Le Maroc franchit une nouvelle étape dans le développement de son industrie de défense.
Selon Infodefensa.com, il s’agit du premier site de fabrication de drones suicides en Afrique du Nord et au Moyen-Orient implanté hors d’Israël. L’usine produira le SpyX, une munition rôdeuse de dernière génération. Totalement électrique, l’appareil dispose d’un rayon d’action de 50 kilomètres et peut rester en vol jusqu’à 90 minutes.
Lancé depuis un rail monté sur véhicule, il peut emporter des ogives de 2,5 kg, pour un poids maximal de dix kilos.
Cette implantation industrielle découle de l’intensification des relations entre Rabat et Tel-Aviv depuis la signature des Accords d’Abraham en 2020. Dans leur sillage, les deux pays ont conclu en 2021 un pacte militaire inédit, qui a ouvert la voie à la création d’une filière marocaine de production de munitions rôdeuses.
La normalisation entre les deux pays avait été encouragée par l’administration américaine de Donald Trump, qui avait reconnu en échange la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Lire aussi: Tout savoir sur le calibrage horloger
Dernièrement, le Conseil de sécurité de l’ONU a, pour la première fois, ouvert la voie à une autonomie du territoire sous souveraineté marocaine, tout en réaffirmant le principe du droit à l’autodétermination.
L’ouverture de cette usine s’inscrit dans une politique plus large d’industrialisation militaire. Pour 2026, le royaume prévoit un budget de défense de 157,171 milliards de dirhams (environ 14,7 milliards d’euros), en hausse de 17,7 % par rapport à l’année en cours.
L’ouverture officielle de l’usine Tata Advanced Systems Maroc est la première d’un site de production dans l’industrie militaire au sein du royaume. Une usine consacrée à la fabrication de blindés de combat d’infanterie indiens a été inaugurée, mardi 23 septembre, dans l’ouest du Maroc, selon l’agence de presse officielle marocaine Maghreb Arabe Presse.
Il s’agit de la première ouverture officielle d’un site de production dans l’industrie militaire au sein du royaume.
Implantée dans la zone industrielle de Berrechid, l’usine Tata Advanced Systems Maroc « lance ce jour la production des véhicules blindés de combat WhAP [Wheeled Armoured Platform, “plateforme blindée à roues”, en français] 8 × 8 », destinés à l’armée marocaine « mais aussi à des marchés internationaux », a précisé l’agence de presse.
Lire aussi: Définition du calibrage en usine
Inaugurée en présence du ministre indien de la défense, Rajnath Singh, cette usine concrétise une convention d’investissement conclue entre les deux parties en septembre 2024. Elle est « le fruit d’un partenariat stratégique destiné à renforcer la capacité industrielle du Maroc dans le secteur de la défense », ajoute Maghreb Arabe Presse, citant un communiqué de l’administration de la défense nationale qui n’a pas précisé les montants investis ni leur répartition.
« Les industries indiennes ne se limitent pas à répondre aux besoins nationaux, mais sont également prêtes à renforcer les capacités de défense de pays amis grâce au partenariat », a de son côté déclaré, mardi, M. Singh.
Selon le site d’information marocain Le360, l’usine pourra produire jusqu’à « 100 véhicules blindés par an », avec des premières livraisons « attendues dans un délai de dix-huit mois ».
Elle devrait générer 90 emplois directs et 250 emplois indirects, avec une production appelée à croître à moyen terme, d’après la Maghreb Arabe Presse. Le WhAP, tout-terrain, a été présenté pour la première fois en Inde en 2023.
Ces dernières années, le Maroc cherche à bâtir une industrie de défense nationale, axée en particulier sur la production d’armes et de munitions, la fabrication de drones de combat et de surveillance, ainsi que la maintenance d’aéronefs militaires.
Lire aussi: Contexte de l'Usine de Munitions Allemande en 1938
Au début de 2025, l’entreprise privée turque Baykar a annoncé vouloir créer au Maroc une filiale consacrée à la conception de drones, de technologies de défense ainsi que d’équipements électroniques, mécaniques et robotiques, d’après des médias marocains.
Alors que la menace sécuritaire que fait peser le groupe terroriste des shebabs sur le Kenya s’est accrue ces dernières années, l’Etat veut réduire sa dépendance par rapport à l’étranger en matière d’armes. Le Kenya a inauguré le jeudi 8 avril 2021, sa toute première usine locale de fabrication d’armes à feu. La cérémonie s’est déroulée en présence du chef de l’Etat Uhuru Kenyatta.
Installée dans la ville de Ruiru, l’usine aura une capacité de production de 12 000 fusils d’assaut par an, et s’approvisionnera à hauteur de 60% en matières premières locales. Ayant coûté un peu plus de 37 millions $, l’infrastructure sera principalement destinée à équiper les forces de sécurité kényanes.
A terme, un surplus de production devrait permettre au pays de devenir un exportateur d’armes, d’ici les prochaines années. Pour Nairobi, l’objectif de cette stratégie est de réduire les coûts liés à l’acquisition d’armements pour équiper ses soldats et policiers. Ces coûts ont augmenté ces dernières années, après les attaques terroristes du groupe islamiste al-shebab qui ont poussé les autorités à renforcer le dispositif de défense nationale contre les agressions extérieures, et de sécurité intérieure.
« Cette initiative révolutionnaire nous permettra de jeter les bases d’une solution au coût élevé de l’acquisition d’armes, de nous libérer des processus complexes d’approbation des exportations étrangères actuellement en place, de donner au Kenya une plus grande indépendance et une plus grande souplesse dans le secteur de la sécurité, et de lui permettre de concevoir et de produire des armes de haute qualité », a indiqué le président Uhuru Kenyatta.
Rappelons que d’autres pays comme l’Ouganda, le Zimbabwe ou l’Ethiopie se sont eux aussi déjà dotés d’usines de fabrication d’armes à feu. Au Kenya, l’usine de Ruiru sera la deuxième spécialisée dans la fabrication d’armements militaires.
Deux ordonnances présidentielles, lues le 3 septembre 2025 à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), ont modifié l’organisation de l’Africaine d’explosifs (Afridex), entreprise publique rattachée au ministère de la Défense nationale. À la faveur de ces réformes, Marcel Mbuyu Kyungu a été nommé DGA chargé des questions techniques et opérationnelles, huit mois après avoir quitté l’entreprise.
Le second poste de DGA a été attribué à Serge Bokana, qui occupait jusque-là la fonction unique d’adjoint. Afridex détient le monopole de la production, de l’importation, du stockage et de la distribution des explosifs et munitions sur tout le territoire.
La nomination de Marcel Mbuyu intervient au moment où le complexe industriel de Likasi, dont la construction a été lancée en mai 2024, doit entrer en service. Les travaux, prévue sur 18 mois, arrive à terme en septembre 2025. Marcel Mbuyu avait déjà exercé comme directeur général adjoint de l’Afridex de février 2018 à janvier 2025.
S’exprimant le 30 juin 2023 devant les députés à l’Assemblée nationale, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, a révélé que le Cameroun devrait bientôt construire une usine de production de munitions à Garoua, dans la région du Nord du pays.
« Les diligences foncières et domaniales sont déjà terminées ; le terrain a été identifié et limité. L’usine en gestation devrait permettre de réduire considérablement les dépenses relatives aux achats de munitions, qui se font jusqu’ici auprès de sociétés étrangères.
Ce projet a été évoqué pour la première fois dans la presse en fin février 2016, lors de la visite d’une délégation turque dans le pays.
| Pays | Type de production | Localisation | Partenariats |
|---|---|---|---|
| Maroc | Drones suicides, blindés de combat | Berrechid | Israël, Inde, Turquie |
| Kenya | Fusils d'assaut | Ruiru | N/A |
| RD Congo | Explosifs et munitions | Likasi | N/A |
| Cameroun (Projet) | Munitions | Garoua | N/A |
tags: #usine #de #fabrication #de #munitions #en