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Elle a fait le tour du monde, équipé des armées entières, symbolisé les guerres d'indépendance et les luttes révolutionnaires. La Kalachnikov a son inventeur, Mikhaïl Kalachnikov.

L'Inventeur et Son Contexte

A quatre-vingt-deux ans, cet homme, dont le nom est aussi célèbre que « Colt » ou « Beretta », vit modestement, oublié de tous, quelque part en Oural, mais il a gardé son titre d'ingénieur en chef. Histoire d'une « marque » au pays des Soviets... Jour de gloire à Ijevsk, capitale de la République d'Oudmourtie, au coeur de l'Oural.

En novembre 1994, le président de la Fédération de Russie en personne, Boris Eltsine, faisait le déplacement jusqu'à cette lointaine République située à deux heures de vol de Moscou pour y décorer _ pour « services rendus à la mère patrie » _ Mikhaïl Kalachnikov, l'inventeur du fusil d'assaut du même nom, et lui conférer le grade de major général de l'armée russe. Une distinction de plus pour celui dont la plus grande fierté est d'avoir voué toute sa vie à sa patrie.

Sous un autre régime, Mikhaïl Kalachnikov aurait pu créer sa propre société et finir milliardaire à l'image de Samuel Colt aux Etats-Unis ou, plus près de nous, d'Eugène Stoner, le créateur du célèbre fusil M-16. Mais pas dans l'ex-Union soviétique, où les inventions réalisées dans le domaine militaire n'étaient pas brevetées et où la production d'armements relevait directement _ et relève toujours _ du contrôle de l'Etat. De royaltie, il n'était pas question au pays des Soviets... Couvert d'honneurs, l'inventeur de l'AK-47 _ le nom « technique » de la Kalachnikov _ vit aujourd'hui à Ijevsk dans un appartement de trois pièces et touche, pour tout revenu, une modeste pension d'ingénieur en chef à la retraite qu'il perçoit parfois avec plusieurs semaines de retard.

Etonnante destinée que celle de ce fils de paysan dont le nom aurait pu se perdre dans l'immense maelström stalinien des années 1930. Mikhaïl Timofeyevitch Kalachnikov naît le 10 novembre 1919 à Kurya, un village perdu situé aux confins de la jeune URSS, quelque part dans l'Altaï, près de la frontière chinoise. Quatrième enfant d'une famille de paysans qui en compte huit, le futur inventeur de l'AK-47 connaît une enfance pauvre et difficile. Dans l'URSS des années 1920, très marquée encore par les séquelles de la guerre civile et ravagée par la gabegie, il ne fait pas bon en effet d'appartenir à la paysannerie.

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La famille Kalachnikov, heureusement pour elle, n'a rien de commun avec les paysans aisés _ les fameux koulaks dont Staline va bientôt entreprendre la « liquidation » systématique. Entièrement démunie d'outils agricoles et de bétail, elle appartient à cette frange la plus pauvre de la paysannerie qui trouve un certain intérêt à la collectivisation forcée des terres. A quatorze ans, après quelques années d'école, il est envoyé par les autorités de la région dans la ville la plus proche pour y suivre un apprentissage de mécanique, un domaine dans lequel il semble manifester d'étonnantes dispositions.

Quelques années encore et le voilà modeste employé de bureau dans la subdivision locale du chemin de fer Turkistan-Sibérie. A l'heure où se déchaîne la Grande Terreur, le jeune homme, qui travaille dans un service technique, évite sans doute de se faire remarquer. En 1938, il est incorporé dans l'Armée rouge pour y effectuer son service militaire. A dix-neuf ans, Mikhaïl Kalachnikov quitte pour la première fois sa Mongolie natale. Direction Kiev, en Ukraine, à des milliers de kilomètres de son village et de ses proches.

Ses compétences en mécanique lui valent d'être choisi par ses supérieurs pour suivre des cours sur la technique des blindés. Ingénieux et travailleur, doué de ses mains, cet autodidacte à la mode soviétique se fait remarquer en mettant successivement au point, en 1939, un système permettant aux chars de compter et de garder en mémoire le nombre de coups tirés _ un moyen d'identifier les « blindés patriotiques » qui ne tournent pas le dos à l'ennemi ! _, un dispositif facilitant le tir de la mitrailleuse de tourelle, puis un compteur métrique permettant au chef de char de suivre très exactement la progression de son blindé.

Promu au grade de sergent, le jeune Mikhaïl Kalachnikov se pose dès cette époque en jeune communiste convaincu et patriote. Cet appelé modèle serait sans doute, à l'issue de son service militaire, retourné à la vie civile pour y commencer une obscure carrière de bureaucrate s'il n'y avait eu, en juin 1941, l'attaque allemande sur l'URSS. La « Grande Guerre patriotique », comme on l'appellera désormais en URSS, va en effet bouleverser sa vie. Versé dans les blindés comme chef de char, il participe aux efforts désespérés d'une Armée rouge décapitée par les purges pour contenir le déferlement des armées d'Hitler.

En octobre 1941, lors de la bataille de Briansk qui permet de stopper l'avance des panzers nazis sur Moscou, son blindé est touché de plein fouet par un obus antichar. Mikhaïl s'en sort avec des blessures sérieuses. C'est durant sa convalescence dans un hôpital militaire de campagne que ce jeune bricoleur de génie a l'idée du fusil automatique qui devait porter son nom. « J'ai conçu cette arme lorsque j'étais blessé, devait-il raconter plus tard. Les Allemands tuaient les Russes avec des armes Schmeisser (pistolet-mitrailleur automatique). Je me suis dit que je devais absolument inventer une arme automatique. C'est devenu le but de ma vie. »

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Est-ce la notoriété que lui ont value ces précédentes inventions ? Toujours est-il qu'à sa sortie de l'hôpital, quelques mois plus tard, Mikhaïl Kalachnikov quitte le front pour la Mongolie où l'URSS a délocalisé l'essentiel de ses usines d'armement. C'est là qu'il met au point, dans les premiers mois de l'année 1942, avec l'aide d'une poignée d'ingénieurs, un premier modèle de fusil d'assaut automatique. Les premiers essais s'avèrent concluants. L'inventeur, du coup, est envoyé à Alma-Ata, la capitale du Kazakhstan, où s'est installé le prestigieux Institut d'aviation de Moscou.

En juin 1942, une nouvelle version est prête. Mystère de la bureaucratie soviétique... Adressé pour avis au professeur Blagonravov, l'un des meilleurs spécialistes soviétiques en armes à feu, le fusil mis au point par Kalachnikov n'est pas retenu pour le service malgré ses évidentes qualités de robustesse. Les soldats de l'Armée rouge devront se contenter d'armes individuelles largement inférieures à celles en usage dans l'armée allemande... Impressionné en revanche par les talents de son inventeur, Blagonravov le place sous sa protection et l'encourage à poursuivre ses travaux.

Cette même année 1942, Mikhaïl Kalachnikov est affecté dans l'une des nombreuses usines d'armement que contrôle l'Armée rouge. A vingt-deux ans, l'ancien fils de paysans de Mongolie fait son entrée dans le gigantesque et très secret complexe militaro-industriel soviétique, source de nombreux avantages pour ceux qui ont l'honneur d'y pénétrer. Il ne devait plus jamais en sortir. Pendant deux ans, tandis que la guerre fait rage en Europe, Mikhaïl Kalachnikov travaille, sous la direction méticuleuse de Blagonravov, à améliorer le fusil d'assaut qu'il a en tête.

Naissance de l'AK-47

Mais c'est seulement en 1947, deux ans après la capitulation de l'Allemagne, que l'arme est mise au point sous sa forme actuelle. Baptisée « AK-47 » (pour Avtomat Kalachnikova suivi de l'année de sortie), elle adopte dès le départ le nom de son inventeur. Sans être véritablement supérieure aux fusils d'assaut occidentaux, la « Kalachnikov », comme on ne cessera désormais plus de l'appeler, se distingue cependant par sa robustesse, sa simplicité de fonctionnement et de fabrication, sa simplicité de démontage et un coût de revient très faible.

Autant d'atouts qui devaient faciliter sa diffusion partout dans le monde. Mais le vrai coup de génie de Mikhaïl Kalachnikov est ailleurs, dans le mécanisme révolutionnaire de verrouillage par rotation de la culasse. Ce dispositif fait du nouveau fusil d'assaut une arme particulièrement fiable capable de tirer en rafales 30 cartouches logées dans un chargeur cintré. La nécessité de remplacer un matériel vieillissant et surtout la guerre froide feront le reste.

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A l'heure où Staline est persuadé de l'imminence d'une attaque des Etats « impérialistes », il faut en effet au pays une arme efficace pouvant être produite très rapidement. En 1949, l'AK-47 est adopté par l'ensemble des unités de l'Armée rouge. Le plus beau jour de sa vie, sans doute, pour Mikhaïl Kalachnikov qui, cette même année, se voit décerner le prix Staline. A trente ans, il est devenu un véritable héros comme le régime sait en créer.

Diffusion Mondiale et Impact

La Kalachnikov commence alors sa fabuleuse carrière. Livrée massivement aux pays membres du Pacte de Varsovie, plus parcimonieusement aux rébellions suscitées par Pékin, elle devient, dans le courant des années 1950 et surtout 1960, l'arme fétiche des révolutionnaires et autres mouvements de libération du tiers-monde. Des rizières du Vietnam aux savanes africaines en passant par la jungle sud-américaine et les faubourgs de Gaza, sa silhouette très caractéristique se retrouve sur tous les champs de bataille des guerres coloniales et devient l'attribut obligé des guérilleros de la planète et des va-nu-pieds en lutte pour leur indépendance.

Le Burkina Faso, qui se pique un temps d'être le « tombeau de l'impérialisme », choisit même de la reproduire sur son drapeau ! Plus près de nous, le Hezbollah libanais a repris le galbe de son chargeur pour en faire l'un des deux « l » du mot « Allah ». Une étonnante notoriété due à son prix extrêmement bas _ 20 fois moins cher qu'un M-16 américain _ et savamment orchestrée par Moscou.

Jusqu'à la chute du mur de Berlin, l'URSS fournit en effet généreusement les mouvements révolutionnaires en Kalachnikov, élevée dès lors au statut d'arme anti-impérialiste par excellence. On estime au total à plus de 70 millions le nombre total d'exemplaires produits depuis 1949. Dans l'imaginaire occidental, la Kalachnikov devient le symbole des terroristes et des « méchants » de tout poil comme la mitraillette Thompson avait symbolisé, dans les années 1930, les gangsters de Chicago...

La Vie de Kalachnikov Après la Gloire

Et Mikhaïl Kalachnikov ? Le génial inventeur a suivi de loin la prodigieuse destinée de son enfant. Depuis 1949, l'homme _ qui s'est marié _ vit et travaille à Ijevsk. Là s'est édifié, juste après la guerre, un gigantesque complexe militaire entièrement dédié à la production d'armes légères : IjMach. De ses usines métallurgiques sont sorties toutes les Kalachnikov qui circulent aujourd'hui sur la planète. Dans les années 1960, ce complexe ultra-secret emploie plus de 60.000 personnes, soit plus de 10 % de la population totale d'Ijevsk.

Outre les fameux fusils d'assaut, IjMach produit alors des fusils de chasse, des biathlons, des motocyclettes, des machines-outils et même des automobiles _ les Moskvitch. L'usine comme la ville et sa région sont classées sites sensibles. Aucun étranger ne peut s'y rendre. C'est dans cette véritable ville dans la ville que Mikhaïl Kalachnikov poursuit sa carrière, d'abord comme ingénieur en chef des usines d'armement d'IjMach, puis comme responsable des fabrications d'armes légères pour l'ensemble de l'URSS.

Reconnaissant, le régime ne lui ménage pas les honneurs : Héros socialiste du travail, prix Lénine, Drapeau rouge du travail, Etoile rouge, Ordre de la Grande Guerre patriotique, promotion au grade de colonel, doctorats honoris causa... Les médailles succèdent aux médailles. En 1980, un buste lui est dédié dans son village natal de Kurya. Sept ans plus tard, il est fait citoyen d'honneur d'Ijevsk. Jusqu'à la fin de l'Union soviétique, cet apparatchik modèle dispose d'un appartement de fonction en ville, d'une datcha personnelle et figure parmi les privilégiés du régime. La chute n'en a été que plus rude...

L'éclatement de l'Union soviétique a en effet sonné le glas pour l'orgueilleuse IjMach. Faute de crédits pour l'armée, faute aussi de pouvoir compter sur les anciens pays frères d'Europe de l'Est, la production d'armements a chuté de 85 % par rapport à 1990. Une véritable hécatombe qui s'est traduite par le départ de la moitié des employés. Mikhaïl Kalachnikov, lui, a pris sa retraite même s'il occupe toujours, officiellement, ses fonctions d'ingénieur en chef.

Depuis la mort de sa femme, l'homme, dont le nom a fait le tour de la planète, vit seul dans son petit appartement décoré de meubles datant de l'époque stalinienne. Faute de moyens, il doit faire lui-même son ménage. Lors d'un voyage aux Etats-Unis _ le seul hors d'URSS _ où il a pu rencontrer Eugène Stoner, le père du M-16, il a dû emprunter un costume au directeur de l'usine d'armements. Même la petite maison de campagne où il passe ses étés appartient à IjMach. La direction de l'usine ne lui a pas permis de l'acheter. « J'ai grandi sous la dure discipline soviétique, soupire aujourd'hui l'inventeur. Le travail, c'est toute ma vie, et ma vie, c'est mon travail.

Caractéristiques Techniques et Innovations

Au-delà des caractéristiques économiques de sa diffusion, qui porte plus à considérer la Kalachnikov comme un legs empoisonné de l’URSS stalinienne, l’arme a naturellement des caractéristiques techniques qui ont très largement contribué à son succès. Le fusil d’assaut, dénommé Avtomat Kalashnikova et officiellement mis en service dans l’Armée Rouge en 1947 (d’où AK-47) est une arme simple d’emploi, rustique, facile à démonter et à entretenir. C’est l’arme idéale du fantassin.

Bien que son cran de mire puisse être réglé en hausse pour des tirs jusqu’à 1 000 mètres, la portée pratique maximale est d’environ 400 mètres, pour une cadence de tir théorique de 600 coups par minute, limitée, comme toutes les armes, par les risques d’échauffement et d’usure prématurée du canon (la cadence pratique plus proche des 150 coups par minute). Les origines de l’AK-47 n’ont rien de mystérieuses, puisque l’arme s’inspire très ouvertement du fusil d’assaut Sturmgewehr 44, aussi appelé STG-44 (ou MP-43 et 44 dans ses premières versions). Le concepteur du STG-44, l’ingénieur allemand Hugo Schmeisser deviendra d’ailleurs, après sa capture par l’Armée Rouge, un des adjoints de Mikhaïl Kalachnikov.

Mais l’arme s’inspire également d’un autre produit de l’arsenal soviétique : la carabine semi-automatique Simonov, ou SKS, dont les mécanismes de verrouillage, d’approvisionnement par lames-chargeurs et de détente seraient apparemment copiés sur le fusil M1 Garand et la carabine USM1. Mais le véritable coup de génie de l’AK-47, ce n’est pas tant l’arme que sa munition : la prolifique 7,62 x 39 mm, modèle 1943, dérivée (elle-aussi) de la munition allemande du STG-44, la 7,92 x 33 mm Kurz, diffusée à partir de 1941. Le premier chiffre correspond (en théorie) au calibre, c'est- à-dire au diamètre du projectile, le deuxième à la longueur de l’étui, ce dernier souvent et improprement appelé douille (on ne parle en réalité de douille qu’à partir du calibre 20 mm).

Durant la seconde guerre mondiale, l’armement d’infanterie présente un défaut tactique et technique qui donne du fil à retordre aux ingénieurs de tous les camps : il n’existe pas encore d’armes individuelles intermédiaires réunissant les avantages de pistolet-mitrailleur (légèreté, praticité, faible encombrement et bonne cadence de tir) et ceux du fusil (portée et puissance d’impact). En bref, le fusil d’assaut reste à inventer. Mais avant de songer à l’arme en elle-même, il faut commencer par trouver une munition qui soit le meilleur compromis possible entre encombrement, poids, précision et puissance, tout en permettant une cadence de tir élevée avec un faible recul.

La solution prend tout d’abord la forme de la 7,92 x 33 mm Kurz allemande, déclinaison raccourcie de la 7,92 × 57 mm Mauser, utilisé aussi bien dans le fusil Kar-98k que dans la célèbre MG-42. Une fois récupérée et copiée par le camp soviétique, elle donne naissance à la 7,62 x 39 mm M43. Seules ces versions raccourcies permettent un tir en rafales courtes, sans que l’arme ne pointe vers le ciel, sous l’effet du recul et du mouvement de la culasse. Les fusils d’assaut ne sont pas conçus de toute façon pour des rafales soutenues, même si l’arme peut techniquement le faire. Mais elles conservent tout de même une puissance et une précision suffisantes pour des tirs 'efficaces' jusqu’à 400 mètres. L’arme polyvalente que l’infanterie attendait peut désormais naitre.

Comparativement à sa grande rivale plus tardive, la munition 5,56 x 45 mm OTAN, la munition soviétique a une vitesse initiale relativement lente (720 m/s contre 960 m/s pour la munition OTAN) mais un poids d’ogive supérieur. L’énergie cinétique étant une combinaison du poids et de la vitesse, c’est la munition soviétique qui l’emporte avec près de 2000 joules de puissance initiale contre 1700 environ pour la munition OTAN. Le poids de la munition soviétique implique aussi qu’elle conserve plus longtemps cette énergie sur trajectoire, avec à l’arrivée une puissance d’impact très supérieure à la munition OTAN à distance équivalente. C’est entre autres cette différence de puissance qui expliquera le succès de l’arme par rapport à la très prolifique famille M-16 américaine.

AK-47 vs M16

Le Kalachnikov est l'un des modèles d'armes les plus répandus, il n'est donc pas surprenant que différents types de répliques d'AK 47 aient été créés. L'airsoft n'est qu'une de leurs applications. Le prix d'une réplique d'AK 47 donnée dépend, entre autres, de la qualité de la reproduction du prototype inflammable, des matériaux utilisés et des mécanismes qui affectent sa fonctionnalité. La réplique à bille AK 47 peut être alimentée au spring, au gaz ou à l'électricité.

Tableau Comparatif : AK-47 vs M16

Caractéristique AK-47 M16
Calibre 7,62 x 39 mm 5,56 x 45 mm
Concepteur Mikhail Kalashnikov Eugene Stoner
Facilité de Fabrication Plus facile Plus complexe
Recul Plus important Moins important
Chargeur 30 cartouches 30 cartouches

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