La cartouche de fusil de chasse est un élément essentiel pour tout chasseur. Son évolution à travers les siècles a permis d'améliorer considérablement la précision, la portée et la sécurité des armes à feu. Cet article explore en détail la composition d'une cartouche moderne, son histoire, les différents types de projectiles, et les considérations importantes pour choisir la cartouche adaptée à votre arme et à votre gibier.
L'histoire de la cartouche remonte aux environs de 1640. À cette époque, elle se composait d'un étui contenant la poudre et le projectile. L'introduction se faisait par la bouche du canon, après avoir coupé l'étui côté poudre. Une baguette était ensuite utilisée pour pousser le tout vers la chambre. La mise à feu était assurée par une platine à silex, ou par un chien venant percuter une amorce placée sur la cheminée de la lumière de la chambre. Ce type de cartouche était cependant fragile et peu pratique.
Avec les fusils de chasse à chargement par la bouche, les chasseurs utilisaient fréquemment de petits cornets de papier, l'un contenant la charge de poudre et l'autre le plomb. La poudre était versée dans le canon, suivie du papier du cornet servant de bourre, le tout poussé avec une baguette. Le cornet de plomb était ensuite vidé dans le canon, et son papier servait d'obturateur.
Le chargement par la culasse apparaît au début des années 1800 avec les fusils à canons basculants. L'invention de la cartouche à broche par Casimir Lefaucheux en 1828 popularise ce type de fusil chez les chasseurs. Elle est constituée d'un culot en métal renfermant l'amorce, d'où sort une tige servant à percuter l'amorce, et d'un étui en carton.
À la fin du 19ème siècle et jusqu'au milieu du 20ème siècle, la plupart des chasseurs confectionnaient leurs propres cartouches. Ils conservaient précieusement les étuis après le tir pour les recharger, diminuant ainsi les coûts. Les "recettes maison", souvent gardées secrètes, étaient une pratique courante, rendant certaines cartouches nettement plus efficaces que celles du voisin.
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La confection des cartouches à la maison a existé jusque vers 1960, avec un pic pendant la période de la guerre quand il y avait des restrictions. Dès le début du XXe siècle se trouvait dans beaucoup de maisons de nos campagnes un catalogue de vente par correspondance appelé « catalogue de Manu France ». Ce livre épais de près de 500 pages était édité chaque année et proposait une multitude de produits divers et quelconques. Il y avait une grosse partie qui était consacrée aux armes et aux cartouches et aussi à du matériel divers pour rechargement de cartouche. La confection de cartouches artisanales demandait l’acquisition d’un minimum de matériel et de fourniture.
Après le souper c’était le grand rassemblement et, la veille de la chasse, il fallait confectionner les cartouches : les uns mettaient l’amorce, la poudre, les autres la bourre, le plomb et bien souvent, par pénurie, il fallait confectionner le plomb. Ensuite c’est la fabrication artisanale de la cartouche : d’abord la poudre qui était mesurée, ensuite une bourre (sorte de bouchon), puis le plomb qui était aussi mesuré et par-dessus un petit carton rond que l’on sertissait avec un sertisseur. Chacun garnissait sa cartouchière et puis c’était la grande discussion, il fallait imaginer l’endroit, le lieu où on pourrait voir, soit le lièvre, les cailles, ou les perdreaux…
Une cartouche moderne est un ensemble complexe, conçu pour fonctionner de manière précise et fiable. Ses composants essentiels sont :
Le choix du projectile dépend du type de gibier chassé et des réglementations en vigueur.
Pour les cartouches destinées aux fusils de chasse lisses, c'est-à-dire les calibres 12, 16, 20, etc., on retrouve des composants spécifiques :
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Le choix de la cartouche est crucial pour optimiser vos performances à la chasse et garantir une prise de gibier respectueuse et éthique. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte :
Il est impératif de connaître le calibre de votre arme (12, 16, 20, etc.) et la longueur de sa chambre (70 mm, 76 mm, etc.). La longueur de la cartouche doit correspondre à la chambre de votre fusil pour éviter tout dysfonctionnement ou danger. De manière générale, le premier chiffre correspond au calibre et le second à la longueur de la chambre.
Si vous utilisez des munitions sans plomb, il est essentiel de vérifier si votre arme a subi l'épreuve bille d'acier, représentée par une fleur de lys poinçonnée sur les canons. Les armes modernes sont souvent éprouvées bille d'acier et chambrées 76 (magnum), permettant de tirer une large gamme de munitions sans crainte.
Le choix du type de grenaille dépend du gibier chassé et des réglementations locales. Le plomb est le plus couramment utilisé, mais son emploi est de plus en plus limité, notamment en zone humide. Dans ce cas, l'acier, le bismuth ou d'autres substituts sont recommandés.
Le numéro de la grenaille indique le diamètre des billes de plomb : plus le numéro est élevé, plus les billes sont petites, et inversement. Le choix de la taille de la grenaille dépend du type de gibier. Par exemple, une cartouche de plomb n°4 contient des billes plus grosses qu'une cartouche de plomb n°8. Un plomb de petit diamètre est plus adapté aux petits gibiers comme les grives ou les cailles, tandis qu’un diamètre plus gros convient mieux aux gibiers plus imposants comme les faisans ou les lièvres.
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La charge de grenaille est également un élément important. Elle est souvent liée au calibre de l'arme. Par exemple, pour un calibre 12, la charge sera de 32 ou 36 grammes ; pour un calibre 16, elle sera de 30 grammes, pour un calibre 20, elle sera de 28 grammes et pour un calibre 28, elle sera de 24 grammes.
La vitesse de la cartouche, exprimée en mètres par seconde, influence la portée et la puissance du tir. Une vitesse élevée est idéale pour le gibier rapide, mais elle augmente le recul.
Le type de bourre (jupe, grasse ou à pétales) joue également sur la dispersion des plombs, ce qui permet d’adapter le tir à la distance ou au type de végétation rencontrée.
Il est crucial de se référer aux arrêtés préfectoraux qui indiquent les plombs autorisés selon le gibier et le territoire de chasse. L'utilisation de certains types de cartouches peut être interdite dans certaines zones.
Il est essentiel de prendre le temps de s'adapter à de nouvelles munitions, en particulier les alternatives au plomb. Même des chasseurs expérimentés recommandent de s'exercer et de chasser différemment pour maîtriser ces nouvelles munitions.
Effectuer des tests en stand de tir est conseillé pour bien prendre conscience du comportement de la munition en action.
La sécurité est primordiale lors de l'utilisation d'une arme. Il est crucial de comprendre la signification du poinçon du banc d'épreuves inscrit sur vos canons, ainsi que les cartouches qui peuvent être utilisées en toute sécurité.
Il convient de toujours garder à l'esprit la possibilité de ricochets, en particulier dans des environnements aquatiques, autour de branches ou au sein d'une végétation dense. Ne déclenchez jamais un tir à moins d'être certain de votre cible et de la voir clairement.
Lors de l'utilisation de cartouches dotées d'une bourre fabriquée à partir d'un matériau alternatif ou d'un matériau dit « dégradable », il est primordial de garantir la protection constante du canon et d'éviter tout dommage aux parois internes des canons causé par les billes.
| Gibier | Taille de plomb recommandée |
|---|---|
| Renard | 2 à 3 |
| Faisan | 5 à 7 |
| Lièvre | 3 à 6 |
| Lapin | 6 à 8 |
| Pigeon | 6 à 8 |
| Perdreau | 7 |
| Bécasse | 8 à 10 |
| Bécassine | 8 |
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