L'arbalète est une arme de jet qui a joué un rôle crucial dans l'histoire militaire, la chasse, et même le sport moderne. Durant des siècles l'arc, seule arme de jet avec le javelot, servait à la chasse comme à la guerre. Contrairement à un arc traditionnel, l'arbalète utilise un mécanisme de verrouillage qui permet de maintenir la corde en position tendue, offrant ainsi une plus grande précision et puissance à l'utilisateur. Inventée il y a plus de deux millénaires, l'arbalète ou le pistolet arbalète a évolué de manière significative au fil du temps, passant d'un outil de guerre redoutable à un instrument de compétition de précision.
L'arbalète à des origines anciennes, remontant à la Chine du 6e siècle avant notre ère. De toutes les recherches entreprises, on peut, semble-t-il, conclure que l’arbalète est une invention chinoise. En Chine, l’arbalète est connue depuis la dynastie CHANG ( XVIII - XIe siècles avant J.C.). Elle est mentionnée au VIe siècle avant notre ère, ainsi qu’à la bataille de Ma-Ling (-341). Son invention serait à attribuer à HOUANG-TI, un des premiers souverains légendaires d’un immense pays dont la tradition fixe le règne au milieu du troisième millénaire avant l’ère chrétienne. Les premiers modèles étaient rudimentaires, construits à partir de bois et de tendons, mais ils représentaient une avancée significative par rapport à l'arc classique.
L'arbalète chinoise, appelé "nu", était utilisé par les troupes pour sa capacité à tirer des projectiles avec une force et une précision accrue. En Grèce antique, des conceptions similaires, appelées "gastraphetes", ont été développées, combinant les principes de l'arc et de la catapulte. Alexandre le Grand pendant ses conquêtes utilisaient également les arbalètes. Cette arme utilisée par les hoplites d'Alexandre le Grand ( - 330 av. J.C ) s'armait en poussant avec la poitrine d'où gastra... Les Grecs ont perfectionné l'arbalète pour des sièges et des batailles navales, mais c'est en Chine que l'arme a véritablement pris son envol. La dynastie Qin a standardisé l'utilisation de l'arbalète dans son armée, en faisant une arme de choix pour ses fantassins.
Avec le temps, l'arbalète s'est propagée en Asie, en Inde et au Moyen-Orient, et a finalement atteint l'Europe où elle a été adoptée par les Grecs et les Romains.
En Europe, l'arbalète a gagné en popularité au Moyen Âge, surtout pendant les croisades. Les croisés ont découvert des versions plus avancées de cette arme au Moyen-Orient et ont rapidement adapté la technologie à leurs besoins. L'un des moments les plus marquants de l'histoire de l'arbalète en Europe est sans doute la Bataille d'Hastings en 1066, où l'arme fut utilisée par les Normands pour terrasser l'armée anglo-saxonne. Son efficacité et sa capacité à percer les armures ont révolutionné les tactiques de combat et ont contribué à son adoption massive par les armées européennes. Malgré cela, les arbalètes ont continué à évoluer.
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L'arbalète du XIIIème gagne en puissance. Afin de faciliter son armement, l’étrier fait son apparition en bout d’arbrier. Puis afin de parachever ce balbutiement de mécanisme d’armement, le système à croc est développé. Ce système est attaché à la ceinture de l’utilisateur par une chaînette ou un cordon court. Lors de l’armement, la corde de l’arbalète est prise par le crochet et se tend par la poussée du pied posé dans l’étrier. Cependant, ce système n’étant muni que d’un seul croc, l’arbalétrier se voit alors obligé de le positionner sur la corde d’un côté ou de l’autre de l’arbrier, déséquilibrant systématiquement l’arc lors de sa tension.
L’utilisation de l’arbalète dans les armées est telle que sa forme est réduite à sa plus simple expression afin de suppléer à la demande et de minimiser son coût de construction qui, comparé à l’arc, restait fort dispendieux. Il existe aussi, en parallèle, une arbalète dite de «meutrière». Elle a pour particularité sa poignée de déclenchement sur le côté droit de l’arbrier (et non en dessous).
Un changement radical dès 1400 va considérablement amplifier la puissance des arbalètes : son arc jusqu’alors composite (le coeur : corne et bois entouré de tendon (nerf) et parcheminé) va être remplacé par un arc en acier. Ces arcs n’étaient pas d’une seule pièce compte tenu de l’impossibilité de produire des lingots d’acier assez grands. Cependant, la mise en place de ces arcs en acier décuple tant la tension de l’arbalète qu’il faut inventer un nouveau mécanisme d’armement appelé moufle ou tour, passot, coursel, girelle ou bien encore rouet. Mais la précision et la longue portée de ses carreaux compensaient largement cet inconvénient. Un carreau pointeau pouvait percer une armure à 90 mètres.
L’arbalète à moufle s’est imposée dans la défense ou l’attaque des fortifications lors de la seconde moitié de la Guerre de Cent ans (1337-1453). La seconde moitié du XVème oeuvre à la construction d’arbalètes, plus trapues et fortement mécanisées par le cric, autrement nommé crénekin (de l’allemand kraenchen qui veut dire petite grue).
Avant de s'intéresser à l'arbalète en occident, il ne faut pas passer à côté de l’invention unique, car aucun pays n’a jamais su reproduire cette arme redoutable qu’est la fameuse arbalète à répétitions que l’on doit à Zhuge Liang au IIIème siècle après J.C. Ce type d'arbalète à répétition se nomme chu ko nu en Chine. Il s’agit d’une petite arbalète à levier dont on peut traduire le nom par « arbalète de Zhuge ». Elle s’inspire de l’arbalète mise au point par Zhuge Lians (181-234), célèbre chef militaire et Ministre du royaume de Shu (221-263).
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Cette arbalète exceptionnelle se caractérise par sa capacité à tirer 10 traits en quinze secondes, prouesse qui hisse l’arbalète au rang de l’arc, en matière de cadence de tir et même le dépasse. Ce système à répétition intégrait un mécanisme d’armement qui ne permettait pas un tir de plus de 80 mètres. Ce décroissement de la puissance diminuait évidemment le pouvoir de pénétration du carreau.
La contenance du chargeur est d’une dizaine de carreaux. Une fois le précédent tiré, le carreau suivant venait automatiquement remplacer le premier. Le trait, appelé jian était court, mince et sans empennage. La pointe était en fer, de section carrée, avec un faible pouvoir de pénétration compensé par l’ajout de poison. La portée efficace était d’environ 70 mètres et la portée maximale de 200 mètres. Les anciens traités chinois mentionnent l’existence d’un modèle pouvant tirer deux carreaux en même temps. Le magasin plus large aurait alors était cloisonné longitudinalement de manière à avoir deux piles de traits qui descendaient simultanément.
L'une des principales différences entre l'arbalète et l'arc classique est le mécanisme de tir. L'arbalète offre plusieurs avantages : elle permet à l'utilisateur de maintenir une tension constante sur la corde sans effort musculaire continu, ce qui améliore la précision et réduit la fatigue. Cependant, l'arbalète présente également des inconvénients. Elle est généralement plus lourde et plus encombrant qu'un arc classique, et son temps de recharge est plus long.
Mais c’est surtout sous Charles IX (petit-fils de François 1er) que le règne de l’arbalète comme arme de guerre s’achève, par l’avènement des armes à poudre qu’il revendique. L’arbalète tire donc sa révérence au XVIème en France pour se tailler un nouvel avenir en Afrique équatoriale. En effet, des explorateurs européens l’introduiront et elle s’y maintiendra pour la chasse jusqu’au début du XXème siècle.
Aujourd'hui, l'arbalète à répétition a trouvé sa place principalement dans les loisirs et les sports de tir. Les passionnés apprécient la rapidité et la précision offertes par ces anciennes technologies réinventées avec des matériaux modernes.
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Il existe principalement deux types d'arbalètes à répétition modernes :
Choisir une arbalète à répétition qui correspond parfaitement à vos besoins peut sembler être une tâche ardue. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte :
L’arbalète automatique (en fait c'est plutôt "à répétition"), c’est l’innovation ultime pour un tir rapide et fluide ! Inspirée des armes à feu, elle permet d’enchaîner plusieurs tirs sans recharger manuellement. Des modèles comme la célèbre Cobra RX Adder ou la Steambow M10 offrent une puissance jusqu'à 150 et 180 lbs, offrant ainsi l'opportunité de tirer jusqu'à 50 mètres avec une mini arbalète. Les récents modèles EK Archery REVO7 et la MEY Interceptor offrent des chargeurs amovibles allant jusqu'à 12 et 18 traits ! Faciles à armer vous allez pouvoir enchainer les tirs avec une vitesse de près d'une seconde par trait suivant les modèles.
Découvrez la Mey Interceptor, une innovation majeure dans le domaine des arbalètes avec son chargeur par le bas, une première mondiale. Cette caractéristique offre des avantages tactiques significatifs par rapport aux modèles classiques. Dotée d'un chargeur amovible de 18 coups, cela permet un rechargement rapide et intuitif, semblable à celui d'un fusil d'assaut, rendant ainsi la Mey Interceptor parfaite pour des scénarios de tir dynamiques. Ce design innovant autorise l'utilisation de traits pour pistolet arbalète compacts de 6,3 pouces de plusieurs types tels que Bodkins, Hunting, Warbolts et Training.
En France, la possession d'une arbalète est légale, mais elle est soumise à une réglementation stricte car elle est classée en catégorie D. Les armes de catégorie D regroupent celles qui ne doivent pas de permis, comme les armes blanches, les armes de collection, et certaines armes à air comprimé. Tout d'abord, pour une arbalète, il faut être âgé d'au moins 18 ans. La vente et la cession d'arbalètes à des mineurs sont strictement interdites. Cette restriction vise à limiter l'accès des jeunes à des objets potentiellement dangereux, car une arbalète, bien qu'elle puisse sembler être un équipement de loisir ou de sport, peut causer de graves blessures, voire être mortelle si elle est mal utilisée. Les vendeurs d'arbalètes, qu'ils soient en magasin ou en ligne, sont donc tenus de vérifier l'âge de l'acheteur avant toute transaction.
La possession d'une arbalète implique également des responsabilités importantes. Bien que l'achat et la détention soient autorisés pour les personnes majeures, il est interdit de porter ou de transporter une arbalète sans motif légitime. Un motif de déplacement légitime peut inclure, par exemple, le transport de l'arbalète vers un lieu de pratique de tir sportif ou d'entraînement, ou encore son pour une réparation chez un professionnel.
L'utilisation d'une arbalète est également encadrée par la loi. Elle ne doit pas être utilisée dans les espaces publics, en particulier dans les zones urbaines où elle pourrait constituer un danger pour la sécurité publique. Utiliser une arbalète pour tirer dans un parc, sur une plage, dans une forêt publique, ou dans tout autre espace où des personnes pourraient être présentes, est strictement interdit et peut être considéré comme un acte de violence avec une arme.
En outre, l'arbalète ne peut pas être utilisé pour la chasse sans autorisation spécifique. En France, la chasse à l'arbalète est généralement interdite car elle ne garantit pas une mise à mort rapide et humanitaire de l'animal. Seules certaines situations exceptionnelles, définies par les autorités locales, peuvent permettre son utilisation sous réserve d'une autorisation préalable.
Enfin, les arbalètes, bien qu'étant en vente libre pour les adultes, restent des objets confirmés comme des armes par la loi. Cela signifie que leur utilisation est strictement contrôlée et qu'elles ne peuvent être utilisées que dans des contextes appropriés, tels que des clubs de tir ou des compétitions sportives organisées.
En résumé, la légalité de posséder un arbalète en France repose sur le respect de règles claires concernant l'âge de l'utilisateur, les conditions d'achat, de possession, de transport et d'utilisation. Toute infraction à ces règles peut entraîner des sanctions pénales et porter atteinte au droit de l'individu à posséder cette arme.
L'utilisation de l'arbalète dans la chasse est un sujet complexe et souvent controversé. Dans de nombreux pays, l'arbalète est soumis à des réglementations strictes en raison de sa capacité à tuer de gros gibiers de manière efficace et relativement silencieuse. En Amérique du Nord, par exemple, certains états autorisent son usage uniquement pendant les saisons spéciales de chasse, tandis que d'autres l'interdisent complètement. Les chasseurs doivent souvent choisir entre l'utilisation d'une arbalète ou d'un arc à poulies. L'arbalète à l'avantage d'être plus facile à maîtriser pour les débutants en raison de sa mécanique de tir plus stable.
L'arbalète occupe une place fascinante dans l'imaginaire collectif et les légendes. Elle est souvent associée à des récits de héros et d'exploits guerriers. Le plus célèbre est sans doute celui de Guillaume Tell, un héros suisse légendaire réputé pour avoir utilisé une arbalète pour abattre une pomme placée sur la tête de son fils. Aujourd'hui, l'arbalète est fréquemment représenté dans les films, les jeux vidéo et les séries télévisées.
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