L'histoire des fusils mitrailleurs au sein de l'armée française est marquée par une évolution constante, dictée par les impératifs du champ de bataille et les avancées technologiques. Des modèles initiaux, souvent complexes et peu fiables, aux armes modernes, légères et polyvalentes, le fusil mitrailleur a joué un rôle crucial dans la puissance de feu de l'infanterie française.
L'aventure des mitrailleuses dans l'armée française commence de manière infructueuse avec la mitrailleuse de Reffye lors de la Guerre franco-prussienne. Cette arme, actionnée manuellement, souffrait d'enrayages fréquents et se révélait être un matériel lourd nécessitant un personnel nombreux. Bien qu'elle fût conçue pour engager des cibles à grande distance, sa fiabilité limitée et sa complexité d'utilisation en faisaient une arme peu adaptée aux réalités du combat.
Par la suite, le système Hotchkiss, adopté à partir de 1903, marque une amélioration significative. Ce modèle se révèle bien plus fiable que ses prédécesseurs. L'adoption du système Hotchkiss coïncide avec la création des sections de mitrailleuse de cavalerie, soulignant l'importance croissante de cette arme dans la stratégie militaire française.
La Première Guerre mondiale met en évidence les lacunes des mitrailleuses existantes et conduit à l'adoption de nouveaux modèles. Le fusil mitrailleur Chauchat fait son apparition en octobre 1915. Cependant, il est important de noter que d'autres matériels étrangers sont également utilisés par l'armée française durant cette période.
Le modèle Hotchkiss évolue et devient le Hotchkiss M1914, une mitrailleuse plus performante et mieux adaptée aux conditions de la guerre de tranchées. Le Hotchkiss M1914 devient un élément essentiel des compagnies de mitrailleuses, dont la composition et l'évolution entre 1914 et 1918 témoignent de l'adaptation constante de l'armée française aux réalités du terrain. L'adoption de la balle D et l'utilisation intensive des mitrailleuses entraînent une usure rapide des canons. Le canon de la Puteaux devient inutilisable après seulement 3000 coups, soulignant la nécessité d'un entretien régulier et d'un approvisionnement constant en pièces de rechange.
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Des types sur bâts et des voitures légères de cavalerie sont développés pour faciliter le transport et le déploiement des mitrailleuses.
Dans l'entre-deux-guerres, la France développe le MAC 24/29, un fusil-mitrailleur conçu en 1924 par la Manufacture d'armes de Châtellerault. Cette arme est destinée à améliorer la puissance de feu de l'infanterie et à remplacer les modèles plus anciens.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, les soldats britanniques font face à un manque d'armes antichars efficaces. Pour résoudre ce problème, les ingénieurs militaires britanniques développent le PIAT (Projectil Infantry Anti-Tank). Cette arme exploite l'effet de charge creuse pour perforer les blindages des chars. Le PIAT s'avère efficace contre les chars légers et moyens, les mettant hors de combat lorsqu'il les atteint. Contrairement au bazooka américain et à sa copie allemande, le Panzerschreck, le PIAT peut être utilisé en espaces clos, ce qui est avantageux pour les combats de rues.
Le PIAT peut également lancer des grenades explosives et fumigènes, ce qui en fait une arme polyvalente. Cependant, il est encombrant, lourd et difficile à charger, nécessitant deux hommes pour l'utiliser. En raison de son temps de recharge lent, le PIAT est souvent considéré comme une arme « d'un tir par bataille », et les munitions doivent être manipulées avec précaution pour éviter les explosions.
L'armée française utilise également un mortier de 60 mm de calibre, modèle 1935, placé sur un affût bipied. De plus, l'armée française disposait d'un canon de 37 mm et d'un mortier de 81 mm.
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En 2010, l'armée de Terre française adopte la mitrailleuse belge MAG 58 pour remplacer l'AANF1. La FN Minimi (Mini-mitrailleuse), conçue par la fabrique nationale de HERSTAL en Belgique dans les années 1970, est également une mitrailleuse légère utilisée par l'armée française.
Plus récemment, l'armée de Terre a adopté le fusil d'assaut HK 416 F au calibre OTAN 5,56 mm, remplaçant progressivement le FAMAS. Le HK 416 F est équipé d'une crosse réglable et de talons de crosse pour s'adapter à la morphologie de chaque tireur. Chaque combattant reçoit 10 chargeurs de 30 cartouches pour une autonomie accrue. Ce fusil est conçu comme un système d'armes intégrant divers dispositifs, notamment les aides à la visée. Le HK 416 F est compatible avec toutes les munitions de 5,56 mm homologuées OTAN.
Le HK 416 F est reconnu pour sa fiabilité et sa sécurité accrue, notamment grâce à sa sécurité de percuteur qui empêche les départs de coups non voulus, même en cas de chute. Il est conçu pour s'adapter aux besoins de chaque tireur, qu'il soit droitier ou gaucher, grâce à une configuration unique. Le HK 416 F inclut de nombreux accessoires, tels qu'une sangle ISTC, une poignée de tir amovible avec bipied et un bipied amovible. Il est équipé d'un rail Picatinny supérieur d'au moins 25 crans, ainsi que de rails secondaires latéraux et inférieur pour la fixation d'accessoires divers.
Le processus de sélection du HK 416 F a été rigoureux et exhaustif. De septembre 2015 à juillet 2016, le groupe AM4 a réalisé des épreuves d'évaluation interarmées du programme commun d'évaluation (PCE) de l'arme individuelle du fantassin (AIF), en collaboration avec le centre d'expertise aérienne militaire (CEAM) et la force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO). Ces évaluations ont porté sur le contrôle de la définition des systèmes, la durée de vie et la fiabilité, la précision du tir avec différentes visées, la compatibilité FELIN et le soutien des candidats AIF version canon long. Des épreuves d'ISTC, d'aptitude aux franchissements, au corps-à-corps adapté au combat haute intensité, au détachement d'accompagnement d'autorité (DAA) et de combat en espace confiné (PARCREC) ont également été réalisées. Ces évaluations ont représenté 54 jours de tirs, soit plus de 190 000 cartouches de 5,56×45 mm tirées.
Bien que le FAMAS et le HK 416 F coexistent au sein de l'armée de Terre, les soldats sont formés à manipuler plusieurs types d'armes. L'appropriation du HK 416 F est simple et rapide. Les premières livraisons ont été anticipées et les nouveaux râteliers modulables ont été mis en place en conséquence. Le processus de déclaration d'une arme comme opérationnelle est rigoureux et prend du temps. Après la notification du marché, la STAT conduit des expérimentations avec les unités de l'armée de Terre pour tester l'arme dans diverses conditions. Si ces expérimentations sont concluantes, la STAT propose à l'état-major de l'armée de Terre une autorisation d'emploi, qui est validée par le chef d'état-major de l'armée de Terre. En cas de réserves, l'autorisation n'est pas proposée tant que l'industriel n'a pas répondu aux besoins initialement définis.
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L’armée de Terre dispose également d'un nouveau fusil de précision semi-automatique (FPSA), remplaçant le FRF2, en service depuis 1980. Le pistolet semi-automatique Glock-17 de 5e génération FR est robuste, fiable, léger et ergonomique. Le NEROD RF est une solution de lutte anti-drone contre la très grande majorité des drones commerciaux.
Les pistolets de service ont connu un renouvellement complet ces dernières années.Le PA MAC 50 (Pistolet Automatique de la Manufacture d'Armes de Châtellerault modèle 1950) a équipé l'armée française pendant plus de 50 ans. Ce pistolet semi-automatique robuste et fiable était apprécié pour sa simplicité d'entretien.
Le PAMAS G1 (Pistolet Automatique de la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne G1) est une version française du Beretta 92. Il se distinguait du modèle italien par un levier de désarmement uniquement (sans fonction de sûreté). Il a équipé les trois armées jusqu'au début des années 2020.
Le Glock 17 Gen 5 FR (carcasse couleur coyote): pistolet autrichien a été choisi pour sa fiabilité exceptionnelle et sa robustesse. La commande porte sur 74 596 unités réparties entre l'armée de Terre (80 %), l'armée de l'Air et de l'Espace (10 %), et la Marine nationale (8 %). Il remplace depuis 2020 les anciens PA MAC 50 et PAMAS G1.
Le HK USP (Universal Self-loading Pistol) équipe certaines unités des forces spéciales françaises, notamment la BFST (Brigade des Forces Spéciales Terre). Ce pistolet semi-automatique offre une grande fiabilité.
Le FN Five-seveN est utilisé par certaines unités spécialisées pour ses capacités uniques. Ce pistolet se distingue par sa munition à haute vélocité capable de perforer les gilets pare-balles légers. Le Five-seveN est notamment employé par le GIGN, le RAID et d'autres unités d'intervention pour ses performances balistiques exceptionnelles et sa précision à courte et moyenne portée.
Les fusils de précision sont essentiels pour les missions de tireur d'élite. Le MAS 36 (Manufacture d'Armes de Saint-Étienne modèle 1936) est le fusil à verrou qui a servi de base au développement des futurs fusils de précision français. Ce fusil réglementaire de l'armée française de 1936 à 1979 se distinguait par sa robustesse et sa fiabilité légendaires.
Le FR-F2 (Fusil à Répétition modèle F2) est une évolution du FR-F1, lui-même dérivé du MAS 36. Produit par la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne, ce fusil à verrou manuel et d'une lunette de précision (APXL 806-04 ou Scrome) est reconnu pour sa fiabilité exceptionnelle, le FR-F2 a servi sur tous les théâtres d'opérations français pendant plus de 30 ans devenant l'arme emblématique des tireurs d'élite français.
Le HK417 de Heckler & Koch est un fusil semi-automatique intermédiaire entre le fusil d'assaut et le fusil de précision. Bien que performant, il a ensuite été progressivement retiré de la circulation avant d'être réintroduit au Sahel, puis finalement remplacé par le FN SCAR-H PR.
Le FN SCAR-H PR (Precision Rifle) a été sélectionné en décembre 2019 pour remplacer le FR-F2 et les HK417. Il est muni de Rail Picatinny pour encore plus de fonctionnalités.
Le PGM Hécate II (Précision Grandes Munitions) est le fusil anti-matériel de l'armée française pour les très longues distances. Au-delà du tir de précision longue distance, il est également utilisé pour détruire du matériel léger (véhicules, installations), neutraliser des engins explosifs improvisés (IED) et percer des blindages légers. L'Hécate II équipe les forces spéciales et les unités de tireurs d'élite depuis 1993 et reste une référence mondiale dans sa catégorie.
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