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À quelques kilomètres de Carcassonne, la vigie du Mas-de-Cours fait partie du dispositif mis en place pour lutter contre les feux de forêt sur l’ensemble du département.

Alors que les pompiers se battent contre une série sans précédent d’incendies dans plusieurs régions de France, qu’en est-il de la situation dans l’Aude, alors que le département avait déjà été confronté à une très forte pression incendiaire au cours de l’été 2021 ?

"Cette année, nous avons été confrontés à de multiples départs de feu, dès le début du mois de juin", souligne le commandant Grégory Macquart, chef du groupement territorial Ouest au Service départemental d’incendie de l’Aude (SDIS 11).

Depuis le début de cette saison estivale dans l’Aude, ce sont déjà 120 départs de feu qui ont été recensés, ayant conduit à la destruction de 290 hectares de massifs forestiers et environ 700 hectares de champs ou de friches.

Même avec le répit qui est annoncé dans le courant de la semaine prochaine, avec des épisodes orageux, "on ne sait même pas si on est à la mi-temps de cette saison.

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Il faut que chaque citoyen prenne conscience qu’il doit être acteur de la prévention des risques d’incendie".

En ce vendredi 12 août, c’est en "risque sévère d’incendie, voire à la limite de l’extrême sur certains secteurs", que le département de l’Aude a été classé en raison de l’état de sécheresse, et de la faible hydrométrie persistante depuis des mois.

"Selon les prévisions météo du jour, le vent d’ouest doit forcir dans la journée, avec un indice de propagation de 2 km/h.

Pour l’Aude, nous apprenons ainsi qu’une capacité de 1 900 pompiers volontaires et 200 professionnels, en comptant les renforts des départements voisins, est mobilisable tous les jours en divers points du département, dans le cadre du dispositif de lutte contre les feux de forêts.

Sur le terrain, ce sont aussi entre 20 et 24 camions qui sont prépositionnés au quotidien.

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"Tout cela est adapté en fonction des risques encourus selon les conditions météo du jour", précise le commandant Macquart.

Elles constituent l’ossature du dispositif de détection des incendies sur le département.

Parmi ces vigies, qui permettent d’avoir un œil sur le territoire et la main sur le dispositif d’alerte, il y a celle du Mas-du-Cours qui offre une vue imprenable sur le Carcassonnais et la montagne Noire, où les zones pavillonnaires comme Palaja ou Cazilhac se rapprochent dangereusement des espaces combustibles.

Un vrai travail d’équipe : grâce aux recoupements des informations fournies, les vigies permettent en effet une localisation précise des départs de feu.

Sur le sujet, le commandant Macquart insiste sur la nécessité d’"une action significative dans la première heure, car si nous n’agissons pas tout de suite, ça peut devenir catastrophique".

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Jusqu’à maintenant, le département de l’Aude, qui accueille énormément de touristes en cette période estivale, a échappé au pire des scénarios, au regard des mégas feux qui frappent encore la Gironde, aujourd’hui.

Évolution Historique et Fonctionnement des Tables d'Orientation

Implantées sur des lieux en hauteur, favorisant une vision dégagée sur les horizons, ces plateformes circulaires offrent au visiteur, dans un procédé de dédoublement du réel, une représentation panoramique et cartographique de la vue qui se déploie devant lui.

Les tables d’orientation de la pointe de l’Esquillon réalisées en 1902 par le colonel Imbert, ainsi que la table de la plateforme du château de Nice dressée par C. Legresle, architecte au cours de la même année, sont les premières réalisées dans le cadre du programme d’aménagement touristique du Touring Club de France (TCF).

Ces deux dispositifs fondent les principes d’une typologie formelle et d’un mode de lecture qui seront repris par les divers concepteurs de tables d’orientation.

Ils inaugurent aussi la période de production massive de tables d’orientation par le Comité du tourisme en montagne, organisme à l’origine des tables d’orientation au sein du TCF.

La Revue du Touring Club de France témoigne ainsi de plus de deux cents tables d’orientation édifiées par les membres de l’association et leurs collaborateurs locaux entre 1903 et 1950.

Si les tables d’orientation de l’Esquillon et de la plateforme du château de Nice sont des modèles fondateurs, c’est d’abord parce qu’elles s’inscrivent dans une logique d’aménagement spatial.

Elles accompagnent la création de la route de la corniche de l’Esterel, grand programme d’aménagement paysager et routier qui ouvre la Côte d’Azur au tourisme.

Les tables d’orientation célèbrent depuis la route les points de vue permis par cet aménagement de grande ampleur.

Les tables d’orientation sont indissociables du belvédère aménagé sur lequel elles s’implantent et du réseau de chemins et de routes dans lequel elles s’inscrivent.

Les tables d’orientation, en tant que dispositifs situés, contribuent à fabriquer la notion de point de vue dans son sens premier : c’est un lieu en hauteur depuis lequel il est possible d’embrasser du regard un large morceau d’horizon.

Mais les tables d’orientation de la corniche de l’Esterel contiennent aussi les principes formels de construction d’une représentation qui variera assez peu tout au long du xxe siècle.

D’échelle variable, cette carte reprend les principales figures géographiques : reliefs, cours d’eau, routes et localités.

Autour de ce disque se déploie un bandeau externe où l’on retrouve un tour d’horizon dessiné.

Cette vue paysagère, déployée à trois cent soixante degrés, reproduit la perspective panoramique déployée autour d’un observateur qui ferait un tour complet sur lui-même (la table d’orientation de la citadelle de Sisteron, implantée en face du rocher de la Sainte-Baume, renseigne particulièrement bien sûr ce procédé (figures 2 et 3).

Le dessin vitrifié et déployé sur le disque de lave montre que si la table d’orientation est un aménagement spatial, elle est aussi une image.

La table d’orientation participe donc aussi à construire le point de vue en tant que représentation.

Par l’image composite qu’elle présente dans le lieu même, elle construit une culture paysagère qui détermine le regard du visiteur sur le lieu.

La table d’orientation donne un sens au regard : elle lui donne aussi bien une direction qu’un code graphique qui détermine une certaine lecture de l’environnement.

Dans le cadre d’une recherche de doctorat par le projet autour de l’exploration de nouveaux modes de représentation cartographique, menée entre paysage et design au sein du LéaV (laboratoire de recherche de l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles) et du CRD (Centre de recherche en design de l’ENS Paris-Saclay et de l’ENSCI Les Ateliers), nous nous attachons à explorer cette double dynamique propre aux tables d’orientation : tout à la fois dispositif déployé dans l’espace et représentation paysagère.

Nous émettons l’hypothèse d’un point de rencontre entre espace et image institué par la table d’orientation, qui serait un édifice-image.

Origines Matérielles des Tables d'Orientation

Au cours de cet article, nous souhaitons revenir sur les origines matérielles des tables d’orientation.

À travers l’analyse d’un corpus de textes rédigés par les membres du TCF et leurs collaborateurs entre 1903 et 1938, nous nous concentrerons sur deux dispositifs qui apparaissent, à la lecture du corpus choisi, comme les prototypes des tables d’orientation.

Après avoir rapidement situé la table d’orientation dans une lignée de dispositifs optiques élaborés depuis la Renaissance, nous nous pencherons sur le rôle du toposcope, dispositif de surveillance militaire particulièrement en usage au cours du xviiie siècle, dans son élaboration.

Enfin, nous explorerons les liens entre la table d’orientation et l’indicateur des Alpes, support d’exploration touristique des sommets au cœur des alpes suisse, en usage tout au long du xixe siècle.

Il s’agira de montrer en quoi ces deux dispositifs, par les deux types de points de vue sur le paysage qu’ils construisent, l’un militaire, l’autre contemplatif et instructif, donnent naissance aux tables d’orientation.

Les tables d’orientation s’inscrivent dans une histoire complexe des représentations paysagères.

Elles s’enracinent dans une quête romantique d’exploration du paysage et de ses lointains, que Michel Collot qualifie de « culte pour le caractère illimité du paysage » (Collot, 1988).

Des représentations circulaires de la montagne, comme la vue du mont Buet dressée par Horace Bénédicte de Saussure lors de son voyage dans les Alpes en 1776, constituent des modèles graphiques fondamentaux pour la réalisation du tour d’horizon des tables d’orientation.

On y retrouve l’application de ce principe de déformation circulaire permettant au lecteur de « saisir successivement tous les objets liés entre eux, et absolument tels qu’ils se présentent à un observateur situé au sommet de la montagne » (Saussure, cité dans Comment, 1993).

Sur le plan des dispositifs spatiaux, les tables d’orientation s’inscrivent aussi dans une généalogie très large, que l’on peut faire remonter aux premiers appareils optiques tels que les lentilles, les miroirs concaves (aussi appelés lentilles miroirs) ou la camera obscura (chambre obscure), notamment utilisée par les peintres hollandais et italiens dès le xve siècle.

La chambre obscure correspond à un principe de renversement du paysage, projeté sur un mur depuis une petite ouverture à travers laquelle peut passer la lumière et se constituer alors une image.

Ce système optique participe de la construction d’une représentation et structure la relation d’un observateur à son environnement par une médiation technique.

Comme le montre Jonathan Crary dans L’Art de l’observateur. Vision et modernité au xixe siècle (1994), la camera obscura, en tant que dispositif qui articule art, pensée et technique, poursuit une quête d’objectivation du regard, renvoyant à la finalité des tables d’orientation.

La camera obscura, de même que la table d’orientation bien plus tard, place le regard comme condition première de connaissance de toutes choses.

La vision, ainsi appuyée sur un arsenal d’outils, structure la perception et constitue la porte d’entrée vers une expérience sensible du monde.

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