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Le char d'assaut est un véhicule militaire blindé et chenillé doté d'un canon. Conçu spécifiquement pour les opérations militaires, il assure un soutien efficace aux troupes et contribue à la suprématie des forces terrestres lors des guerres. Le monde des véhicules blindés suscite un vif intérêt à travers le globe, avec des chars de combat améliorés et adaptés aux besoins spécifiques de chaque pays.

Évolution historique des chars d'assaut

Au début du XVIème siècle, Léonard de Vinci dessinait déjà des prototypes de chars. Au début du XXème, l’état-major français, préférant la traction hippomobile, refusait le projet du capitaine d’artillerie Léon Levavasseur, le premier de l’Histoire à combiner blindage, canon et traction à chenilles. Il faut donc attendre le déclenchement d’une guerre mondiale pour que les premiers chars de combat réalisent enfin un rêve presque aussi vieux que la guerre : pouvoir progresser sous le feu ennemi tout en tirant et en restant protégé.

Au milieu du conflit, leur arrivée dans les tranchées allemandes est fracassante. Ces engins pionniers, les Mark I, sont britanniques et garderont le nom de « tanks » (réservoirs) puisque leurs créateurs avaient maquillé leur conception ultrasecrète en simple projet de citernes d’eau autotractées destinées à servir en Mésopotamie. Rejeté par le ministre de la Guerre, lord Kitchener, le programme avait vu le jour grâce à l’insistance du Premier lord de l’Amirauté, Winston Churchill. Affichant plus de 28 tonnes sur la balance, abritant huit soldats sous sa carapace blindée de près de 10 m de long sur 4 de large et 2,4 de haut, armé de deux canons de 57 mm Hotchkiss, le Mark I n’est pas forcément un succès tactique lors de son premier engagement, le 15 septembre 1916, dans la bataille de Flers-Courcelette, un des épisodes de la bataille de la Somme. Sur les 49 chars engagés, seuls 9 parviennent à leurs objectifs.

Côté français, depuis le début de la guerre en 1914, le comité général d’artillerie a finalement compris que le projet Levavasseur de 1903 pouvait avoir son utilité. Le char Schneider CA1 sera le premier blindé engagé sous pavillon tricolore, le 16 avril 1917 pour l’offensive du Chemin des Dames, avec un succès tactique mitigé mais, là encore, un impact psychologique important. Il faudra attendre le fameux char Renault FT, lancé au combat fin mai 1918 pendant la troisième bataille de l’Aisne, pour que naissent véritablement les premières formes de « guerre blindée ».

Types de chars de la Seconde Guerre mondiale

Pendant l’entre-deux-guerres, les différentes puissances se lancent dans le développement de chars chacun dédié à un rôle différent, qui sont lancés sur les champs de bataille de la Deuxième Guerre mondiale :

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  • Char léger: son poids de moins de 10 tonnes et son blindage plutôt fin (10 mm) le rendent très rapide, autour de 40 km/h. Il est donc assigné à des missions de reconnaissance ou de poursuite, comme les tanks allemands Panzer I et II déployés lors de la Blitzkrieg (la guerre éclair) au début du conflit. Côté français, les Hotchkiss 35 (puis 38 et 39) servent jusqu’à la défaite de 1940.
  • Char moyen: d’un poids de 10 à 20 tonnes, blindage de 30 mm, il progresse à moins de 30 km/h, ce qui en fait un char polyvalent ; les M3 Lee ou Grant et M4 Sherman américains, les Panzer IV et V allemands et le T34 soviétique en sont les exemples les plus connus. Améliorés tout au long du conflit, ils seront progressivement éclipsés après la guerre par l’émergence du concept de char de combat principal.
  • Char d’infanterie: d’une puissance de feu importante, épaissement blindé, il est lourd et lent et se trouve progressivement dépassé par les tanks plus modernes et l’artillerie antichar au fil du conflit, même si les Churchill ou Valentine britanniques, ou le T26 soviétique (12 000 exemplaires !) ont marqué les esprits.
  • Char lourd: descendant direct des chars du premier conflit mondial, lourd de plus de 20 tonnes, notamment en raison de son blindage plus épais, il est fatalement plus lent, mais très efficace pour détruire des chars plus légers et des fortifications. Le mastodonte français FCM-2C, qualifié de « super-lourd » avec ses 68 tonnes et son équipage de 12 soldats, restera l’un des plus impressionnants… mais ne sera jamais vraiment utilisé, sa dizaine d’exemplaires étant bombardés ou bloqués puis sabordés pendant la bataille de France, en 1939-40.
  • Char de rupture: supposé apporter la victoire par sa simple présence sur le champ de bataille, il est doté d’une grosse puissance de feu et d’un blindage épais. Le soviétique KV-1, construit à près de 3000 exemplaires, s’est montré très efficace pendant le conflit. Le char super lourd de rupture français FCM F1, une « forteresse » de 139 tonnes, 10 m de long sur 3 de large et un blindage de 120 mm, conçu pour percer la ligne Siegfried, restera limité à un seul prototype en raison de la défaite de 1940.
  • Char rapide (ou de cavalerie): appelé cruiser tank par les Britanniques qui l’ont conçu, il constitue la véritable innovation en matière de chars au début de la Seconde Guerre mondiale. Destiné à opérer indépendamment des chars d’infanterie et des chars de rupture, car plus agile et rapide, il se retrouve finalement rattrapé, au fil du conflit, par le gain de vitesse de tanks plus lourds et mieux blindés. Mais ce concept sera inspirant pour la génération suivante de chars : le char de combat principal.

Principale leçon de la Seconde Guerre mondiale en matière de chars : les tanks à mission spécifique se sont souvent trouvés impuissants dans des situations de bataille pour lesquelles ils n’étaient pas conçus. Au début de la Guerre froide, les principales puissances en arrivent donc à la même conclusion, et fusionnent les concepts de char de rupture, char d’infanterie, char rapide et chasseur de chars (un véhicule de lutte antichar) en un seul : le char de combat principal, ou char de bataille principal, ou encore char universel.

Il s’agit de combiner un blindage épais, une vitesse rapide et une importante puissance de feu : solidité, vélocité, agressivité. Le Centurion britannique, entré en service en 1946, est le premier du genre. À l’aube des années 1970, la plupart des armées en sont équipées. En novembre 1990, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) définit le char de bataille de la manière suivante, dans son traité sur les forces armées conventionnelles en Europe :

« Le terme “char de bataille” signifie un véhicule blindé de combat automoteur, qui est doté d’une grande puissance de feu, obtenue essentiellement par un canon principal à tir direct à grande vitesse initiale, nécessaire pour prendre à partie des objectifs blindés et autres, qui possède une grande mobilité tout terrain, qui assure un degré élevé d’autoprotection, et qui n’est ni conçu ni équipé au premier chef pour transporter des troupes de combat. De tels véhicules blindés sont utilisés comme système d’arme principal des formations de chars et des autres formations blindées des forces terrestres. Les chars de bataille sont des véhicules blindés de combat à chenilles qui ont un poids à vide d’au moins 16,5 tonnes et qui sont armés d’un canon d’un calibre d’au moins 75 millimètres pouvant tourner sur 360 degrés.

Depuis 1946, plusieurs dizaines de modèles ont été conçus par une vingtaine de pays. Dans les années 60, la deuxième génération inclut des protections contre les armes nucléaires, bactériologiques et chimiques ; la troisième, arrivée dans les années 1970 et toujours en service aujourd’hui, ajoute progressivement des systèmes de visée numérique améliorant la capacité à tirer, des blindages composites et de l’imagerie thermique.

Types de blindage

Il existe plusieurs types de blindage pour les chars d'assaut :

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  • Blindage composite: Ce type de blindage se compose de plusieurs couches de matériaux différents tels que le métal, la céramique et le plastique.
  • Blindage réactif explosif: Ce type de blindage utilise des explosifs à l'intérieur pour atténuer l'impact des armes antichars. Le blindage réactif Kontakt-5 représente une innovation majeure : lorsqu'un projectile frappe le char, des plaques explosives se déclenchent pour dévier ou désintégrer la menace.
  • Système de protection active: Il permet au char de détecter et d'intercepter les armes antichars en approche, voire de les neutraliser.

Types de munitions

En fonction des effets recherchés, un char peut tirer différents modèles de munitions. Parmi les principaux types de munitions, on retrouve :

  • Obus à charge creuse (HEAT): Ce sont des obus antichars hautement explosifs.
  • Obus explosif à tête d'écrasement (HESH): Ce sont des obus anti-blindage et anti-fortification.
  • Obus perforants à énergie cinétique:
  • Obus explosifs anti-chars:

Focus sur quelques chars d'assaut modernes

Voici une liste de quelques chars d'assaut modernes, avec leurs caractéristiques principales:

  1. Leopard 2A7+: Char d'assaut allemand moderne avec protection blindée améliorée, mobilité accrue et systèmes de contrôle des tirs perfectionnés. Il est équipé d'un canon Rheinmetall de 120 mm à âme lisse et d'un système de protection modulaire.
  2. M1A2 Abrams: Version la plus récente du char d'assaut américain M1 Abrams, équipé d'un canon à âme lisse de 120 mm, d'un blindage Chobham et d'un système de contrôle de tir numérique.
  3. Challenger 2: Char d'assaut principal de l'armée britannique, équipé d'un canon principal rayé L30A1 de 120 mm et protégé par un blindage composite Chobham.
  4. T-14 Armata: Char d'assaut russe de nouvelle génération avec une tourelle automatisée, un canon de 125 mm à âme lisse et une protection blindée de pointe.
  5. Type 99A2: Char d'assaut chinois le plus moderne, doté d'un canon principal lisse de 125 mm, d'un blindage composite avec modules de blindage explosif réactif (ERA) et d'un système de protection active (APS).
  6. Leclerc: Char d'assaut français équipé d'un canon de 120 mm à âme lisse, d'un blindage composite modulaire et d'un système de conduite de tir avancé.
  7. K2 Black Panther: Char d'assaut coréen équipé d'un canon L/55 de 120 mm à âme lisse, d'un blindage composite moderne et d'un système de suivi automatique des cibles.
  8. C1 Ariete: Char d'assaut italien équipé d'un canon à âme lisse auto-fretté de 120 mm de calibre 44 et d'un blindage composite sur l'avant de la tourelle et le glacis.
  9. Merkava Mk 4: Char d'assaut israélien mettant l'accent sur la capacité de survie de l'équipage, équipé d'un canon à âme lisse MG253 de 120 mm et du système de protection active Trophy (APS).
  10. T-90: Char d'assaut russe de troisième génération, équipé d'un canon principal de 125 mm 2A46M à âme lisse et d'un blindage réactif explosif (Kontakt-5).

Le T-90 : un exemple concret

Le char T-90 incarne l'évolution réussie d'une lignée de blindés éprouvés, combinant héritage soviétique et technologies contemporaines. Le char T-90 représente l'une des évolutions les plus abouties de la lignée des chars de combat russes. C'est en 1992 que le char T-90 fait son entrée officielle dans les forces armées russes. Développé par l'usine Uralvagonzavod, ce véhicule blindé succède au célèbre T-72 en intégrant des améliorations substantielles issues du programme T-80. Dans les années 1980, face à l'émergence des chars M1 Abrams américains et Leopard 2 allemands, l'Union soviétique puis la Russie décident de moderniser leur parc blindé.

Le T-90 bénéficie d'un profil bas caractéristique des chars russes, mesurant seulement 2,23 m de hauteur. Le char est équipé d'un moteur diesel V-84MS de 840 chevaux, offrant un excellent rapport puissance/poids. Ce moteur multifuel peut fonctionner avec différents carburants, une caractéristique particulièrement appréciée en situation de combat prolongé. Le canon peut tirer une variété de projectiles : obus perforants à énergie cinétique, obus explosifs anti-chars, et même des missiles guidés antichar 9M119 Refleks. Spécialement conçue pour l'exportation, cette variante a connu un succès commercial significatif auprès de pays comme l'Inde, l'Algérie et l'Irak. La Russie dispose d'environ 550 chars T-90 répartis dans différentes formations blindées. Ces véhicules constituent l'épine dorsale des divisions blindées russes aux côtés des T-72B3 modernisés. À titre de comparaison, un M1A2 Abrams coûte environ 8,5 millions de dollars et un Leopard 2A7+ dépasse les 10 millions. Malgré l'émergence du char T-14 Armata de nouvelle génération, le T-90 conserve une place centrale dans la stratégie blindée russe.

Munitions du char M1A2 Abrams : vers une polyvalence accrue

En fonction des effets recherchés, un char peut tirer différents modèles de munitions. Ainsi, avec son canon M252 de 120 mm, qui n’est autre qu’une déclinaison américaine du Rh-120 de Rheinmetall, le char M1A2 Abrams utilise des M1028 Canister pour briser les attaques d’infanterie, des M908 pour détruire et les obstacles et les positions fortifiées ainsi que des M930 et M30A1 pour la lutte antichar. D’où l’idée de regrouper ces quatre types d’obus en un seul pour gagner en efficacité, réduire les coûts et, surtout, rationaliser la chaîne logistique.

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À cette fin, en 2017, le Pentagone notifia un contrat de développement à Orbital ATK [devenu depuis Northrop Grumman Innovations Systems] au titre du programme AMP [Advanced Multi-Purpose]. Les travaux furent menés rapidement puisque, en 2021, l’US Army put commencer les essais de cette nouvelle munition polyvalente, désignée M1147 AMP sur le champ de tir de Yuma [Arizona]. Ce nouvel obus repose sur l’utilisation d’un détonateur programmable « multimode », lequel permet de sélectionner les effets que l’équipage d’un M1A2 Abrams souhaite obtenir [détonation immédiate, détonation programmable et mode « airburst »].

Cela étant, peu de précisions ont été données à son sujet, si ce n’est que sa portée est comprise entre 50 et 2 000 mètres et que vitesse initiale est de 1 150 m/s. Quoi qu’il en soit, les différentes campagnes d’essais et d’évaluation ont donné satisfaction puisque, le 17 janvier, l’armée américaine a fait savoir que son Joint Program Executive Officer for Armaments & Ammunition [JPEO A&A] venait d’approuver la production à plein régime de la M1147 AMP. « Cette décision est essentielle pour répondre à nos besoins en munitions ainsi qu’à ceux exprimés par nos partenaires internationaux », a-t-elle souligné.

Le « remplacement de quatre types d’obus par un seul augmente l’efficacité logistique, simplifie la charge de base de l’Abrams et résout les problèmes de vieillissement des stocks », a encore fait valoir l’US Army. « La M1147 tiendra un rôle crucial en offrant des capacités supérieures et une létalité accrue au char de combat M1 Abrams », a résumé le général John T. Reim, le chef du JPEO A&A.

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