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Les mélanges de couverts végétaux sont de plus en plus utilisés pour diversifier les atouts et les contraintes liés à chaque espèce. L'objectif est de diminuer les risques d’échec dus à divers facteurs tels que l'implantation, les conditions pédoclimatiques et les ravageurs. La stratégie consiste à ne pas mettre « tous ses œufs dans le même panier ».

Le plus grand intérêt réside sans doute dans la possibilité d’associer des familles d’espèces ayant un fonctionnement différent vis-à-vis de l’azote. Des non-légumineuses (crucifères, graminées…) peuvent être associées à des légumineuses qui peuvent aussi absorber l’azote minéral du sol mais surtout assimiler de l’azote de l’air par fixation symbiotique. L’ajout d’une légumineuse n’empêche pas la non-légumineuse de jouer son rôle de piège à nitrates et permet de fixer en complément de l’azote atmosphérique.

Il est essentiel de choisir des espèces adaptées aux contraintes de la parcelle, en tenant compte des cultures de la rotation, de la culture suivante, de la date de semis, de l'utilisation comme fourrage ou non, et du type de semis et de destruction. Semer un mélange ne doit pas faire oublier ces principes de base.

De manière générale, chaque espèce du mélange doit répondre aux contraintes agronomiques de la parcelle ou à son itinéraire technique. Raisonner les densités en vous fondant sur des pourcentages des doses en pur. Cela permet de garder une base correcte à la levée pour avoir un couvert ni trop dru, ni trop clair.

Privilégier des espèces avec des semences de taille sensiblement identique. A moins de semer en deux fois ou de disposer d’un dispositif de double distribution sur le semoir, il est conseillé de choisir des espèces avec des semences de taille sensiblement identique, de manière à limiter le phénomène de sédimentation dans le semoir et, surtout, à placer chaque type de semence à une profondeur adaptée.

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Si mélanger différents couverts permet de ne pas mettre « tous les œufs dans le même panier », les synergies entre espèces n'ont, en revanche, pas pu être vérifiées malgré des architectures de végétation différentes ou des systèmes racinaires différents.

En complément d'une approche purement agronomique, le réseau Agrifaune a identifié le type de couvert pouvant être favorable à la petite faune de plaine : il doit être relativement clair, avec des plantes de plusieurs hauteurs (hautes, moyennes et basses) et la présence d’espèces de couverts appétentes pour le gibier (légumineuses, graminées, caméline, radis, moutarde, tournesol, sarrasin).

Dans la même optique, des couverts fleurissant en fin d’été ou début d'automne nourriront les insectes pollinisateurs en fin de saison (phacélie, sarrasin…). Les caractéristiques du sorgho fourrager sont détaillées dans sa fiche technique.

Pourquoi Choisir le Sorgho Fourrager?

Le sorgho permet de sécuriser la production en quantité et en qualité : Quand le maïs arrête définitivement sa croissance à 30°C, le sorgho produit jusqu’à 40°C. Le sorgho crée sa valeur par le sucre, et non pas par l’amidon. Dès 25%MS, un point d’UFL est atteint.

Atouts agronomiques du sorgho

  • Un système racinaire fasciculé, très dense, chevelu et profond à plus d’1,70 m.
  • Un enroulement des feuilles qui réduit la surface d’évaporation.
  • La présence de cérrhosée, qui protège contre l’évapo-transpiration.

Production avec moins d'eau

Le sorgho permet de produire avec moins d’eau : Le sorgho a besoin de deux fois moins d’eau que le maïs : 150 mm contre 275 mm (selon un essai Arvalis de 2009 et 2010). L’efficience en eau du sorgho est meilleure : 42 kg MS/ha/mm H2O contre 30 en maïs (selon l’étude de LEMAIRE et al. 1996, INRA Lusignan), malgré une consommation d’eau plus élévée liée à son rendement potentiel (310 mm d’eau consommée pour une production de 13 tMS/ha). En situation de sécheresse, le sorgho se bloque mais reste vert ! Il attendra la pluie pour repartir.

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Valorisation de l'azote

Le sorgho valorise efficacement l’azote : Pour une production de 13 tMS/ha, le sorgho prélève 240 kg N/ha, soit 0,74 kg N/ha/mm H2O (selon l’étude de LEMAIRE et al. 1996, INRA Lusignan). Contre 0,33 kg N en maïs (rendement moyen à 9 tMS/ha). Le plan prévisionnel de fumure est un outil de pilotage qui permet d’anticiper les besoins des cultures, et donc aussi du sorgho.

Types de Sorgho Fourrager

Il existe deux principaux types de sorgho fourrager :

  • Sorghos fourragers mono-coupe: Ils sont récoltés en une fois et ont besoin de 100 à 140 jours de végétation. Ce type de sorgho est généralement valorisé en ensilage pour les troupeaux de ruminants, mais aussi en biomasse pour les méthaniseurs. Dans le cas de sorgho à destination animale, la teneur en énergie doit être élevée.
  • Sorghos fourragers multi-coupe: Ils sont destinés à être récoltés en plusieurs fois (un pâturage, une fauche pour enrubannage/foin/affouragement en vert). Certains sorghos fourragers multi-coupe sont aussi récoltés en une seule fois en ensilage.

Ce type de sorgho fourrager est classé en deux catégories :

  • Les hybrides : le potentiel de rendement est élevé, grâce à une morphologie grossière et vigoureuse.
  • Les Sudan Grass : ces variétés plus précoces ont une capacité de tallage et de repousse élevée. Leurs tiges et feuilles sont plus fines.

Que Signifie BMR?

BMR signifie Brown Mid Rib. En français, cela se traduit par la nervure centrale brune.

Influence sur la teneur en lignine

L’alcool synapylique est le composant majeur de la lignine pour 60%. Le sorgho BMR inhibe la fabrication de l’alcool synapylique. En conséquence, la teneur en lignine diminue au fur et à mesure que le sorgho se développe. Le taux de lignine est donc bien plus faible que celui d’un sorgho non BMR : moins 75% !

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Impact sur la Digestibilité

Plus le sorgho est mature, plus la lignine diminue et la digestibilité augmente :

Lignine : - 40% à - 60%

Digestibilité : + 15% à + 30%

UFL / UFV : + 10% à + 15%

Ingestion : + 10% à + 15%

% lignine /kg MS : 0,60 g

Valeurs Alimentaires du Sorgho

Quelques soient les conditions climatiques, la valeur alimentaire est toujours stable. La valeur alimentaire augmente avec la maturation de la plante. C’est pourquoi il ne faut pas récolter trop tôt !

D’après les résultats étudiés en collaboration avec Semental et le laboratoire Germ Services, les valeurs alimentaires sont :

Sorgho non BMRSorgho BMRMaïs
Amidon3,606,6033,60
dMO70,580,872,7
Glucides solubles1824,508
ADL2,700,602,50
UFL0,911,060,93
UFV0,660,930,8
NDF575444
ADF28,726,325,6
Cellulose27,8024,0018,70
MAT7,38,17,3
PDIE426765
PDIN455045
PDIA161816
Matières minérales5,15,23,4

Intérêts du Sorgho dans les Rations des Bovins

Le sorgho est un concentré d’énergie comprenant 25 à 28% de sucre (sous forme de glucose, saccharose, lévulose, …) et 1 UFL au kilo de MS. Le risque d’acidose est fortement réduit grâce à une forte teneur en énergie « sans » amidon (2 à 8% d’amidon dans le sorgho). L’apparition des mammites, boiteries et autres déséquilibres métaboliques sont réduits.

Fibres et cellulose digestibles

Avec un taux de NDF compris entre 52 et 57%, et un taux de cellulose compris entre 24 et 28%, la rumination est optimisée.

Augmentation de l'ingestion

Avec 30% de sorgho dans la ration, la digestibilité est maximisée, le transit est plus rapide et l’ingestion progresse de 10 à 15%. Le sorgho est donc un aliment complémentaire du maïs ensilé. Il évite l’excès d’amidon, sans baisser la concentration énergétique, tout en améliorant l’efficacité alimentaire du maïs. Il est envisageable d’appliquer un conservateur dans l’ensilage de sorgho.

Effets du Sorgho sur les Bovins

  • En vaches laitières: Une production de lait à la hausse, grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique de la ration et une meilleure santé du cheptel. Des primes qualité en plus, avec des taux butyreux et protéique à la hausse, tout comme les omégas 3 et 6. Des charges à la baisse, grâce à une réduction du taux cellulaire dans le lait, la baisse des coûts sanitaires et l’amélioration de la fécondité.
  • En génisses: Le sorgho augmente le niveau d’ingestion, ce qui permet de développer le squelette et muscles des animaux en croissance. L’objectif d’un vêlage à 2 ans est atteignable avec des rations incorporant du sorgho.
  • En vaches de réforme et finition: Intégrer 30% de sorgho dans la ration permet d’améliorer la finition des bovins. Avec 1940 grammes / jour de GMQ.
  • En vaches allaitantes: Alors que le maïs ensilé fait graisser les bêtes, le sorgho trouve tout son intérêt en vaches allaitantes. Avec la baisse du maïs, la cyclicité et la reproduction sont améliorées, tout comme la fertilité qui permet d’atteindre un veau par an. L’IVV peut être réduit de 30 à 40 jours. En complément, l’état corporel des vaches s’améliore.
  • En veaux sous la mère: Le sorgho augmente le niveau d’ingestion, ce qui permet de développer le squelette et muscles des animaux en croissance. Les veaux peuvent atteindre jusqu’à 270 jours et 360 kg au sevrage. Les GMQ frôlent les 1 150 grammes par jour. Le gain atteint 75 € par veau.
  • En taurillons: En augmentant la croissance des taurillons grâce à un GMQ de 1400 à 1600 g/jour, et des indices de carcasse à 9,7 kg MS/ kg de gain de poids de carcasse, le sorgho trouve son intérêt dans cette production. La mortalité par acidose est fortement réduite.

Un nutritionniste indépendant vous aidera à bien choisir la complémentation en fonction des autres constituants de la ration en vache laitière.

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