Yves Calvi est une figure médiatique importante en France, connu pour son travail de journaliste et d'animateur de télévision. Son parcours et ses interventions sur des sujets d'actualité, notamment les attentats et les questions de sécurité, témoignent de son rôle dans le paysage médiatique français.
Suite aux attentats de novembre, Yves Calvi a animé des émissions spéciales sur RTL et C dans l'air, cherchant à informer et à analyser les événements avec clarté. Il a souligné l'importance de la pédagogie et de la neutralité dans le traitement de l'information, tout en reconnaissant l'émotion et la peur ressenties par les Français.
« Les terroristes ont bien eu l’intention de mener une opération à la Défense, alerte Yves Calvi. Un commando suicide dans le premier quartier d’affaires français. » Vingt-quatre heures après les révélations du procureur de la République, l’animateur de C dans l’air ne les digère toujours pas : « Une fois de plus, les progrès de l’enquête sont aussi impressionnants que les révélations sont inquiétantes. Nous avons intitulé cette émission : Abaaoud voulait frapper la Défense. »
« Il y a l’enquête sur ce qui a eu lieu et puis il y a les inquiétudes légitimes sur ce qui pourrait arriver, explique Yves Clavi avec clarté. On s’est quand même endormi hier soir en découvrant un attentat-suicide en préparation dans le premier quartier d’affaires français et même je pense d’Europe, à la Défense : centre commercial, banques, sièges sociaux… C’est… », résume le présentateur avec simplicité.
« Nos paroles ont un poids, on doit y réfléchir. » Thomas Hugues l’interroge sur sa présentation des éditions spéciales sur RTL, comme le matin de l’assaut donné à Saint-Denis. « Il y a des moments où il faut faire des breaks dans sa tête pour savoir où on en est », estime Yves Calvi. « Trouver un peu de distance ? », s’enquiert son collègue. « Prendre du recul », admet son collègue.
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Un recul remarquable sur le plateau de C dans l’air, où Yves Clavi s’inquiète avec distance de la terrifiante dissémination des terroristes : « On a l’impression qu'on découvre un nouveau nom chaque jour… mais ils étaient combien ? Quinze, vingt, trente ? Combien il en reste dans la nature ?, interroge celui qui tient la maison pour rassurer ses camarades (et les téléspectateurs). Du coup on se dit : est-ce que de nouveaux commandos peuvent arriver, vu la facilité avec laquelle ils entrent sur le territoire. Y’a une espèce de glaciation de ce qui s'est passé parce qu’il y a des types qui sont dans la nature, vous voyez ce que je veux dire ? »
« Et est-ce qu’ils ont d’autres objectifs par définition dont on doit s’inquiéter ? Désolé, je peux pas le dire autrement. » C’est l’effet de son état de vigilance. « Votre hantise, c'est quoi ? », demande Thomas Hugues à son collègue. « Je n’ai pas de hantise. Notre métier, c’est de réfléchir avant de parler. On n’est pas dans un état d’esprit de donneur de leçon permanent. »
« Le lien de confiance avec le téléspectateur, ça se répercute sur les chiffres d’audience, note Thomas Hugues avec une perfidie soigneusement dissimulée. Vous avez battu le record historique de C dans l’air. » Il faudrait des attentats plus souvent. « Je voudrais que l’on s'intéresse aux mots que l'on choisit dans un contexte comme celui-là, poursuit Thomas Hugues. Voici comment vous avez ouvert l’émission exceptionnelle de C dans l’air au lendemain des attaques. » Extrait : « Nous avons intitulé cette émission “La guerre”. »
Yves Calvi a souligné la responsabilité des médias dans la gestion de la peur et la nécessité de ne pas l'alimenter de manière artificielle. Il a également interrogé les experts sur les mesures à prendre pour prévenir de nouvelles attaques et sur l'état d'esprit des juges antiterroristes.
« Il y a des sentiments qui font peur, déclare-t-il à Thomas Hugues. On nous dit qu’on fait de l’information sans affectivité, c’est faux. On est tous bouleversé. Le sentiment de peur qu’ont les Français est un sentiment respectable. Le nier serait abominable. C’est normal qu’ils aient la trouille. Mais on ne doit pas l’alimenter de manière artificielle. »
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« Est-ce que les juges antiterroristes sont en anticipation, est-ce qu’il provoquent des enquêtes pour nous empêcher d’être touchés une nouvelle fois ? », demande-t-il à la magistrate sur le plateau de C dans l’air. « Vous comprenez ma question ? » Malgré sa froideur et sa neutralité ? « Est-ce qu’on se déballonne chez les juges antiterroristes ?, insiste Yves Calvi, toujours soucieux de ne pas alimenter la peur. Est-ce que c’est une bonne nouvelle que tous ces gens-là soient connus et qu’ils puissent être en permanence dans la nature ? », demande encore le présentateur en réprimant un imperceptible soupçon d’affectivité.
Les discussions animées par Yves Calvi ont également abordé des questions plus larges liées à la société et à la sécurité, telles que la petite délinquance, l'endoctrinement et la nécessité d'adapter les règles démocratiques face à la menace terroriste.
« Je rejoins ce qui a été dit sur la petite délinquance, appuie le secrétaire général du syndicat majoritaire je le rappelle chez les gradés et les gardiens de la paix. Je me souviens d’attaques de commissariats par des individus isolés. Il n’y a pas que les attentats spectaculaires, il y a aussi la guerilla quotidienne que mènent des individus qui se reconnaissent dans tel schéma terroriste et qui y participent de manière isolée, en attaquant un commissariat, en attaquant des policiers, des individus. »
« Ce qui est dit dans les textes de Daech, intervient Mohamed Sifaoui, c’est que la guerre commence par le regard. » Il faudrait envoyer Yves Calvi en Syrie, l’EI ne survivrait pas à son regard bleu acier qui tue. « Quand on dit qu’il y a moins de recrutement, je suis persuadé du contraire, poursuit le secrétaire général du syndicat majoritaire je le rappelle dans la population française. Si on a signalisé plusieurs milliers de personnes avec les fiches S… »
« On assiste à la fulgurance de l’endoctrinement, précise la juge fulgurante. Notre arsenal judiciaire a des trous, des failles. On les traite comme des délinquants de droit commun. » « Les règles démocratiques doivent parfois souffrir d’exceptions », enchaîne le représentant de la nation des policiers. « On n’a pas encore vraiment évalué la menace, ajoute la magistrate. Intellectuellement, on est désarmé. »
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« Y’a encore pas très longtemps, si on disait qu'il y avait un risque terroriste, on se faisait traiter de fasciste », déplore Yves Calvi. « Les lignes bougent », le tranquillise la juge. « On a changé d’époque, agrée le journaliste du JDD. Préventivement, c’est difficile de mettre les gens en prison », nuance-t-il, glissant sur la pente d’un juridisme menant droit à la culture de l’excuse.
Yves Calvi a également abordé la question des migrants et du risque d'infiltration de djihadistes, soulignant la nécessité d'évaluer le nombre de terroristes potentiels parmi les migrants.
Après un reportage sur la déferlante des « 500 arrivées par jour » sur l’île grecque par où sont passés deux kamikazes, « on a cette question, propose Yves Calvi : A combien peut-on évaluer le nombre de djihadistes passés par la filière migrants ? » Qui sont en permanence dans la nature, cela dit sans alimenter la peur, un sentiment respectable qu’il serait abominable de nier.
Yves Calvi a aussi mené des interviews politiques importantes, notamment avec le Président de la République, abordant des sujets tels que la conférence sociale, les retraites et le dialogue social. Ces échanges témoignent de son rôle dans l'analyse des enjeux sociaux et politiques en France.
Yves CALVI : Monsieur le Président de la République, bonjour. Bienvenue.
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEBonjour. Merci pour cette invitation.
Yves CALVI : Merci d'avoir choisi RTL en cette journée de conférence sociale attendue avec circonspection. Dans un instant, vous répondez à Olivier MAZEROLLE et François LENGLET. Et puis, à partir de 08h, ce sera donc le jeu du questions/réponses avec nos auditeurs, et ce, pendant une demi-heure. Monsieur le Président, je rappelle que la CGT ne participe pas à votre conférence sociale. Et la semaine dernière, c'est l'un de ses syndiqués qui a refusé de vous serrer la main. Comment avez-vous vécu cet affront ?
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUELa politesse, c'est toujours important, dans toute relation humaine. Mais ce que j'attends des organisations syndicales, ce n'est pas de la politesse, c'est de l'engagement pour le dialogue, et c'est cela la conférence sociale. Ce que je veux exprimer aux Français, au-delà de ceux qui seront conviés à cette conférence, à ceux qui n'y viendront pas, est que nous devons vivre dans une société apaisée. Il y a toujours des conflits, toujours des confrontations. Il y a toujours des intérêts qui sont divergents. Comment les surmonte-t-on ? Par de la violence ? Sûrement pas. Par de l'apaisement ? Donc par le dialogue. L'objet même de la conférence sociale est de se donner une feuille de route pour l'année qui vient pour aborder les grandes questions qui sont posées au pays, c'est-à-dire d'abord les questions d'emploi, de formation et de préparation de l'avenir.
Yves CALVI : Ma question était plus personnelle : on vous a vu écouter, sans sourciller, ce délégué syndical. Vous auriez peut-être pu faire respecter la fonction présidentielle de façon plus marquée, non ? Refuser la main d'un Président, ce n'est pas rien - de notre Président.
LE PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUEJe considérais que j'étais dans une entreprise, une grande entreprise, les Chantiers Navals de Saint-Nazaire, où j'ai été reçu par l'ensemble des salariés avec plus que de la politesse, de la chaleur, parce que c'est une entreprise qui s'est redressée, qui crée de l'emploi, qui a un carnet de commandes jusqu'en 2020. Un syndicaliste vient vers moi et veut me parler d'une autre entreprise, je peux l'entendre, AIR FRANCE, parce qu'il y a un conflit qui doit d'ailleurs être réglé par le dialogue social. Il préfère ne pas me serrer la main, je vais m'en aller, je vais prononcer une phrase - vous savez, il y en a eu, qui pourrait être également regardée comme vulgaire ou grossière ? Sûrement pas ! Moi, je le regarde en face. Il veut me parler, qu'il me parle ! Il ne veut pas me serrer la main, tant pis pour lui, parce que dans la vie, celui qui manque de respect, c'est celui qui commet la faute, pas celui qui est l'objet de cette indélicatesse.
Olivier MAZEROLLE : Alors, Yves CALVI le rappelait, la CGT ne sera pas présente à la conférence sociale tout à l'heure, et son Secrétaire général, Philippe MARTINEZ dit : "mais cette conférence, finalement, elle ne traite pas les vrais sujets, elle ne traite pas la brutalité sociale, et d'ailleurs, ça va exploser". Est-ce que vous redoutez une explosion sociale en France ?
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEVous savez, il y a toujours des champions du thermomètre. Je ne mets pas en cause ici ceux qui annoncent le climat, mais il y a toujours un certain nombre d'observateurs - le dirigeant de la CGT n'est pas un observateur - qui veulent toujours qu'il y ait une marmite qui chauffe et qui explose. Non, le conflit chez AIR FRANCE ne résume pas l'état de la France. Ce serait se tromper gravement sur la situation du pays que de prendre un sujet - il doit être traité, AIR FRANCE, et l'Etat d'ailleurs n'y est actionnaire que de manière très minoritaire - pour en faire un cas général. La conférence sociale, n'est pas la seule journée où l'on va parler entre syndicats, patronat et gouvernement, ni une journée où l'on va conclure des accords. Il s'est trouvé, nous allons y revenir qu'il y a eu des accords très importants, notamment un qui a été signé ces jours derniers, donc des lieux de rencontres, il y en a. Mais qu'est-ce que la conférence sociale, pour que les auditeurs comprennent bien ? C'est un moment, une journée, où l'on va se consacrer à toutes les questions qui doivent être traitées dans les mois qui viennent, je vais les citer François LENGLET : On va y venir, Monsieur le Président LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUENon, mais je vais les citer : le compte personnel d'activité, la sécurisation des parcours professionnels Olivier MAZEROLLE : On va y venir à ça LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEOn va venir dans le détail, c'est une question très importante. Il se trouve que la CGT en avait fait même son thème principal. Elle ne vient pas, tant pis, on va traiter le sujet. Et puis, il y aura d'autres rendez-vous, et la CGT comme d'autres organisations syndicales y viendra. Il y aura le numérique, la transition énergétique, l'emploi des jeunes, voilà les sujets.
François LENGLET : Est-ce qu'on peut d'abord approfondir un peu sur AIR FRANCE ? Bon, l'entreprise est dans des graves difficultés à la fois économiques et sociales, l'Etat est au capital d'AIR FRANCE, vous l'avez rappelé, c'est le premier actionnaire. Et puis, il y a quinze jours, les représentants de l'Etat ont approuvé unanimement un plan de restructuration présenté par la direction. Et puis, la semaine dernière, volte-face, vous-même, vous dénoncez la violence sociale des patrons qui suppriment des emplois. Ca donne le sentiment d'un pilotage un peu au gré du vent, au fond. Est-ce que vous soutenez toujours sans réserve la direction d'AIR FRANCE et son président aujourd'hui ?
Yves CALVI : Question qui vous est posée par François LENGLET.
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUED'abord, ne confondons pas : on m'a interrogé sur la brutalité. Peut-il y avoir des décisions brutales commises - on en a à l'esprit - par des patrons qui partent du jour au lendemain, liquident leur entreprise François LENGLET : Ça n'était pas le cas du tout ?
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUECe n'est pas le cas d'AIR FRANCE. Vous ne m'avez pas entendu parler d'AIR FRANCE sur ce sujet.
François LENGLET : C'est arrivé juste après un épisode à AIR FRANCE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUENon, mais des patrons qui se comportent mal - il y en a heureusement assez peu - cela peut arriver. Et je me souviens d'ailleurs d'un de mes prédécesseurs qui avait parlé de patrons voyous, je n'ai pas utilisé cette expression. En revanche, il y a chez AIR FRANCE, un sujet : celui de remettre l'entreprise en capacité d'être compétitive. Quelle est la méthode ? La méthode, ce doit être la vérité, la vérité des chiffres ; le dialogue, dialogue avec les pilotes ; la négociation, négociation aussi avec les salariés. Il n'y a pas eu de réussite avec les pilotes, il faut donc reprendre le dialogue. Parce que s'il n'y a pas un accord avec les pilotes, il y a un risque d'emplois perdus, supprimés dans l'entreprise AIR FRANCE, d'où la colère d'un certain nombre de salariés.
François LENGLET : Hier, justement, Alexandre de JUNIAC LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEMonsieur de JUNIAC dit François LENGLET : Il évoquait hier 1.000 suppressions d'emplois pour 2016. Est-ce que c'est opportun ? Est-ce que ça vous paraît être la bonne voie pour remettre à flot l'entreprise ?
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEIl y a une réunion jeudi, et je demande aussi bien à la direction qu'aux partenaires sociaux d'être responsables. Pourquoi ? Parce que l'on peut éviter des licenciements chez AIR FRANCE. Si les pilotes font les efforts nécessaires, si la direction fait des propositions et si les personnels au sol sont aussi conscients de certaines réalités, nous pouvons éviter les licenciements. Alors, quand nous sommes dans cette situation, chacun doit faire la part du chemin, c'est cela le dialogue social. On m'interroge : "à quoi sert le dialogue social ?" Cela sert à trouver une solution, et la situation d'AIR FRANCE n'est pas parce qu'il y a eu trop de dialogue social, c'est parce qu'il n'y en a pas encore eu assez. Donc, je dis qu'il y a une réunion très importante, et je propose que la direction, avec les organisations syndicales, fasse les efforts nécessaires pour arriver à la compétitivité d'AIR FRANCE. Parce que s'il n'y a plus de compagnie, il n'y aura plus d'emplois. Il faut en même temps permettre qu'il n'y ait pas de licenciements à AIR FRANCE.
Olivier MAZEROLLE : Alors, sur le dialogue social, effectivement, il y a eu vendredi un accord qui a surpris tout le monde, entre le patronat et quelques syndicats, sur les retraites complémentaires, mais tous les syndicats n'ont pas signé, la CGT et FO n'ont pas signé, et surtout, cet accord entérine de fait un allongement de la enfin, de passage de l'âge de la retraite de 62 ans à 63 ans, à taux plein. Vous êtes d'accord avec ce résultat ?
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUED'abord, ce n'est pas vrai, ce n'est pas ce que dit cet accord.
Olivier MAZEROLLE : A taux plein ?
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEA taux plein, oui. Mais, je vais revenir parce que c'est très important : ce sont les partenaires sociaux qui ont signé cet accord sur les retraites complémentaires Olivier MAZEROLLE : Pas tous !
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEPas tous, mais une majorité d'entre eux, ce qui fait que cet accord est valide. C'est quand même un acte très important, parce que ces régimes complémentaires, indispensables pour partir en retraite - il ne suffit pas d'avoir le régime général, il faut aussi avoir les compléments ARRCO-AGIRC, chacun ici sait de quoi il s'agit, nos auditeurs en particulier. Donc ces régimes, notamment pour l'ARRCO, étaient en quasi-impasse financière d'ici trois ou quatre ans, douze ans pour l'AGIRC, il fallait donc une réforme. Les partenaires sociaux ont décidé de cette réforme. Que dit-elle ? Et je veux être très précis : l'âge légal de départ à la retraite est toujours de 62 ans, à partir Olivier MAZEROLLE : Oui, avec moins d'argent !
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEA partir de 2019, 2019 Olivier MAZEROLLE : Oui, Monsieur le Président, mais avec moins d'argent !
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEOui, attendez. A partir de 2019, ceux qui voudront partir à 62 ans auront ce que l'on appelle une décote de 10 %. C'est ce que vous dites, mais ce n'est pas un report de l'âge de la retraite, ils feront leur choix, c'est une liberté qui leur est accordée. Cela durera trois ans, cette décote, et ensuite, ils retrouveront Olivier MAZEROLLE : Oui, il y a un choix un peu contraint LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEEt ensuite, ils retrouveront le taux plein. Cela, pour les salariés qui partiront en 2019, ceux qui voudront rester jusqu'à 63 ans auront un taux Olivier MAZEROLLE : C'est exact, mais c'est un choix contraint, Monsieur le Président !
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEC'est un choix. Alors, effectivement, il y a une incitation plutôt à rester ou une dissuasion à partir. Mais on peut toujours, à partir de 2019, partir en retraite avec cette condition. Deuxièmement, les employeurs, le patronat, ont accepté d'augmenter les cotisations, d'augmenter leurs contributions aux régimes. Chacun a donc fait Olivier MAZEROLLE : Qu'ils vont récupérer par ailleurs, on va en reparler LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEChacun a donc fait un pas en direction de l'autre et c'est pour cela qu'il y a eu un accord. Ce que nos auditeurs doivent comprendre, c'est que maintenant les régimes de retraite - régime général que nous avons réformé en 2014, régime complémentaire - sont pérennisés jusqu'en 2030. Il n'y a plus d'inquiétude à avoir par rapport aux retraites.
François LENGLET : Justement, après cette réforme, l'écart entre les salariés du privé qui étaient concernés justement par l'accord Agirc-Arrco et les régimes spéciaux va atteindre presque dix ans pour l'âge de départ à la retraite. C'est-à-dire que vous êtes salarié du privé, pour avoir une retraite à taux plein, vous allez attendre soixante-trois ans ; vous êtes par exemple à la RATP, vous pouvez partir à cinquante-quatre ans. Est-ce que l'homme de gauche que vous êtes se satisfait de cette inégalité criante en matière de départ à la retraite ?
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEVous venez de confirmer qu'une réforme, celle qui nous avait été présentée il y a six ou sept ans, n'a pas donc porté ses fruits. Vous me le confirmez ?
François LENGLET : De fait, je vous le confirme absolument.
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEDonc les régimes spéciaux, dont on nous avait dit qu'ils avaient été réformés, n'ont pas modifié les mécanismes.
François LENGLET : Mais l'écart est encore élargi par la réforme de vendredi dernier.
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUEDonc ce qui a été fait et ce qui doit être encore confirmé par la réforme que nous avons fait voter en 2014 est qu'à mesure que l'espérance de vie va s'allonger - car nous allons vivre plus longtemps - la durée de cotisation va elle-même s'allonger.
François LENGLET : Sauf pour les régimes spéciaux.
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUENon. Cela vaudra pour le régime général, pour le régime complémentaire et pour les régimes spéciaux. J'ai voulu dans cette réforme de 2014 que tous les régimes soient concernés par ce principe simple que chacun peut comprendre.
François LENGLET : Est-ce que vous ne condamnez pas les seniors au chômage dans un pays où le taux de chômage des seniors a progressé de 9,4 % sur un an en justement les obligeant à rester sur le marché de l'emploi un peu plus longtemps ?
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