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L'adoption par la France du premier fusil militaire tirant une cartouche à poudre sans fumée, le fusil Lebel, l’année 1886 marqua un véritable tournant dans le domaine de l’armement.

Évolution des Équipements Individuels

À l’occasion de la mise sur pied des colonnes en 1881, la tenue de campagne s’orne d’une longue cartouchière portée en travers de la poitrine.

Plus tard, reconnaissant l’utilité d’un abri, l’Intendance dota chacun d’une toile de tente, d’une demi-couverture et d’un piquet de 1,20 mètre de longueur. Nos légionnaires en Afrique ne pouvaient bénéficier de cette opportunité et ils prirent l’initiative de confectionner, à partir du sac de couchage, une tente ayant pour support leurs fusils ou des branchages.

Après épuisement des stocks de 1831, les havresacs modèle 1845 furent distribués et en 1848 les cuirs noircis. La troupe mangeait depuis toujours dans un même plat.

La décision ministérielle du 24 février 1852 dota chacun d’une gamelle ronde individuelle qui sera utilisée jusqu’en 1935.

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Pour le transport de leur boisson, les hommes étaient dotés d’un bidon rectangulaire recouvert de drap de capote avec un ou deux becs verseurs. Un nouveau modèle de bidon de 2 litres entra en service ainsi qu’à partir de 1892, une nouvelle musette en toile forte cachou.

Un nouveau havresac dota les troupes d’Afrique à compter de 1893. En 1915, le poilu reçoit un nouvel équipement de cuir de couleur fauve.

La Cartouchière Lebel durant les Guerres

Durant la campagne de Crimée, le grand équipement comportait toujours la cartouchière ventrale dite « Légion du modèle 1840 », d’où le surnom donné aux légionnaires par les Russes de « ventres de cuir ».

L’entrée dans la Seconde Guerre se fera avec les équipements traditionnels de type « Lebel », qui ont été modifiés en 1934. Depuis 1934, l’équipement est modifié, avec notamment l’apparition d’un anneau sous chaque cartouchière permettant d’accrocher la musette et le bidon.

Équipements Post-Seconde Guerre Mondiale

Les nouveaux équipements du modèle 1945 sont mis en place en 1946, en cuir fauve, comportant un ceinturon, des brêlages avec triangle arrière de suspension et une paire de cartouchières pour le Mas 49 et Mas 49/56 ou porte-chargeurs pour le PM MAT 49.

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En Indochine, après les équipements de type britannique, les légionnaires sont dotés de modèles US, qu’il connaisse bien depuis 1943. Les havresacs, suivant la dotation, seront du modèle 1928, de la musette à dos 1936 ou encore du gros sac à dos Pack Jungle modèle 1943.

Modernisation des Équipements

Au début des années 1980, un nouvel équipement individuel de fabrication 74F1 et 79, en toile polyamide étanche, commence à se répandre tout en côtoyant encore les modèles 1945 en cuir fauve ou TAP 1950. Prévu pour le nouveau fusil d’assaut Famas, il comporte un porte-chargeurs spécifique et une trousse de nettoyage.

Un nouveau sac de combat TTA vient remplacer le vieux sac Bergam. Lors de la guerre du Golfe, les gilets pare-éclats évoluent vers un modèle TTA français. La protection contre les petits éclats du champ de bataille est assurée par des couches superposées de textile balistique.

Les premières survestes de combat apparaissent avec la nouvelle tenue trois tons « Centre-Europe ». Ce sont des chasubles modulables à quatre poches amovibles sur le devant. Les gilets pare-éclats évoluent et sont remplacés par un gilet pare-balles de série 3 mis au point dans le cadre de la FORPRONU par le SCERCAT.

Composé de trois plaques de Kevlar amovibles sur le devant et dans le dos, doublées d’une superposition de couches de textiles en aramide sur les côtés et la partie devant pour garder une certaine souplesse. Il dispose en outre d’un protège-cou en Kevlar et d’une protection amovible du bas-ventre.

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Équipements Récent

La tente se voit alors parée d’équipements F1 lors d’une réunion. L’opération Pamir a été à l’origine de nombreuses évolutions, et l’équipement des légionnaires n’y échappe pas avec la mise en dotation du gilet pare-balles « CIRAS » d’origine américaine. Renforcé sur les épaules, il se différencie du modèle français par une ergonomie bien plus adaptée aux situations de combat et à la mobilité qu’elles imposent.

De plus, la modularité de ces équipements est très appréciée. Un nouveau sac de combat de 40 litres est également mis en place ; il est doté d’une réserve d’eau munie d’une pipette et de pochettes amovibles. Avec les panoplies Félin, les premières unités de Légion perçoivent en 2009 un nouvel équipement de combat de type « Molle ».

Doté de pochettes de différents types et d’une gourde souple, il intègre un harnais de câblage appelé LI (liaison intégrée) qui relie les différents éléments constitutifs et permet le passage des données et la distribution de l’énergie électrique. Le sac à dos tactique offre une capacité de 63 litres. Doté du gilet pare-balles de type CIRAS, d’origine américaine, et la nouvelle musette de combat.

Les soldats de l’armée de Terre avaient reçu en 2017 une « structure modulaire balistique » (SMB) de nouvelle génération, fusion du gilet de protection balistique et du système de transport des matériels de combat. Meilleure mobilité, ergonomie améliorée, plus léger : la SMB était déjà une véritable avancée.

Grâce aux rapides retours d’expérience des soldats sur le terrain, une version améliorée arrive dans les forces depuis 2022.

Les différents modèles de cartouchières

Voici un petit sujet sur les cartouchières mle 1888, 1905, 1916 et les variantes particulières utilisées pendant la Grande Guerre. Ces modèles sont les héritiers de la poche à cartouches mle 1869, et apparaissent pour les plus anciens à la fin du 19ème siècle. Ils seront encore en dotation jusqu’à la défaite de 1940, moyennant si nécessaire quelques modifications. La fabrication du mle 16 se fera encore après 1945 mais sera vite interrompue par celle du mle 45.

Avant 1914, les équipements en cuir sont, à l'exception de ceux de la cavalerie, toujours en cuir noirci. Ce n'est qu'à partir de 1914, que le cuir fauve remplace progressivement le cuir noirci. Tous les modèles antérieurs au mle 1916 seront concernés et déclinés dans les deux types de cuir. A ma connaissance, la cartouchière mle 1916 est la seule à n'être fabriquée qu'en cuir fauve. Il est à noter que de nombreux exemplaires en cuir fauve ont été teintés en noir car utilisés par la Gendarmerie (voire l'armée de l'Air). Le dé métallique est très souvent supprimé car les bretelles de suspension ne sont pas utilisées par ces militaires.

La durée de vie de ces équipements était longue, parfois jusqu’à usure complète, d'où l'état de certaines pièces retrouvées aujourd'hui. Le panachage de couleurs a dû exister mais n’est pas représentatif. Il faudra attendre 1916 pour avoir une uniformisation du cuir fauve.

En période de pénuries, des versions faisant appel à diverses toiles seront fabriquées. Elles reprendront globalement la forme des mles 1888 et 1905 avec parfois un mélange des deux (notamment les passants de ceinturon). En 1940 le mle 1916 sera aussi fabriqué en toile kaki.

Comparaison des modèles 1888 et 1869

A titre de comparaison, voici une poche à cartouches mle 1869, celle-ci n'a pas été modifiée par l'ajout d'un dé métallique pour les bretelles de suspension. Son utilisation se situerait donc avant les années 1890. Le cuir est caractéristique de ce modèle, il a un aspect grenelé. L'extrémité de la patte de fermeture est carrée, cela indique un fabrication post guerre de 1870 (celles de cette époque étant avec l'extrémité pointue). Le bouton de fermeture est en laiton avec une couture de renfort.

Photo montrant la différence de taille avec le mle 1888 :

Cartouchière Mle 1888

Cette cartouchière fait son apparition peu après l'adoption du fusil Lebel. Sa particularité par rapport aux modèles plus anciens, est qu'elle est dotée d'un dé métallique conçu pour être utilisé avec des bretelles de suspension. Elle ne sera utilisée massivement qu'à partir des années 1900, le temps d'user les autres modèles encore disponibles en grandes quantités. On la reconnait à ses deux passants verticaux pour l'attache au ceinturon et le bouton de fermeture est en fer étamé renforcé par une pièce de cuir avec couture circulaire.

C'est en quelque sorte une version réduite et simplifiée de la poche à cartouche mle 1869.

  • Version d'avant-guerre en cuir noirci et bouton de fermeture renforcé par couture circulaire.
  • Exemplaire similaire de début de guerre, régimenté du 299ème de Ligne. Le régiment est créé en août 1914 et constitue le régiment de réserve du 99ème.
  • Autre exemplaire des années 1914/1915, régimenté du 5ème d'Artillerie. Le bouton n'est plus en fer étamé mais en laiton, la couture de renfort est toujours présente. Le cuir employé est plus fin et trahit une production expédiente.
  • Exemplaire en cuir fauve sans marquages particuliers.
  • Exemplaire toujours en cuir fauve, mais la fabrication est simplifiée à l'aide de rivets. Un tampon du 46ème de Ligne est présent ainsi qu'un tampon de la commission de réception de 1915.
  • Exemplaire toujours en cuir fauve, et de fabrication simplifiée à l'aide de rivets.
  • Exemplaire à la durée de vie longue comme le témoignent les nombreux marquages et les réparations (rivetage des passant qui ont dû se découdre). Le tampon mentionne le 2ème régiment de Spahis.

Cartouchière Mle 1905

La différence principale avec le modèle 1888 réside dans la forme du passant de ceinturon, qui est trapézoïdal (avec renfort au niveau du dé métallique) et non plus composé de deux pattes verticales. Le côté pratique est que la cartouchière peut être retirée du ceinturon en sortant le passant. De plus, une languette interne fait son apparition, elle a pour but d'éviter la perte du contenu si la cartouchière venait à s'ouvrir accidentellement. Cette languette est cousue sur le verso et orientée vers le haut. Le bouton de fermeture est en fer étamé pour les fabrications d'avant-guerre.

  • Exemplaire d'avant-guerre en cuir noirci et bouton de fermeture renforcé par une couture circulaire. La languette interne a été décousue du verso pour être recousue sur le recto, à l'instar du mle 1916.
  • Exemplaire en cuir fauve. C’est une fabrication simplifiée à l'aide de rivets. La languette interne a été recousue sur le devant. Elle est datée 1915 et réceptionnée par le Gouvernement militaire de Paris (GP).
  • Autre exemplaire simplifié, réceptionné par le 153ème de Ligne en 1915. Même modification de la languette interne.
  • Exemplaire en cuir fauve, daté 1915 ou 1916. Il a été réutilisé après-guerre par le 402ème R.A.D.C.A.

Cartouchière Mle 1916

La différence principale avec le modèle 1905 se situe au niveau du passant de ceinturon qui est toujours trapézoïdal, mais avec un dé métallique dont la couture ressort du renfort de cuir et vient buter sur celui-ci. Cette modification permet d'éviter que le passant trapézoïdal ne sorte si la bretelle de suspension venait à se détacher accidentellement. De plus, la languette interne est désormais cousue sur le recto de la cartouchière et orientée vers le bas. Auparavant, sur le modèle 1905, la languette était orientée vers le haut ce qui l'empêchait de jouer son rôle anti perte de cartouches.

  • Exemplaire d'après-guerre mais similaire en tous points à ceux de guerre. Elle est datée 1919 et réceptionné par le Gouvernement militaire de Paris (GP). Les fabrications simplifiées avec des rivets sont encore fabriquées au moins jusqu'en 1920.
  • Exemplaire des années 20 mentionné souvent à tort comme "ersatz" de par la forme atypique du dé métallique. Les exemplaires connus sont systématiquement datés des années 20 et fabriqués dans la région lyonnaise. Celui présenté est réceptionné en 1923 par la 14ème Région Militaire (Lyon).

Variantes atypiques

C'est une catégorie qui vise à regrouper des exemplaires n’appartenant pas aux modèles 1888, 1905 ou 1916, mais qui ont été modifiés pour être utilisés ces derniers.

  • Cartouchière mle 1898 de la Cavalerie, modifiée par l'ajout d'un dé pour les bretelles de suspension. La languette d'attache au ceinturon mle 1891 a été coupée. Équipement déjà déclassé au début de la guerre, il a été « modernisé » par l’adjonction d’un dé métallique, puis réutilisé par le 75ème Régiment d'Artillerie (R.A.L.G.P. ?), comme le spécifie l’estampille.

Cette modification est intervenue soit pendant la guerre, pour équiper les troupes ne nécessitant pas d’équipements dernier cri, ou soit intervient dans les années 20 pour épuiser les stocks de cartouchières déclassées en les « modernisant ».

Cartouchières spéciales

C’est une catégorie qui regroupe des cartouchières conçues réglementairement pour une utilisation bien précise.

  • Cartouchière conçue pour accueillir le pistolet RUBY et deux chargeurs. Elle faisait office de cartouchière dorsale pour les tireurs au F.M. Chauchat. Avec l'apparition du F.M. mle 24/29, cette cartouchière est devenue inutile, elle a été convertie (suppression des compartiments pour les chargeurs), afin d'être utilisée comme une cartouchière normale. Ici, les coutures des compartiments de chargeurs sont toujours présentes mais les pièces de cuir à l'intérieur ont bien disparu. De plus les traces laissées par la boucle du ceinturon suggèrent une utilisation ventrale et non dorsale. Cet exemplaire est daté 1917.

Variantes de circonstance en 1940

  • Fabrication du second trimestre 1940 avec un dé arrondi à la place du modèle classique.
  • Un second exemplaire daté du second trimestre de 1940 avec une boucle à ardillon étamée à la place du dé classique.
  • Un troisième exemplaire de circonstance avec une boucle carrée.

Fabrications après 1945

Après la défaite de l'Allemagne, les équipements de l'ancien modèle (mle 16, etc.) et du nouveau (mle 35, etc.) seront encore fabriqués, au moins en 1945 et 1946. Les cartouchières en font donc partie.

  • Cartouchière mle 16 avec un timbre d'admission de 1946, le bouton de fermeture est en aluminium.
  • Une autre cartouchière mle 16 des années 45/46 mais sans date avec un tampon de faricant mentionnant Toulouse. Un autre tampon losangique stipulant une réparation nécéssaire est présent mais très peu visible. Cette cartouchière utilise un fil noir très spécifique et caractéristique de ce fabricant.

Pour preuve : un étui mle 16 pour pistolet Ruby réceptionné le 8/8/1945 est cousu avec un fil noir et possède un tampon du même fabricant.

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