Le revolver Webley suscite un grand intérêt chez les collectionneurs et les passionnés d'armes. L’histoire des revolvers Webley est relativement embrouillée et certaines similitudes d’appellation ne font que renforcer cette confusion.
À la fin du XIXe siècle, l’industrie armurière connaît une croissance importante. De récentes avancées techniques accélèrent les découvertes, les brevets et les systèmes. Toutes proportions gardées, un parallèle peut être effectué avec l’évolution de l’informatique au cours des vingt dernières années du 20e siècle. Après avoir maîtrisé les aciers, l’industrialisation, la standardisation et le développement de la poudre sans fumée, l’industrie armurière développe le concept de semi-automaticité.
Un nombre considérable de brevets est déposé, dont ceux des premiers pistolets à fonctionnement semi-automatique. Force est de constater que même si ces pièces sont aujourd’hui un héritage armurier admirable, le manque de fiabilité et la complexité étaient souvent à déplorer. En cette fin de siècle, la plupart des revolvers en service sont fiables.
Dès lors, par génie créatif ou par pragmatisme, l’idée germe d’appliquer au revolver les principes mécaniques de la répétition semi-automatique. Plusieurs essais seront mis en œuvre, mais le seul revolver semi-automatique fiable reste le Webley-Fosbery, fruit du travail du lieutenant-colonel George V. Fosbery (1832 - 1907).
La force de ce revolver est de combiner les qualités d’une arme éprouvée et de lui appliquer un système de réarmement semi-automatique. Si ce mécanisme est hautement complexe et fragile sur les premiers pistolets, l’ingéniosité du lieutenant-colonel Fosbery assure au Webley-Fosbery un fonctionnement irréprochable conjugué à une « simplicité » de conception. L’idée est de rendre mobile l’ensemble canon / barillet sur la carcasse afin d’exploiter cette translation mécanique pour assurer le réarmement du chien et la rotation du barillet.
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La première apparition publique du revolver semi-automatique Fosbery a lieu en 1900 lors d’une compétition sur le célèbre pas de tir britannique de Bisley. Après quelques perfectionnements, l’arme rencontre un certain succès auprès des compétiteurs. Elle présente en effet une rapidité de tir accrue et une réelle fiabilité de fonctionnement. Bien qu’il soit relativement haut sur la main, ce revolver est confortable au tir et d’une grande précision.
Si dès sa mise sur le marché, le revolver « Webley-Fosbery Automatic » (son premier nom commercial) a séduit un certain nombre de tireurs civils, sur le plan militaire, l’arme était irrémédiablement disqualifiée. En effet, malgré la puissance de feu offerte, la fragilité du système et surtout son intolérance à tout corps étranger (poussière, sable, boue) ont invalidé tout usage opérationnel. De même, on peut s’interroger, d’un point de vue militaire, du réel apport d’un révolver « semi-automatique » par rapport à classique révolver double-action, moins coûteux, plus rustique et, finalement beaucoup plus fiable. Ainsi le Webley-Fosbery ne sera jamais adopté militairement.
Le réarmement semi-automatique de ce révolver repose sur l’exploitation directe du recul du canon lors des tirs. La partie mobile coulisse dans la glissière de la partie fixe. Elle est maintenue en tension par un ressort récupérateur, logé dans la partie inférieure de la poignée. Lors du tir, la partie mobile est donc entrainée par le recul vers l’arrière de la partie fixe avant d’être renvoyée vers l’avant par le ressort récupérateur. Ce système de rotation du barillet est très inspiré du révolver Mauser Zig-zag.
Le chargement de l’arme est identique aux autres armes à brisure du système Webley. Le verrou d’ouverture possède une pédale latérale sur le flanc gauche. Une fois comprimée, elle libère la partie supérieure de la carcasse et permet de basculer l’ensemble canon / barillet vers l’avant. L’éjection des douilles est assurée par un extracteur collectif en étoile. Après approvisionnement, comme sur toute arme simple action, la mise en œuvre de l’arme passe donc par l’armement préalable du chien.
Pour parfaire le tout, il possède une sûreté manuelle présente sur la gauche de la carcasse. Sous la forme d’un levier, elle permet de transporter l’arme en position armée. On peut questionner la pertinence de porter ainsi cette arme prête au tir, mais le cas de figure a bel et bien été étudié.
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C’est la firme Webley & Scott de Birmingham qui va assurer la production de cette arme, estimée à moins de 5 000 pièces, de 1901 à 1924. Dans la veine de beaucoup de productions « confidentielles », chaque modèle comporte des variations de production (usinage de pièce, dessin et matière des plaquettes, différence de côte).
Différentes longueurs de canons ont également été proposées : 4, 6 et même 7,5 pouces pour le modèle « Target ».
Pendant la guerre de 1914-1918, le revolver Webley Mark VI avait été la principale arme de poing utilisée par la Grande-Bretagne et ses Dominions. Aussi l’armée britannique demanda-t-elle à Webley & Scott, qui lui fournissait ses revolvers depuis 1887, d’étudier une arme plus légère et plus compacte.
Les ingénieurs de Webley & Scott qui s’étaient mis à l’ouvrage en 1921, arrivèrent vite à la conclusion que l’objectif d’allègement qui leur avait été fixé ne pouvait pas être atteint sans une réduction de calibre. Le Mark IV en calibre .38 n’est donc pas un lointain parent du « Boer war model » en calibre .455. Le Webley Mark VI et son Rôle HistoriqueAfin d’équiper la nouvelle armée de volontaires luxembourgeois qui seront intégrés à la brigade belge PIRON, l’Angleterre a décidé de fournir l’excellent revolver Webley Mark VI de calibre .455. En effet, ce revolver avait été retiré de l’inventaire de l’armée britannique, qui l’avait remplacé par les revolvers Webley Mark IV et Enfield Mark II, tous deux en calibre 38/200.
Voici un aperçu historique des différents modèles de ce mythique revolver Webley :
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Il est important de noter que le Mark IV en calibre .38 n’est PAS un lointain parent du 'Boer war model' en calibre .455. En 1927, la fabrication du Mark IV 'Boer war model' en cal .455 avait été abandonnée depuis près de quinze ans au profit de celle du Mark V et du Mark VI.
La firme Webley & Scott n’avait plus à faire ses preuves, grâce à ses revolvers de qualité qui avaient rencontré un succès tant sur le plan militaire que civil. Cependant, avec l’avènement de l’automatisme initié par Brochardt, Browning et Mannlicher, la société ne pouvait se permettre de rester en retrait.
En 1901, elle tenta l’aventure avec le revolver automatique Webley-Fosbery, mais malgré l’exploit technique, les ventes furent en deçà des attentes. La décision fut alors prise de concevoir un pistolet automatique afin de rester dans la course.
En 1910, la firme Webley & Scott présenta donc deux pistolets : l’un en calibre 7.65 court avec une culasse non calée, de taille moyenne pour les pistolets de cette catégorie en 32 ACP, et l’autre en calibre .455 avec une culasse calée par court recul de canon. Au niveau du tonnerre, celle-ci descend comme un bloc tombant de quelques millimètres, libérant ainsi la culasse. Ce modèle présente une schématique similaire à celle du Browning Colt 1911, mais avec une approche différente.
Le revolver Webley Commando, souvent appelé "Enfield Commando" en France, est une arme de calibre .380/200 à canon basculant qui a marqué l'histoire militaire britannique. Très répandu chez les officiers, il est devenu le revolver standard de l’armée britannique à partir de 1932.
Le revolver Webley Commando a été conçu et produit dans les années 1926 et 1927 par la Royal Small Arms Factory à Enfield. Son design et son fonctionnement s’inspirent du Webley Mark VI, un autre revolver déjà en dotation dans l’armée.
Le revolver Enfield N°2 MK1 a connu plusieurs versions lors de ses années de service : MK1, MK1, MK1*. Une version Commando a également été réalisée pour faciliter l’usinage et faire des économies d’échelle, cette dernière était caractéristique du fait de la suppression de la crête du chien.
Le modèle de 1932 donnera naissance à deux versions, qu'utilisera progressivement l'armée britannique. La première modification est signalée par l'étoile. Cette arme a été développée à la fin des années 1930, pour le Corps des blindés britanniques, mais aussi pour des coûts de production inférieur. Le No 2 Mk I** est incapable de tirer en simple action avec son chien ne possèdant pas de crête.
Voici un tableau récapitulatif des caractéristiques techniques du Webley Commando :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Calibre | .380" Revolver Mk I or Mk IIz (0.38 inch / 9.65 mm) |
| Poids | 1.7 lb (765 g), à vide |
| Longueur totale | 10.25 pouces (260 mm) |
| Longueur du canon | 5.03 pouces (127 mm) |
| Action | SA/DA revolver MKI (Mk I* et Mk I** double action seulement) |
| Cadence de tir | 20-30 coups/minute |
| Vélocité à la bouche | 620 pi/s (189 m/s) |
| Portée de tir effective | 15 verges (13.7 m) |
| Portée maximun de tir | 200 verges |
| Chargement | Barillet 6 coups |
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