son futur modèle 1870.
C'est à partir de 1877 que la marine recevra ses premiers revolvers modèle 1873 en calibre 12 mm (430 revolvers). Toutefois, dès 1886, les revolvers modèle 1873 de marine seront livrés en calibre 11m73. En effet, suite à l'épuisement des stocks de la cartouche "Mle 1870 calibre 12mm marine" fabriquée par les Établissements Gévelot à Issy-les-Moulineaux, la marine adopte le calibre de l'armée de terre. Suite à l'adoption, en 1873, par l'armée de terre du revolver modèle 1873, la marine aussi souhaite remplacer ses armes de poing. Toutefois, il lui faudra attendre que les commandes de l'armée de terre soient réglées. Les 1873 de marine sont donc livrés dès 1877. Ils diffèrent légèrement des 1873 terre, et notamment au niveau du calibre, et des marquages.
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Le revolver modèle 1873 de marine s'illustrera dans le monde entier, au mains de la marine, et de la coloniale. Il voyagera et sera utilisé tout au long des guerres de colonies (second empire colonial Français), et notamment au Tonkin, en Chine, Indochine, Afrique.
Le revolver modèle 1873 fut la première arme de poing moderne de l’armée française. Fabriqué par la manufacture d’armes de Saint Etienne de 1873 à 1890. Bien que remplacé par son successeur, le modèle 1892, il fut encore très largement utilisé pendant la grande guerre de 14/18. Il fonctionne en double et simple action. Sa capacité est de 6 coups. Calibre : 11m/m.
Une anecdote intéressante concerne un revolver Modèle 1873 doré et gravé, relatant une partie de la Conquête du Tonkin avec les dates précises qui se succèdent. L'arme, vendue plus de 10 500€ frais compris, témoigne de l'importance historique et de la valeur que peuvent atteindre ces pièces de collection.
Au début de la guerre, les revolvers d'ordonnance modèle 1873 et 1874 sont réservés aux hommes de troupe non pourvus d'un fusil, d'une carabine ou d'un mousqueton. Cela regroupe toutes les unités qui ne sont pas directement au combat. Le revolver d'officier modèle 1874 est un revolver 1873 allégé . Même système et même cartouche mais le barillet comporte des cannelures longitudinales et raccourcies autant que la longueur de la cartouche l'autorise. La cage du barillet est réduite en conséquence, la poignée de la carcasse est évidée et la plupart des pièces du mécanisme sont réduites d'épaisseur.
Les revolvers 1873 et 1874 ont à eux deux été produits à environ 380 000 exemplaires.
Le revolver d'ordonnance modèle 1892, tirant des balles de 8 mm, fut fabriqué par la Manufacture d'armes de Saint-Étienne. Il fut l'arme de poing réglementaire de l'Armée française entre 1893 et 1924, produit à plus de 350 000 exemplaires.
Le revolver Mas modèle 1892, souvent simplement appelé "revolver 1892", est un revolver de service français conçu à la fin du 19e siècle. La conception de ce revolver remonte à l'année 1892, d'où il tire son nom. Il fut produit par la "Manufacture d'armes de Saint-Étienne" (MAS) et est devenu le revolver de service standard de l'armée française pendant de nombreuses années.
Le revolver 1892 est réputé pour sa robustesse et sa fiabilité. Chambré en calibre 8 mm, il possède un barillet de 6 coups. Avec une longueur totale d'environ 240 mm, c'est une arme compacte et maniable. Son mécanisme à double action est l'une de ses principales caractéristiques qui le distinguent parmi les revolvers de la catégorie B.
Lors de la Première Guerre mondiale, le revolver 1892 a été largement utilisé par les forces françaises. Sa fiabilité en a fait une arme de choix dans les tranchées boueuses et humides. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, bien qu'il ait été en grande partie remplacé par d'autres armes de poing, certains soldats et résistants français ont continué à l'utiliser en raison de sa robustesse et de sa fiabilité.
Pendant presque tout le XXème Siècle, l'Europe a produit plus de pistolets que de revolvers (les plus connus des modèles furent le Modèle 1892 de Saint-Étienne et ses copies espagnoles, des Webley et des Enfield Britanniques , puis dans les années 1960-1970 les Barracuda de la FN Herstal et le Manurhin MR 73 ). La fin du XXème Siècle a vu des progrès considérables en matière de fiabilité des pistolets et des munitions, notamment grâce à de meilleurs matériaux et à un usinage plus précis et régulier.
La France souhaite continuer à faire évoluer ses armes de poings (entre autre), pour rester compétitive face à l'allemagne, le grand ennemi depuis la défaite de 1870. La STA (Section technique de l'Artillerie) ressort donc le prototype du modèle 1885, (développé par le Dépôt Central) et l'améliore pour en faire le revolver d'essai modèle 1887: réduction du calibre de 11mm à 8mm. Toutefois, la cartouche qu'il utilise est aussi une version annonciatrice de la 8mm92 qui sera utilisée dans le revolver d'ordonnance modèle 1892. Elle est plus courte de 3mm. Le revolver d'essai modèle 1887 est un revolver d'essai développé pour un contrat militaire. Les prototypes sont prêts au début mai et dénommés modèle 1886.
Initialement commandé à 50 000 exemplaires, dans une lettre du Général Boulanger datée du 25 Mai 1886, qui devaient êtres livrés à l'armée au 1er Janvier 1889, le revolver modèle 1887 ne sera finalement livré par la Manufacture d'Armes de Saint Etienne qu'à 1 000 exemplaires. En effet suite à l'adoption du fusil Lebel par l'armée Française, et sa fabrication à la MAS, les ateliers n'ont pas le temps de s'occuper de la commande.
Le modèle 1887, gagne en poids (moins 300 g par rapport au 1873) et en confort d'utilisation.
Parallèlement aux revolvers, d'autres armes de poing ont marqué l'histoire militaire française :
Le tableau récapitulatif des armes existantes dans les approvisionnements au 1er Janvier 1955 est le suivant :
| Arme | Quantité |
|---|---|
| Pistolets Automatiques PA 7,65 court | 74 950 |
| Pistolets Automatiques PA 7,65 long | 421 |
| Pistolets Automatiques PA de 9mm allemands | 555 |
| Pistolets Automatiques PA de 9mm Mle 50 | 354 |
| Pistolets Automatiques PA US cal 45 | 58 |
| Total Pistolets Automatiques | 169 481 |
| Pistolets Mitrailleurs 7,65 long | 627 |
| Pistolets Mitrailleurs US cal 45 | 48 111 |
| Pistolets Mitrailleurs Allemands et Anglais 9mm | 58 |
| Pistolets Mitrailleurs PM MAT 49 | 207 181 |
| Total Pistolets Mitrailleurs | 346 972 |
| Fusils Fusils 36 et 36 CR | 391 85 444 |
| Fusils Fusils 36/51 | 19 437 |
| Fusils Carabines US | 186 542 |
| Fusils Fusils US cal 30 | 369 371 |
| Fusils FSA 49 | 21 438 |
| Fusils FSA US cal 30 M1 | 237 703 |
| Fusils Armes de 8mm | 236 608 |
| Fusils Armes Allemandes de 7,92 | 138 497 |
| Total Fusils | 1 395 040 |
| Fusils Mitrailleurs FM 24/29 | 23 530 |
| Fusils Mitrailleurs US Cal 30 | 20 597 |
| Total Fusils Mitrailleurs | 44 127 |
| Mitrailleuses cal 8mm Mle 14 | 8 025 |
| Mitrailleuses cal 7,5 Mle 31 | 4 303 |
| Mitrailleuses US cal 30 | 15 554 |
| Mitrailleuses US cal 50 | 22 768 |
| Total Mitrailleuses | 50 650 |
En 1955, aucune arme longue n'était disponible en quantité dans ce calibre, la fabrication du FN FAL venant juste de débuter, le M14 n'arrivant qu'en 1957 le Cetme modèle C en 1958 et le G3 en 1959.
Si on regarde de plus près, on constate que l'armée française disposait en janvier 1955 de 1 395 040 fusils, dont 226 319 chambrant la cartouche de 7.5mm modèle 29, 236 608 chambrant la munition de 8mm modèle 1886, 138 497 celle de 8mm Mauser, et 606 874 fusils tirant la cartouche de 7.62X63, nommée .30 rifle par les américains et 7.62 par l'armée française.
Le fusil MAS 1949-56 est un fusil semi-automatique français conçu après la Seconde Guerre mondiale et utilisé par l'Armée française jusqu'aux années 1960. Sa conception s'inspire de l'expérience acquise avec le MAS 1936 et le MAS 1949. Ce modèle est un symbole de l'armement militaire français d'après-guerre, combinant robustesse, fiabilité et puissance de feu.
Développé par la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne (MAS), ce fusil a été introduit dans les années 1949 pour remplacer le fusil bolt-action MAS 36. Le MAS 1949-56, une version améliorée, a été adopté par les forces françaises pendant les guerres de décolonisation, notamment lors de la guerre d'Indochine et de la guerre d'Algérie. Il est conçu pour offrir à la fois une capacité semi-automatique et une grande précision.
Caractéristiques techniques :
L'Armée Française, fière de sa longue tradition militaire, dispose d'une vaste gamme d'armes pour répondre à ses divers besoins opérationnels. De l'infanterie aux forces spéciales, chaque unité est équipée d'armes spécialisées conçues pour maximiser son efficacité sur le terrain.
L'armée française utilise plusieurs types d'armes de poing pour différents rôles et missions.
Ces armes de poing sont utilisées par l'armée française pour diverses tâches, y compris l'autodéfense personnelle, la protection des installations militaires et les opérations spéciales.
L'armée française utilise plusieurs fusils de précision pour des missions variées, notamment le tir de précision à longue distance, la lutte contre le terrorisme, et les opérations spéciales.
L'armée française utilise plusieurs types d'armes anti-char pour contrer les menaces blindées sur le champ de bataille.
L'armée française continue d'innover et d'investir dans des armes modernes pour maintenir sa capacité opérationnelle et sa réactivité sur le champ de bataille.
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