Le Japon est, une fois n'est pas coutume, un pays ayant une culture extrêmement spécifique et personnelle. Que ce soit par les arts martiaux, les samouraïs, sa cuisine merveilleuse, les mangas ou encore les jeux vidéo de Miyamoto, les Japonais ont l'art et la manière de nous faire aimer leur culture et leur histoire. Cette histoire est justement liée à de nombreux conflits internes ayant créé de nombreuses guerres intestines entre des clans médiévaux.
L'histoire des armes à feu au Japon est intimement liée à l'évolution de la société japonaise, des conflits féodaux à la modernisation de l'ère Meiji et aux politiques contemporaines de contrôle des armes. Cet article explore l'introduction des armes à feu au Japon, leur adoption par les samouraïs, leur rôle dans l'unification du pays, et les mesures radicales prises pour limiter leur prolifération.
Avant la production à grande échelle d'armes à feu à partir du XVIème siècle, les guerriers japonais utilisaient des armes blanches pour se battre. Certaines d'entre elles sont bien connus de nous occidentaux notamment via certains sports de combat.
Les sabres japonais sont les armes qui symbolisent le mieux l'histoire du Pays du Soleil Levant et notamment la caste des Samouraïs !
Les premières armes à feu à circuler au Japon, des arquebuses au canon allongé, étaient arrivées en même temps que des marins portugais ayant fait naufrage en 1543. Les habiles ferronniers japonais les élucidèrent rapidement et se mirent à produire des armes pour les daimyos en guerre. S’emparant rapidement de cette nouvelle invention, Oda Nobunaga fut le premier à mettre sur pied des unités équipées de mousquets. En 1575, lors de la bataille de Nagashino, ses tireurs, protégés par une palissade, prouvèrent leur valeur défensive en anéantissant la cavalerie ennemie qui progressait.
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Il semble admis que des armes à feu se trouvaient bel et bien sur l’archipel avant même l’arrivée des Portugais en 1543. Bien qu’elles soient plus ou moins véridiques, ces sources partagent un point commun : elles établissent toutes l’introduction des premières arquebuses le 23 septembre 1543, avec l’arrivée de Portugais sur la petite île de Tanegashima, tout à fait au sud de l’archipel japonais. Selon Mendes Pinto, en quelques mois, l’île disposait déjà de plus de 600 exemplaires fonctionnels. Chaque année en juillet, cette légende est ravivée lors du Teppô Matsuri, le festival du fusil de Tanegashima.
L'évolution des armes à feu portatives a connu plusieurs étapes clés. Les premiers canons et armes portatives avaient une facture grossière. Il s’agissait d’un objet en forme de vase placé sur un support en bois, mais, rapidement, on trouve des fûts faits de barres en fer soudées et placées sur ce que l’on pourrait appeler un affut. Vers 1411, le système de mise à feu fut aussi modifié en remplaçant le fer rougi par une mèche se consumant lentement (une amorce en amadou) maintenue dans un serpentin fixé sur le côté du canon. Un mécanisme à ressort fut ajouté à ce serpentin quelques années plus tard.
Au début du XVIe siècle, Léonard de Vinci inventa un mécanisme avec un ressort fixé contre l’arme. Les étincelles sont produites par le frottement d’un morceau de pyrite frottant sur une roue mise en mouvement par le relâchement d’un ressort.
Vers 1547, la platine à chenapan fut inventée en Italie. La platine à silex utilise toujours un bassinet rempli de poudre d’amorçage qui communique le feu à la charge principale par la lumière du canon. Cependant, ce n’est plus le frottement de la pyrite sur la roue qui produit les étincelles, mais le raclement d’un silex contre une plaque d’acier.
Oda Nobunaga (1534-1582) était un seigneur de guerre relativement inconnu qui se fit une place sur le devant de la scène dans les années 1560. Au moyen d’une série de mariages familiaux stratégiques et en remportant des batailles tout aussi stratégiques, Nobunaga consolida sa mainmise sur de nombreux territoires appartenant à ses ennemis. Ses armées, auparavant séparées en unités claniques diverses et variées, devinrent une force davantage centralisée avec des soldats répartis selon leur rôle. Parmi eux se trouvaient des guerriers maniant une arme nouvelle pour le Japon : l’arme à feu.
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Au moment de sa mort, Oda Nobunaga avait réussi à prendre le contrôle de près de la moitié du Japon. L’assassin d’Oda Nobunaga resta approximativement deux semaines au pouvoir avant d’être à son tour anéanti par Toyotomi Hideyoshi (1537-1598), un allié de sa victime. Lors de la Grande Chasse à l’épée de 1588, lors de laquelle il chercha à désarmer les paysans, il confisqua les épées de tous ceux qui n’étaient pas samouraïs, arguant qu’il avait besoin de faire fondre des armes afin de construire une statue de Bouddha. Par cette mesure, il consolida le pouvoir de la classe dirigeante et réduisit les chances de soulèvement.
Fort de ce triomphe, Tokugawa Ieyasu (1543-1616) pris le contrôle du Japon et, en 1603, l’impuissante cour impériale le nomma shogun (dictateur militaire), ce qui mit officiellement un terme à la période des Royaumes combattants.
Le Japon adopte enfin une série de mesures radicales en 1958, indiquant «qu'aucune personne ne doit posséder d'armes à feu ou de sabre sans autorisation». Toujours d'actualité, elles alimentent aujourd'hui quelques faits divers dans la presse. Une politique à l'opposé du célèbre deuxième amendement de la Constitution américaine, qui affirme que «le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé».
Logiquement, le pays affiche l’un des taux d’homicides les plus bas de la planète. Comment le Japon est-il parvenu à (presque) éradiquer les armes à feu ? «La première campagne de grande ampleur remonte à 1588, quand le seigneur de guerre Hideyoshi Toyotomi, dans un effort d'unification du pays, a choisi de désarmer les paysans, qui étaient à l'origine de nombreuses révoltes.» Le Japon débute une période d'isolement, le Sakoku, qui durera plus de deux siècles et demi.
En tant qu’art japonais traditionnel, le iaïdô s’inscrit également dans une pratique moderne.
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Aujourd'hui, le Japon a l'une des lois sur les armes à feu les plus strictes au monde. Le processus pour acquérir une arme est long et complexe, impliquant des examens écrits, des évaluations psychologiques, et des vérifications approfondies des antécédents. Lorsque pour la première fois, les Occidentaux arrivèrent au Japon, ils avaient avec eux des armes à feu. Ces Portugais gardaient jalousement le secret de fabrication de leurs mousquets à mèche, au grand dam du seigneur local. Mais une princesse japonaise finira par convaincre Fernão Mendes Pinto...
Bien que les armes à feu fussent introduites au Japon depuis la Chine dès le 13e siècle, celles-ci étaient assez primitives et peu pratiques d'utilisation puisqu'elles consistaient en un simple tube de métal tenu à la main ou monté sur un socle. Il fallut attendre l'arrivée des Portugais en 1543, les premiers Européens à accoster sur les côtes Nippones, pour voir une avancée significative de ces armes. L'amélioration technologique de ces fusils engendra des changements radicaux dans la façon dont la guerre était conduite et on peut même dire qu'ils influencèrent toute l'histoire du Japon à cause de l'avantage qu'ils procurèrent à ceux qui choisirent d'en équiper leurs forces armées. Ceci ouvrit la voie à une véritable frénésie des armes à feu et le développement de tout un panel technique spécifique concernant l'utilisation de ces armes.
| Période | Événements clés |
|---|---|
| XIIIe siècle | Introduction primitive des armes à feu depuis la Chine. |
| 1543 | Arrivée des Portugais et introduction des arquebuses. |
| 1588 | Grande Chasse à l’épée de Toyotomi Hideyoshi. |
| 1958 | Adoption de lois strictes sur les armes à feu. |
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