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Le revolver Webley entre dans la catégorie des armes qui suscitent un grand intérêt chez les collectionneurs et les passionnés d'armes. La plupart des exemplaires datent du 19ème siècle, et bien qu'étant britanniques, ils se sont retrouvés dans le Far-West durant la période Old West. L’histoire des revolvers Webley est relativement embrouillée et certaines similitudes d’appellation ne font que renforcer cette confusion.

Les Différents Modèles de Revolver Webley

Voici un aperçu historique des différents modèles de ce mythique revolver Webley :

  • Mk I : Modèle original adopté en 1887 par l'armée britannique. Calibre .455.
  • Mk II : Modèle amélioré avec un bouclier de barillet, un chien renforcé et une crosse arrondie. Adopté en 1894 par l'armée. Calibre .455.
  • Mk III : Adopté en 1897 par l'armée. Verrouillage du barillet renforcé, barillet démontable. À partir de 1905, certains furent disponibles avec un canon de 12,5 cm. Calibre .455.
  • Mark IV : Adopté en 1899 par l'armée. Un Mk 3 fabriqué dans un nouvel acier. Chien allégé, nouveau barillet. Surnommé 'Boer War Revolver'. À partir de 1905, certains modèles furent disponibles avec un canon de 12,5 cm. (à ne pas le confondre avec le Mark IV en calibre .38 de 1926 ). Calibre .455.
  • Mk V : Adopté en 1913 par l'armée. Un Mk IV renforcé pour le tir des nouvelles cartouches à poudre sans fumée/vive. Calibre .455.
  • Mk VI : Un Mk 5 doté d'un canon plus long et d'une nouvelle forme de crosse. Calibre .455.

Il est important de noter que le Mark IV en calibre .38 n’est PAS un lointain parent du 'Boer war model' en calibre .455. En 1927, la fabrication du Mark IV 'Boer war model' en cal .455 avait été abandonnée depuis près de quinze ans au profit de celle du Mark V et du Mark VI. Le Mark IV (1926) en calibre .38 constitue en réalité une version en petit calibre du Webley Mark VI de la première guerre mondiale.

Le Webley Mark IV en Calibre .38 : Une Version Spécifique

Pendant la guerre de 1914-1918, le revolver Webley Mark VI avait été la principale arme de poing utilisée par la Grande-Bretagne et ses Dominions. Aussi l’armée britannique demanda-t-elle à Webley & Scott, qui lui fournissait ses revolvers depuis 1887, d’étudier une arme plus légère et plus compacte.

Les ingénieurs de Webley & Scott qui s’étaient mis à l’ouvrage en 1921, arrivèrent vite à la conclusion que l’objectif d’allègement qui leur avait été fixé ne pouvait pas être atteint sans une réduction de calibre. Le Mark IV en calibre .38 n’est donc pas un lointain parent du « Boer war model » en calibre .455.

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Le Webley Mark VI et son Rôle Historique

Afin d’équiper la nouvelle armée de volontaires luxembourgeois qui seront intégrés à la brigade belge PIRON, l’Angleterre a décidé de fournir l’excellent revolver Webley Mark VI de calibre .455. En effet, ce revolver avait été retiré de l’inventaire de l’armée britannique, qui l’avait remplacé par les revolvers Webley Mark IV et Enfield Mark II, tous deux en calibre 38/200.

Le revolver deviendra l’arme de poing réglementaire de la nouvelle armée luxembourgeoise jusqu’à son remplacement par le FN GP35 dans les années 1950. Il s’agit d’un revolver à brisure imposant, contenant un barillet avec 6 chambres. Il est solide et résistant, ayant fait ses preuves durant la Première Guerre mondiale, où la munition .455 Webley s’est révélée redoutable. Cependant, l’arme est lourde et encombrante.

L'Adoption de la Munition .38/200 et le Revolver Enfield

Avant la deuxième guerre mondiale, le Webley & Scott Mark I à V, de calibre 455 Webley était le révolver réglementaire en service dans l'armée britannique. En 1932, une nouvelle munition, la 38/200 est adopté pour ses nouveaux révolvers canon-barillet à basculement vers l'avant et le bas pour le chargement.

La firme Webley lance son modèle Mark IV, mais c'est l'Arsenal Enfield qui remporte le marché, avec le Enfield revolver 38 caliber No.2 Mark I. Le Mk I* est basé sur une carcasse réduite du Webley Mark VI, avec un barillet à six chambres pour la munition 38/200. Pour le charger ou le décharger, le barillet est solidaire du canon, l'ensemble bascule vers l'avant et le bas, grâce à un vérou situé à gauche. Sur l'ensemble chien-détente un levier de sûreté manuelle et un vérou séparé du barillet à été rajouté.

Le modèle de 1932 donnera naissance à deux versions, qu'utilisera progressivement l'armée britannique. La première modification est signalée par l'étoile. Cette arme a été développée à la fin des années 1930, pour le Corps des blindés britanniques, mais aussi pour des coûts de production inférieur. Le No 2 Mk I** est incapable de tirer en simple action avec son chien ne possèdant pas de crête.

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A la demande du commandement du Tank Corps, un nouveau chien fut adapté pour éviter que cette pièce soit dangereuse en heurtant un élément interne du char. Il possédait également de nouveaux ressorts plus légers et des plaquettes de crosse en bakélite noire. Apparu en 1942, il s'agit d'une version encore simplifiée à cause de la guerre.

Les Modèles Enfield :

  • Enfield .38 No 2 Mk I
  • Enfield No 2 Mk I*
  • Enfield No 2 Mk I** avec canon de 5 cm pour le transformer en arme de défense pour policier en civil

L'Innovation du Pistolet Automatique Webley

La firme Webley & Scott n’avait plus à faire ses preuves, grâce à ses revolvers de qualité qui avaient rencontré un succès tant sur le plan militaire que civil. Cependant, avec l’avènement de l’automatisme initié par Brochardt, Browning et Mannlicher, la société ne pouvait se permettre de rester en retrait.

En 1901, elle tenta l’aventure avec le revolver automatique Webley-Fosbery, mais malgré l’exploit technique, les ventes furent en deçà des attentes. La décision fut alors prise de concevoir un pistolet automatique afin de rester dans la course. En 1908, la firme acquit les brevets de William Whiting, ingénieur chez Webley, et s’associa à la société américaine Harrington & Richardson pour partager la production et les coûts à une échelle industrielle.

Trois versions furent ainsi produites : une en calibre .25 ACP (6.35 mm) choisie uniquement par Harrington & Richardson, une en calibre .32 ACP (7.65 court) choisie par les deux firmes, et enfin une dernière en .455 (11.7 mm) choisie uniquement par Webley. En 1910, la firme Webley & Scott présenta donc deux pistolets : l’un en calibre 7.65 court avec une culasse non calée, de taille moyenne pour les pistolets de cette catégorie en 32 ACP, et l’autre en calibre .455 avec une culasse calée par court recul de canon. Au niveau du tonnerre, celle-ci descend comme un bloc tombant de quelques millimètres, libérant ainsi la culasse. Ce modèle présente une schématique similaire à celle du Browning Colt 1911, mais avec une approche différente.

Webley avait tiré les enseignements de l’échec du pistolet Halifax Mars et avait pris en compte toutes les critiques formulées à son encontre. Le Webley Self Loading Pistol en calibre .32 ACP fut officiellement adopté en 1911 par la police londonienne, tandis que le modèle en .455 fut adopté en 1912 par la Royal Navy, la Royal Horse Artillery et le Royal Flying Corps après des essais concluants. Ces armes furent largement utilisées durant la Première Guerre mondiale, notamment par les pilotes anglais lors des duels aériens.

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Le Revolver Semi-Automatique Webley-Fosbery

Plusieurs essais seront mis en œuvre, mais le seul revolver semi-automatique fiable reste le Webley-Fosbery, fruit du travail du lieutenant-colonel George V. Fosbery (1832 - 1907). La force de ce revolver est de combiner les qualités d’une arme éprouvée et de lui appliquer un système de réarmement semi-automatique.

Si ce mécanisme est hautement complexe et fragile sur les premiers pistolets, l’ingéniosité du lieutenant-colonel Fosbery assure au Webley-Fosbery un fonctionnement irréprochable conjugué à une « simplicité » de conception. L’idée est de rendre mobile l’ensemble canon / barillet sur la carcasse afin d’exploiter cette translation mécanique pour assurer le réarmement du chien et la rotation du barillet.

La première apparition publique du revolver semi-automatique Fosbery a lieu en 1900 lors d’une compétition sur le célèbre pas de tir britannique de Bisley. Après quelques perfectionnements, l’arme rencontre un certain succès auprès des compétiteurs. Elle présente en effet une rapidité de tir accrue et une réelle fiabilité de fonctionnement. Bien qu’il soit relativement haut sur la main, ce revolver est confortable au tir et d’une grande précision.

Si dès sa mise sur le marché, le revolver « Webley-Fosbery Automatic » (son premier nom commercial) a séduit un certain nombre de tireurs civils, sur le plan militaire, l’arme était irrémédiablement disqualifiée. En effet, malgré la puissance de feu offerte, la fragilité du système et surtout son intolérance à tout corps étranger (poussière, sable, boue) ont invalidé tout usage opérationnel.

De même, on peut s’interroger, d’un point de vue militaire, du réel apport d’un révolver « semi-automatique » par rapport à classique révolver double-action, moins coûteux, plus rustique et, finalement beaucoup plus fiable.

Les Revolvers Webley & Scott Mark I à V

Les revolvers Webley & Scott Mark I à V en calibre .455 Webley furent réglementaires dans la British Army de 1892 à 1915. L'arme, initialement fabriquées pour les calibres .442 et .476 pour finir de brûler les stocks de cartouches disponibles, fut bientôt manufacturée exclusivement au nouveau calibre de .455. Ces révolvers britanniques possèdent tous une crosse en bec de corbin et un mécanisme à double action.

Comme tout revolver à brisure, le barillet est solidaire du canon et l'ensemble bascule vers le bas (verrou situé à gauche) pour le chargement et le déchargement de l'arme. En fin de course d'ouverture, ce rochet se débraye par l'entremise d'un cran, permettant à l'étoile de revenir en place pour le rechargement. Les organes de visée sont fixes. Les plaquettes de crosse sont en caoutchouc durci. Toutes ces armes ont un anneau pour dragonnes.

Variantes :

  • Mark I : modèle original commandé à 10 000 exemplaires en 1887 par le ministère de la guerre britannique en 1887 et officiellement adopté en 1892.
  • Mark II : modèle amélioré (bouclier de barillet, chien renforcé et crosse arrondie). Adopté en 1894.
  • Mark III : adopté en 1897, verrouillage du barillet renforcé. Barillet démontable. À partir de 1905, certains furent disponibles avec un canon de 12,5 cm.
  • Mark IV : Adopté en 1899, Mark III fabriqué dans un nouvel acier. Chien allégé. Nouveau barillet. À partir de 1905, certains furent disponibles avec un canon de 12,5 cm.
  • Mark V : adopté en 1913. Mark IV renforcé pour le tir des cartouches à poudre sans fumée.

Données numériques :

Modèles Mark I & V
Munition .455 Webley
Cadence de tir théorique 12-18 c/min
Longueur totale 22,5 cm (modèle réglementaire)
Longueur du canon 10,2 cm (12,5 cm sur commande)
Canon 7 rayures
Masse à vide 975 g (Mk I & II) / 990 - 1090 g (Mk III & IV) / 1010 - 1100 g (Mk V)
Barillet 6 cartouches

Diffusion

De 1887 à 1915, les revolvers d'ordonnance Mk I-VI ont connu la Guerre des Boers, la Révolte des Boxers et la Grande Guerre. Tout d’abord celui de Philip et James Webley qui fondèrent en 1834 une manufacture d’armes à Birmingham s’inscrivant dans la continuité de l’usine de fabrication de munitions créée par leur grand père en 1790. En l’espace de vingt ans, ils deviennent un sous-traitant et un fabricant « indispensable » en Angleterre et fournisseur officiel de l’Armée de Sa Gracieuse Majesté.

Le second nom, installé à Édimbourg de 1820 à 2017, est celui de la firme John Dickson & sons, un des armuriers les plus prestigieux du Royaume, qui n’a pas à rougir de son histoire ou de sa clientèle. À l’époque de l’achat de ce revolver, leur magasin recevait tout simplement au 63 Prince’s Street avec vue directe sur le parc du château d’Édimbourg. Difficile de faire plus chic. Tout le monde n’a pas la famille royale comme voisin.

Il est à rappeler que ces armes « civiles » étaient très souvent acquises à titre personnel par les officiers et fortement recommandée à tout colon en goguette au sein du vaste Empire. Bien que leurs évolutions soient nombreuses, ces armes de service se devaient de toujours être capable de tirer les premiers modèles de cartouches, au cas où, en pays reculé, seuls les vieux stocks de .442 Adams de 1872 seraient disponibles… Seul un britannique peut être aussi pratique.

Les Revolvers Webley du XIX° Siècle

Voici quelques revolvers Webley à vocation militaire ou de police du 19° siècle:

Dans l'ordre de haut en bas à gauche:

  • Webley WG 1895 Target 8' 455. Le Webley WG signifie Webley Gouvernment (et non pas Green). C'est une arme non réglementaire mais à vocation militaire destinée aux officiers qui achetaient leurs armes avec leur fonds propres.
  • Webley WG 1889 455. C'est la version avec un bec de corbin du modèle précédent.
  • Webley n° 4 (Webley Pryse) 476. C'est le premier revolver moderne anglais, à brisure, extraction simultanée des étuis et double action.
  • Webley MK IV (1889) Boer War Model 455. C'est la 4° version du modèle initial qui a été adopté par la British Navy en 1889. C'est l'ancêtre du celebre MK VI de 14-18. Il est encore à poudre noire.
  • Webley RIC NEW MODEL (Royal Irish Constabulary) 455. En service dans les forces paramilitaires en Irlande et dans la police égyptienne.
  • Webley RIC 1° Modele (Royal Irish Constabulary) 450 - En service dans les polices du royaume.

Il existe d'autres modèles que je n'ai pas en collection comme le Webley Kaufmann (prédécesseur du WG). Je vous posterais à l'occasion quelques accessoires de ces belles armes de la perfide Albion.

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