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L'arbalète, qu'elle soit à poulies ou classique, est un outil de précision qui exige une attention particulière lors de son réglage. Un viseur correctement ajusté est essentiel pour optimiser la précision de vos tirs, que ce soit pour le tir sportif ou la chasse. Ce guide détaillé vous fournira les informations et les étapes nécessaires pour régler efficacement le viseur de votre arbalète.

Importance du Viseur

Le viseur constitue un élément central pour réaliser des tirs précis avec une arbalète, en particulier avec une arbalète à poulies, qui représente le summum de la technologie dans le monde du tir. Les accessoires adaptés transforment cette arme sophistiquée en un outil de précision remarquable. Que vous utilisiez un viseur simple ou un modèle plus avancé, c'est une étape cruciale pour assurer la précision de vos tirs.

Les arbalètes à poulies modernes sont compatibles avec plusieurs catégories de viseurs, allant des modèles simples pour débutants aux viseurs lumineux pour les conditions de faible luminosité, en passant par des systèmes sophistiqués intégrant des réticules multiples.

Premiers Pas : Alignement et Préparation

Avant de commencer les réglages, il est crucial de s'assurer que tous les éléments de l'arbalète sont correctement alignés.

Alignement Initial

Commencez par aligner le scope avec la corde et le repose-flèche. Cette étape préliminaire permet de garantir une base solide pour les ajustements ultérieurs. Optimisez au maximum la précision de tir. Pour cela, il est important que les éléments du viseur et l’axe de la corde s’alignent.

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Préparation au Tir

Installez une flèche et armez l'arbalète. Il est important de toujours mettre une flèche pour éviter le tir à vide en cas de départ de la corde.

Positionnement

Visez la cible à une distance initiale de 10 mètres, afin de ne pas être trop loin de la cible et de ne pas risquer de tirer à côté de la cible si l'arc est vraiment très loin du réglage nécessaire. Une fois à l'aise, vous pouvez passer à une distance de 20 mètres en visant le centre de la cible.

Tir d'Évaluation

Tirez une flèche et observez attentivement son point d'impact par rapport au centre de la cible. Si la flèche n'est pas pile au centre de la cible, des ajustements seront nécessaires. Avant d'amorcer les réglages, il est conseillé de tirer une flèche ou une volée de quelques flèches en visant le centre de sa cible. L’objectif sera de vous indiquer le groupement de flèches par rapport centre de la cible.

Réglage du Viseur : Ajustements et Corrections

Le réglage du viseur nécessite une approche méthodique. Il est important de savoir qu’un viseur s’ajuste selon la distance de tir et dans le sens de l’erreur observée.

Ajustements Verticaux

  • Flèches trop basses : Si vos flèches sont trop basses, il faut baisser le viseur. Il vous suffira de baisser le viseur. Il faudra faire descendre le scope vers le bas car on règle toujours dans le sens du défaut.
  • Flèches trop hautes : Si les flèches sont trop hautes, pensez à monter le viseur. Il faudra régler le scope vers le haut.

Ajustements Horizontaux

  • Flèches trop à droite : Pensez à déplacer le viseur vers la droite (en vissant).
  • Flèches trop à gauche : Il faudra déplacer le viseur la gauche (en dévissant le viseur).

Réglage des Axes du Viseur

Pour d’orienter le scope ou l’œilleton (arc classique), qui est notre guide dans la visée, il faut faire des réglages autour de 3 axes orthogonaux.

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Premier Axe

Le 1er axe concerne la rotation de votre scope sur son cylindre qui le relie au viseur. La toute première étape primordiale consiste à vous assurer d'abord que la réglette verticale de votre viseur soit parfaitement parallèle avec la joue de votre arc.

Deuxième Axe

Le 2ème axe est celui qui vous permettra de vous assurer que votre arc sera tout le temps parfaitement horizontal. Pour le réglage du 2ème axe, vous allez devoir aligner le niveau de votre scope avec un autre point de référence.

Troisième Axe

Le 3ème axe concerne les archers de parcours et les chasseurs qui ont l'habitude de tirer en situation de pente négative ou positive. Une fois cette étape réalisée, vous pourrez passer au dernier réglage du 3ème axe. Pour cela vous devrez incliner votre arc avec un angle négatif ou positif de 45° tout en gardant le point de référence identique pour le second niveau.

Choix des Flèches et Pointes

La sélection minutieuse des flèches et des pointes constitue un élément fondamental pour optimiser la performance de votre arbalète à poulies. Les flèches d'arbalète à poulies se distinguent par leurs spécificités techniques. Pour une arbalète développant 150 lbs de puissance, privilégiez des flèches en carbone ou en aluminium, offrant un excellent compromis entre légèreté et résistance. Les pointes se choisissent selon votre pratique.

Pour l'entraînement, adoptez des pointes terrain d'un poids de 100 à 125 grains, assurant stabilité et précision. Les archers orientés vers la compétition opteront pour des pointes plus légères, favorisant la vitesse. La technologie actuelle propose des pointes en acier trempé garantissant durabilité et pénétration optimale.

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Accessoires Complémentaires

En plus des réglages principaux, il est bénéfique de se concentrer sur les accessoires complémentaires. Les viseurs, stabilisateurs et supports jouent tous un rôle crucial dans la précision générale.

Viseurs

Un bon viseur permet une acquisition rapide et précise de la cible. Plusieurs types de viseurs sont disponibles incluant les réticules simples, les points rouges et les systèmes optiques complexes. Il est conseillé de tester différents viseurs pour déterminer lequel répond le mieux à vos besoins spécifiques.

Stabilisateurs

Les stabilisateurs ajoutent du poids à votre arbalète, réduisant ainsi les vibrations et augmentant la stabilité pendant le tir. Ils permettent un contrôle plus précis, surtout lorsque vous prenez pour cible des distances plus longues.

Conseils Supplémentaires

  • Réglage de la Distance : Commencez par régler votre viseur à une distance fixe, puis ajustez-le progressivement pour différentes distances. Sachez qu’une distance de tir correspond à un angle de tir unique. Pour régler cet angle, il faut glisser l’œilleton ou le scope verticalement pour changer les angles de tir en fonction des distances de tir.
  • Test de Groupement : Effectuez plusieurs tirs consécutifs à la même distance et observez le groupement des flèches. Un groupement serré indique une précision élevée.
  • Évaluation des Conditions de Tir : Tenez compte des conditions météorologiques, de la lumière et du vent lors de l'affinage des réglages.

Maintenance

L’entretien est fondamental pour garder une arbalète en parfait état de fonctionnement. Cela comprend divers aspects tels que le graissage des rails et de la corde. Graisser régulièrement ces composants permet de réduire les frictions, assurant ainsi un tir plus fluide et préservant la longévité de l’équipement.

Avant chaque séance de tir, il est judicieux d’inspecter les rails et la corde. Recherchez tout signe d’ usure ou de détérioration, tels que des craquelures ou des sections effilochées sur la corde. Les rails doivent être propres et exempts de débris. Si vous identifiez des problèmes, ne tardez pas à effectuer des réparations ou remplacements nécessaires.

Réglage Fin du Scope

Afin de pouvoir contrôler l’alignement du viseur, vous devez regarder l’arc depuis l’arrière et aligner la corde avec les vis de fixation des branches au milieu de l’arc. Ensuite, observez la position du point de mire. Procédez de cette manière avec l’œilleton tout en haut, et une autre lorsqu’il est tout en bas.

Le niveau à bulle incorporé dans le scope vous indique la verticalité de l’arc pendant de la phase de tir. Un arc avec une erreur de verticalité impliquera un défaut latéral en cible (la flèche trop à droite ou à gauche du centre). L’indication donnée par ce niveau à bulle doit être juste, qu’importe la pente du terrain ou l’angle de tir. C’est pourquoi, vous devez régler l’inclinaison du scope dans tous les plans.

Il est à savoir que le scope n’est pas flottant dans l’espace, mais fixé sur le viseur qui lui-même fixé sur la fenêtre d’arc. Le réglage du scope se fait alors par l’intermédiaire des réglages du viseur. Pour le réglage, ajustez le scope dans la bonne position et faites le basculer d’environ 35-45 degrés vers l’avant. Dans cette nouvelle position, réajustez le scope avant de redresser l’arc dans sa position initiale. Si la bulle reste stable, cela veut dire que l’ alignement est parfait. Conseil : utilisez un support d’arc afin de pouvoir manier l’arc dans deux axes distincts.

Le Déclencheur

Le déclencheur joue un rôle vital dans la précision de vos tirs. Un déclencheur mal réglé peut causer des variations subtiles mais significatives dans la performance de tir. Il est donc recommandé de tester et d’ajuster fréquemment le déclencheur pour garantir une action douce et sans à-coups. La sensibilité du déclencheur doit être réglée en tenant compte de vos préférences personnelles. Certains ajusteurs offrent plusieurs niveaux de sensibilité permettant un ajustement sur mesure.

Suivi et Amélioration Continue

Tester et ajuster continuellement votre arbalète est le meilleur moyen d’améliorer vos compétences. Conservez un journal de tir qui consigne les conditions de chaque session (vent, température, etc.), les réglages de l’arbalète, et les résultats obtenus. Après chaque séance de tir, examinez attentivement vos résultats. Comparez-les aux paramètres précédemment enregistrés pour voir où des améliorations peuvent être effectuées. Enfin, restez informé des nouvelles avancées technologiques et méthodologies dans le domaine du tir à l’arbalète.

Fonctionnement Mécanique de l'Arbalète

En analyse statique, ce mécanisme reste un assemblage de pièces simples, dont l'équilibre n'est pas très compliqué à calculer. Tu pars de la seule force que tu connaisses: la tension horizontale sur la corde. Cette tension s'applique sur la noix, qui est en rotation autour de son axe. A l'équilibre la somme des couples (force X bras de levier) est nulle (sinon la noix tournerait). Dit autrement, la force de la corde x la distance verticale entre l'axe et la corde est égale à la force horizontale du levier déclencheur x la distance verticale entre ce déclencheur et l'axe de la noix.

Le principe de base du fonctionnement de l’arbalète est semblable à celui de l’arc. L’énergie fournie lorsqu’on bande le dispositif est stockée dans la déformation élastique des branches. Lorsqu’on relâche la corde, cette énergie est alors transférée à la flèche ou au carreau, se convertissant ainsi en énergie cinétique. Deux paramètres sont importants : la puissance, exprimée en livres, c’est-à-dire la force maximale exercée pour bander l’arme et la maintenir ainsi ; la course de la corde, la distance parcourue entre sa position au repos et sa position bandée.

Pour estimer l’énergie stockée, on peut faire l’hypothèse, assez grossière, que la force varie proportionnellement avec le déplacement de la corde : on trouve alors que l’énergie stockée est la moitié du produit de la puissance par la course.

Performances Estimées

Pour fixer les idées, estimons les performances d’une grosse arbalète de chasse (spécifiée pour gros gibier) moderne. Sa puissance est de 300 livres (1,3 kilonewtons) et sa course de 0,432 mètre. On en déduit qu’elle stocke une énergie d’environ 280 joules, à même de propulser un carreau de 400 grains (25,76 g) à une vitesse de 540 kilomètres par heure. Presque la moitié de la vitesse du son ! Ces chiffres doivent nous interpeller.

La « puissance », d’abord, équivalente au poids d’une masse de 136 kilogrammes. On ne pourrait évidemment pas, avec un arc classique, retenir la corde avec la seule force musculaire. C’est tout le premier avantage de l’arbalète : la corde est maintenue mécaniquement.

Cette puissance n’a cessé d’augmenter au cours des siècles : des premières arbalètes chinoises de quelques dizaines de livres, disons 60 livres (27 kilogrammes) jusqu’à des arbalètes Renaissance à arc en acier, annoncées avec des puissances de 1 000 livres (450 kilogrammes) ! Elle avait été supérieure dès le Moyen Âge à la puissance du fameux arc long anglais, de l’ordre de 120 livres.

Ce progrès n’a été possible qu’avec l’évolution des techniques. En effet, la puissance de l’arme est aussi une mesure des contraintes mécaniques qui agissent sur l’arc des arbalètes à la fois en étirement pour l’extérieur des branches (l’extrados) et en compression pour l’intérieur (l’intrados). L’usage d’une seule essence de bois limiterait la puissance supportable avant l’endommagement du matériau : aussi, très vite, l’arc des arbalètes a-t-il été réalisé en matériau composite, en faisant appel à l’association de bois, tendons, cornes, le tout encollé… Avant même l’apparition des arcs en acier au XIVe siècle, ou aujourd’hui en fibre de verre, des puissances au-delà de 200 livres n’étaient pas rares pour ces arbalètes composites.

Et avec des matériaux performants, très rigides, ces puissances sont atteignables avec de petites déformations qui ne nécessitent que des branches d’arc relativement courtes, ce qui rend l’arme bien moins encombrante qu’un arc, un second avantage.

Tableau des Composants de l'Arbalète Médiévale

Composant Description
Arbrier ou fût Pièce maîtresse sur laquelle les autres éléments sont fixés.
Arc Fabriqué en bois ou en acier, avec une corde en tendons d'animaux.
Étrier Maintient l'arbalète au sol pour faciliter la tension de la corde.
Noix de décoche Mécanisme qui arrête la corde une fois tendue.
Détente Libère la corde de son cran pour éjecter le trait.
Mécanisme d'armement Système manuel ou mécanique pour tendre la corde.

Bander de Mieux en Mieux

Surgit alors une difficulté : armer l’arbalète ! Pour tirer sur la corde jusqu’à la bonne position, l’arbalétrier exerce à un moment donné une force égale à la puissance de l’arme. Comment faire face à l’augmentation de la puissance ? Plusieurs options. Armer l’arbalète avec deux mains et non pas une seule comme dans l’arc augmente la force musculaire déployée, et plus encore en mobilisant la force des jambes, notamment les quadriceps des cuisses, et du dos.

Pour ce faire, il y a le choix ! S’asseoir sur le sol et pousser les branches de l’arc avec les pieds en tenant la corde avec ses mains, comme le faisaient les Chinois ; suspendre la corde de l’arbalète à des crochets fixés sur un baudrier qui enlace le bassin et appuyer sur l’arc avec le pied de haut en bas ; munir l’arbalète d’un étrier où loger le pied afin de la garder au sol et de l’armer en se redressant…

À chaque fois, un effort physique est nécessaire et, s’il est amené à se répéter, peut vite épuiser un homme. Et comme un arbalétrier n’est pas un haltérophile, bander un arc de plus de 200 livres (97 kilogrammes) reste un problème. D’où l’introduction de dispositifs mécaniques pour démultiplier la force : cela peut être aussi simple qu’un bandoir dont le fonctionnement n’est pas sans rappeler celui d’un palan. Il divise par deux la force nécessaire pour armer l’arbalète.

Tout cela avait un coût, notamment une fréquence de tir limitée, de l’ordre de deux carreaux par minute pour l’arbalète à moufle au lieu de dix flèches dans le même temps pour un archer anglais, ce qui n’était pas sans conséquences sur le champ de bataille, comme les Français en ont fait l’amère expérience à Crécy ou à Azincourt ! Aussi l’arbalète était-elle surtout utilisée dans des situations où la cadence de tir était moins cruciale comme les sièges de places fortes ou la chasse.

Aujourd’hui, grâce à la maîtrise de la démultiplication avec des poulies, les armuriers conçoivent de nouvelles géométries pour les arbalètes avec des branches parallèles à l’arbrier. L’arbalète évoquée précédemment (200 livres) ne fait que 31 centimètres de large une fois armée, une force de seulement 5 livres suffisant à le faire.

Un Carreau Bien Conçu

Une autre distinction fondamentale entre l’arc et l’arbalète est le projectile : la flèche et le carreau. Ce dernier est manifestement plus court et son empennage en général bien plus simple, se limitant à deux petites plumes ou ailettes. Pourquoi ? Remarquons déjà qu’étant guidé, le carreau part droit dans la ligne de visée et n’a pas besoin d’être aussi flexible qu’une flèche dont le fût fléchit et oscille au départ pour éviter le manche de l’arc. Il peut donc être beaucoup plus rigide et aussi plus court, puisque la course de la corde est plus petite que l’allonge d’un arc classique.

Par ailleurs, compte tenu de la vitesse de départ du carreau, de l’ordre de 200 kilomètres par heure, si on se limite à de courtes portées (disons 20 mètres), on est en situation de tir tendu, où l’effet de la gravité est modéré : le carreau va (presque) droit au but. La durée de vol est faible et l’empennage presque superflu ! Quelques astuces aident néanmoins à stabiliser la trajectoire.

Le fût du carreau peut être renflé en son centre ou vers l’arrière. Conséquence, s’il dévie de la ligne droite pendant le vol, les forces aérodynamiques s’exerçant à partir de son milieu étant plus élevées que celles qui s’exercent sur sa pointe (il y a plus de surface face à l’écoulement de l’air), la trajectoire se redresse.

Ensuite, puisque le carreau repose sur l’arbrier, l’empennage est limité à deux petites ailettes. Cela n’est pas forcément une mauvaise chose, car un empennage important est à l’origine d’une traînée notable et fait plus rapidement perdre de l’énergie au carreau. Son pouvoir de pénétration en est diminué d’autant. En installant de travers les ailettes, on obtient le même effet qu’un canon rayé sur une balle : le carreau tourne sur lui-même, cette rotation ajoutant un effet gyroscopique qui améliore sa stabilité aérodynamique. Ces deux ingrédients sont présents dans le vireton, un carreau spécialement conçu pour percer avec facilité les armures.

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