Parvenir à lutter contre les armes à feu est un défi crucial aux États-Unis qui ne cesse de bouleverser la scène internationale.
Chaque mois, les États-Unis sont endeuillés par de nouvelles fusillades. Ce terme de « fusillades de masse » (mass shootings en anglais) désigne des tueries faisant au moins quatre victimes, mortes ou blessées.
D’après un rapport publié en septembre 2022 par Gun Violence Archive, les victimes ont atteint un total de 1 420 depuis le 1er janvier 2022, dont 293 morts et 1 127 blessés. Au cours des 145 premiers jours de 2022, les États-Unis ont connu 213 fusillades de masse.
Mais ces mass shootings ne sont que la partie visible du chaos engendré par les armes à feu. En effet, bien que les fusillades de masse dans les écoles/supermarchés/églises attirent davantage l’attention des médias, les dégâts causés par les armes à feu sont bien plus nombreux au sein des foyers et des maisons.
Les armes à feu sont donc un véritable fléau aux États-Unis (qui connaît un taux d’homicide par armes à feu en moyenne 25 fois plus élevé que celui d’un autre pays développé). Il est aujourd’hui nécessaire de faire face à cette violence.
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Ce sont les fusillades de masse qui nous choquent le plus. Ce sont donc elles que tu peux utiliser comme exemples marquants.
Quelques exemples de fusillades marquantes :
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la recrudescence de la violence armée aux États-Unis :
Les États-Unis assistent tout de même à une vague de criminalité particulièrement importante depuis plusieurs années.
Certains affirment même que cette relation singulière que les États-Unis tiennent vis-à-vis des armes à feu relève d’une forme sombre de l’exceptionnalisme américain.
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Plusieurs mesures ont été envisagées pour lutter contre la violence armée :
Le bilan au sujet des armes à feu est dans l’immédiat assez décevant.
Descendre dans les rues pour lutter contre les armes à feu, c’était le projet des manifestations « March for Our Lives » qui se sont déroulées en 2018, en réaction à la fusillade de Parkland. Ce mouvement a été amplifié sur les réseaux sociaux grâce à des hashtags tels que #NeverAgain, #MarchForOurLives, #WhatIf et #IWillMarch.
De quoi relancer le débat sur le deuxième amendement de la Déclaration des droits qui autorise aux citoyens américains de « porter et détenir des armes » et de se constituer en « milice bien organisée » depuis 1791.
Après leur Déclaration d’indépendance (1776) et la rédaction de leur Constitution (1787), les Etats-Unis ont ajouté en 1791 une Déclaration des droits à la Constitution (cinquième article) pour limiter les pouvoirs de l’Etat fédéral (central) vis-à-vis des Etats fédérés.
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Avant l’adoption de cette Déclaration des droits, d’où provient le deuxième amendement, les Etats-Unis se trouvaient dans une situation assez particulière. La menace britannique n’était toujours pas écartée malgré leur victoire contre le Royaume-Uni, en 1783.
James Madison, rédacteur de la Déclaration des droits, estimait donc nécessaire d’offrir aux citoyens américains la possibilité de s’armer et de se réunir en « milice » pour se sécuriser.
« A cette époque, nous sommes dans un contexte où les fédéralistes et les antifédéralistes s’opposaient, rappelle le politologue spécialiste des Etats-Unis Didier Combeau. Cet amendement prévoyait que chaque Etat fédéré puisse se doter d’une armée de conscription. Un moyen pour eux de garder un pouvoir vis-à-vis de l’Etat fédéral. »
Les armes à feu sont définitivement entrées dans la culture américaine durant le XIXe siècle, avec la conquête de l’Ouest.
Les cinquante Etats fédérés ont la compétence politique pour durcir ou assouplir la législation sur la question des armes, en vertu du dixième amendement de la Déclaration des droits. Ils ont le pouvoir d’imposer le permis pour porter ou acheter une arme, de contrôler les antécédents des acheteurs et d’interdire certains types d’armes à feu.
Concernant le permis pour détenir une arme, huit Etats fédérés (la Géorgie, l’Indiana, la Louisiane, l’Ohio, l’Alabama, la Floride, le Nebraska et le Dakota du Nord) ont décidé de ne plus l’imposer au cours de ces deux dernières années. Au total, vingt-sept Etats fédérés autorisent la possession d’armes à feu sans licence.
Le nombre d’armes à feu en circulation est supérieur à la population américaine. Selon le dernier décompte de l’observatoire Small Arms Survey, il y avait 393 millions d’armes à feu pour 325 millions d’habitants américains en 2017. Avec un tel ratio (120 armes à feu pour 100 habitants), les Etats-Unis sont en tête du classement mondial.
Les productions de pistolets, de revolvers, de fusils, de fusils à pompe et de toutes autres armes à feu ont fortement augmenté dans le pays au cours de ces vingt dernières années, passant d’environ 3,4 millions d’armes à feu fabriquées en 2002 à 13,4 millions en 2022, selon les chiffres du ministère de la justice américaine.
Au cours de la dernière décennie, plus de 40 000 personnes ont été tuées chaque année, par homicide ou suicide, du fait des armes à feu, selon le site Gun Violence Archive. Un niveau nettement plus élevé que d’autres pays industrialisés.
Les États-Unis sont aujourd'hui le pays occidental dans lequel les civils possèdent le plus d'armes : 85 armes pour 100 habitants. Pour comparaison, la France se situe à 28.
Durant la période 2018-22, les ventes d’équipements militaires américains ont représenté 40% des exportations mondiales, selon des chiffres compilés dans une étude publiée par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm [SIPRI] en mars dernier.
On peut parier, sans prendre le moindre risque, que les États-Unis conforteront leur place de premier exportateur d’armes dans les années à venir. C’est, en tout cas, ce que suggère le bilan que vient d’établir le département d’État pour le seul exercice 2023.
Ainsi, l’an passé, le montant total des ventes d’armes américaines a atteint le niveau record de 238 milliards de dollars [près de 220 millards d’euros], en hausse de 16% par rapport à 2022. Ce résultat est en grande partie dû à la progression des ventes conclues dans le cadre de contrats de gouvernement à gouvernement, via la procédure FMS [pour Foreign Military Sales], celles-ci ayant atteint près de 81 milliards de dollars [soit une progression de 55,9%].
Dans le détail, la Pologne représente à elle seule plus du tiers de ce montant, avec les commandes d’hélicoptères d’attaque AH-64E Apache [12 milliards de dollars], de systèmes d’artillerie M142 HIMARS [10 milliards], de chars M1A1 Abrams [3,75 milliards] et du système de commandement et de contrôle dédié à la défense aérienne [IBCS/IAMD] pour 4 milliards.
Quant aux « ventes commerciales directes » [DCS], qui nécessitent des licences d’exportation, elles ont été quasiment stables pour s’établir tout de même à 157,5 milliards de dollars [+2,5%]. Le plus souvent, elles concernent le maintien en condition opérationnelle de matériels déjà livrés et, donc, la livraison de pièces de rechange.
Évidemment, le contexte sécuritaire en Europe, marqué par la guerre en Ukraine, explique en grande partie cette hausse sensible des ventes d’armes américaines. Selon un étude de l’Institut des relations internationales et stratégiques [IRIS], « 78% des 100 milliards de commandes d’équipements passées par des États membres de l’Union européenne [UE] depuis février 2022 ont été conclues auprès de pays tiers à l’UE » et « 63% des commandes européennes ont été passées au bénéfice des seuls États-Unis ».
| Pays | Montant des commandes (milliards de dollars) | Équipements principaux |
|---|---|---|
| Pologne | ~29.75 | Hélicoptères AH-64E Apache, Systèmes HIMARS, Chars M1A1 Abrams, Système IBCS/IAMD |
| Allemagne | 11.4 | Hélicoptères CH-47F Chinook, Missiles AIM-120C-8 |
| Corée du Sud | 6.56 | F-35A, CH-47F |
| Australie | 6.35 | Avions de transport C-130J Hercules |
| Canada | 5.9 | Avions de patrouille maritime P-8A Poseidon |
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