Le fusil superposé calibre 12 est un incontournable dans l’univers de la chasse, séduisant par sa polyvalence, sa puissance et sa capacité à s’adapter à de nombreuses situations. Pourtant, entre idées reçues et vérités techniques, il peut être difficile de bien comprendre ce qu’offre réellement ce type d’arme.
D'après le Dr Boris Karpov, du laboratoire de recherche de l'armée américaine, 1944, on utilise couramment aujourd'hui le coefficient balistique (BC ou G), qui représente non seulement les caractéristiques de la forme et du poids de la balle mais aussi tenir compte de la résistance réelle de l'air à une vitesse déterminée. Les modèles de calcul actuels se basent sur des projectiles standardisés qui sont au nombre de 8, de G1 à G8. L’idée est de ne pas devoir refaire des calculs fous pour chaque nouveau projectile mais de se « raccorder » à un des projectiles standardisés.
La principale force qui s’applique sur le projectile en vol (hors vent et gravité) est la trainée pour laquelle on a besoin d’un coefficient de trainée à incidence nulle (CD0). Chaque projectile de 1 à 8 a donc une courbe de coefficient de trainée en fonction du nombre de Mach qui lui est propre et grâce au coefficient balistique on vient se fitter à une courbe existante. Cependant il faut faire un choix, et de fait l’industrie est encore fort orientée G1 (pour des questions d’accessibilité et financières) mais dans le tir longue distance on se rapproche beaucoup plus du projectile G7 qui est plus allongé et qui dispose d’un rétreint conique à l’arrière.
Le coefficient balistique est la performance d’une ogive lors du tir, à maintenir sa vitesse, sa trajectoire, sa résistance aux vents latéraux et sa résistance dans l’air. Aussi le CB est en fonction de la masse, du diamètre, de sa forme (sécante, tangente, hybride) et de sa longueur. La vitesse, joue un grand rôle ici. Si l'ogive maintient bien la vitesse initiale, elle ira plus loin puisqu'elle décélèrera moins vite. Pour cela il faut qu'un des signes particuliers soit d'utiliser pour le profil avant une ogive de forme sécante au lieu de tangente et que le profil arrière de l'ogive soit de forme conique (BT ou Boatail). Ainsi sa résistance engendrée par la traînée sera minime.
En Europe le coefficient est de 0,000 à 1,0. Un coefficient de 0,250 sera moins efficace qu’un coefficient de 0,550. En conclusion plus le coefficient balistique est élevé plus l'ogive ira loin avec une trajectoire plus tendue qu’avec une ogive qui aurait un coefficient balistique plus bas.
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Le G7 est rarement publié par les fabricants de munitions et est utilisé le plus souvent par les fabricants d'ogive de qualité comme les Berger VLD ou les Scenar et Scenar-L de Lapua ainsi que certaine Sierra SMK, Hornady ELD Match et quelques autres. En conclusion le G1 s’applique à une ogive "flat base" d’une longueur de 2x le calibre, avec un bout rond comme les ogives pour armes de poing.
Lorsque vous appuyez sur la détente et que l'amorce éclate, la flamme intense créée par le mélange d'amorçage remplit l'intérieur de la douille et allume la charge de poudre au grand complet. La pression montante générée par la poudre en combustion va pousser sur la paroi de l'étui, ce qui va la déformer jusqu'à ce qu'elle s'applique au maximum contre la paroi de la chambre où la cartouche est logée.
Les gaz ne pouvant plus se dilater davantage à l'intérieur de l'étui vont emprunter la seule sortie possible et vont alors pousser le projectile dans le canon. Si le projectile est lourd, et maintenu solidement dans le collet de la cartouche, ou si la pression des rayures sur le projectile est grande, le confinement de la poudre est accentué et la combustion va procéder plus rapidement que si ces conditions n'auraient pas été présentes.
Ensuite le projectile entre dans le canon et s'imprime de la rayure exprimée par une fraction 1/x (x étant la distance en pouces parcourue pour 1 rotation) ce qui va donner à l'ogive de se mettre en rotation sur elle-même tout au long de sa progression dans le canon (effet gyroscopique) c'est ce sens de rotation qui va donner la stabilité à l’ogive sur son parcourt jusqu'à la cible. On va faire tourner le projectile à grande vitesse (plusieurs milliers de tours par minutes) selon son axe longitudinal.
Plus le canon sera long, plus la poudre aura de temps de se consumer entièrement dans un milieu clos ce qui va donner plus de pression pour pousser le projectile et donc plus de vitesse à la bouche. Vous avez de plus hautes vélocités avec un plus grand canon, tous les autres facteurs étant égaux. Toutefois, il y a des limites dans la longueur du canon car il faut veiller à ce que la pression qui pousse derrière le projectile soit toujours supérieure à la pression qui se trouve devant le projectile.
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Tous les paramètres de la balistique interne sont identiques, c'est la longueur du canon qui a permis une combustion plus complète de la poudre à l'intérieur ce qui a généré plus de pression, plus longtemps, pour pousser le projectile et donc plus de vitesse à la bouche du canon. Le projectile ayant quitté la zone de turbulences propre à la balistique intermédiaire, nous entrons dans le domaine typique de la balistique extérieure.
Durant toute la phase de son vol, le projectile sera soumis principalement à deux forces : la force de gravité qui le fera chuter vers le centre de la Terre et la force de traînée, la retardation, due à l’air dans lequel il se déplace, qui le ralentira et l’empêchera d’aller aussi loin que s’il était tiré dans le vide. A sa sortie du canon, le projectile va rencontrer, à grande vitesse, l’air ambiant immobile.
Il va de ce fait subir un choc que l’on appelle en l’occurrence "la percussion initiale" et aussi "l’onde de choc" et qui tentera également à le déstabiliser. Plus l'air rencontré par le projectile est froid, plus l'air sera dense et plus vite le projectile sera freiné. Plus l'air rencontré par le projectile est chaud, moins l'air est dense et moins le projectile sera freiné. Il en résulte une portée plus longue.
Le projectile est donc freiné par l'air dans lequel il se propage. De par sa forme, un projectile classique a son centre de gravité derrière le centre de pression (là où s’applique la résultante des forces aérodynamiques), contrairement à un projectile flèche. On dit donc que le projectile est statiquement instable parce que le nez est poussé vers le haut tandis que le culot est poussé vers le bas (sorte de tangage vers l’arrière).
Pour le stabiliser dynamiquement sur sa trajectoire il va donc falloir lui imposer une vitesse de rotation autour de son axe longitudinal, dépendante de sa forme et de sa vitesse de translation, et cela est réalisé au moyen des rainures dans le tube. Dès que le projectile entre en contact avec la rayure du canon, il est animé par un mouvement de rotation sur lui-même au fur et à mesure qu'il avance dans le canon.
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Au contact de l'air et des forces le contraignant dans son avancée vers la cible lointaine, le projectile dévie de sa trajectoire dans le sens de sa rotation (par exemple une ogive de .308 Winchester peut dériver de 31 cm sur une distance de 1.000 mètres par rapport son axe de visée initial). Si votre canon à une rayure à droite, le projectile déviera vers la droite et bien sûr si la rayure est à gauche, le projectile ira vers la gauche.
Il est clair qu'un projectile capable de conserver la stabilité tout au long de son vol ira plus loin et sera plus précis. C'est la capacité d'une ogive d'être le plus stable possible au passage de la vitesse supersonique vers la zone transsonique. Il faut savoir qu'une vitesse de rotation gyroscopique peu élevée dans la zone transsonique augmentera la précession et la nutation, l'ogive sera encore plus sensible aux perturbations climatique (surtout le vent).
Il est préférable de commencer avec une munition manufacturée de bonne qualité de type HPBT car elle offrait déjà des possibilités de résultat à longue distance. Ces munitions de qualité HPBT offre des écarts de vitesse entre chaque cartouche tirée de l’ordre de 9 m/s à 12 m/s pour les meilleurs. Cet écart de vitesse permet de toucher une cible à 1000m avec une tolérance moyenne de 30 cm environ (1 MOA à 1000m) à condition que vous soyez extrêmement précis lors de vos tirs.
Lors du choix des munitions, il est important de :
La charge idéale ou charge de tir est celle qui permet de tirer le meilleur parti d’une arme donnée en tenant compte de la valeur de la chambre où vient se loger l’étui de la cartouche mais aussi de l’état d’usure du canon. Son équilibre et sa précision découlent d’un choix raisonné des composants utilisés. Très peu d’armes sont des cas désespérés. Il suffit parfois de choisir LA balle qui convient le mieux à l’arme en question et surtout à son canon.
Forme, diamètre, poids d’un projectile doivent être adaptés au pas des rayures et aux caractéristiques physiques du canon. Comme le rechargement permet de disposer à volonté d’une très large plage de vitesses initiales et d’un vaste choix de composants, il est possible de régler la cartouche pour obtenir une excellente précision.
En chasse comme en tir de précision avec un fusil à canon lisse, la balle à ailettes s’impose comme une solution efficace pour améliorer la trajectoire du projectile et optimiser la portée utile. Grâce à ses ailettes, elle stabilise sa trajectoire sans nécessiter de canon rayé, tout en conservant une énergie suffisante pour abattre un gibier de taille moyenne à courte ou moyenne distance.
Une balle à ailettes est un projectile monobloc conçu pour être tiré dans un fusil à canon lisse. Ses particularités résident dans la présence de stries, ailettes ou ailettes hélicoïdales, moulées ou fixées sur l’arrière de la balle, qui :
Ce système permet un tir tendu et régulier, même à 40 ou 50 mètres, avec une meilleure pénétration qu’une balle classique type slug basique.
Le tableau suivant résume les types de gibiers et les balles recommandées :
| Gibier ciblé | Distance idéale | Type de balle recommandé |
|---|---|---|
| Sanglier | 20 - 60 m | Balle à ailettes pleine ou expansive |
| Chevreuil | 30 - 50 m | Balle légère avec bonne expansion |
| Renard | 15 - 40 m | Balle rapide, légère |
| Gibier dangereux | < 30 m | Balle lourde, forte pénétration |
Le tableau suivant présente les caractéristiques techniques typiques des balles à ailettes :
| Détail | Valeur moyenne |
|---|---|
| Calibre | 12/70 ou 12/76 |
| Poids | 26 à 32 grammes |
| Vitesse initiale | ~400 à 520 m/s |
| Énergie | Jusqu’à 3 000 joules |
| Matériau | Plomb + polyéthylène / polymère stabilisant |
Lorsqu'on utilise un fusil calibre 12, la question du choke approprié pour le tir de balles se pose fréquemment. Les balles sous-calibrées, conçues spécifiquement pour être utilisées avec des chokes, sont des balles de calibre inférieur (par exemple, calibre 16 dans un fusil calibre 12) entourées de plastique pour limiter la déformation lors du passage dans le choke.
Il est tout à fait possible de tirer des balles classiques sans choke lisse. Toutefois, pour une performance optimale, il est recommandé d'utiliser un choke lisse. Avec un choke de 1/4, le tir de balles est possible, mais l'idéal reste un choke lisse pour une meilleure régularité. Les balles sous-calibrées peuvent être utilisées avec n'importe quel choke, du lisse au plein choke, offrant une polyvalence accrue.
La portée utile d’un fusil calibre 12 correspond à la distance à laquelle le tir reste efficace, c’est-à-dire capable d’atteindre le gibier de façon nette et précise. Au-delà, la dispersion des plombs devient trop importante. Le risque de blessure non létale augmente, et l’efficacité diminue nettement.
La portée maximale dépend fortement du type de munition utilisé. Une balle de type slug ou Brenneke peut théoriquement atteindre plus de 100 mètres. Cependant, la précision chute rapidement à ces distances.
Plusieurs facteurs influencent la portée efficace :
L'utilisation d'armes à feu, comme tout équipement potentiellement dangereux, nécessite un encadrement strict. La distance de tir est un facteur crucial : plus le tir est lointain, plus l'angle du projectile par rapport au sol augmente le risque de ricochet, un phénomène incontrôlable et une source d'inquiétude constante.
Il est impératif de respecter les distances de sécurité et de ne jamais tirer en direction d'une zone habitée ou d'une personne. La maîtrise de l'arme, le choix des munitions adaptées et le réglage de l'arme sont également essentiels pour garantir une chasse en toute sécurité.
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