Les manifestations en France ont parfois été marquées par des violences, et l'utilisation de flashballs par les forces de l'ordre a soulevé de vives préoccupations en raison des blessures graves infligées à certains manifestants.
Le procureur de la République de Rennes a saisi l'IGPN pour faire la lumière sur la grave blessure à l'œil d'un manifestant, survenue lors d'une manifestation contre la loi Travail. Il pourrait avoir été touché par un tir de flashball.
Ce vendredi, le procureur de la République de Rennes a saisi les services de l'Inspection générale de la police Nationale, l'IGPN, pour tenter de faire la lumière sur le déroulé des événements. La ville de Rennes n'a pas été épargnée par les violences qui ont éclaté dans plusieurs villes en France.
Un jeune homme a fini par être conduit à l'hôpital, et il aurait perdu un œil. Interrogé par l'AFP, le procureur de Rennes a confirmé "la perte fonctionnelle, totale et irréversible, de la vision de l'œil gauche". Quant à la préfecture de police, interrogée par L'Express, elle s'est contentée de confirmer l'ouverture d'une enquête.
Dans les rangs des manifestants, en revanche, il ne fait aucun doute que le jeune Jean-François, étudiant en troisième année de licence de géographie à l'Université de Rennes 2, a bien été touché par un tir de flashball en plein œil.
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Deux heures après la fin des manifestations, L'Express recueillait le témoignage de Hugo Poidevin, membre de l'Union des étudiants communistes de Rennes. Avant l'incident, la situation était visiblement déjà tendue.
"On essayait de retourner au centre-ville, vers République quand les CRS ont lancé une charge très violente, nous faisant reculer de près de 500 mètres, au niveau d'un pont. Les gens ont commencé à courir et c'est à ce moment-là que les forces de l'ordre ont tiré au flashball."
Membre de l'équipe médicale chargée de prendre en charge d'éventuels manifestants blessés, il explique avoir été appelé par ses camarades juste après des tirs. Le jeune homme se trouvait alors à terre. "En m'approchant j'ai compris que c'était grave, il a pris un tir en plein dans l'oeil. "J'en suis convaincu, on a entendu les tirs", répète-t-il.
L'enquête de l'IGPN devra faire toute la lumière sur le déroulé des faits. A Rennes, un syndicaliste de chez Alliance se dit incapable de savoir "ce que ce jeune homme a reçu dans l'œil".
La préfecture a reconnu l'usage par les forces de l'ordre, pendant la manifestation, de lanceurs de balles de défense 40 (LBD40), des lanceurs de balles plus récents et puissants que les anciens "Flashball", une autre marque déposée.
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Dans un communiqué de presse diffusé ce vendredi matin, le président de l'Université Rennes 2 a tenu à apporter son soutien à l'étudiant, "ainsi qu'à sa famille, ses proches et aux étudiant.e.s témoins de ce grave accident." Et de conclure par un appel à la sérénité des débats.
Un quadragénaire de Bayeux a reçu un projectile lors de la manifestation du 8 décembre 2018 près du périphérique de Caen (Calvados). Bilan : une fracture au niveau du plancher orbital, sous l’œil. Plusieurs fractures au niveau du nez. Une plaie béante de l’arête du nez jusqu’au sourcil gauche, qui a nécessité 25 points de suture. Décollement de l’iris et de la rétine. Le médecin a prescrit 10 jours d’ITT (Incapacité totale de travail).
Doriana, 16 ans, fait partie des quatre lycéens blessés depuis lundi par des tirs de flash-ball. « J'ai perdu deux dents et je risque d'en perdre d'autres. J'ai été opérée pendant quatre heures. Les médecins ont été obligés de reconstruire ma mâchoire inférieure avec des plaques, des vis, des élastiques », confie, sur son lit d'hôpital, Doriana, 16 ans.
C'est également ce qui est arrivé à Oumar dans le Loiret. Touché au front, Oumar s'effondre au sol en sang et est tiré loin de la zone d'affrontement par ses amis. De son côté, le procureur a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée d'enquêter sur ce tir de flash-ball. Selon son père, Oumar s'est fait prescrire trente jours d'incapacité temporaire de travail (ITT).
Victime d'un tir de flashball, pendant une manifestation de Gilets jaunes le 12 janvier, Olivier Beziade, pompier volontaire à Bazas est grièvement blessé. Le 12 janvier 2019, Olivier Béziade manifestait aux côtés des Gilets jaunes à Bordeaux. Il vient d'être touché par un tir de LBD. Gravement blessé, il est alors plongé plusieurs jours dans le coma. Victime d'une triple fracture au niveau du crâne, le quadragénaire rapporte les propos de la neuro-chirurgienne qui l'a opéré.
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Face à ces incidents, des plaintes ont été déposées et l'IGPN a été saisie dans plusieurs cas pour enquêter sur les circonstances des tirs et déterminer si l'usage des flashballs était justifié et conforme aux règles en vigueur.
Les parents de Doriana ont porté plainte. Comme à Orléans, le parquet de Grenoble a ouvert une enquête et saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Le parquet de Caen confirme avoir reçu une plainte contre X de Constant pour violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique, avec constitution de partie civile.
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