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Le tir à l’arc est l’un des plus vieux arts encore pratiqués. Cet historique ne va pas seulement vous emmener à travers l’évolution du tir à l’arc mais aussi à travers l’histoire de l’humanité.

Depuis toujours, l'homme a été préoccupé par l'idée de lancer des objets pour se défendre et attaquer, ou tout simplement pour s'amuser. Le passage du lancer à main nue au lancer à l'aide d'un auxiliaire se fit lentement et sans doute grâce à l'extraordinaire don d'observation de son environnement que l'homme possède.

La première invention mécanique composite de l’homme consista en l’usage de l’arc et de la flèche, considéré par les anciens comme un art semblable à la musique ou à la peinture.

L’invention de l’arc remonte loin dans le temps. Bien entendu, on n'en sait rien. Mais il est fort probable que l'arc existait il y a 50000 ans, des pointes de flèche de cet âge là ayant été découverte à Bir-el-Ater en Tunisie.

Les fouilles archéologiques ont montré que des arcs en bois existaient déjà au quarantième millénaire avant notre ère. Les preuves formelles de l'usage de l'arc remontent à 10000ans, et consistent en dessins et peintures rupestres dans des grottes espagnoles. Ils représentent clairement des archers chassant du gros gibier.

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L'arc est apparu sur presque tous les continents, sauf...en Australie, où a subsisté l'usage du propulseur (woomera), arme très probablement antérieure à l'arc.

De quelque façon que fut fabriqué l'Arc, les matériaux utilisés étaient toujours organiques. Cela explique leur corruption et leur disparition générale. Certaines des plus anciennes trouvées en Afrique du Nord ou au Sahara, ont environ 50.000 ans et indiquent un stade relativement avancé d'évolution si on les compare à l'épieu taillé.

En Europe, les peintures rupestres, d'une époque évaluée à 10.000 ans avant J.C., et montrant des chasseurs armés d'arcs, furent découvertes dans des grottes d'Espagne.

Le matériel fut progressivement perfectionné : bois durci au feu, flèches en pointes dentelées, utilisation de la pierre, de l'os, et de l'empennage en plume.

Bien que le tir à l’arc date probablement de l’Age de Pierre (env. 20’000 av. J-C), il a été adopté par de nombreuses cultures dans le monde entier.

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En Chine, le tir à l’arc remonte à la Dynastie Shang (1766-1027 av. J-C). Un véhicule de guerre datant de cette époque emmenait des équipes de trois: un conducteur, un lanceur et un archer. Lors de la dynastie suivante, la Dynastie Zhou (1027-256 av. J-C) le tir à l’arc était une des six compétences aristocratiques que les étudiants devaient maîtriser.

Les Chinois ont introduit le tir à l’arc au Japon au 6ème siècle. Cette introduction aura une très forte influence sur les techniques et protocoles futurs. Au début, cet art martial japonais était connu sous le nom de kyujutsu (l’art de l’arc) maintenant il est appelé kyudo (forme de l’arc). Actuellement, Kyudo est principalement pratiqué comme une méthode de développement physique, moral et spirituel. Après quelques mouvements rituels, l’archer se dirige vers la ligne de tir et tire à 28 mètres sur une cible de 36 cm de diamètre placée dans un bac de sable à ciel ouvert.

Le Tir à l'Arc dans la Mythologie et l'Histoire Antique

La littérature est riche en récits concernant l'arc et le Tir à l'Arc : le premier grand archer serait Ulysse.

Les Egyptiens, les Syriens, les Perses et tous les peuples de notre civilisation antique, sans oublier certaines peuplades d'Extrême-Orient, eurent des armées composées uniquement d'archers (souvenons-nous tant des archers numides ralliant l'armée de Scipion l'Africain que d'Hannibal, vaincu à Zama en 202 avant J.C.).

Les Amazones appartenaient à une race fabuleuse de femmes guerrières qui, selon la légende, vivaient dans le Caucase et en Asie Mineure, sur les rives du Thermodon. Gouvernées par une reine, elles n'acceptaient la présence des hommes qu'une fois par an pour perpétuer leur race et tuaient leurs enfants mâles ou les rendaient aveugles ou boiteux, pour ensuite les utiliser comme serviteurs. Montées sur des chevaux, protégées par une armure et un casque, les Amazones étaient particulièrement habiles au tir à l'arc.

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Apollon - Phébus en grec - était l'une des 12 grandes divinités de l'Olympe. Il était appelé "l'archer divin" ou "le dieu archer". Ses dispositions pour le tir à l'arc furent précoces. Dès son adolescence, armé de son arc et de ses flèches, il vengea sa mère du serpent Python par lequel elle avait été obstinément poursuivie. Apollon est également connu pour avoir fait périr de ses flèches les Telchines (des génies, la plupart du temps malfaisants dont la forme tenait à la fois de l'homme et de l'animal marin). Il apprit un jour que sa protégée, la nymphe Coronis, avait manqué à ses devoirs de fidélité. Il fut pris d'un tel accès de colère qu'il sacrifia sans délai Coronis de ses flèches.

Artémis, appelée Diane pour les romains, était la soeur jumelle d'Apollon : c'était la fameuse déesse chasseresse. Cette archère aux pouvoirs surnaturels avait des flèches en argent qui ne manquaient jamais leur cible.

Les Centaures étaient des êtres avec un buste d'homme terminé par un corps de cheval. Ils se nourrissaient de chair crue et vivaient comme des bêtes dans les forêt de Thessalie. Leurs moeurs brutales, leur amour immodéré du vin et des femmes les rendaient redoutables aux mortels. Seuls deux d'entre eux, Pholos et Chiron, se distinguaient de leurs semblables par une bonté et une sagesse exemplaires. Zeus plaça Chiron parmi les astres du ciel où il forme depuis la constellation bien connue du Sagittaire.

Eros, proche du "cupidon" romain, est l'enfant qu'Aphrodite aurait eu avec Hermès, et représente l'union et l'amour. Cet enfant ailé inspire les passions parmi les dieux ou les humains. Avec ses flèches, il peut provoquer chez autrui le désir ou le rejet. Au sein de l'Olympe ou parmi les hommes nul ne peut résister à son pouvoir. Il en use et abuse au gré de ses fantaisies. Lorsque de ses flèches, il perce le cœur d'un être humain, aussitôt celui-ci tombe amoureux de la première personne qu'il voit. Mais Éros peut lui même tomber amoureux.

Les archers Turcs, quant à eux, repoussèrent les Croisés.

Durant la période gréco-romaine, l’arc était plutôt utilisé pour des exploits personnels ou pour chasser plutôt qu’à des fins belliqueuses. A cette période, les archers étaient fréquemment vus faisant de la poterie. L'armée romaine comptait de nombreuses compagnies d'archers.

L'une d'elle avait pour capitaine Sébastien, un officier romain né à Narbonne vers 250 après JC d'origine milanaise. Il fût nommé chef d'une cohorte prétorienne par l'empereur Dioclétien. Converti au Christianisme, il rallia à sa foi de nombreuses personnes. Dénoncé, il fût sommé d'abjurer sa foi en 288. Il refusa et Dioclétien le condamna à être transpercé de flèches par ses propres hommes. Ceux-ci ayant un profond respect pour leur capitaine, ils auraient selon la légende évité de viser le cœur, puis le laissèrent pour mort. Recueilli et soigné par une chrétienne nommée Irène, Sébastien retourna auprès de l'empereur pour lui reprocher la cruauté dont il faisait preuve envers les chrétiens. Condamné une nouvelle fois à mort le 20 janvier 288, il fût roué de coups, puis son corps fût jeté dans les égouts afin que les chrétiens ne puissent le "ressusciter". Découvert par une autre chrétienne du nom de Lucile, son corps fût enterré dans les catacombes de la Via Appia, où une basilique fût construite à son nom.

L’Argonaute Pœas, père de Philoctète, hérita de l’arc et des flèches d’Héraclès et en fit don à son fils, habile archer et chef des contingents thessaliens. Achille quant à lui, organisait des tournois, de tir à l’arc notamment, en hommage à son ami défunt, Patrocle, tué sous les remparts de Troie.

À son retour à Ithaque, après bien des péripéties, Ulysse prit part au fameux concours de tir à l’arc où il dut affronter les prétendants de Pénélope, comme le relatent les chants homériques de l’Iliade et de l’Odyssée, les premiers écrits connus de l’Antiquité. Mais Pénélope ne pouvait plus ignorer les poursuites de ses prétendants qui affirmaient qu'Ulysse était mort. Elle promit d'épouser celui qui parviendrait à tendre l'arc d'Ulysse. Tous avaient accepté la proposition de la reine ; mais ils essayèrent vainement de tendre l'arc. Ulysse, qui ne s'était pas fait reconnaître, demanda qu'il lui soit permis d'éprouver ses forces. Il banda l'arc très aisément, et en même temps, il tira sur les poursuivants, qu'il tua l'un après l'autre, aidé de son fils et de deux fidèles domestiques. Par ce moyen, il prouva à sa femme qui il était.

Le Moyen Âge et l'Importance de l'Archer

C'est le Moyen-Age qui marque le plus l'imaginaire de l'archer, avec le personnage de Robin des Bois, qui a peut-être existé en la personne d'un certain Robert Hood, Comte de Huntingdon, déformé en Robin Wood, et qui symbolise le redoutable art des archers d'outre-manche à cette époque.

Robin des Bois suscitait l'admiration parce qu'il donnait aux pauvres ce qu'il volait aux riches. Il s'opposait à la tyrannie du Prince Jean et du Shérif de Nottingham, son représentant. Ce dernier l'a dépossédé de ses terres. Robin des Bois est le chef d'une bande composé de Frère Tuck, de son neveu Will Scarlett, et bien sûr de Petit Jean. Robin des Bois combattait lui aussi avec un arc et des flèches, et il était renommé pour son adresse. La légende dit qu'il parvenait à ficher une flèche dans une autre.

L'archer était généralement vêtu légèrement pour se déplacer rapidement à pied. Outre son arc, il possédait un carquois pour loger ses flèches et une arme auxiliaire (épée, couteau) utilisée au corps à corps.

Les archers gallois, semaient la terreur dans les batailles rangées, en écrasant l'ennemi (souvent français...) sous un déluge de flèches. Imaginez 3000 archers en ligne, à 300 mètres devant vous, et qui projettent au dessus de votre tête leurs traits à la cadence de 6 par minute chacun !

Durant le Haut Moyen-Age, l'arc était toujours l'arme prépondérante pour la chasse comme pour la guerre.

Le 14 octobre 1066, le Duc Guillaume de Normandie, en faisant tirer ses archers « en cloche », remporta une victoire sur le roi Harold d'Angleterre à Hastings, et s'empara ainsi de la couronne d'Angleterre. Guillaume pris ainsi le titre de Conquérant.

En 1260, Saint Louis publie une ordonnance par laquelle chacun était " requis de prendre exercice du noble jeu de l’arc plutôt que de fréquenter d’autres jeux dissolus " et il s’inscrit lui-même comme membre d’une confrérie. Le tir à l’arc devient ainsi une pratique répandue dans les campagnes autour des bourgs.

En 1319, le roi de France Philippe V interdit la pratique des jeux et recommande à ses sujets celle du tir à l’arc. Il faut en effet pratiquer quasi quotidiennement pour pouvoir bander efficacement les longs arcs militaires de cette époque.

La Bataille de Crécy se déroule à l'aube de la Guerre de Cent Ans : elle en est un des premiers épisodes militaires. L'objectif est la prise de possession du trône de France. Le 26 août 1346, l'armée anglaise, sous le commandement d'Edouard III et de son fils, le futur Prince Noir, taille en pièces l'armée française de Philippe VI à Crécy-en-Ponthieu, entre Amiens et l'embouchure de la Somme.

La Bataille de Poitiers se déroule au Moyen-âge durant la Guerre de Cent Ans. Le Roi Jean II Le Bon répond au raid du Prince Noir en se lançant à sa poursuite. Il le rencontre fortuitement au sud de Poitiers (grande ville du Moyen-âge), déclenchant la célèbre Bataille de Poitiers le 19 Septembre 1356.

En 1448 Charles VII créé un corps d'armée : les « Francs Archers ». Ces archers, après avoir prêté serment, étaient tenus de s'entraîner et d'entretenir leur matériel afin de pouvoir partir en guerre à tout moment, en échange de quoi, ils étaient exempts de l'impôt de la taille. En parallèle, apparaissent les confréries d'archers, et le jeu d'arc devient une pratique noble, valorisante et codifiée. Charles VII, voulant doter la France d'une véritable armée nationale, créa par les ordonnances de 1445 et 1448 le Corps des Francs Archers.

L'utilisation guerrière de l'arc prend fin avec l'apparition des armes à feu (l'arquebuse puis du mousquet) lors des batailles au XVIème siècle.

« Lart darcherie », est le premier livre d'archerie imprimé en français autour de la fin du quatorzième siècle.

Types d'Arcs au Moyen Âge

Le petit arc, assez maniable et facile à fabriquer, mesurait entre 90 cm et 1 mètre 20 de long. C'était le type le plus largement répandu et sa portée, sa puissance et sa précision étaient assez moyennes. Un emploi véritablement efficace exigeait une expérience et un entraînement non négligeables.

L'arc composite, d'origine asiatique, était fait de baguettes de bois ou d'os qui étaient liées entre elles. Ce système de lames superposées conférait une force supplémentaire à l'arc, mais en contrepartie, celui-ci exigeait une force et un entraînement plus importants qu'un arc courant.

Le grand arc, ou long bow est né au Pays de Galles et s'est largement répandu en Angleterre. Il s'agissait d'une arme d'une seule pièce de bois, le plus souvent du bois d'if, qui pouvait mesurer jusqu'à 1 mètre 80, et pouvant atteindre des puissance de 100 à 120 livres. Le grand arc expédiait des flèches longues de presque un mètre. Il fallait, pour manier le grand arc, un entraînement et une pratique de longue haleine et les hommes les plus habiles à cet exercice pouvaient tirer six fois à la cible à la minute. Le grand arc était une arme à longue portée.

Les Gallois, archers très redoutés, pouvaient tirer jusqu'à huit fois en une minute. Le roi d'Angleterre encouragea la pratique de l'arc dans les campagnes de son royaume afin de compter sur des archers toujours plus nombreux et mieux entraînés, tandis que les seigneurs français du Moyen Age n'étaient pas favorables à l'établissement de compagnies d'archers.

reconnaissable à sa croix de Saint-Georges rouge sur la pèlerine passée sur une cotte de cuir, est armé du redoutable "long bow" en bois d'if qui sema la panique dans les rangs de la chevalerie française lors des batailles de la Guerre de Cent Ans.

L'Évolution du Tir à l'Arc en tant que Sport

Et c'est ainsi, en 1583 que se déroule la première compétition connue du tir à l'arc à Finsbury en Angleterre, avec 3000 participants.

La première compétition connue organisée dans le tir à l’arc se déroula à Finsbury en Angleterre en 1583 avec 3000 participants.

D’ici la Guerre de 30 Ans (1616-1648), l’usage de l’arc comme arme de guerre déclina. L’introduction progressive de l’arme à feu conjuguée au coût prohibitif pour obtenir de l’if (bois d’arc par excellence) en quantité et en qualité suffisante pour faire des arcs a sonné le glas de ces derniers.

En temps de paix et suivant leurs affinités, les confréries s'invitaient en de grandes fêtes appelées "Bouquets". Puis, peu à peu, les décrets perdirent de leur vigueur, et très pacifiquement, les coutumes réapparurent.

Depuis, beaucoup de chemin a été parcouru et sans doute en reste-t-il encore à faire ! Après bien des vicissitudes, à partir de 1972, le Tir à l'Arc est reconnu de façon permanente en tant que Discipline Olympique.

Le Tir à l'Arc aux Jeux Olympiques

La discipline fait sa première apparition lors des Jeux d’été de 1900 à Paris. 5 000 archers y participent.

Lors de cette première ère, aucune fédération internationale n’existe pour réglementer la pratique du tir à l’arc. Le choix des épreuves est laissé à l’initiative du pays organisateur.

Le tir à l’arc se veut précurseur puisqu’il est l’un des premiers sports à proposer des épreuves féminines en individuel et par équipe, en plus des épreuves masculines habituellement représentées lors des Jeux Olympiques.

En 1931, La Fédération Internationale de Tir à l’Arc, devenue World Archery en 2011, voit le jour dans le but de réintégrer notre sport aux Jeux en organisant des championnats réguliers et obtenir à nouveau la légitimité d’être discipline olympique.

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