Le 19 février 1519, une poignée d'Espagnols, environ cinq cents, abordent sur le rivage de l'actuel Mexique. Ces soldats, aux ordres d'un jeune audacieux du nom d'Hernan Cortés, s'allient aux peuples indiens de la région et affrontent le redoutable empire aztèque. Ils prendront leur revanche en prenant l'opulente cité le 13 août 1521.
À leur arrivée au Mexique, les Espagnols tirent parti de l'étonnement que suscitent sur les Indiens leur physique barbu, leurs armures métalliques, leurs armes à feu et leurs chevaux caparaçonnés. Cortés, grâce aux services d'une jeune Indienne, se rallie habilement les peuples qu'oppriment les Aztèques. Ces derniers ont établi un siècle plus tôt leur domination sur un vaste territoire qui s'étend jusqu'au Guatemala actuel.
Quand Cortés fait part de son arrivée à l'empereur aztèque Moctezuma II, celui-ci n'ose pas lui refuser l'accès de sa capitale. Une fois dans la place, Cortés séquestre l'empereur et gouverne en son nom. Mais voilà qu'il doit revenir sur la côte pour faire face au débarquement d'un rival. Il confie la garde de la ville à un lieutenant. Celui-ci est rapidement dépassé par la situation.
Informé, Cortés fait demi-tour pour porter secours à ses compatriotes. Il ordonne la retraite dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1520. L'empereur Charles Quint transforme l'ancien empire en une colonie du nom de Nouvelle-Espagne. Cortés en devient le gouverneur et le capitaine général.
En 1541, lors de l’expédition du conquistador espagnol Francisco Vázquez de Coronado, un groupe de colons espagnols installait la première colonie européenne dans le sud-ouest des États-Unis, dans ce qui est aujourd’hui l’Arizona. Cet avant-poste, baptisé San Geronimo III, fut attaqué et détruit par des membres de la tribu amérindienne Sobaipuri O’odham, dans l’un des premiers soulèvements amérindiens réussis.
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Aujourd’hui, une découverte archéologique sur le site de cette colonie a révélé un artefact inattendu et d’une grande importance : un canon en bronze, la plus ancienne arme à feu jamais retrouvée sur le continent américain. Cette découverte, datée du seizième siècle, ouvre une nouvelle perspective sur les premiers contacts entre Européens et Amérindiens tout en soulignant l’ampleur des tentatives de colonisation espagnoles et l’échec de ces dernières dans cette région.
L’expédition menée par Francisco Vázquez de Coronado en 1539 avait pour objectif la découverte des mythiques sept cités d’or dans le sud-ouest des États-Unis. Cette quête fut un échec total, puisque ces cités légendaires n’existaient pas. Cependant, l’expédition marqua un tournant dans les relations entre Européens et peuples autochtones puisqu’elle est considérée comme la première tentative sérieuse de colonisation européenne dans cette région.
En 1541, après avoir exploré plusieurs zones de l’actuel Nouveau-Mexique et de l’Arizona, Coronado établit une colonie à San Geronimo III, un site stratégique. Bien que fondée pour établir un pied-à-terre espagnol, cette colonie fut rapidement attaquée par les Sobaipuri O’odham, une tribu locale qui résista à l’occupation européenne. Les colons espagnols, pris au dépourvu par l’attaque, furent massivement tués avant même que des mesures de défense efficaces ne soient prises.
Cet événement est important, car il marque le premier soulèvement amérindien réussi contre les colonisateurs européens dans cette région.
C’est sur le site de San Geronimo III, dans les ruines de la structure espagnole, que les archéologues ont retrouvé un hackbut, un canon en bronze daté de la fin du 15e siècle. Ce canon, qui faisait partie des équipements militaires destinés à protéger la colonie, est un exemple précoce de l’arme à feu en Europe. Cependant, il n’a jamais été utilisé dans la bataille.
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L’examen de l’arme montre l’absence de résidus de poudre noire, ce qui suggère qu’elle n’a pas été chargée ni tirée lors de l’attaque. Cela soulève une question fascinante : pourquoi cette arme n’a-t-elle pas été utilisée pour défendre la colonie ? Les raisons restent incertaines, mais certains historiens estiment que l’attaque a été tellement rapide et bien coordonnée que les Espagnols n’ont jamais eu le temps de préparer une défense adéquate.
De plus, le canon lui-même était déjà une arme obsolète pour l’époque et datait probablement d’une époque antérieure au départ de Coronado. Néanmoins, cette découverte représente une avancée majeure dans la compréhension des premières tentatives de colonisation en Amérique.
La découverte du canon n’est pas seulement une trouvaille archéologique fascinante ; elle fait également écho à l’histoire de la résistance amérindienne face à la colonisation européenne. Le soulèvement des Sobaipuri O’odham, qui a mené à la destruction de la colonie, symbolise la capacité des peuples autochtones à repousser les tentatives de domination étrangère. Il ne faut donc pas sous-estimer l’importance de ce soulèvement.
Il aura en effet marqué un tournant dans l’histoire de la résistance autochtone. Après cette défaite, les Européens ne reviendront dans cette région du sud-ouest américain pendant près de 150 ans, jusqu’à l’arrivée des missions espagnoles plus au sud.
Selon les experts, l'arme à feu pourrait même être la plus ancienne jamais retrouvée aux États-Unis.
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Nom : le canon n'a pas de nom officiel, mais a été qualifié de "plus ancienne arme à feu jamais retrouvée sur le territoire continental des États-Unis".
Description : un wall gun (littéralement, "fusil de mur"), un type de fusil extrêmement long et lourd utilisé principalement entre les XVIIe et XIXe siècles comme arme défensive, conçue pour être montée sur un support fixe, souvent un mur, un rempart ou un bastion. Ici, deux opérateurs étaient nécessaires pour manipuler le canon en bronze de 107 centimètres de long et un poids de18 kilogrammes.
Origine : colonies espagnoles de l'époque, Mexique ou Caraïbes.
Époque de fabrication : XVIe siècle, période des expéditions du conquistador Francisco Vázquez de Coronado.
Francisco Vázquez de Coronado (1510-1554) était un conquistador espagnol, connu pour ses explorations des territoires nord-américains. De 1540 à 1542, sa plus célèbre expédition vise à découvrir les légendaires "Sept Cités d'or" de Cibola. Loin de trouver des richesses, Coronado et ses hommes s'illustrent durant trois ans par des violences extrêmes : pillages, massacres et asservissement des peuples autochtones. À son retour au Mexique, l'explorateur est ruiné et accusé de crimes de guerre. Il a toutefois laissé des traces durables dans l'histoire : sa quête, bien qu'infructueuse, a permis de cartographier de vastes territoires des États-Unis.
Pour financer son ambitieux projet de conquête, Coronado avait mis en gage les biens de sa femme, contracté d'important prêts et rassemblé 350 soldats, ainsi qu'un important arsenal militaire. Pourtant, cela ne s'est pas toujours avéré suffisant.
Sur le site, les archéologues ont aussi découvert des fragments de jarres d'olive, de la poterie européenne et des éléments d'armes, qu'ils décrivent dans un article de l'International Journal of Historical Archaeology publié le 21 novembre 2024. Or, les descriptions des matériaux et des biens correspondent à ceux de l'expédition de Francisco Vázquez de Coronado. Et parmi eux se cachait le fameux canon de 107 centimètres, que la datation par radiocarbone et la luminescence optiquement stimulée ont permis d'estimer à cette même époque.
Contrairement aux canons espagnols plus ornés, le moulage simple du wall gun suggère qu'il aurait pu être fabriqué au Mexique ou dans les Caraïbes, et peut-être même acheté lors d'une expédition antérieure du conquistador Juan Ponce de León (1460-1521). Monté sur un trépied en bois sur les murs des fortifications, ce type d'arme était souvent employé de manière défensive.
Mais au vu du contexte de sa découverte, un tel canon aurait été ici mobilisé à des fins offensives, pour détruire les murs en adobe des structures des colonies indigènes. Il semble pourtant n'avoir jamais été utilisé… et a même été abandonné. Présentait-il un défaut technique ? Les colons espagnols étaient-ils en manque de munitions, ou ont-ils été contraints de fuir précipitamment ?
Tout au long de l'histoire du Mexique, plusieurs épisodes, certains glorieux, d'autres nous ont montré des moments de faiblesse. L'un de ces derniers, sans aucun doute, est celui de la conquête du Mexique, par des Espagnols dirigés par Hernán Cortes, qui sont arrivés sur le territoire mexicain pour la réaliser en 1519.
Cependant, plusieurs facteurs ont contribué à conclure ce processus de conquête, car les Espagnols se sont alliés à plusieurs peuples autochtones du territoire mexicain qui étaient sous le joug des Mexicas, leur promettant de les libérer d'eux.
En outre, un autre facteur important de la Conquête est sans aucun doute celui de son armement. Les armes des Espagnols surpassaient celles des Mexicas, qui étaient mortelles, mais plus rudimentaires.
En 1532, le conquistador Francisco Pizarro arrive au Pérou, dans la ville de Cajamalca, avec son armée. Il ne rêve que d'or. Atahualpa est le souverain tout puissant des Incas, descendant du fils du dieu soleil. Avec son cortège royal, il va au-devant des Espagnols, restés cachés.
À cet instant, comme il en avait été décidé, le père Valderde, notre aumônier, sortit d'un des couverts. La Bible à la main droite, le crucifix à la gauche, il s'approcha de l'Inca et lui adressa la parole. Le dominicain somma Atahualpa de se soumettre à l'empereur, qui était le plus puissant souverain du monde et qui avait donné l'ordre à Pizarro, son serviteur, de s'emparer des terres des païens.
L'Inca ne bougea pas. Le père Valderde le somma une seconde fois. Cette fois encore, l'Inca ne répondit pas. Statue immobile, il était assis sur son trône et, mi-étonné, mi-hostile, il regardait le moine. Désemparé, celui-ci avait les yeux rivés sur le sol ; son visage pâlit ; il cherchait en vain l'inspiration pour une nouvelle sommation, quand soudain il se retourna et brandit le crucifix à bout de bras comme un étendard.
Le général comprit alors que le moment était venu et qu'il n'était plus question d'hésiter. Il agita une bande d'étoffe blanche ; les canons tirèrent ; « San Jago », le cri de guerre, retentit ; la cavalerie surgit de l'embuscade comme un fleuve endigué. Stupéfaits, abasourdis par les cris, les claquements des mousquets, et le tonnerre des deux arquebuses, étouffés et aveuglés par la fumée qui se répandait en nuage sulfureux sur la place, les hommes de l'Inca ne savaient que faire ni dans quelle direction fuir.
Le choc fut épouvantable : la cavalerie piétina sans distinction les aristocrates et les gens du peuple. Personne n'opposa de résistance ; ils ne possédaient d'ailleurs pas les armes qui l'eussent permis. Au bout d'un quart d'heure, l'amoncellement des cadavres bouchait toutes les issues. Atahualpa, prisonnier, fut emmené dans le bâtiment le plus proche. Sa garde fut confiée à douze hommes.
Un silence spectral avait envahi la place et les rues. Mais à un moment donné de la nuit, traversant les lointaines montagnes, les chants plaintifs des Péruviens, à qui l'on avait ravi leur dieu vivant, retentirent, tantôt grossissant, tantôt faiblissant, de plus en plus douloureux et sauvages, jusqu'au lever du jour. On suggère un peu plus tard à Atahualpa qu'il pourrait retrouver sa liberté en donnant de l'or.
Ce fut sur le visage d'Atahualpa une expression d'horreur et d'intense réflexion. Il était incapable de croire que l'on puisse racheter quelque chose d'aussi important que la liberté avec un objet d'aussi peu de valeur qu'en avait l'or à ses yeux. L'idée d'acquérir quelque chose avec de l'or devait l'étonner et l'inquiéter au plus profond de son être.
En 1532, les Espagnols sont de retour sur le continent. Menés par Francis Pizarro, ils veulent réitérer l’exploit de Cortes qui a conquis le Mexique quelques années plus tôt avec seulement 600 hommes, 11 chevaux et 10 canons. L’enjeu serait même encore plus important ici. L’expédition débarque à Tumbes, ville côtière du nord ravagée par la guerre civile.
Ils comprennent rapidement qu’ils ont affaire à un empire structuré. Des ponts de cordes, surveillés et dotés de péages, traversent les rivières et les torrents. Les conquistadors ont également la chance de tomber sur une population assez accueillante. Arrivé à Cajamarca, Pizarro sait que sa petite troupe ne pourra pas grand chose face à cette civilisation puissante et organisée.
Pizarro et Atahualpa ont chacun leur plan. L’Espagnol prépare la rencontre en ordonnant à ses hommes de se cacher autour de la place, se tenant prêts à intervenir. Le soir du rendez-vous, Atahualpa arrive à la tête d’un cortège extraordinaire, composé de 30 000 hommes et femmes de sa cour et d’une partie de son armée. Pizarro envoie un prêtre dominicain à sa rencontre.
Le prêtre présente à l’empereur une croix et une bible. Ce dernier, qui n’a aucune idée de ce qu’est un livre, se saisit de la bible et la porte à son oreille. Ne comprenant pas, Atahualpa jette ensuite le livre à terre avec violence. Ce geste sacrilège déclenche la fureur de Pizarro qui saisit l’empereur par le bras et le fait tomber de sa litière.
Les Espagnols sortent de leurs cachettes et commencent à tirer au canon et à l’arquebuse sur les Incas, pour la plupart désarmés. En quelques minutes, le majestueux n'est plus. La place est jonchée de cadavres et d'Incas apeurés. Pour Atahualpa, c'est le déshonneur, ses mains sont liées et ses vêtements, si importants dans la culture Inca, sont déchirés.
Depuis les hauteurs, l'armée indienne assiste impuissante à la capture de son empereur. Face à un empire dont l’unité repose en grande partie sur le prestige et la divinité du souverain, c’est une énorme victoire.
Tableau récapitulatif des armes des conquistadors :
| Arme | Description | Utilisation |
|---|---|---|
| Long brochet | Arme d'hast de 3 à 5 mètres avec une lame | Infanterie |
| Hallebardes | Arme d'hast avec tranchant et lame transversale | Infanterie |
| Arbalètes | Arme de lancement de projectiles puissante mais lente | Tir à distance |
| Arquebuses | Arme à feu à courte portée, puissante | Infanterie |
| Mousquets | Amélioration de l'arquebuse, plus lourd et puissant | Infanterie |
| Canons | Artillerie, difficile à transporter | Sièges et batailles rangées |
| Armures | Armures en fer et en acier | Protection |
| Animaux | Chevaux et chiens | Guerre psychologique et cavalerie |
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