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Le Protocole contre la fabrication et le trafic illicites d'armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions, additionnel à la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, adopté à New York le 31 mai 2001, met en lumière l'urgence de prévenir, de combattre et d'éradiquer la fabrication et le trafic illicites des armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions.

Ces activités sont préjudiciables à la sécurité de chaque État, de chaque région et du monde dans son ensemble, constituant une menace pour le bien-être des peuples, leur promotion sociale et économique, et leur droit à vivre en paix.

Terminologie Essentielle

Pour bien comprendre la portée de cette problématique, il est crucial de définir certains termes clés utilisés dans le protocole :

  • Arme à feu : Toute arme à canon portative qui propulse des plombs, une balle ou un projectile par l'action d'un explosif, ou qui est conçue pour ce faire ou peut être aisément transformée à cette fin, à l'exclusion des armes à feu anciennes ou de leurs répliques.
  • Pièces et éléments : Tout élément ou élément de remplacement spécifiquement conçu pour une arme à feu et indispensable à son fonctionnement.
  • Munitions : L'ensemble de la cartouche ou ses éléments, y compris les étuis, les amorces, la poudre propulsive, les balles ou les projectiles, utilisés dans une arme à feu, sous réserve que lesdits éléments soient eux-mêmes soumis à autorisation dans l'État Partie considéré.
  • Fabrication illicite : La fabrication ou l'assemblage d'armes à feu, de leurs pièces et éléments ou de munitions à partir de pièces et d'éléments ayant fait l'objet d'un trafic illicite, sans licence ou autorisation d'une autorité compétente, ou sans marquage des armes à feu au moment de leur fabrication.
  • Trafic illicite : L'importation, l'exportation, l'acquisition, la vente, la livraison, le transport ou le transfert d'armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions à partir du territoire d'un État Partie ou à travers ce dernier vers le territoire d'un autre État Partie sans autorisation ou sans marquage conforme.
  • Traçage : Le suivi systématique du parcours des armes à feu et, si possible, de leurs pièces, éléments et munitions depuis le fabricant jusqu'à l'acheteur en vue d'aider les autorités compétentes des États Parties à déceler et analyser la fabrication et le trafic illicites et à mener des enquêtes.

Champ d'Application et Incrimination

Le protocole s'applique à la prévention de la fabrication et du trafic illicites des armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions, ainsi qu'aux enquêtes et poursuites relatives aux infractions établies, lorsque ces infractions sont de nature transnationale et qu'un groupe criminel organisé y est impliqué.

Chaque État Partie doit adopter les mesures législatives nécessaires pour conférer le caractère d'infraction pénale à la fabrication et au trafic illicites d'armes à feu, ainsi qu'à la falsification ou à l'effacement des marques d'identification.

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Mesures de Prévention

Les États Parties doivent assurer la conservation des informations sur les armes à feu pendant au moins dix ans, afin de faciliter le traçage et l'identification des armes faisant l'objet d'une fabrication ou d'un trafic illicites.

Cela inclut les marques appropriées requises, les dates de délivrance et d'expiration des licences ou autorisations, les pays d'exportation et d'importation, le destinataire final, ainsi que la description et la quantité des articles.

Marquage des Armes à Feu

Aux fins de l'identification et du traçage de chaque arme à feu, les États Parties doivent :

  1. Exiger un marquage unique indiquant le nom du fabricant, le pays ou le lieu de fabrication et le numéro de série, ou conserver tout autre marquage unique et d'usage facile.
  2. Exiger un marquage approprié simple sur chaque arme à feu importée, permettant d'identifier le pays importateur et, si possible, l'année d'importation.
  3. Assurer, au moment du transfert d'une arme à feu des stocks de l'État en vue d'un usage civil permanent, le marquage approprié unique permettant d'identifier le pays de transfert.

Les États Parties encouragent également l'industrie des armes à feu à concevoir des mesures qui empêchent d'enlever ou d'altérer les marques.

Systèmes de Licences et d'Autorisations

Chaque État Partie doit établir ou maintenir un système efficace de licences ou d'autorisations d'exportation et d'importation, ainsi que de mesures sur le transit international, pour le transfert d'armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions.

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Avant de délivrer des licences ou autorisations d'exportation, chaque État Partie doit vérifier que les États importateurs ont délivré des licences ou autorisations d'importation, et que les États de transit ont notifié par écrit qu'ils ne s'opposent pas au transit.

La licence ou l'autorisation d'exportation et d'importation et la documentation qui l'accompagne doivent contenir des informations minimales telles que le lieu et la date de délivrance, la date d'expiration, le pays d'exportation, le pays d'importation, le destinataire final, la désignation des armes à feu et leur quantité.

Le Cas Spécifique du Niger

Au Niger, la détention d'armes par la population civile est soumise à autorisation. Depuis 2011, les autorités nigériennes délivreraient moins de 500 autorisations de port d'arme par an, majoritairement pour des pistolets semi-automatiques de calibre 9 mm Parabellum.

La nouvelle législation qui doit s’appuyer sur les recommandations de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la Convention de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur les armes légères et de petit calibre et le Traité sur le commerce des armes n’a pas encore été promulguée à ce jour. S’agissant particulièrement des armes d’alarme, leur détention est illicite.

Flux d'Armes Illicites au Niger

Le Niger étant bordé de sept États, il est important de considérer les flux d'armes illicites dans la région. La silhouette d’un axe nord-sud rejoignant Libye, Niger et Nigéria se dessine aisément au travers de ces éléments.

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Aujourd’hui, les armes continuent à transiter depuis la Libye via Tillabéri, à destination finale du Mali et du Nigéria. Dans l’ouest et le sud du pays, les armes proviennent davantage du Burkina Faso et, dans une moindre mesure, du Nigeria.

Les plus populaires sont les pistolets (essentiellement les pistolets fabriqués en Turquie et localement baptisés « turkiya ») ainsi que les armes de type AK. Comme en Libye, ces turkiya sont pour la plupart des armes à blanc modifiées.

Statistiques de Saisies

Entre janvier 2014 et octobre 2016, 462 armes à feu ont été saisies, dont plus de la moitié correspondait à des fusils de type AK et un quart environ à des armes de poing, dont un grand nombre de pistolets d’alarme convertis.

Au laboratoire de police technique et scientifique, la tendance est inversée, le premier type d’arme analysé correspondant à des pistolets semi-automatiques, habituellement du modèle Tokarev TT33 ou assimilé, suivi par les armes de type AK.

Efforts de Lutte Contre les Trafics

Luttant contre la multiplication des armes à feu, les autorités du Niger ont initié plusieurs campagnes de destruction. Le 25 septembre 2000, à Agadez, une Flamme de la Paix réduisait ainsi 1 243 armes par le feu, avant que les opérations ne se poursuivent, à une échelle plus modeste.

Les autorités du Niger s’attachent à l’application d’une politique efficace en matière de lutte contre les trafics d’armes et de munitions, en dépit d’un contexte géopolitique tourmenté et d'une porosité des frontières.

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