Si le feuillage de vos plantes est couvert, au moins en partie, d’un dépôt noir qui s’enlève lorsqu’on le frotte, vous avez sûrement affaire à la fumagine. La fumagine est une maladie fongique qui se manifeste par un dépôt noirâtre sur les feuilles et les tiges des plantes.
La fumagine forme un feutre noir charbonneux à la surface des feuilles de certaines plantes de jardin, particulièrement celles qui sont en pot, comme le Laurier-rose, le citronnier et autres agrumes, le camélia, le gardenia, l’olivier, le pin, le tilleul, le Catalpa, etc.
C’est un réseau de champignons décomposeurs qui se développe sur le miellat collant et sucré laissé par les insectes ravageurs qui sont ou ont été présents sur la plante à court terme : pucerons, cochenilles, parfois aleurodes (mouches blanches), cicadelles, ou psylles.
Le miellat, quant à lui, est une substance luisante, collante et sucrée sécrétée principalement par certains insectes dits « suceurs piqueurs » de sève : pucerons, cochenilles, aleurodes, thrips, psylles, cicadelles... Ces insectes sucent la sève contenant des sucres fabriqués lors de la photosynthèse.
Après digestion, ils rejettent les sucres en excès et forment alors le miellat qui se dépose sur les feuilles. Ils sont donc responsables de cette suie noire qui affaiblit la plante.
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Sachez que la fumagine ne pénètre pas dans la plante. La fumagine n'est qu'un dépôt superficiel, qui ne pénètre pas dans les tissus de la plante. Il suffit de la gratter avec les ongles, une brosse à dents... pour voir apparaître les feuilles indemnes de lésions.
La fumagine n’est pas dangereuse pour la plante, elle risque seulement de l’affaiblir. Cette poudre noire ne laissant pas passer la lumière à travers les feuilles, elle empêche la plante de réaliser pleinement sa photosynthèse, et de se remettre tranquillement des attaques de ravageurs qu’elle a subies.
Cette dernière réduit le développement et la croissance de la plante en diminuant la lumière, donc la photosynthèse établie par les feuilles, donc le processus vital de la plante. Les feuilles finissent par s'asphyxier sous l'obstruction des « pores » nécessaires à la photosynthèse : elles jaunissent puis tombent.
L’autre inconvénient de la fumagine est essentiellement esthétique car elle rend les feuillages ternes et tristes. Pour les personnes, attention à l’allergie ! Par temps sec, cette moisissure devient poudreuse et volatile comme de la fumée (d’où son nom) alors qu’elle est plutôt molle par temps humide.
Il est donc conseillé aux personnes sensibles de porter un masque au moment d’enlever la fumagine.
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La fumagine s'élimine assez facilement en frottant les feuilles à la main, ou avec un chiffon un peu humide et savonné, mais le plus simple reste d’asperger le feuillage, les branches, et le tronc de la plante à l’eau vive. Vous pouvez effectuer cette opération plusieurs fois et exposer la plante à la pluie.
Pulvériser une préparation savonneuse peut aussi aider à mieux faire glisser cette poudre disgracieuse. Pour traiter la fumagine de vos plantes d'intérieur, rien de tel qu'un bon nettoyage manuel avec une éponge trempée dans un peu d'eau savonneuse. À l'extérieur, une bonne pluie et de la patience en viendront à bout.
Diluez par exemple deux cuillères à soupe de savon noir dans un litre d’eau tiède, avec une cuillère à soupe d'huile végétale et éventuellement quelques gouttes d’huile essentielle d’origan.
Si le savon noir est utilisé pour lutter contre la maladie, vous pouvez aussi y avoir recours contre les cochenilles. Une recette est reconnue efficace dans la lutte contre les cochenilles et reprend les éléments cités ci-dessus afin d'associer leurs effets. Faites une première pulvérisation, puis une autre le lendemain.
Il ne suffit pas seulement de nettoyer la plante de la fumagine mais de supprimer la source du problème...Nettoyer la plante, en essayant d'enlever un maximum de fumagine et de miellat, enlever les feuilles les plus atteintes et les brûler (ou les mettre à la poubelle), afin d'éviter la propagation sur d'autres feuilles.
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Il n’y a pas vraiment de traitement préventif spécifique contre la fumagine et, lorsqu’elle apparaît, c’est souvent le moment du constat. Assurez-vous que la plante est bien nourrie et bien arrosée. Une pulvérisation sur le feuillage avec de la bouillie bordelaise peut favoriser la disparition de la fumagine.
Installez d’abord la plante à l’écart pour éviter la propagation des parasites. Traitez au savon noir, puis nettoyez délicatement les feuilles avec une éponge ou un chiffon humide. Après traitement des insectes et nettoyage du feuillage, l’aspect de la plante s’améliore en quelques jours à quelques semaines.
Pour en finir avec le miellat, mieux vaut prendre le problème à la source en luttant contre les pucerons et les cochenilles. Il y a les très célèbres coccinelles mais ce n'est pas tout ! Il agit comme répulsif contre les pucerons. Il faut diluer le purin d'ortie à 5% dans de l'eau, puis le pulvériser sur l'ensemble de la plante.
De plus, cet engrais naturel riche en azote renforcera la plante et la rendra moins vulnérable aux maladies. Ce sont les fourmis qui collaborent avec les pucerons afin de récolter leur miellat. Pas de fourmi, pas de pucerons, pas de pucerons, pas de miellat et donc pas de fumagine !
L'ail repousse les pucerons et a même des propriétés anti-fongiques, c'est le remède idéal ! Pour préparer la décoction, utilisez 5 gousses d'ail par litre. Portez à ébullition avant de laisser réduire d'un tiers à feu doux.
Il existe un traitement utilisable en agriculture biologique contre la cochenille du fusain : l’insecticide polyvalent. Ce produit à base d’huile va recouvrir les insectes d’une pellicule qui va les asphyxier.
Les pulvérisations d’insecticide végétal polyvalent doivent être faites au moment ou la cochenille est la plus sensible, c’est-à-dire sur les jeunes stades larvaires (crawler). Ceux-ci sont présents sur la plante au mois de Mai et Juillet.
Ce traitement, bien qu’efficace, va détruire les cochenilles qui auront été atteinte par le produit. La coccinelle des saules, Chilocorus renipustulatus. Celle-ci est friande de cochenilles à bouclier telles que la cochenille du fusain.
Les larves de chrysopes qui arrivent à se nourrir des jeunes stades larvaires de la cochenille du fusain.
Le mélange est prêt et peut être employé aussitôt en pulvérisation. Pour le traitement, employer ce que vous voulez : pulvérisateur ou atomiseur. Veillez bien à ce que toutes les parties de la plante soient atteintes par le produit : l'intérieur du branchage, le long du tronc, la face inférieure des feuilles.
Évitez les heures très chaudes de l'été ainsi pour le traitement. Évitez de traiter pendant qu'il gèle. Renouvelez 1 à 2 fois en respectant 24 à 72 heures d'intervalle. Les cochenilles devraient commencer à sécher puis à tomber au bout de 1 à 3 semaines.
Quant à la fumagine, qui est causée par la présence des suceurs-piqueurs, elle devrait ne pas apparaître sur les feuilles saines et nouvelles.
Un conseil : surtout n'employez aucune autre huile que l'huile de colza ou à défaut l'huile de pépin de raisin. Certains ajoutent à ce mélange un extrait solubilisé et stabilisé de pyrèthre végétal.
Le fusain résiste bien aux maladies et parasites. Pour éviter tout dépérissement, il est indispensable de déceler s'il s'agit d'une maladie du fusain ou si l'arbuste est victime de ravageurs. On a trop souvent tendance à confondre les maladies des végétaux avec les symptômes causés par des ravageurs.
Apprendre à les distinguer permet de mieux traiter ses plantes.
La maladie du fusain la plus fréquemment constatée est l'oïdium. L'oïdium, aussi connu sous le nom de "blanc", est une maladie fongique bien connue des jardiniers. Ce champignon se manifeste par un feutrage blanc poudreux sur les feuilles, les jeunes pousses et parfois même les fruits.
L'oïdium est une maladie cryptogamique qui prolifère surtout au printemps ou en été, lorsque le temps est doux et humide. Plusieurs types de plantes peuvent être touchées par les attaques d'oïdium. Maladie cryptogamique fréquente, l’oïdium est difficile à éradiquer.
Dès l’apparition des premiers symptômes, il faut le combattre ! Rosier, Cucurbitacées, vigne… un grand nombre de plantes sont menacées.
Le blanc démarre sur le feuillage par l'apparition d'un feutrage blanc, une sorte de poudre farineuse qui se dépose sur les feuilles, les tiges et les boutons. Guetter le feutrage blanc lorsque les nuits sont fraîches avec des rosées matinales et que grimpent les températures diurnes.
Limiter l'accumulation de l'humidité au cœur des branches de l'arbuste car l'oïdium se développe dans un environnement humide et chaud. Arroser le pied plutôt que le dessus des plantes. Favoriser la circulation d'air dans la ramure des arbres fruitiers.
Cette solution convient pour le potager. Faire une décoction des tiges de la prêle pour le rosier et des racines de l’ortie pour le pommier. Pulvériser ce traitement (comme tous les autres) par temps sec, sans vent et sans pluie.
Éviter le plein soleil. Renouveler tous les 15 jours jusqu'à disparition totale des symptômes. Employer la bouillie bordelaise, en mars si besoin.
La meilleure solution contre les attaques d'oïdium est souvent de transplanter l’arbuste, en mars, dans un endroit dégagé, bien ventilé. Apporter du compost pour faciliter la reprise. La récolte proche, couper les feuilles atteintes dès les premiers signes.
Au fil des saisons, prenez soin de vos fusains afin de profiter au mieux de leurs feuillages décoratifs et de prévenir toutes maladies.
Protégez les jeunes sujets des grands froids pendant les 2-3 années qui suivent leur plantation.
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