Anschütz est l'une des marques les plus renommées dans le monde du tir. Cependant, s'y retrouver parmi la profusion de carabines que cette marque a produites et produit encore peut être difficile. Un essai de classification suivant certains critères comme le canon (longueur / masse), le "système" (64 / 54), la détente (plus ou moins lourde, plus ou moins réglable), le type mono-coup ou à répétition, la destination (tir de loisir, compétition, chasse, « mixte » MPR), le type de crosse, etc., s’avère vite être un travail de bénédictin. Et Anschutz n’aide pas en baptisant ses carabines avec des nombres plus ou moins cabalistiques : 1413 -1780 - 1807, 1913, etc…
Il est important de bien comprendre le vocabulaire technique. Qu’appelle-t-on en général : « l’action » d’une carabine ? Est-ce l’ensemble canon + boitier + culasse + détente ? Et aussi que désignent exactement les dénominations System (ou Action) Match 54, System (ou Action) Match 64 que l’on trouve dans les catalogues Anschutz et qui englobent souvent des carabines de type (et même de calibre) différents ?
Ainsi, on trouve des carabines mono-coup avec dioptre et d’autres à répétition avec système de visée classique qui toutes deux sont équipées du Systeme 54 (ou 64 d’ailleurs). La réponse qui vient souvent tient au type de percussion : percuteur lancé (64) ou masse percutante (54) ce qui ne m'éclaire pas beaucoup. Mais dans ce cas, seuls la culasse et le boitier sont concernés me semble-t-il ?
Sans compter que les « Systèmes » ont évolué au cours des années. Une culasse de Match 54 de 1960 et différente, même dans son apparence, d’une culasse de Match 54 de 2014.
Les boîtiers de type 54 sont au-dessus de ceux pourvus de type 64 pour la bonne raison que le premier permet un réglage beaucoup plus fin mais aussi ample, notamment au niveau du poids de la détente que ce dernier. Les plages d'utilisations ne sont pas les mêmes aussi. En effet, une détente de 54 réglée au plus dur est plus légère qu'une 64 réglée au plus léger si je ne m'abuse.
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Anschütz a conçu celle-ci dans un esprit low-coast (péjoratif) afin que la marque soit plus accessible à tous (loisir et chasse dans les pays autorisés). Il existe cependant quelques exceptions. La 64 MP-R. Destinée à l'initiation au tir de compétition. Une action de type 64 avec une culasse classique de 1416.
La 64 MP-R à bien une action de type 64 mais optimisée entre 175 et 450g. A défaut de la version de base tournant entre 1000 et 2000g. Idem aussi pour les 1710 et 1712 qui on bien toujours une action de type 54 mais durcie...
Ce qu'il faut retenir en bref:
Oui la 54 est mieux parce que plus rigide et qu'il y a moins de vibrations lors du départ (ainsi qu'un délai de percussion moins important) mais combien de personnes sont capables de voir les défauts de la 64? On parle l'un d'un niveau d’exigence déjà très important.
La différence se fera sentir dans certaines disciplines très exigeantes où la carabine est posée et que le moindre nanomètre la moindre vibration compte. Ce n'est pas ce à quoi j'aspire.
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Concernant leur gamme actuelle en neuf et en gros:
Petit résumé :
Pour du loisir la 64 va très bien, la 54 c'est juste un plus pour soi. Pour de la compétition la 64 est bien pour le début mais sera un frein quand le niveau augmente. Après la 54 s'impose.
Il existe une foultitude de détentes différentes. Le tableau ci-dessous représente le type de détente.
| Type de détente | Carabines équipées d'Action 54 | Carabines équipées d'Action 64 |
|---|---|---|
| Détente 5092 | 64 MP-R (peut varier selon l'année) |
Curieux que dans le tableau ci-dessus, la 64 MP-R ai un boitier 5092 a 800g alors que j'ai recu la mienne avec un boitier 5098 180 gr comme indiqué sur le site du fabricant !!!
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En conclusion, le choix entre une action 64 et une action 54 dépendra principalement de l'utilisation prévue de la carabine et du budget alloué. Les deux systèmes offrent une excellente qualité, mais l'action 54 est généralement préférée pour la compétition en raison de sa plus grande précision et de ses réglages plus fins.
L'Anschütz 1418 Stutzen est une carabine d'occasion à 300 €, importée d'Allemagne par mon armurier. Quand on sait que l'entrée de gamme d'Anschütz se situe déjà autour de 1000 €, on comprend tout l'intérêt du marché de l'occasion. Cerise sur le gâteau, cette carabine était équipée d'une petite lunette en 4x20 d'allure "vintage", munie de son montage d'origine.
On ne présente plus la vénérable firme Anschütz : fondée à Zella-Mehlis, en Thuringe, en 1856, elle allait traverser les deux grands conflits mondiaux (non sans en retirer de substantiels bénéfices) pour être finalement confisquée et démantelée en 1945. Ne s'avouant pas vaincus, les frères Anschütz refondèrent leur entreprise à Ulm, dans la vallée du Danube, en 1950.
Comme l'atteste le poinçon du banc d'épreuves d'Ulm (bois de cerf), cette carabine a été produite en 1971 (poinçon 71). Ce n'est qu'en 1978 que le codage des années d'épreuve des armes d'Anschütz passa à un code alphabétique. Les poinçons d'épreuve à la poudre sans fumée ouest-allemands, utilisés jusqu'en 1990 (N = Nitro + aigle), sont bien entendu présents.
Le fût long de cette 1418 est ce qui attire l'oeil de prime abord, mais il faut garder à l'esprit que nous avons ici affaire à une petite .22 long rifle : seulement 96 cm (canon : 50 cm) pour une masse de 2,5 kg pour ce Stutzen - de toute évidence, une carabine de grande chasse en modèle réduit!
Le noyer européen choisi pour réaliser la crosse, sans être luxueux (cette carabine n'était pas au plus haut de la gamme !), est néanmoins très agréable et de bonne qualité. Personnellement, je préfère le poncé huilé au bois verni, moins agréable au toucher, mais refaire la crosse porterait ici atteinte au quadrillage.
Le point le plus litigieux de cette carabine est sans doute son stecher à l'allemande (en allemand : deutscher Stecher) : il faut savoir que, une fois armé, il permet de libérer le coup à la moindre pression sur la queue de détente. Cette double détente réclame donc beaucoup d'auto-discipline de la part du tireur : ne jamais poser son doigt sur la détente avant d'être en cible, sous peine de voir le coup partir "à l'insu de son plein gré"!
Plus gênant à mon goût, le levier de sûreté de la carabine n'inspire pas la confiance d'une sûreté en drapeau, mais c'est malheureusement l'un des défauts du système 64 utilisé ici - moins onéreuse que la culasse 54 car réclamant moins d'opérations d'usinage, la culasse modèle 64 abaisse le coût de production de l'arme en sacrifiant cependant l'essentiel : le sentiment de sécurité et de fiabilité!
J'apprécie tout particulièrement son levier d'armement, réminiscent de celui du Gewehr 98 prussien de la Première Guerre mondiale ou de celui de mon Mauser Mod. 1935 Brésil en 7x57.
Les organes de visée se composent d'une hausse à feuillet réglable et rabattable de type "chasse" montée sur queue d'aronde et d'un guidon à grain d'orge protégé par un tunnel.
Le stecher est conforme à ceux que l'on peut rencontrer sur des armes de chasse. Son principe est simple : on arme le stecher par une pression assez vigoureuse du doigt et une infime pression du doigt sur la queue de détente suffira à libérer le coup.
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