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Le transport est une source importante d'émissions de gaz à effet de serre. En France, il représente 34 % des émissions françaises avec 126,8 millions de tonnes équivalent CO2 en 2023. Il convient de noter que ces chiffres n'incluent pas le transport maritime international et l'aviation, pour lesquels les données ne sont pas disponibles au niveau national.

Qu'est-ce que l'empreinte carbone des transports ?

Définition de l'empreinte carbone

L'empreinte carbone est la quantité totale de gaz à effet de serre émise sur l'ensemble du cycle de vie d'un produit, d'un service ou d'une activité. Elle est exprimée en kilogrammes de CO2 équivalent (CO2e).

L'empreinte carbone des transports comprend les émissions générées par la fabrication, l'entretien et l'utilisation des véhicules, ainsi que par la construction et l'entretien des infrastructures. Elle considère donc les émissions directes (dues à la combustion des carburants), mais également les émissions indirectes (dues aux procédés de fabrication, par exemple).

Pourquoi les émissions de gaz à effet de serre (GES) rejetées par les transports accentuent le réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique est causé par une augmentation de la température moyenne de la surface de la Terre. Cela est dû à l'augmentation des émissions de GES dans l'atmosphère, qui piègent la chaleur du soleil.

Le transport est une source majeure des émissions de GES, dont le dioxyde de carbone est le plus présent dans l'atmosphère. Au total, en 2018, 24 % des émissions mondiales de CO2 dues à la combustion d’énergie relève du secteur des transports. La réduction de ces émissions est essentielle pour ralentir les effets du changement climatique.

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L'empreinte carbone du secteur des transports en France

Le transport est l’activité qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre de la France. En 2023, c’est un tiers des émissions françaises. Même si les émissions des transports sont en baisse depuis 2019, il s’agit du seul secteur où elles ont augmenté depuis 1990 (+ 3 %), car l’amélioration de la performance environnementale des véhicules ne compense pas l’augmentation de la circulation.

Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), les transports représentent 31 % de l'empreinte carbone du pays. Les véhicules privés sont responsables de plus de la moitié de cet impact, suivis par les véhicules lourds tels que les camions et les bus.

Si la France a fait des progrès considérables pour réduire sa dépendance énergétique au charbon et au pétrole, le secteur des transports reste un sujet de préoccupation majeur.

Comment calculer l'empreinte carbone des transports ?

Quels sont les gaz à effet de serre (GES) comptabilisés dans le bilan carbone des transports ?

L'empreinte carbone du transport comprend toutes les émissions de gaz à effet de serre, notamment :

  • Le dioxyde de carbone (CO2)
  • Le méthane (CH4)
  • L'oxyde nitreux (N2O)
  • Les hydrofluorocarbones (HFC)
  • Les hydrocarbures perfluorés (PFC)
  • L'hexafluorure de soufre (SF6)

Ces six gaz à effet de serre sont les plus couramment émis par le secteur des transports. Ils sont mesurés en fonction de leur potentiel de réchauffement planétaire (PRP). Le PRP est une mesure de la contribution d'un gaz donné au réchauffement de la planète sur une période donnée.

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Empreinte carbone des transports : quel périmètre ?

La Méthode Bilan Carbone ® est la méthode de calcul la plus répandue. Elle a été créée en France en 2000 par l'ADEME. Cette méthode considère toutes les étapes du cycle de vie du mode de transport, de l'extraction des matières premières à la fin de vie et est la plus utilisée pour calculer l'empreinte carbone des véhicules.

  • Construction du véhicule: Les émissions liées à la construction du mode de transport sont incluses dans l'empreinte carbone. Par exemple, la voiture électrique nécessite une consommation de terres rares importante : le lithium pour composer les batteries, le cobalt, le nickel et le manganèse. Si une entreprise détient ses propres véhicules, la part liée à la fabrication du véhicule est comptabilisée dans la catégorie « immobilisation ». Le calcul est amorti sur le nombre d'années d’existence du véhicule.
  • Émissions de GES liées aux infrastructures: Chaque transport nécessite la construction d'une infrastructure pour fonctionner, que ce soit un port, des rails, une autoroute ou un aéroport.
  • Émissions de GES liées à l'utilisation du véhicule: Le véhicule, pour fonctionner, a besoin d'énergie. Il peut s'agir d'électricité ou d'énergie fossile comme le carburant pour la voiture. Le carburant ou l'électricité doivent eux-mêmes être produits, transportés et stockés.

La méthode détermine l'empreinte carbone globale et la rapporte à un coefficient au kilomètre. Il s’agit ensuite de convertir cette énergie consommée en kilogrammes de CO2 équivalents émis.

Une métrique souvent utilisée est le nombre de CO2 émis par passager et par kilomètre parcouru pour le transport de personnes, et le nombre de CO2 émis par tonne et par kilomètre parcouru pour le transport de marchandise.

Quelle est l'empreinte carbone par mode de transport ?

Empreinte carbone du transport routier

Le transport routier se mesure en kilomètres, tandis que le transport de marchandises tient également compte du poids. Les véhicules particuliers constituent la part la plus importante des émissions, suivis par les poids lourds. En 2023, ils représentent 15,4 % des émissions de gaz à effet de serre du des transports, soit 19,5 millions de tonnes CO2. Au 1er janvier 2024, 6,5 millions de véhicules utilitaires légers sont en circulation en France. Au 1er janvier 2024, le parc de poids lourds compte 625 000 véhicules en circulation. Entre 1990 et 2023, les émissions de GES des poids lourds ont augmenté de 4,8 % en raison de l’augmentation du transport de marchandises.

L'empreinte carbone d'une voiture varie en fonction de plusieurs facteurs, notamment le modèle de la voiture, le pays où la batterie est produite et le type de conduite. Les voitures électriques ont une empreinte carbone plus faible que les voitures à essence, et les batteries de fabrication allemande ont une empreinte carbone plus faible que les batteries de fabrication chinoise. Une conduite trop rapide, avec trop d'à-coups, ou avec de mauvais pneus émettra plus de CO2. Il est donc important de tenir compte de ces facteurs lors du calcul de l'empreinte carbone d'une voiture.

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L'empreinte carbone de la voiture varie de 100 à 150 grammes par kilomètre et par passager. Ces chiffres sont à nuancer. Il existe de nombreux autres polluants émis par les voitures tels que les oxydes d'azote (NOx), les particules (PM) ou les hydrocarbures (HC).

Empreinte carbone d'un trajet en avion

La méthode la plus efficace pour calculer l'empreinte carbone d'un avion est de considérer la consommation de carburant de l'avion sur un itinéraire spécifique, telle que fournie par le site web de l'aviation civile. Ces données peuvent être utilisées pour estimer le nombre de passagers et calculer l'empreinte carbone en termes de passager.km. Une unité similaire peut être utilisée pour le transport de marchandises, en tenant compte d'un taux de remplissage moyen des camions : tonne.km.

2 % des émissions mondiales proviennent du transport en avion, selon l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). C'est autant que les émissions de GES liées au numérique. Cependant, les trajets en avion ne sont utilisés que par 10 % de la population mondiale.

L'empreinte carbone d'un avion est de 145 à 285 g de CO2 par passager et par kilomètre parcouru. En 2023, le transport aérien intérieur a émis 4,5 millions de tonnes de CO2, soit 3,5 % des émissions du transport.

Empreinte carbone du train

Le train fait figure de bon élève. Cela s'explique en partie par les progrès techniques réalisés ces dernières années : les locomotives sont de plus en plus performantes, et il est désormais possible de produire de l'électricité à partir de sources renouvelables.

Pour estimer les émissions de CO2 générées par un trajet en train, il suffit donc de connaître la consommation d'électricité et le mix électrique du pays dans lequel se déplace le train. De la même manière que pour l'aérien, le passager.km est pertinent puisque les trains transportent plusieurs personnes. Dans le cas des TGV, TER et Transiliens, la SNCF fournit ces données directement. Vous pouvez trouver cette information lorsque vous achetez votre billet de train, mais également dans des bases de données publiques.

L'empreinte carbone du train varie en fonction de sa catégorie : 2,4 g CO2 par kilomètre pour le TGV, 8,1 g pour l’Intercité, et 29,4 pour les TER. En comparaison, un trajet en avion émet en moyenne 160 g de CO2 par passager.km. Le train constitue un mode de transport plus respectueux de l'environnement.

Empreinte carbone du transport maritime

L'approche pour le calcul du transport maritime est semblable à celle du transport aérien et ferroviaire. Le calcul de la consommation de carburant d'un navire est fondé sur la distance parcourue, le tonnage transporté et la consommation propre du navire.

En 2018, le transport maritime a produit 13,5% des émissions totales de gaz à effet de serre de l'Union européenne (UE), loin derrière le transport routier et le transport aérien. En 2023, le transport fluvial et maritime au niveau national a émis 2,8 Mt CO2 éq, soit 2,2 % des émissions du secteur des transports. Entre 1990 et 2023, les émissions du transport fluvial et maritime français ont augmenté de 10 %.

Tableau comparatif des émissions de CO2 par mode de transport

Mode de Transport Émissions de CO2 (g CO2/passager.km)
Train (TGV) 2,4
Train (Intercité) 8,1
Train (TER) 29,4
Autocar 29
Bus urbain thermique 113
Voiture thermique 218
Voiture electrique 103 (incluant la fabrication)
Avion 145 - 285
Ferry 60

Comment l'empreinte carbone des transports affectent le bilan carbone des entreprises ?

Les transports ont un impact direct sur l'activité et le bilan carbone de l'entreprise. Le transport de marchandises affecte le bilan carbone d'une entreprise sur l'ensemble de la chaine de valeur.

  • Le transport en amont de la production: Il s'agit du transport des matières premières, de produits finis ou semi-finis vers les sites de production de l'entreprise. Cela se fait généralement par des moyens de transport tels que des bateaux, des avions ou l'utilisation de poids lourds.
  • Le transport interne à l'entreprise: Cela correspond au transport de marchandises entre les différents sites de production de l'entreprise. Ce transport est souvent effectué par des poids lourds.
  • Le transport en aval de la production ou la distribution aux clients: Après la production, les produits doivent être transportés vers leur destination finale : clients, détaillants ou distributeurs. Ce transport est aussi habituellement effectué par des poids lourds.

Les déplacements liés aux collaborateurs et aux clients:

  • Les déplacements professionnels: Pour une entreprise, il s'agit des voyages d'affaires et des véhicules de fonction mis à disposition des salariés.
  • Les déplacements domicile/travail des salariés: On parle ici des émissions de GES liées aux trajets des salariés pour se rendre de leur maison au lieu de travail. 70% des français utilisent encore la voiture pour ce type de déplacement. Les autres modes de transport sont le transport en commun, le vélo ou à pied.
  • Les déplacements sur site des clients: Pour certaines entreprises, il peut être pertinent d'intégrer le calcul des émissions de GES liés aux transports des visiteurs sur site dans le bilan carbone. C'est notamment vrai pour des événements et des conférences, ou pour des sites de distribution qui nécessitent des trajets en voiture.

Quelles sont les actions pour réduire l'empreinte carbone des transports ?

Réduire les émissions de GES liées au transport de marchandises

  • Optimiser les flux logistiques: La planification de la chaîne logistique est cruciale pour réduire l’impact sur l’environnement. Une analyse permettant d’identifier l'emplacement optimal des stocks afin d’améliorer la disponibilité des produits tout en réduisant les transports superflus de marchandises est un levier important pour réduire les émissions de GES.
  • Prioriser les transports ferroviaires, fluviaux ou maritime pour les marchandises: Prioriser ces modes de transport permet aux entreprises de réduire les émissions de GES de leur chaine logistique.
  • Favoriser le développement des transports bas-carbone: En France, La Poste est pionnière quant à l'adoption d'une flotte bas-carbone. Le nombre de véhicules électriques ou roulants à l'hydrogène ou au biogaz est en nette augmentation depuis plusieurs années.

Réduire les émissions de GES liées au transport de personnes

  • Limiter les déplacements professionnels: Ce type de trajet est souvent effectué en avion. En France, étant donné le mix électrique faible en carbone, un trajet en train a impact nettement plus faible qu'un trajet en avion. Réduire les voyages d'affaires et prioriser des modes de transport moins émissifs est un bon moyen pour une entreprise de réduire les émissions de GES.
  • Mettre en place des plans de mobilités pour les salariés: Certaines entreprises mettent en place des plans de mobilité, comme des transports en autobus, des services de covoiturage, le financement d'abonnements pour le transport en commun ou le développement d'infrastructures pour utiliser le vélo.

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