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La pratique de la chasse est sur le devant de la scène médiatique, accusée d'être dangereuse pour ses pratiquants, mais surtout pour les autres usagers de la nature. Certains voudraient même la voir bannie certains jours de la semaine.

Tendances générales des accidents de chasse

Le nombre d’accidents mortels est au plus bas depuis vingt ans, souligne l’Office français de la biodiversité. Sur la saison 2023-2024, 97 accidents de chasse ont été recensés, contre 78 l’an dernier, dont 6 mortels, uniquement parmi les chasseurs. Sur un an, la hausse des accidents dans leur ensemble (légers et graves) est de 24 %, mais cela est dû à une « augmentation significative des auto-accidents (40 % des accidents en 2023 contre 29 % en moyenne sur 20 ans), dont 3 accidents mortels sur les 6 recensés », précise l’organisme public.

Le nombre d'accidents de chasse est à la baisse... comme le nombre de chasseurs. Mais le nombre d'incidents augmente, tiré par la chasse au grand gibier.

« En vingt ans, il y a une diminution de 65 % des accidents de chasse en général et surtout une baisse de 82 % des accidents mortels », insiste Willy Schraen. L'Office français de la biodiversité compte plutôt, données à l'appui, une baisse de « 46% » des accidents de chasse, et de « 74% » pour les décès.

Depuis 1999-2000, plus de 450 personnes sont mortes lors d'un « accident » de chasse et plus de 3000 ont été blessées. Des chiffres dont la tendance globale est en effet à la baisse, de façon plus ou moins régulière.

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Ceux-ci étaient près de 1,5 million au début du siècle (et même près de 2,3 millions au milieu des années 1970) pour à peine plus d'un million ces dernières années, selon les statistiques du permis de chasse. Soit une baisse de près de 50% en 20 ans.

Pour la saison 2020-2021, 83 accidents de chasse ont été recensés par l'Office français de la biodiversité (OFB) dans son bilan annuel. Les chasseurs sont les principales victimes de ces accidents (86%). Depuis vingt-deux ans, le nombre d'accidents de chasse a été divisé par 2,8, passant de 232 accidents en 1999-2000 à 83 en 2020-2021. Ce niveau historiquement bas est à analyser en prenant en compte le contexte d'une saison de chasse tronquée.

En France, il faut faire attention aux panneaux qui indiquent la traversée d'animaux sauvages. Les animaux empruntent en effet toujours le même itinéraire, depuis des centaines d'années.

Types de Chasse et Risques Associés

Sur la saison 2020-2021, la chasse du grand gibier (cerf, chevreuil, sanglier…) est toujours celle qui entraîne le plus d'accidents : 59%, contre 41% pour le petit gibier (faisan, lapin, perdrix, marmotte…).

Or la chasse au grand gibier (chevreuils, sangliers...) présente plus de risques : distances plus importantes, munitions plus grosses, etc. En 2021-2022, La quasi-totalité des décès et deux tiers des accidents sont survenus lors de telles chasses.

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Facteurs Contribuants aux Accidents

Les accidents sont principalement dus au non-respect des règles de sécurité. Parmi les erreurs les plus fréquentes figure l'angle de tir : "On ne tire pas dans les 30 degrés", martèle le site de la Fédération. Les erreurs de manipulation ou les tirs sans prendre en compte l'environnement sont d'autres circonstances des accidents de chasse.

Les "tirs en direction des routes ou habitations qui sont à l'origine d'accidents, mais également d'incidents (pas de victimes physiques) restent encore trop nombreux", note l'OFB.

Incidents sans Victimes Humaines

Enfin, le dernier rapport de l'OFB pointe une hausse des « incidents » de chasse - sans victime humaine: les tirs en direction des habitations ou des véhicules « restent bien trop élevés », écrit l'OFB. Ils s'ajoutent aux tirs vers les habitations et routes ayant entrainé des accidents (morts et/ou blessés), déjà « en nette hausse pour cette saison ».

Sur un total de 104 "fiches reçues", l'OFB a recensé 53 tirs sur des habitations, 33 vers des véhicules, et 18 vers des animaux domestiques.

Le nombre d'incidents, qui concernent des dommages matériels ou sur animaux, est supérieur au nombre d'accidents, qui concernent les humains. Ainsi, en 2020-2021, l'OFB recense 92 incidents, soit 15 de moins que l'année précédente. Mais sur le long terme, "les incidents restent très préoccupants et nécessitent une réelle prise de conscience". Parmi ces 92 signalements, plus de la moitié (52) étaient des tirs vers des habitations, 26 vers des véhicules et 16 sur des animaux domestiques.

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Mesures de Sécurité et Réglementation

Le patron des chasseurs met en avant la responsabilité et la formation des chasseurs, ainsi que le renforcement continu de la sécurité à la chasse, que ce soit par la réglementation ou les fédérations.

Willy Schraen évoque parfois « 5 millions de chasseurs », mais il s'agit là du nombre de Français qui ont, au moins une fois, détenu un permis de chasse.

Une statistique pourrait intéresser les opposants à la chasse : lorsqu'en 2000 une journée sans chasse (le mercredi) avait été instaurée (avec dérogations locales possibles), le nombre d'accidents avait chuté de 32%, et le nombre de morts de près de moitié. A la suppression de la mesure, trois ans plus tard, les accidents avaient affiché une forte hausse.

Une randonneuse de 25 ans est morte dans le Cantal, tuée par une balle perdue tirée lors d'une battue, samedi 19 février. Une chasseuse de 17 ans est soupçonnée d'être l'autrice du tir. Cet accident met de nouveau en lumière les risques liés à la pratique de la chasse, deuxième sport français après le football (1,1 million de détenteurs du permis).

Explications : "Le chasseur ne doit pas tirer dans la traque (...) mais seulement lorsque le gibier aura sauté l'allée, au-delà d'un angle de 30 degrés qui garantit la sécurité des voisins. Pour matérialiser un angle de 30 degrés vers la droite, le chasseur effectue cinq pas vers la droite puis trois pas perpendiculairement et la même chose côté gauche. A la fin du troisième pas, il plante un repère (bâton ou autre).

Comparaison Internationale : Focus sur la Belgique

Stupéfaction ! Le vice-président Wallon, Willy Borsus a lancé une démarche contre les chasseurs français afin de ne plus accorder l’équivalence du permis de chasse. Il explique que le niveau de l’examen du permis de chasser en France est bien trop faible.

Suite à l’accident de chasse dans le Cantal au mois de février, le vice-président du gouvernement Wallon, Willy Borsus lance une offensive à l’encontre des chasseurs français. En effet, celui-ci souhaite interdire aux détenteurs du permis de chasse français, d’obtenir leur équivalent belge. Justifiant cette démarche par le soi-disant « faible niveau » de l’examen du permis de chasser.

En Belgique, les statistiques concernant les accidents de chasse sont rares et difficiles à trouver. Les derniers chiffres parus datent de 2015. L’ancien ministre wallon de l’Agriculture et de la Ruralité, René Collin déclarait, que 35 cas d’accidents de chasse s’étaient produits et que dans seulement 5 cas, la cause est un éclat de balle. Soulignons qu’il y a aujourd’hui 18 330 chasseurs en Belgique. Le taux reste donc élevé.

Cependant Benoît Petit, président du Royal Saint-Hubert Club de Belgique déclare « nous n’avons pas de chiffres officiels sur les accidents de chasse. La chasse étant une pratique sportive, les incidents lors des battues sont des incidents dans un cadre privé. Donc les organisateurs ne préviennent pas forcément qu’il y a eu un incident ».

Accidents de la Route Impliquant des Animaux Sauvages

Une étude publiée en juin 2020 a révélé qu’en Europe, de nombreuses populations d’espèces sauvages subissent de fortes baisses à cause des accidents de la route. En France, les rencontres avec la faune sauvage ne sont pas rares. Il est tout à fait possible de tomber nez à nez avec un hérisson, un lièvre, un rapace, mais aussi avec un sanglier, un chevreuil ou un cerf au détour d’une route de campagne.

Les accidents de la route impliquant des animaux sauvages ont la plupart du temps lieu la nuit ou au crépuscule. Arrêtez-vous sur le bas-côté, et enfilez votre gilet de signalisation avant de quitter le véhicule. Il faut ensuite prévenir la gendarmerie ou la police en leur expliquant la nature de l’accident. Ne tentez pas de déplacer l’animal s’il est sauvage, vous pourriez vous blesser. Contactez par la suite votre assureur.

Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) n'indemnise plus que les accidents ayant causé des dommages corporels. Le nombre de dossiers qu'il a pris en compte en 2011 était de quatre mille.

L’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR), en revanche, nous a procuré les statistiques suivantes :

Mois Pourcentage de collisions
Mai 10%
Août 10%
Septembre 9.9%
Octobre 12.6%

On constate que les mois où il y a eu le plus de collisions, de 2008 à 2012, ont été mai (10%), août (10%), septembre (9,9%) et surtout octobre (12,6%). Le pic a donc lieu en pleine période de chasse.

En 2010, dernière année de statistiques complètes, 107 collisions ont entraîné la mort de deux personnes, et des blessures pour 115 autres.

Benoît Godart, porte-parole de l’IBSR, dispense les conseils suivants, pour éviter les animaux: « Soyez sur vos gardes en automne, mais aussi en cas d’hiver rigoureux, ou au début du printemps, lorsque les animaux se mettent à rechercher de la nourriture d’une manière plus active ou lorsque des chasses sont organisées.

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