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Durant la Seconde Guerre mondiale, l'armée française était équipée d'une variété d'armes, allant des modèles anciens récupérés de la Première Guerre mondiale aux fusils les plus modernes de l'époque. La Résistance française, quant à elle, disposait d'un armement hétéroclite, souvent d'origine et de conception variées.

I- Armes Françaises

Parmi les armes utilisées par les forces françaises, on retrouve :

  • Revolver modèle 1892 : Fabriqué par la Manufacture d'armes de Saint-Etienne, ce revolver de calibre 8,92 mm contenait six cartouches et pesait 0,840 kg. Souvent un souvenir de la guerre 1914-1918, il fut récupéré par la Résistance.
  • Mitrailleuse Hotchkiss modèle 14 : Cette mitrailleuse de calibre 8 mm avait une longueur de 1,31 m et était alimentée par une bande rigide de 24 cartouches ou une bande articulée de 251 cartouches. Son poids était de 25 kg avec affût, et sa vitesse de tir variait de 200 à 500 coups par minute, avec une portée de 2 400 m. Dépassée en 1940, elle fut parfois récupérée dans les arsenaux et utilisée par la Résistance.
  • Fusil-mitrailleur FM 24/29 : D'un calibre de 7,5 mm et d'une longueur de 1,007 m, ce fusil-mitrailleur utilisait un chargeur de 25 cartouches et pesait 8,93 kg à vide. Sa vitesse de tir était de 200 à 400 coups par minute, avec une portée de 2 000 m. La Résistance disposait de ce FM, d'excellente qualité, mais en nombre insuffisant. Il était récupéré lors de coups de mains dans les arsenaux ou grâce à l'action du CDM (Camouflage du matériel).
  • Fusil MAS 36 : Ce fusil de calibre 7,5 mm avait une longueur de 1 002 m, un chargeur de cinq cartouches, et pesait 3,75 kg. Sa portée était de 1 200 m et il était semi-automatique.
  • Mousqueton modèle 1892-1916 : De calibre 8 mm et d'une longueur de 945 mm, ce mousqueton utilisait un chargeur de cinq cartouches et pesait 3,25 kg. Sa portée était de 2 000 m et il était à répétition manuelle. Malgré un recul à la "gifle" célèbre, ce mousqueton était très apprécié grâce à son faible encombrement et équipait de nombreuses brigades de gendarmerie.

II- Armes Étrangères et le Calibre 11.43 mm

Le calibre 11.43, ou .45 ACP (Automatic Colt Pistol), est principalement associé au pistolet Colt 1911. Voici un aperçu de son utilisation et de son histoire :

  • Pistolet Colt 1911 : D'un calibre de 45ACP (11,43 mm) et d'autres calibres, ce pistolet a été modifié et produit à 450 000 exemplaires pendant 1914-1918. Sa fabrication fut importante pendant la Seconde Guerre mondiale et il fut livré au SOE (Special Operation Executive) qui en parachuta à la Résistance.

Le pistolet Colt 1911 est une création de John M. Browning. Le canon recule sur quelques millimètres, puis s'abaisse afin de libérer la culasse. La cartouche de 11,43 mm (.45 ACP) est une munition puissante équivalente à la 9 mm Parabellum, mais philosophiquement opposée.

Adoption et Utilisation du Colt 1911 par la France

Lors de la Grande Guerre, en 1914, après l’hécatombe pour stopper l’offensive allemande à Meaux, puis la guerre de mouvement qui s’ensuivit jusqu’à la bataille de Ypres en 1915, la France se trouva exsangue et dut chercher des armes par tous les moyens. Avant de faire massivement appel à l’industrie armurière espagnole, elle se tourna d’abord vers les États-Unis pour acheter 5500 pistolets Colt 1911. Il s’agissait d’un pistolet moderne pour l’époque, de gros calibre, mais le prix était trop élevé.

Lire aussi: Tout savoir sur les calibres de l'armée française

Les officiers français trouvaient le pistolet Colt trop lourd et encombrant à porter, préférant les revolvers de 8 mm ou les pistolets de 7,65 mm, sans compter le casse-tête logistique d’introduire une nouvelle munition dans le circuit.

En 1917, un nouveau corps de tankistes fut créé et les pistolets Colt 1911 les équipèrent. Durant la Seconde Guerre mondiale et suite à l’armistice entre l’Allemagne et le régime de Vichy, les États-Unis fournirent 19 325 Colt 1911 aux forces françaises libres, mais uniquement après la victoire française de Bir-Hakeim. Le Colt 1911 devint l’arme des résistants français dans le maquis, leurs provenances pouvant être soit des stocks achetés durant la Première Guerre mondiale, soit par parachutage.

Ces armes continuèrent leur carrière jusqu’à la guerre d’Indochine et d’Algérie.

Autres Armes Étrangères Utilisées par la Résistance

Outre le Colt 1911, la Résistance utilisa d'autres armes étrangères :

  • Mitraillette Sten : La Sten est une arme emblématique de la Résistance, la plus célèbre mais pas la plus efficace. Créée par Reginald V. Shepherd et Harold J. Turpin, les premières furent fabriquées en juin 1941 par l'arsenal d'Enfield. Son nom vient de S. T. En. La production maximale fut atteinte en 1943 avec 47 000 exemplaires par semaine, au prix de 30 shillings (50F en 1987, 7,5€ en 2006).
  • Fusil Lee-Enfield N° MK I : Ce fusil apparut dans les troupes britanniques en 1942 et fut largement parachuté dans toute l'Europe occupée. Il était à répétition, de calibre 7,7 mm et avait une capacité de dix cartouches. Il était également fabriqué au Canada.
  • Antichar PIAT (Projector Infantry Anti-Tank) : Inventé par le SOE, le PIAT entra en service en 1943 et utilisait le principe de la charge creuse. Relativement difficile à utiliser, l'obus PIAT perçait tous les blindages de l'époque. Il fut surclassé par le bazooka de l'US Army, utilisant le principe de la fusée.
  • Antichar Bazooka US AT M1 A1 : Mis au point en 1944, ce lance-fusée à charge creuse avait une longueur de 1,38 m, un poids de 6 kg et une portée efficace de 70 m.
  • Carabine US M1, calibre 30 : Adoptée par l'US Army en septembre 1941, cette carabine semi-automatique, fabriquée par Winchester et General Motors (GM), fut produite de 1942 à 1950. De calibre 30M1 (7,62 mm), elle pesait 2,5 kg avec un chargeur de 15 cartouches.
  • Fusil-mitrailleur Bren MKII : En 1932, les services britanniques essayèrent plusieurs FM étrangers et retinrent le Brno ZB 26n. Amélioré et construit par l'arsenal d'Enfield, il devint le Bren. Il fut parachuté sur tous les maquis européens.
  • Mortier anglais de deux pouces (50 mm) : Cette arme équipait normalement une section d'infanterie et était très maniable, bien adaptée au combat de guérilla.
  • Grenade Gammon : Conçue pour développer une très grande puissance, elle était lancée à la main et explosait à l'impact, sans système de retard.
  • Pistolet mitrailleur Marlin UD M 42 : Fabriqué aux EUA, de calibre 9 mm, avec un chargeur de 20 cartouches, il pesait 4,5 kg chargé et avait une cadence de tir de 700 coups/minute. Il était relativement peu répandu.
  • Mitrailleuse légère Browning M 30 : C'était la mitrailleuse légère états-unienne la plus souvent parachutée. De calibre 7,62 mm, avec une bande de 100 cartouches, elle pesait 19 kg, avait une cadence de 500 coups par minute et une portée de 1000 m.
  • Mitrailleuse Browning M 50 : C'était la mitrailleuse états-unienne lourde la plus connue, toujours utilisée aujourd'hui. Son utilisation était limitée par son poids qui pouvait atteindre 210 kg avec son trépied tripode. Sa puissance de feu était redoutable.
  • Mitrailleuse Maschinengewehr (MG) 34 Mauser : C'était la mitrailleuse allemande la plus utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, avec de nombreuses versions, en particulier le modèle MG 42.

Le Calibre 11.43 dans l'Après-Guerre et Aujourd'hui

Dans l'armée française d'après-guerre, les pistolets Colt 1911 ont été en dotation un court laps de temps, notamment en Indochine. La nomenclature française lui avait donné l'appellation de pistolet calibre 11.43mm. De plus, certains policiers l'ont eu en "arme collective", sous l'appelation Colt 11.43mm dans les boîtes à gants des voitures de patrouille dans les années 70/80 pour avoir un armement plus conséquent que le pistolet MAB 7.65mm face au grand banditisme.

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