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La poudre noire, bien plus qu'un simple explosif, a façonné l'histoire militaire, culturelle et même artistique de l'Europe. Des champs de bataille aux feux d'artifice illuminant le ciel, son impact est indéniable. Cet article explore l'histoire de la poudre noire, son utilisation dans les armes à feu anciennes, les feux d'artifice et les reconstitutions historiques, avec un focus sur Strasbourg et l'Alsace.

Les Premières Armes à Feu et la Poudre Noire

L’affaire se passe de nos jours, mais elle traite des toutes premières armes à feu dont on ait retrouvé des traces. Vous savez, ces tuyaux qu’on appuyait sur le thorax ou qu’on tenait sous le bras, et qui projetaient un petit boulet lorsqu’on mettait le feu à la charge qu’il y a dedans ? Il existe un tableau bien connu, qui représente le siège d’un château-fort et qui est daté de 1468.

Une autre gravure encore plus ancienne date de 1326 et représente un petit canon fixé sur une table et qui tire des grosses flèches. Un autre dessin de 1400 représente un engin plus long, dont l’une des extrémités est posée par terre et l’autre est pointée vers la cible, en l’occurrence le mur d’une citadelle. Dans l’Encyclopédie du Moyen-Age de VIOLLET LE DUC, cette arme s’appelle un « Trait à feu ».

Chez les anciens Allemands, on appelait çà des « Faustrohr » qui signifie « Tuyau de poing » ou « Tube de poing », ou bien des « Faustbüchse », qui se traduirait par « Boîte de poing » ou « Etui de poing ». Aujourd’hui, en allemand, quand on parle de « Büchse », on pense à une carabine. Il n’y a pas si longtemps encore, nos voisins d’outre-Rhin avaient mis en service un tube anti-char qu’ils ont appelé « Panzerfaust », ce qui pourrait se traduire par « Anti-blindage à poing ».

Et en ancien anglais du 14ème. et du 15ème. Siècles, le genre d’armes dont il est question ici avait été appelé « Gonne ». De nos jours en anglais, c’est devenu « Handgun », ce truc qui fait rêver certains enfants, que certains cons mélangent en appelant un revolver un pistolet et inversement, et qui fait peur à un maximum d’ignares, craintifs, moutonneux et bornés, dès qu’ils entendent prononcer ce mot.

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L'Artificier Militaire et les Feux d'Artifice

L’alliance entre l’homme et la poudre noire n’est cependant pas uniquement chantée sur le champ de Mars. L’ingénieur militaire, spécialiste polyvalent et nécessairement astucieux est souvent employé comme artificier pour confectionner des feux d’artifice pour l’amusement de son prince ou de son roi durant « la morte saison » ou à l’occasion de célébrations officielles.

Comme le souligne Francis Malthus, ingénieur militaire anglais au service de Louis XIII, la « mine volante, foudre des dieux, lancée des dieux, d’autant qu’elle brise, rompt et met bas les édifices les plus forts et superbes qu’elle rencontre » peut aisément se transformer en « feu de récréation pour le plaisir ». L’artificier expérimenté en art militaire « n’aura pas grand peine à se rendre maitre ès autres » car la composition, les mélanges et la fabrication des feux de récréation sont identiques à ceux utilisés pour la guerre.

Il existe à l’époque moderne trois sortes de feux artificiels : ceux qui montent en l’air, « ceux qui se consument sur la terre » et ceux qui coulent ou flottent sur l’eau. Les plus complexes à mettre en œuvre sont les premiers qui nécessitent un art consommé de la science balistique et de la trajectoire de projectiles lancés depuis des mortiers ou des bombardes.

Les Couleurs des Feux d'Artifice

Adoptant la forme de ballons, de fusées, de serpenteaux ou de « saucissons volants », ces feux de joie sont confectionnés dans des moules en bois ou en cuivre à partir d’un mélange variable de poudre à canon et de charbon qui, tamisé plus ou moins grossièrement, permet « d’adoucir les effets de la poudre ». La teinte des feux, allant du jaune doré au blanc argenté, varie en fonction de l’incandescence des particules d’oxyde métallique. Les couleurs n’apparaissant qu’au milieu du XVIIIe siècle avec l’adjonction d’éléments métalliques tels le cuivre (bleu) ou l’antimoine (scintillement), il s’agissait pour varier les effets spectaculaires d’y insérer des hampes de plume d’oie remplies de poudre mouillée. Celles-ci prenant feu formaient une pluie d’or ou une « chevelure d’ange à demy frisé » dans le ciel et se reflétaient dans un miroir d’eau.

Strasbourg : Fortifications et Siège de 1870

Pendant des siècles, Strasbourg s’est protégée derrière des fortifications, comme la plupart des grandes villes. Parce que les remparts que nous avons tenté de défendre en 1870 n’étaient finalement pas très différents de ceux conçus au XVIe siècle par Daniel Specklin. Cet autodidacte ingénieur en fortifications avait théorisé le système de bastions saillants. Vauban l’a amplifié et a parachevé l’enceinte bastionnée de la ville, notamment en renforçant la défense de l’angle rentrant le long du Finkmatt. Il a surtout rajouté le fameux barrage à l’Ouest et l’immense Citadelle à l’Est.

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Sur cette comparaison, vous pouvez voir à quel point la ville était enserrée dans son système défensif, notamment au Nord-Est. De ce côté, les quais extérieurs bordent le rempart. Vous voyez aussi l’emprise gigantesque de la Citadelle, dont il ne reste qu’un petit bout, et de l’Esplanade qui la précède, avec ses casernes. Sur cette vue du plan-relief de 1836, on voit très bien le côté Nord-Ouest de Strasbourg, avec les grands ouvrages à cornes protégeant les fortifications. À l’extrême gauche, on aperçoit la porte de Pierre. Plus à droite, la porte de Cronenbourg, puis la porte Blanche.

Lorsque débute le siège de Strasbourg, en août 1870, la Citadelle joue son rôle face au front Est. Ce qui ne l’empêchera pas d’être complètement dévastée par les tirs des batteries de Kehl. Les inondations provoquées par le barrage Vauban préservent grandement le front Sud. Comme ancien artilleur et volontaire dans la Garde nationale sédentaire, j’ai vu, depuis le bastion 12, les Prussiens commencer à creuser leurs parallèles à partir du cimetière Sainte-Hélène. Nos canons, vétustes et rares, n’ont pu les empêcher de se rapprocher, lentement, mais inexorablement.

Dès 1872, le chef d’état-major allemand von Moltke prend une décision radicale : éclater la défense de Strasbourg loin de sa périphérie. La construction d’une douzaine de forts sur une couronne éloignée d’une dizaine de kilomètres de la ville empêchera les pièces de siège ennemies de s’en rapprocher suffisamment.

Tous les forts respectent un même plan, avec l’une ou l’autre variante. C’est l’ingénieur du génie von Biehler qui l’a imaginé pour le fort Grossherzog von Baden, qui en est le prototype. Ce modèle sera repris dans toutes les places fortes de l’Empire. Il s’agit d’une lunette aplatie, avec une gorge bastionnée. Elle comprend une caserne apte à accueillir 400 artilleurs et 500 fantassins. Mais ils n’abritent pas les canons. Les dessus du fort sont en fait une vaste plateforme d’artillerie, pour une quarantaine de pièces. Au Sud et au Nord, aux endroits où notre chère nappe phréatique est proche de la surface, on choisit une vraie douve en eau entourant le fort. La caserne est alors sous la plateforme d’artillerie. Pour les grands forts de l’Ouest, on choisit plutôt le modèle avec fossé sec, dans lequel le casernement se trouve dans la gorge.

La Main Noire : Résistance Alsacienne et Poudre Noire

Dès les mois qui suivent l'armistice de juin 1940 et l'annexion de fait de l'Alsace par les Nazis, Marcel Weinum fonde la Main Noire, organisation clandestine destinée à résister par tous les moyens à l'autorité nazie. C'est à Strasbourg que la Main Noire mène ses actions.

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OCTOBRE 1940: inscriptions au crayon de couleur gras sur les murs de "Vive la France", "Vive de Gaulle", et de croix de Lorraine; arrachage systématique d'affiches de propagande nazie, destruction de vitrines présentant les publications du parti nazi.

NOVEMBRE 1940: actions de sabotage consistant à rendre inutilisables pour un temps des installations (signaux et commandes d'aiguillages) de la Reichsbahn (société des chemins de fer), de la poste et des transmissions de la Wehrmacht. Câbles sectionnés à Strasbourg, Schiltigheim (Bas-Rhin) et sur la route du Mont Sainte-Odile.

DECEMBRE 1940: à l'aide de pierres ou de pavés, ils détruisent les vitrines (entreprises de presse nazie, maison d'édition ou institutions nazies) présentant un buste ou un portrait du Führer, ce qui dissuade des commerçants de mettre en place ces effigies par la suite. Ils explorent les fortins abandonnés de la ligne Maginot, dans la forêt strasbourgeoise le long du Rhin. Dans l'un d'eux, ils trouvent 1 000 cartouches de fusils et pistolets, cartouches de dynamite, 60 à 70 mines antipersonnel et quelques rouleaux de cordons bickford (chiffres cités dans l'instruction judiciaire).

JANVIER 1941: Marcel Weinum loue un appartement prétextant l'ouverture d'un bureau d'études et qui devient, en fait, le quartier général (QG) de l'organisation. Une machine à écrire est dérobée dans une école municipale. Des tracts, signés le plus souvent la Main Noire, sont tirés en centaines d'exemplaires et semés en ville ou collés aux murs des maisons et des édifices publics.

MARS 1941: lors d'une importante manifestation de la jeunesse hitlérienne à Strasbourg, Marcel Weinum pose un explosif (confectionné avec la poudre des cartouches) contre un mur mais le mur résiste.

MAI 1941: Albert Uhlrich jette une grenade dans les bureaux du journal nazi Der Stürmer. Le lendemain dans la soirée, jeudi 8 mai, Marcel Weinum et lui repèrent devant un restaurant réputé du centre-ville de Strasbourg, une voiture officielle allemande à croix gammée sur les ailes avant. C'est la voiture du Gauleiter Wagner, le plus haut représentant de Hitler dans l'Alsace nazifiée. Deux grenades détruisent le véhicule et les vitres des immeubles environnants. Les jeunes s'enfuient dans la nuit et évitent les balles.

Reconstitutions Historiques et Armes à Poudre Noire

Il y a un tel « ras-le-bol » de cette situation que spontanément certains groupes de reconstitution s’orientent vers un boycott des commémorations du centenaire de la fin de la 1re GM. Dans la réalité, il n’y a même pas besoin de boycott, ces groupes simplement empêchés de pratiquer leur activité historique ne pourront plus répondre aux demandes des collectivités.

Les « acteurs de reconstitutions » pourront inscrire leur arme de catégorie C sur la carte européenne d’arme à feu. Pour un voyage avec des armes neutralisées classées en catégorie C, leur inscription sur la carte européenne suffira à éviter tout problème.

Durant tout le mois de janvier 2018, les reconstitueurs nous ont démontré qu’ils sont nombreux, passionnés et que leur ras-le-bol dépasse ce qui est admissible. Ainsi, avec des articles de journaux et des interventions nombreuses vis à vis des parlementaires, ils ont permis que l’on parle d’eux dans les débats lors de la 2ème séance du 31 janvier à l’Assemblée Nationale.

Le point d’orgue a été l’organisation du Festival Historia à Strasbourg le 18 février 2018.

Les députés viennent à l’aide des reconstitueurs en posant des questions au gouvernement. Sujet : Transport armes neutralisées en catégorie C. Sujet : Transport armes neutralisées et autres armes par les reconstitueurs.

Le Critérium de Tir aux Armes Anciennes en Alsace

Les détonations retentissent aux abords du stand de tir de Marckolsheim, quartier général du club de tir local qui le 22 juin accueillait la quatrième des cinq manches - avant une finale fin septembre - du 10e Critérium de tir aux armes anciennes (AA) de la Ligue de tir d’Alsace. Une trentaine de compétiteurs y participaient.

La discipline se démarque par l’utilisation d’armes à feu anciennes datant pour la plupart des XVIIIe et XIXe siècles, originales ou répliques, chargées par l’avant du canon. « On met la poudre, la balle, on tasse », résume Ronan Le Bris, de la Société de tir de Marckolsheim (STM), association...

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