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Au Moyen Âge, une période qui s'étend approximativement de la fin de l'Empire romain au 15e siècle, les armes jouaient un rôle central dans la vie quotidienne et les conflits de l'époque. Ces armes, façonnées avec soin par des forgerons talentueux, ont évolué en réponse aux besoins des combattants médiévaux, allant des chevaliers lourdement armés aux soldats d'infanterie.

L'Émergence de l'Artillerie à Poudre

C'est en Europe, au début du XIVème siècle, que l’on assiste au développement des pièces d’artillerie. Celles-ci, primitives et peu opérantes, furent souvent utilisées dans la guerre de siège dès le milieu du XVIème siècle. Néanmoins, l’évolution des techniques de production va améliorer ces différentes bouches à feu qui seront de plus en plus légères et plus faciles à manier. Nous sommes pourtant bien loin des engins de destruction massifs. Pourtant ces nouvelles armes engendrent une panique et une terreur intense, aussi bien chez les servants de l’arme que chez l’adversaire.

La première annotation de la formule de la poudre à canon apparaît en 1044 dans un ouvrage chinois. Le mot artillerie découle de l’ancien français « artillier » (décorer avec soin), d’où provient le mot « artillier » (qui désigne le fabricant d’engin de guerre). La Guerre de Cent Ans est une bonne occasion pour introduire ces engins de guerre qui donnent autant de frayeur chez les artilleurs que chez l’ennemi.

Les Armes à Feu Primitives

Parmi les armes à feu primitives, on trouve :

  • Veuglaire (poids de 300 à 900 livres) : pièce d’artillerie des XIVème et XVème siècles qui se chargeait par la culasse.
  • Couleuvrine : petite pièce d’artillerie au tube long et effilé de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance qui tire des boulets (de pierre ou de métal).
  • Couleuvrines à main (ancêtre de l’arquebuse).

L'Impact Militaire et les Innovations

La guerre au Moyen Âge est une affaire permanente. Le seigneur qui rend hommage à son souverain part guerroyer pour son roi avec ses gens. En temps de paix, il occupe son temps en faisant des jeux de guerre, comme des tournois. Aussi, cette société belliqueuse demande de perpétuels inventions et perfectionnements.

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Ces pièces colossales sont assez rapidement abandonnées car difficiles à manœuvrer sur le champ de bataille. Elles sont transportées sur des charriots, à quatre voire même huit roues. L’importance de cette arme, aussi nouvelle qu’onéreuse, va conduire le roi de France Charles V et ses successeurs à créer un important arsenal sur le site du château du Louvre, ainsi que plusieurs magasins à poudre et à boulets.

C’est pourtant essentiellement à Louis XI et aux ducs de Bourgogne qu’on doit attribuer la création de l’Arme de l’Artillerie. Au départ, les accidents sont nombreux. Cela est dû en partie à la mauvaise connaissance de ce nouveau produit, à l’amateurisme et à l’improvisation. Louis XI décide de la création d’une ferme du salpêtre, indispensable à la fabrication de la poudre noire. Il fait couler, à l’instigation des frères Bureau, douze pièces de 45 livres (les 12 pairs de France). Mais le nombre ne fait pas tout ; cette arme est-elle vraiment efficace ?

On cite que lors de la bataille de Brustem (le 28 octobre 1467), qui met face à face les Bourguignons aux Liégeois, l’artillerie a fait preuve d’une grande vulnérabilité. La bataille débute par une canonnade bourguignonne qui envoie une soixantaine de boulets sur les lignes adverses. Le tir est inefficace, car les arbres et les haies gênent leurs trajectoires. Et du côté liégeois, abrités derrière des palissades, on riposte par des tirs inoffensifs à l’aveugle qui ne parviennent pas à stopper l’attaque ennemie.

De plus, et cela représente un inconvénient de taille, les cadences de tir sont peu nombreuses : quarante coups par jour avec une portée de quelques centaines, voire de dizaines de mètres. Dès les premiers coups tirés, l’ennemi n’a plus qu’à s’emparer des canons et à les rendre inutilisables. Il devient impératif alors de protéger les bouches à feu derrière des « gros guets », fagots et monticules de terre.

Pour les seigneurs médiévaux, le principal intérêt d’employer ces machines réside essentiellement dans la guerre de siège, contre des places fortes. Ces stratèges du Moyen Âge ont compris tout le bénéfice qu’ils peuvent obtenir par des tirs de barrage. En 1428, les Anglais envoient contre les murailles de la ville d’Orléans 124 pierres de bombardes, dont quelques-unes pèsent plus de 60 kilos.

Lire aussi: XVIe siècle : Armes à feu espagnoles

Les Calibres de France

Les « Calibres de France » étaient un système de normalisation des canons en France. Il fut établi par le roi François Ier de France à partir de 1525 environ. Le 26 septembre 1526, François Ier l’écrit sur « l’artillerye de mon calibre ». Une mention encore plus ancienne est connue à partir de 1512. Le système « Calibres de France » à 6 canons était encore en place à l’époque de Louis XIII.

Figures Clés de l'Artillerie Française

  • Jean-Jacques Keller (1635-1700) et son frère Jean-Balthazar Keller (1638-1702) : fondeurs suisses de Zürich, au service de la France.
  • Jean-Florent de Vallière (7 septembre 1667 - 7 janvier 1759) : officier d’artillerie français du XVIIIème siècle. Le système de Vallière utilisait le carottage de l’alésage des canons fondés en une seule pièce de bronze.
  • Jean Maritz (1680-1743) : mécanicien suisse appelé en France au poste de Commissaire des Fontes à Strasbourg.

L'Hacquebute à Croc : Un Exemple Précis

Un canon médiéval appelé "hacquebute à croc " datant du 15 ème siècle faisant partie de la famille des armes à feu primitives de type "couleuvrine" (canons à mains...) avant l'apparition de l'arquebuse et du mousquet, utilisé encore jusqu'au début du 16 ème.

Vu sa taille et son poids l'arme pouvait se porter sur l'épaule (comme un bazooka). Une autre personne allumait alors la mèche à l'arrière.

Sa lumière n’est pas située sur la face supérieure mais placée sur le côté et équipéed’un bassinet. Cette différence de positionnement semblecorrespondre à une évolution de la hacquebute, le bassinetassurant une meilleure protection des yeux du tireur contreles projections d’étincelle, ne gênant pas la visée etfacilitant, pour les hacquebutes les plus légères, une miseà feu mécanisée par un serpentin salpêtré. La présence d’un bassinet latéral tend donc à associercette arme à une deuxième génération de hacquebute,correspondant grosso modo aux années 1500-1550. Lavolée octogonale est par ailleurs caractéristique...

Lire aussi: L'arme à feu au XXe siècle: un aperçu

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