La chasse, ancrée dans l’histoire et la tradition française, divise aujourd’hui la société.
En 2022, un sondage d’Ipsos révèle que 87 % des Français pensent que la chasse pose des problèmes de sécurité, notamment pour les promeneurs.
Elle a été en effet responsable de 95 accidents dont 8 décès cette même année.
C’est dans ce contexte de débats, plutôt virulents, sur les dangers de la chasse que l’exécutif dévoile, lundi 9 janvier, une série de mesures afin d’en sécuriser la pratique.
Parmi elles, la limitation de l’alcoolémie à 0,5 gramme et une formation des chasseurs davantage axée sur la pratique, notamment des exercices de maniement des armes.
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Les règles de sécurité doivent être renforcées.
Il est dorénavant obligatoire d’obtenir un certificat d’aptitude délivré par un médecin pour acquérir un permis de chasse.
Enfin, une application sera mise à disposition des promeneurs.
L’objectif de ce plan ? Pourtant réclamée par près d’un Français sur quatre (sondage Ifop), l’interdiction de la chasse le dimanche n’est pas au programme.
Ce à quoi le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, rétorque : « C’est un mépris inacceptable à l’égard des 80 % de Français qui attendent un cessez-le-feu.
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Ce plan provoque de vives réactions parmi les associations de défense de la nature et des promeneurs. Ils dénoncent des mesures dérisoires.
« Applaudir le fait qu’on n’a pas le droit de chasser avec un fusil quand on est bourré […] C’est quand même le minimum ! » fustige Matthieu Orphelin, ancien député et directeur général de la LPO.
L’application qui indiquerait les zones de chasse ne fait pas non plus l’unanimité : « Ces mesures ont tendance à reporter la responsabilité des accidents sur les non-chasseurs, regrette la représentante de France nature environnement, Dominique Py.
Cela va être aux non-chasseurs d’aller se renseigner, ce n’est pas normal.
Le collectif Un jour, un chasseur, fondé suite au décès de Morgan Keane, abattu par un chasseur dans son jardin, trouve cette mesure indécente.
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Selon les chiffres bruts fournis par l'Office français de la biodiversité et la Fédération nationale de la chasse, depuis 2000, on a dénombré 3.325 accidents de chasse en France, qui ont provoqué la mort de 421 personnes.
Cela représente 158 accidents en moyenne chaque année, dont vingt sont mortels.
Et en effet, sur la période étudiée, le nombre d'accidents a baissé de 40% et le nombre de décès de près de 70%.
Mais selon nos confrères de franceinfo, les chiffres sont repartis à la hausse l'année dernière.
Onze personnes ont été tuées l'an dernier, soit quatre de plus que l'année précédente.
Neuf fois sur dix, la victime est un chasseur, le tireur lui-même, ou un autre chasseur.
Trois fois sur dix, il s'agit d'un "auto accident", c'est-à-dire une mauvaise manipulation du fusil ou une chute avec l'arme chargée.
La majorité des accidents surviennent lors de la chasse au grand gibier à poil, comme les sangliers.
Par exemple, pour l'année 2018-2019, une trentaine de coups de feu contre des voitures ou des trains ont été recensés.
Quelque 74 habitations ont essuyé un tir. Cela peut aller de la vitre brisée à la cartouche retrouvée dans son salon.
Les militants anti-chasse dénoncent le fait que ces incidents ne soient pas comptabilisés comme des accidents, de même que les tirs qui tuent ou blessent les animaux de compagnie.
Ces incidents restent "très préoccupants", selon l'Office français de la biodiversité.
Pour avoir le droit de chasser, il faut posséder un permis de chasse, délivré après la réussite d’un examen qui comporte une épreuve théorique et une épreuve pratique.
Par ailleurs, il existe des règles de sécurité strictes, l'arme doit être transportée déchargée dans un véhicule et elle ne doit être chargée que quand le chasseur va tirer.
Les tirs à hauteur d’homme sont interdits, comme l’est tout autant le fait de tirer à travers une haie ou un buisson, ou en direction de routes, des chemins, des voies ferrées, vers les habitations ou des lignes de transport électrique.
Concernant les statistiques sur les mois, les jours et les horaires des accidents de chasse impliquant des non-chasseurs, on s’aperçoit qu’il y a des accidents au moment où l’on chasse sans faire apparaitre de pic particulier (rapport sénatorial de septembre 2022).
L’objectif du monde de la chasse est de tendre vers le zéro accident et d’assurer les conditions d’une cohabitation harmonieuse entre les différents utilisateurs de la nature.
Les chasseurs s’y emploient sans relâche en faisant baisser le nombre d’accidents de manière drastique par une pratique sécuritaire et responsable de la chasse.
Non. Il n’y a pas d’accidents en chasse accompagnée.
Ce dispositif qui ressemble à la conduite accompagnée permet de chasser, avec une arme pour deux, dès l’âge de 15 ans pendant un an.
L’autorisation de chasser accompagnée est délivrée après une formation pratique aux côtés d’un parrain détenteur d’un permis de chasse depuis plus de 5 ans.
C’est l’OFB (Office français de la biodiversité) qui chaque année procède à l’analyse détaillée des circonstances des accidents et incidents répertoriés.
La sécurité à la chasse est une priorité de l’OFB, qui œuvre, à travers ses missions de délivrance du permis, de police de la chasse ou de sensibilisation, à sanctionner ou à faire évoluer les situations considérées comme dangereuses.
Les actions de chasse collectives (battues) causent le plus d’accidents et notamment au grand gibier.
En proportion d’accidents on est au-dessus de 50% (66 % pour la saison 2021-2022 contre 55 % la saison précédente) alors que la tendance est baissière tous accidents confondus.
Rappelons que les chasseurs prélèvent plus de 1,5 million de grands gibiers par saison de chasse.
La FNC et son réseau fédéral sont totalement mobilisés sur cet enjeu de sécurité pour les chasseurs et les non-chasseurs.
La FNC a souhaité inscrire dans la loi, lors de la dernière réforme de la chasse en 2019, l’obligation faite à tous les chasseurs, tous les 10 ans, de suivre une formation « sécurité décennale ».
Elle consiste en une remise à niveau de leurs connaissances sur la sécurité. L’objectif est de former 100 000 chasseurs par an.
Peu de pratiques dites de loisir peuvent se prévaloir d’un tel dispositif qui témoigne du sens des responsabilités des chasseurs.
Parmi les principales causes d’accidents recensés, on trouve, chaque année, le manquement aux règles essentielles de sécurité : non-respect de l’angle de tir (30 degrés), mauvaise manipulation d’armes, non prise en compte de son environnement (tirs en direction des routes, habitations, etc.).
Lors du moindre doute, le chasseur doit s’abstenir de tirer.
En moyenne, les accidents mortels concernent moins d’une victimes non-chasseur par an.
Oui, le nombre d’accidents mortel a fortement baissé en 20 ans.
Ces accidents mortels ont diminué de 71 % entre les années 1999/2000 et 2019/2020 (source OFB).
Preuve que les chasseurs se mobilisent pour faire baisser le nombre d’accidents et obtiennent des résultats même si un décès par accident est toujours un mort de trop.
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