L’apparition des premières armes à feu au cours du Moyen Âge tardif transforma profondément la manière de concevoir les batailles et les stratégies militaires. Les armées durent repenser leur organisation, leur formation et leur équipement pour intégrer ces nouvelles armes capables de percer les armures et de frapper à distance. Les fortifications, autrefois conçues pour résister aux assauts de machines de siège traditionnelles, furent également repensées pour résister aux canons et aux bombardements.
Au-delà d’une simple histoire-bataille, leurs travaux s’intéressent déjà aux techniques et à la mise en œuvre de l’arme. Ils se caractérisent néanmoins par un certain nationalisme (revendications d’inventions technologiques dont, évidemment, la poudre à canon) et par un positivisme, descriptif plutôt qu’analytique, inhérents à la production historiographique d’époque.
Par une étude fondatrice relative à l’organisation de l’artillerie royale française à la veille des guerres d’Italie, Philippe Contamine redonne un nouveau souffle à ce sujet dès 1964. L’auteur met en évidence l’intérêt d’approches plus totalisantes, s’intéressant en particulier à l’institutionnalisation de l’arme. Il faut toutefois attendre la dernière décennie du XXe siècle pour de nouvelles études, annonciatrices de tendances actuelles, consacrées, d’une part, aux caractéristiques socio-professionnelles des canonniers (P. Benoît, 1995 ; R. Leng, 1996) et, d’autre part, en particulier dans le monde anglo-saxon, aux implications socio-politiques du développement de l’arme (Cl. Rogers, 1995).
Combinant à la fois étude des techniques (les armes à feu), des institutions (l’artillerie) et des hommes (les artisans-canonniers), sans oublier l’impact socio-politique des évolutions parallèles (« révolution militaire ») se dessinant en ces trois domaines au bas moyen âge, ce n’est qu’au cours de la dernière décennie qu’un nouvel engouement a donné lieu à des synthèses renouvelées fondées sur le dépouillement exhaustif de sources souvent inédites, tant en France (E. de Crouy-Chanel, 2010, 2020 ; A. Leduc, 2008) et dans les anciens Pays(-Bas) bourguignons (M. Depreter, 2011, 2014), qu’en Angleterre (D. Spencer, 2019), en Espagne (F. Cobos Guerra, 2004) ou, tout récemment, en Italie (F.
Malgré les nombreux travaux des dernières années, le champ reste prometteur. Si le XVe siècle a retenu l’attention des chercheurs contemporains, un constat s’impose : malgré la fascination des auteurs du XIXe siècle pour les « premières mentions », les décennies initiales de l’artillerie à poudre en Occident restent méconnues. Celles-ci gagneraient à prendre en compte les développements en milieu urbain. L’histoire de l’artillerie communale reste largement à écrire, de même que celle de l’artillerie seigneuriale pour laquelle les sources, il est vrai, sont plus rares.
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Quelques monographies, datant souvent du XIXe siècle et souffrant des limites évoquées plus haut, s’intéressent certes à l’artillerie de telle ou telle ville particulière. Une étude systématique sur base des comptabilités urbaines devrait néanmoins permettre de comprendre comment l’artillerie, d’une arme originellement urbaine sinon communale, à tout le moins dans les anciens Pays-Bas et en Empire, put devenir une arme dynastique, voire étatique.
Des questions essentielles relatives au développement initial de l’arme, à la spécialisation progressive de ses artisans, fondeurs ou forgerons, à leur implantation, à leurs conditions socio-économiques, à leurs liens avec les métiers urbains, à l’intégration de l’artillerie dans la fortification urbaine, etc., pourront ainsi être élucidées. Sans doute de nouvelles études de cas devront-elles aboutir à des synthèses régionales, puis suprarégionales.
Une telle approche gagnerait à prendre en compte l’évolution du marché de l’artillerie, local, régional et suprarégional (« international » diront certains) et à reconstruire les réseaux sociaux et économiques de production et de consommation mettant en relation les artisans entre eux (échanges de savoirs et de savoir-faire) et avec leurs clients (cf.
Les vestiges archéologiques ont attiré l’attention sur l’adaptation de la fortification à l’artillerie à poudre (apparition d’archères-canonnières et de canonnières, tours d’artillerie, murailles remparées, boulevards et proto-bastions). Paradoxalement, l’intégration de l’arme à feu à ces fortifications reste, quant à elle, moins connue, les pièces ayant souvent disparu de leur emplacement original : des types d’armes à feu mobilisées pour la défense (à l’instar de la couleuvrine à main étudiée par E. de Crouy-Chanel, 2011) à l’apparition d’artillerie de place spécialisée, le travail reste largement à faire.
De même, la mise en œuvre de l’artillerie dans le cadre de sièges et de batailles reste largement inexplorée d’un point de vue non seulement tactique mais aussi psychologique. Au-delà d’une histoire traditionnelle des techniques, l’intégration de nouvelles méthodes, notamment en archéologie expérimentale, semble essentielle pour mieux comprendre la pratique au-delà de la théorie : en particulier les modalités de fabrication et l’efficacité de la poudre et de l’arme à feu devraient ainsi être réévaluées, dépassant des sources narratives ou des jugements spéculatifs contemporains quant à l’impact de l’artillerie.
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Les avancées réalisées dans le domaine des études des armures, notamment, augurent de l’utilité de l’adoption de ces méthodes pour nos connaissances de l’artillerie. Par ailleurs, si les bouches à feu elles-mêmes sont aujourd’hui relativement bien connues du point de vue théorique, l’évolution de leurs modes d’affûtage et de transport reste, d’un point de vue technique, peu étudiée. Or, ces techniques furent essentielles à la mobilisation de l’arme. Nommés collectivement ou individuellement, les canons n’ont guère retenu l’attention d’un point de vue onomastique (Contamine, 2002).
Cette carence reflète le manque d’intérêt suscité par une histoire symbolique et psychologique de l’arme à feu, au-delà des stéréotypes. Dans le cadre d’une histoire politique, le rôle de l’artillerie dans la construction étatique tardo-médiévale et moderne a récemment fait l’objet d’une réévaluation (Depreter, 2014, 2023 ; Depreter/Masson, 2017). Ce premier essai d’appréciation et d’histoire comparative dans un cadre franco-bourguignon mériterait d’être élargi à l’échelle européenne, sinon globale (cf.
La comptabilité, qu’elle soit royale, princière ou urbaine, est particulièrement utile à l’étude de l’artillerie, tant sous l’angle des techniques (terminologie, définitions occasionnelles) que sous l’angle de l’organisation, en ce compris les aspects politico-économiques (production, marché de l’armement, rémunération de personnel, permanent ou non, etc.). La prosopographie et l’analyse de réseaux permettent une approche socio-professionnelle.
Les sources littéraires, trop longtemps utilisées seules et au détriment de la comptabilité ou de l’iconographie - on y viendra -, n’en ont pas moins des mérites. Chroniques et mémoires révèlent des nombres, parfois exagérés certes, liés au prestige et à l’efficacité attribués à l’armement, mais peuvent aussi révéler les objectifs stratégiques et les modalités tactiques de la mise en place de l’artillerie.
C’est en particulier le cas pour les mémoires de combattants, tel Jean de Haynin, ou pour certains chroniqueurs tel Jean Molinet, bien informés, parfois de première main, par leurs liens avec des chefs de guerre côtoyés à la cour. Intéressant l’histoire socio-professionnelle des canonniers comme l’histoire des techniques, les traités d’art de canonnerie se diffusent à partir du début du XVe siècle, en particulier - mais non exclusivement - dans l’espace germanique (Leng, 2002). Ils révèlent la pratique d’artilleur dans le cadre d’un métier en devenir qui cherche à se définir, à se distinguer par son savoir-faire et à monnayer celui-ci.
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L’histoire des représentations de l’artillerie n’a guère retenu l’attention, on l’a dit. À quelques rares exceptions près, tels les énormes canons que sont la Mons Meg conservée à Édimbourg ou la Dulle Griet à Gand, et au-delà des répertoires du fameux butin bourguignon pris par les Suisses sur l’armée du duc Charles de Bourgogne (1476-77), les pièces d’artillerie conservées dans les institutions muséales n’ont que trop rarement été étudiées autrement que pour elles-mêmes, souvent de manière isolée dans le cadre d’études de pointe ou de notices de catalogue.
Cet article expose dans les grandes lignes l’évolution des armes à feu portatives en évoquant les différents systèmes de mise à feu, les mécanismes conduisant au chargement par la culasse, à la cartouche métallique et au tir à répétition et automatique.
Il est généralement admis que la première mention écrite de la recette de la poudre soit apparue en Angleterre vers 1260. La poudre à canon, appelée aujourd’hui « poudre noire », est relativement peu explosive. Enflammée à l’air libre, elle n’explose pas, mais brûle violemment. Enflammée dans un milieu clos, elle produit une pression modérée. Au cours de la mise à feu, la poudre noire produit, en raison des impuretés contenues dans le matériau de base, beaucoup de flammes et d’étincelles ainsi qu’un gros nuage de fumée grise.
Les premières armes à feu portables ne furent rien d’autre que des canons miniatures. Ils furent introduits vers 1380 et généralement appelés « bâtons à feu ». Ces armes étaient faites d’un canon en fer coulé (ou de douves de fer assemblées) fixé au bout d’une perche. Ces premiers traits à poudre n’étaient pas d’un maniement aisé et furent vite remplacés par une arme pourvue d’un fût : une pièce de bois pouvant supporter l’arme et être appuyée sur le corps lors du tir. On l’appela « arquebuse ».
Vers 1411, le système de mise à feu fut aussi modifié en remplaçant le fer rougi par une mèche se consumant lentement (une amorce en amadou) maintenue dans un serpentin fixé sur le côté du canon. Un mécanisme à ressort fut ajouté à ce serpentin quelques années plus tard. De cette manière, le tireur pouvait viser la cible et faire feu en même temps en poussant sur un levier.
Bien que les découvertes initiales en matière d’armes à feu concernent plutôt les grandes armes (les canons), c’est à partir de ce moment que les plus grands développements techniques furent apportés aux armes portatives. La rayure des canons et les différents systèmes de mise à feu apparurent d’abord sur les armes portatives avant d’être appliqués aux canons.
Les premières armes à feu à mèche, à mécanisme à serpentin, étaient d’assez grandes dimensions. Leur utilisation requérait beaucoup d’habileté (notamment pour le chargement) et un certain courage. L’utilisation de la mèche lente (ou incandescente) pour déclencher le tir n’avait pas que des avantages. En premier, le tireur était immédiatement repéré. L’ennemi pouvait facilement voir l’extrémité rougie de la mèche en combustion ou sentir son odeur. La solution à ce problème fut apportée en Italie, au début du XVIe siècle, par Léonard de Vinci. Un mécanisme avec un ressort fut fixé contre l’arme. Les étincelles sont produites par le frottement d’un morceau de pyrite frottant sur une roue mise en mouvement par le relâchement d’un ressort.
Ces étincelles mettent le feu à la poudre contenue dans le bassinet qui, à son tour enflamme la poudre principale en passant par la lumière du canon. Cette importante innovation permit de transporter une arme chargée et prête à faire feu n’importe quand. Cette invention permit désormais aux cavaliers de tirer d’une seule main. Il existe un grand nombre de variantes d’armes à rouet. Beaucoup d’inventions furent expérimentées lors de son apogée comme par exemple le tir en rafale (une arme capable de tirer plusieurs coups en même temps ou très rapprochés, notre fusil d’assaut moderne, en quelque sorte).
Cependant, le mécanisme à rouet était difficile à réaliser et couteux. La solution à ces problèmes fut inventée en Italie vers 1547 : la platine à chenapan. La platine à silex utilise toujours un bassinet rempli de poudre d’amorçage qui communique le feu à la charge principale par la lumière du canon. La platine à silex est de conception plus simple que le rouet et donc, plus économique à produire. Sa fabrication ne nécessite pas le concours d’armuriers hautement qualifiés et expérimentés.
Ainsi, il devint possible d’équiper une armée entière de mousquets à platine à silex. Cette platine était plus fiable, d’un entretien facilité et passablement plus étanche à l’humidité. Cette platine constitua une importante amélioration et les armes à feu commencèrent à être produites en grandes quantités et déclinées en beaucoup de variations, depuis les petits pistolets de poche jusqu’aux armes à multiples canons. Toutes les armées du monde commencèrent alors à équiper leurs soldats avec ce type d’armes et ils furent produits par dizaines de milliers.
Au fur et à mesure du Moyen-Âge, les bombardes, les canons ont eu des déclinaisons de plus en plus petites jusqu'à devenir des armes portables individuelles. Cette nouvelle ère des armes débute avec l’arquebuse. Si initialement, les armes à feu s’enclenchent via une mèche, l’arrivée de la platine à silex enterrera cet ancien système de mise à feu. Ni plus ni moins qu’un système de briquet à silex, les fusils utilisant ce système possède de nombreux avantages : une arme plus légère (car moins d’éléments), un système plus compact et plus résistant à des conditions climatiques plus rudes (notamment les temps humides). Le pistolet à silex était généralement utilisé par les officiers.
Durant le XIXème siècle, un nouveau système de mise à feu a vu le jour : le système à percussion (marteau frappant l’arrière de la munition). Comblant les lacunes de la platine à silex, le système à percussion va également modifier les standards des armes à feu ; là où le système à silex fonctionnait avec des cartouches en papier, le nouveau mode de mise à feu fonctionne uniquement avec des cartouches en laiton.
L'invention des armes est le résultat de contributions de différentes personnes à travers l'histoire.
| Période | Innovation | Description |
|---|---|---|
| VIIIe siècle | Poudre noire | Inventée en Chine, utilisée pour propulser des projectiles. |
| XIVe siècle | Premiers canons | Apparition des premiers canons en Europe. |
| XVe siècle | Arquebuse | Arme à feu portable, ancêtre des fusils et carabines. |
| XVIe siècle | Platine à silex | Système de mise à feu plus fiable et économique. |
| XIXe siècle | Canon rayé | Amélioration de la précision et de la portée des armes. |
| XIXe siècle | Revolver | Arme à feu à répétition inventée par Samuel Colt. |
Le rôle des armes et technologies militaires dans le développement des empires européens constitue un sujet d’étude consacré à la fin des années 1980 par les travaux de l’historien Geoffrey Parker. Selon lui, l’amélioration des capacités de tir au canon sur mer, l’apparition du mousquet et d’une artillerie de campagne plus efficace, et la construction de forteresses entre 1500 et 1800 avaient été à l’origine d’une véritable « révolution militaire ». C’est cette « révolution » qui aurait donné aux Européens les moyens de la conquête impériale.
La première partie de l’ouvrage se concentre sur l’arrière-plan politique et économique de la production d’armes en Angleterre au XVIIe siècle. Au cours de ce siècle, la fabrication d’armes à feu augmente tout d’abord pour satisfaire les besoins de l’échange colonial. Dans les Amériques, aux Indes et en Afrique, les Anglais offrent des fusils aux populations locales et les troquent contre des esclaves afin de s’en faire des alliées politiques.
La production d’armes s’accroît ensuite dans le contexte des guerres qui opposent les Européens entre eux, telles que la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), la guerre de Sept Ans (1756-1763), la guerre d’indépendance en Amérique du Nord (1775-1783) et les guerres napoléoniennes (1803-1815). Pour les Britanniques, les enjeux de ces conflits sont surtout liés à la conservation ou l’agrandissement du domaine colonial.
La production d’armes est vue comme nécessaire à la protection des intérêts britanniques : « Les Britanniques ordinaires font le lien entre l’industrialisation et l’urbanisation ambiante et l’implication plus étroite de leur nation dans l’économie mondiale ; d’où leur volonté de payer pour le développement des moyens de défendre leurs intérêts à l’étranger » (p. 175). Lorsqu’il commande du matériel militaire, l’État n’est pas perçu comme un parasite mais comme un agent actif du changement économique. Pour le dire autrement, les commandes militaires constituent des opportunités économiques pour l’industrie.
C’est dans ces circonstances guerrières qu’émerge une industrie dispersée qui opère sous la houlette de l’État, alors que la production tend à reposer sur des processus et composants de plus en plus standardisés. La main de l’État est incarnée par l’Ordnance Office, qui coordonne avec souplesse des fonderies privées, des armureries soutenues publiquement, des quais d’embarquement à Woolwich, des organismes en charge de la recherche à Minories et Vauxhall ou encore des bureaux administratifs basés à la Tour de Londres.
Coordination en métropole, mais prohibition de la production dans les colonies, comme le relève l’historienne. Une législation adoptée au cours du XVIIIe siècle a pour objectif d’empêcher les colons américains de produire des armes, car les Britanniques craignent l’arrivée de rivaux sur un marché déjà engorgé.
Priya Satia s’intéresse ensuite à ce qu’elle nomme « la vie sociale des armes », qui recouvre les rôles de plus en plus nombreux conférés aux armes, en métropole et dans les colonies. On remarquera d’emblée que le sens et l’utilité sociale des armes ne sont pas partout les mêmes.
En métropole, l’image sociale de l’arme à feu est très différente. Elle est associée à l’idée d’auto-défense et de refus de la violence : l’arme à feu permet à l’individu de rester à distance de ce qu’il appréhende comme une menace. La violence de l’arme à feu est perçue comme impersonnelle et ce d’autant plus que le manque de précision des armes à feu rend difficile d’atteindre la personne visée. En appuyant sur la détente, le tireur déclenche des mécanismes dont l’effet ultime est difficile à prédire.
Au niveau des représentations sociales, cette imprévisibilité se traduit par l’idée selon laquelle le tireur n’est pas totalement responsable des effets qu’il cause. L’arme à feu est en ce sens le revers du couteau, arme du crime passionnel ou du règlement de compte. À la violence froide de l’arme à feu s’opposerait la violence chaude du couteau qui ne manque pas sa cible. Pour ces raisons, l’arme à feu, selon la vision qu’on en a au XVIIIe siècle, est plus « humaine ».
Ces représentations doivent se comprendre à la lueur du clivage possédants-travailleurs au sein de la société britannique. La possession d’armes à feu devient un privilège réservé aux nobles, aux riches et à ceux qui les servent. Avec les clous, les charnières et les serrures, les armes à feu sont une technologie au service de la protection de la propriété.
À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, les autorités vont aussi mettre en place une législation destinée à restreindre la possession d’armes par la population par crainte de leur usage lors de révoltes. Ces lois concernent non seulement les Anglais mais aussi les Écossais et les Irlandais entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle.
Au sein des forces armées, des changements surviennent également aux XVIIIe et XIXe siècles. L’élévation de la cadence de tir, plus que la précision, est au cœur des règlements tactiques, français puis européens, produits à partir des guerres napoléoniennes. Il en résulte une augmentation de la mortalité par armes à feu sur les champs de bataille.
Au même moment, on assiste à une augmentation du nombre d’homicides causés par armes à feu dans la société civile, ce qui pose la question d’une brutalisation de la société britannique liée à l’expérience des guerres de la Révolution. Entre 1810 et 1815, dans la région de Londres, 12 % des accusations de meurtres renvoyaient à des décès provoqués par des armes à feu.
Du fait de la disponibilité d’armes de meilleure qualité que celles fabriquées aux XVIIe siècle, les luttes entre les colons et les communautés indigènes deviennent plus âpres, notamment dans les Amériques. En Océanie, les armes à feu aux mains des colons servent aussi à mener des chasses à l’homme qui se terminent par des homicides d’aborigènes.
Au cours du XIXe siècle, un changement s’opère dans la politique britannique de contrôle des armes. La Grande-Bretagne cherche à consolider sa position impériale dominante et son intérêt consiste parfois à ne pas vendre d’armes à l’étranger pour ne pas mettre de l’huile sur le feu de conflits locaux déstabilisants. C’est dans ce cadre qu’une législation plus restrictive est adoptée.
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