L'histoire militaire est souvent perçue à travers le prisme des hommes, mais le rôle des femmes et l'évolution des armements, comme la mitrailleuse, offrent une perspective plus nuancée et complexe.
Entre 1914 et 1918, Alexis Berthomien, un soldat de la Grande Guerre, écrivait régulièrement à sa femme Marie. Il partageait avec elle des détails sur les armements utilisés pendant la guerre :
« Ils ont aussi des canons monstrueux de 420 qui pèsent 450 quintaux et les obus pèsent 1 000 kg. Ceux-là, ils s’en servent pour démolir les forts ou les fortifications, ceux-là sont traînés par des tracteurs automobiles et l’obus est placé dans la pièce par l’électricité, car c’est impossible aux hommes de remuer un obus. Chaque coup de ces obus leur coûte trente-trois mille francs. Comme artillerie lourde ils en ont en masse, c’est ce qui les sauve, car ces obus font un ravage terrible. Nous autres nous commençons à en avoir beaucoup mais pas comme eux ; les Anglais aussi ont une belle artillerie lourde. L’Italie aussi a une puissante artillerie, leurs canons de campagne sont du même calibre que les nôtres. »
La mitrailleuse a connu une évolution significative au fil du temps. Initialement, la mitrailleuse Gattling, apparue en 1861, utilisait une manivelle pour actionner plusieurs canons et éviter la surchauffe. Rapidement, l'énergie du tir a été utilisée pour automatiser le processus :
« La possibilité de tir très rapide, continu et prolongé était apparue en 1861 avec la mitrailleuse Gattling (à canons multiples, contre l’échauffement) dont le «moteur» était une manivelle à bras. On chercha vite à utiliser l’ énergie inutilisée au départ du coup - en tant que «machine thermique», le rendement était faible, de l’ordre de 30% - pour le fonctionnement automatique: le tir était continu aussi longtemps que la détente était pressée (ou des munitions disponibles à l’alimentation). Deux systèmes se révélèrent pratiques : le Maxim, par emploi du recul; le Browning, par piston actionné par prélèvement de gaz en un point du canon. Les mitrailleuses réalisent donc le cycle complet : percussion, ouverture, éjection, alimentation, fermeture, verrouillage. Outre le principe de base, les différences portent sur les méthodes d’alimentation et de verrouillage. Longtemps, et pour simplifier la logistique, cette arme a utilisé les mêmes cartouches que le fusil. »
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La Première Guerre mondiale a également été marquée par l'utilisation d'armes chimiques, avec des conséquences dévastatrices :
« La guerre chimique débuta véritablement, le 22 avril 1915, par l’émission d ‘une vague de chlore à partir des lignes allemandes dans le saillant d’ Ypres. Grâce au secret qui avait entouré sa préparation, l’opération surprit les troupes françaises. En l’absence de moyens de protection, elle eut une efficacité considérable: 15 000 hommes hors de combat, dont 5 000 devaient mourir, un important matériel abandonné, une brèche de 6 km de large ouverte vers les ports de la Manche et de la mer du Nord. Mais ce succès ne fut pas exploité par l’état-major allemand qui n’avait pas cru à cette nouvelle arme. Deux jours plus tard, des masques à gaz improvisés réduisaient l’effet d’une nouvelle vague de chlore lancée dans le même secteur. Mais ces vagues de gaz étaient tributaires d’un vent favorable pour atteindre les lignes ennemies. Aussi les belligérants mirent-ils au point le lancement par projectiles d’artillerie ou de mortier (projector britannique de Livens). Aux suffocants (phosgène, diphosgène, chloropicrine…), les Français ajoutèrent l’acide cyanhydrique, dont l’effet foudroyant surprit l’ adversaire. Pour tourner l’efficacité des masques contre les vapeurs, l’ armée allemande lança, au début de 1917, des obus chargés en arsines pulvérulentes. L’apparition d’obus à l’ypérite, le 12 juillet 1917, marqua un pas beaucoup plus important: ce toxique attaquait n’importe quelle partie du corps en causant des brûlures étendues. Insidieux et persistant, il obligeait à garder, outre le masque, des vêtements de protection imperméables, très contraignants. Dès son apparition, l’ypérite devint le principal gaz de combat, rapidement adopté, après l’Allemagne, par les autres belligérants. Elle fut responsable de la plupart des pertes dues aux gaz, bien que le taux de mortalité restât faible. Un autre vésicant, la lewisite, aux effets plus fréquemment mortels, fut mis au point aux États-Unis à la fin de 1918. Avec l’ypérite, l’importance de la guerre chimique allait augmenter considérablement et, à partir de juin 1918, 25 p. »
La Black Sea Defense, une foire aux armes qui se tient à Bucarest, met en lumière l'industrie de l'armement roumaine. Cette industrie, selon Aurel Cazacu, est l'une des rares à avoir traversé la crise sans dommage :
« C’est une création hongroise. Nous avons transféré la technologie en Roumanie et nous sommes en train d’en produire dans une usine de Cugir. Ce fusil est compatible avec les munitions de l’OTAN et avec celles de la Russie. Est-ce que tout le monde peut en avoir un, ou est-il réservé aux forces spéciales ? Les forces spéciales, les militaires, tout le monde et même les chasseurs ! Est-ce que l’armée roumaine l’utilise déjà ? Nous allons commencer à le commercialiser ce mois-ci. C’est la première arme produite en Roumanie depuis 40 ans. La Roumanie était le cinquième producteur d’armes au monde avant 1989. Quel est l’avenir de l’industrie de l’armement en Roumanie ? Nous voulons être partie prenante dans la création d’armes personnalisées et d’armes intelligentes. Les premières sont des armes qui ne peuvent être utilisées que lorsqu’elles reconnaissent le propriétaire, par l’intermédiaire d’une empreinte digitale ou d’une identification oculaire. Les secondes peuvent être désactivées à distance. »
Le sous-lieutenant et pilote Diaconu Diana témoigne de l'ouverture d'esprit de l'armée roumaine envers les femmes :
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« Le Spartan C-27J est le dernier-né de l’aviation roumaine. Il peut être utilisé dans de nombreux domainess, de l’évacuation médicale au transport de troupes. L’aviation roumaine en possède combien ? Six pour le moment, celui-ci est le plus récent. Pourrait-il atterrir au cœur d’une zone en guerre ? Oui, il a récemment atterri en Afghanistan. C’est difficile d’être une femme pilote en Roumanie ? En fait, il n’y a pas vraiment de problème. Nos supérieurs sont très ouverts d’esprit. Combien y a-t-il de femmes en tout ? Six sur ce genre d’avions. »
La guerre de Sécession a été un conflit moderne qui a vu l'emploi du télégraphe, des chemins de fer, des navires cuirassés, des sous-marins et de la première mitrailleuse. Inventée en 1862 par Richard Gatling, cette arme à tir multiple consistait en 6 canons pivotants de calibre 0.58 autour d'un axe central, chaque canon possédant son propre système de mise à feu. L'alimentation en munitions se faisait au moyen d'un cylindre qui faisait tomber les balles par gravité dans les tubes.
Une manivelle permettait le mouvement circulaire qui fermait alternativement les chambres, éjectait une douille, verrouillait la culasse ou tirait la munition. Chacune de ces opérations se faisait sur chacun des canons mais, bien entendu, pas en même temps. Ainsi l'arme pouvait atteindre entre 200 et 400 coups à la minute. L'avantage du système rotatif était que les canons pouvaient refroidir un court laps de temps entre chaque tir et que si l'arme tirait 600 balles, en fait chaque canon n'en avait tiré que 100. Au vu de l'usure des canons et de la fatigue du métal engendrée par des cadences de tir trop importantes, Gatling jugea que 150 coups minute permettraient un tir prolongé sans risque de casse pour l'arme.
Peu intéressé par cette arme novatrice, le gouvernement américain en acquit 12 pour 1000 dollars chacune pour effectuer un test au combat en 1864. Les militaires craignaient qu'une telle arme consomme bien trop de munitions pour un résultat relativement modeste au vu de la puissance d'impact de l'arme. Utilisée comme une pièce d'artillerie cela était vrai, mais mélangée au sein d'un bataillon d'infanterie son impact sur une ligne ennemie aurait été dévastateur.
Manœuvrée par 4 hommes, il était essentiel de maintenir un rythme identique dans l'utilisation de la manivelle sous peine d'enrayer l'arme, ce qui arrivait assez souvent. Employées lors du siège de Petersburg, des Gatling furent fixées sur des canonnières, une douzaine d'autres furent livrées au premier corps du général Hancock. Mais au final l'arme ne vit que peu de combats.
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Cette arme était fixée sur un affût d'artillerie standard ce qui augmentait considérablement son gabarit, la rendant moins maniable que les mitrailleuses plus modernes. Employée comme une pièce d'artillerie, son utilisation au combat fut épisodique et son emploi fut limité. De plus, intégrée aux formations d'artillerie elle perdait sa capacité tactique de frapper au plus près des lignes ennemies et était facilement contrebattue par l'artillerie adverse. Les Français autres grands inventeurs de la mitrailleuse commirent la même erreur de doctrine d'emploi lors de la guerre franco-prussienne de 1870.
La Gatling connut le succès après la guerre de sécession et fut employée de plus en plus et par différentes armées. Les Anglais qui furent impressionnés par les qualités de cette arme les utilisèrent contre les Zoulous, puis les Boers, les Boxers chinois et dans la plupart de leurs conflits coloniaux. Si bien d'autres mitrailleuses ont été inventées par la suite et notamment la Maxim 1908 des Allemands, la Gatling est considérée aujourd'hui comme l'arme ayant la plus grosse cadence de tir du monde. Les derniers modèles de Gatling peuvent tirer jusqu’à 6000 coups par minute. Tous les avions de chasse de l'US AIR FORCE sont aujourd'hui armés d'un canon vulcain rotatif descendant du système de Gatling tout comme le monstrueux A10 warthog et son canon rotatif à 7 tubes de 30mm capable de percer le blindage d'un char.
Paradoxalement cette arme dont les différents successeurs furent les principaux pourvoyeurs de morts des conflits modernes avait été inventée par Gatling pour réduire le nombre de tireurs nécessaires au combat et réduire ainsi la taille des armées et donc le nombre de morts.
L'histoire officielle de la bataille de Diên Biên Phu n'a retenu que l'infirmière Geneviève de Galard, occultant d'autres femmes présentes sur le camp, y compris les prostituées des bordels militaires.
Le corps des US Marines a nommé deux femmes à des postes d’infanterie de première ligne, une première dans l’histoire de cette branche de l’armée américaine. Les deux Marines prendront les postes d’opératrice mitrailleuse et de fusilier. Une nouveauté rendue possible par les nouvelles règles du Pentagone, qui ont ouvert aux femmes tous les corps de combats.
Lors de la Commune de Paris, des femmes se sont battues sur les barricades, mais leur combat a été transformé en un mythe. Lissagaray, dans Les huit journées de mai derrière les barricades, décrit une barricade défendue par 120 femmes. Cependant, les récits varient et il est difficile de déterminer la réalité de ces événements.
En ce lundi 22 mai, les témoins constatent une mobilisation féminine inattendue : colonnes de femmes descendant des hauteurs, « escouades de femmes » place de l’Hôtel de ville, femmes armées de chassepots dans les rangs des bataillons qui montent au feu, groupes féminins traînant des mitrailleuses, et surtout, dans la soirée, participation spectaculaire à la construction et à la fortification des barricades, notamment dans les hauts quartiers.
Le courage et la détermination de ces barricadières « terribles » et « superbes » arrachent parfois des cris d’admiration mêlés d’effroi à leurs pires ennemis et stupéfient leurs amis.
Les pertes engendrées par les combats entre l’armée prussienne et l’armée du Rhin en 1870 ne sont pas comparables. C’est l’action des canons à balles décriés par Martin des Pallières « plus de bruits que de besogne ». Conçus pour prolonger les rafales de l’infanterie aux portées moyennes entre le fusil et le canon, l’efficacité de cette arme quoique indéniable est méconnue.
Le tableau suivant illustre les pertes lors de quelques batailles clés :
| Bataille | Pertes françaises (Tués/Blessés) | Pertes prussiennes (Tués/Blessés) |
|---|---|---|
| Saint-Privat | 1 510 (6e corps) | 10 500 (Garde prussienne et 12e corps Saxon) |
| Spicheren | 453 (2e corps) | 4 218 (1re armée prussienne) |
Le commandant Reboul du Service historique de l’armée fit paraître en 1910 un opuscule de 183 pages chez Chapelot sur les canons à balles de 1870 qui avaient été conçus pour « prolonger les rafales d’infanterie aux portées moyennes entre le fusil et le canon. Leur rapidité de tir devait suppléer la pénurie de combattants et augmenter la justesse de tir, donc décupler la puissance de l’infanterie.
À la veille de la guerre de 1914, la France ne disposait que de 2 000 mitrailleuses aux armées et de 3 000 pour la défense des places fortes.
Les communiqués victorieux citent toujours le nombre de machines prises à l’ennemi. Elles sont montrées aux politiques, comme ici le président Poincaré.
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