L’histoire de l’armement français est jalonnée d’inventions audacieuses et de designs avant-gardistes qui ont marqué leur époque. De la poudre sans fumée, aux premiers fusils semi-automatiques, en passant par le levier amplificateur d’inertie avec le FAMAS, la France a souvent conçu des armes à feu audacieuses et quelques fois étranges.
Chaque période de l’histoire française a vu naître des fusils emblématiques. Progressivement et après épuisement des stocks importants de fusils Lebel, les hommes des unités de Légion sont progressivement dotés durant la Grande Guerre du nouveau fusil Berthier 1907/15.
Le médiéviste Alain PARBEAU nous fait partager toute une vie de recherches et de connaissances sur le début de l’arme à feu. Certaines dates sont imprécises et signalées « Vers …… ».
Les grenades feront leur apparition en Europe vers 1467. Ce sont le plus souvent des petites « gourdes » de terre cuite remplies de poudre et aussi de petites pierres dures, et équipées d’une courte mèche à allumer, qui sont lancées à la main sur des soldats ou dans les bâtiments.
Le « Pétard », décrit depuis le 13ème siècle dans le « Liber ignium » de Marcus Graecus. Le 15 Août 1443, Louis XI encore dauphin va avec ses troupes libérer la ville de Dieppe tenue et assiégée par les anglais. Il aurait utilisé des pétards, ancêtre de la dynamite pour faire sauter des portes. Cette « bombe », remplie de poudre noire (souvent de 5 à 50 kg), se fixe discrètement en appui contre une porte, une palissade en bois, ou sous une muraille minée par une galerie souterraine étayée. Un soldat met le feu à la mèche courte. En explosant, le pétard pulvérise l’obstacle (porte, palissade ou étais), permettant de s’introduire dans l’enceinte convoitée.
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Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, mot découlant d’hacquebute : C’est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tient sous l’aisselle ou que l’on commence à épauler. Vers 1510-15 la platine à « rouet » (peut-être inventée par Léonard de Vinci, ou Johan Kuhfuss) permet un allumage sans mèche, sur le principe d’une roue rainurée (le rouet) entrainée par un ressort, et qui frotte sur une pyrite de fer mordue (tenue) par un « chien » produisant ainsi des étincelles, qui allument la poudre.. Ce mécanisme fiable mais couteux et fragile sera principalement réservé aux arquebuses de chasse, et aux pistolets. L’arquebuse restera le plus souvent à allumage à mèche pour les usages militaires.
En 1520, l’arquebuse à canon rayé (rainuré) hélicoïdalement : Il semble que le germanique Auguste Kotter, remarquant que les « viretons d’arbalète » (traits aux ailerons inclinés qui partaient en tournant sur eux-mêmes) avaient une plus grande précision que les « traits classiques » comme le « carreau ». Il inventa le « rayage (rainurage) hélicoïdal » de l’intérieur des canons d’arquebuses.
Le nom « carabine » provient d’un corps de gardes à cheval du roi de France Henri III qui étaient équipés d’une arquebuse à canon rayé, et d’un habit satiné qui les faisaient ressembler à un « Escarabin » (Le scarabée fouisseur de cadavre) mais aussi à cause de leur tir précis qui transformait souvent leur cible en cadavre (pour « scarabée »). Il fut donc décidé de rallonger l’arquebuse et d’en augmenter le calibre, donc le poids du projectile et la puissance destructrice. Le mousquet était né.
Le nom « mousquet » provient de l’italien « moschetto », issu du latin « musca », la mouche, à cause de la balle (qui sifflait et qui était invisible en vol comme une mouche aux oreilles des soldats. Le mousquet peut être interprété comme le « lanceur de mouche »).
Vers 1520 Apparition d’une forme très réduite de l’arquebuse à rouet, le pistolet.
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Initiée par Louvois, ministre d’état, et sur le conseil du maréchal de Vauban, Louis XIV, généralisera par ordonnance la platine à silex à la française (déjà partiellement en service dans l’armée depuis 1660 sur des mousquets allégés dits à fusil) , sur les mousquets en allégeant leur poids en 1703.
1728-40 Généralisation en France de la cartouche de guerre en papier, comportant 10 à 12 grammes de poudre noire (suivant la qualité de la poudre) et une balle de 16,3 mm en général. La balle est plus petite d’environ 1,2 mm que le calibre de 17,5 mm, pour qu’elle rentre facilement lors du rechargement, même si le canon est un peu encrassé par le tir précédent.
1763 Modification définitive de la crosse à l’origine en pied de vache (crosse courbée) du fusil réglementaire français, en la transformant en crosse droite.
1766 Allègement important du poids et renforcement du chien.
Le fusil modèle 1777, qui constitue le point d’aboutissement de toutes les modifications apportées au fusil depuis 1717, est l’œuvre de l’artilleur Gribeauval. Le fusil d’infanterie de 1777 est un fusil à silex à un coup, à chargement par la bouche et à canon lisse (sans rayures internes). Il mesure 1,52 m (1,14 m pour le canon) et pèse 4,6 kg. Prolongé de sa baïonnette à douille, il atteint la longueur impressionnante de 1,92 m, théoriquement suffisante pour permettre au fantassin de se défendre contre une charge de cavalerie après avoir fait feu.
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Comme tous les fusils réglementaires français du XVIIIe siècle, son calibre est de 17,5 mm. Son bassinet est en cuivre métal moins sensible à la corrosion que le fer ; incliné vers l’avant, ce bassinet permet au fantassin d’amorcer plus rapidement, sans mettre le fusil à l’horizontale.
Le fusil de 1777 se caractérise par sa grande résistance, notamment au niveau du canon (des essais ont montré que ce modèle pouvait tirer 25 000 coups sans être mis hors service). Conçu pour pratiquer le tir sur trois rangs, sa précision est relativement bonne pour une arme à canon lisse (le tir est juste jusqu’à 150 m, efficace jusqu’à 200 ou 250 m et très imprécis au-delà de ces distances).
Ce fusil est élaboré peu avant l’entrée en guerre de la France aux côtés des Insurgents américains, sous le contrôle de Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval (1715-1789), inspecteur général de l’artillerie et réformateur de cette arme.
1777, puis an IX, et enfin le dernier modèle de fusil de guerre à platine à silex, le 1822….qui sera modifié en platine à percussion vers 1830, puis son canon rayé vers 1848. Les travaux sur les agents chimiques explosant suite à un choc, réalisés par le chimiste français Bertholet, comme le fulminate de mercure et le muriate de potassium, amenèrent le pasteur écossais Alexandre John Forsyth en 1808 à concevoir la première platine à percussion par chien (sans pierre) dite à « flacon de parfum », n’utilisant pas le silex, mais le fulminate de mercure, sur un fusil de chasse.
Le premier fusil véritablement industriel est le modèle Chassepot de 1866.
Le « nouveau » fusil innove par rapport à son glorieux aîné par sa rapidité d’approvisionnement. En effet, son magasin de type « Mannlicher », commun à toutes les armes du système Berthier, est garni d’un seul geste alors que celui du Lebel nécessitait plus de temps.
Il est également plus léger (300 grammes à vide et 500 grammes chargé environ), ce qui est loin d’être négligeable, l’équipement des poilus étant particulièrement lourd. Dans la période de l’entre-deux-guerres le 07-15 se verra offrir une cure de rajeunissement par le passage au calibre 7,5 mm.
À la déclaration de guerre, le 3 septembre 1939, le 07-15 et le fusil modèle 1916 équipent la majorité de notre infanterie, les autres branches de nos armées se partageant les mousquetons d’artillerie et le Lebel. Lors de l’entrée en guerre en 1939, les légionnaires seront toujours dotés du même armement qu’en 1918, en l’occurrence du Berthier 1907/15 et du nouveau MAS 1936.
Il est fabriqué par la Manufacture d’armes de Saint-Étienne. Elle se présente comme une logique évolution-simpli... Suite à des incidents de tir et une trop grande « ressemblance » avec la cartouche du Mauser, la toute récente cartouche est modifiée quelque temps plus tard et son étui se trouve raccourci de 4 mm. Parallélement il est étudié l’adaptation des anciennes armes (Lebel, 07-15...) au calibre de 7,5 mm. D’abord chambrées en 7,5x58 elles seront modifiées dans les années suivantes pour chambrer la 7,5x54 et ce sont ces armes qui en 1932 subiront les derniers tests avant l’adoption définitive. Les essais en corps de troupes de l’arme définitive auront lieu de 1933 à 1935 puis le 17 mars 1936 est enfin adopté le fusil de 7,5 mm modèle 1936. Par la suite la fabrication du MAS 36 sera simplifiée aux alentours de l’année 1947 avec l’utilisation de la tôle emboutie à la place de l’acier usiné. Afin de le moderniser quelque peu, il sera équipé d’un lance-grenade et deviendra le MAS 36 LG 48, vite supplanté par le MAS 36-51. Sous cette forme il survivra jusque dans les années soixante.
André Virgile Paul Marie Berthier a déposé plusieurs brevets liés aux fusils et mitrailleuses :
Bien que le fusil Berthier soit un élément important de l'histoire militaire française, il est essentiel de reconnaître la diversité des armes utilisées par l'armée française au fil des ans. Voici quelques exemples :
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