Le BM-21 Grad est un lance-roquette multiple soviétique de calibre 122 mm développé pendant la guerre froide dans les années 1960. « BM » signifie Boïévaïa machina en russe (véhicule de combat) et le surnom Grad signifie « grêle ». Il est équipé d’une nacelle de 40 tubes de lancement disposés en forme rectangulaire. Cette arme descend des célèbres « orgues de Staline », qui ont connu leur heure de gloire pendant la Seconde Guerre mondiale. Mise en service au début des années 1960, elle a connu son premier combat en mars 1969.
Dans les pays de l’OTAN, le système (soit le système complet, soit le seul véhicule de lancement) était initialement connu sous le nom de M1964. « Le rôle principal du système BM-21 Grad est d’appuyer la division avec des tirs de suppression pour contrer les missiles antichars, les positions d’artillerie et de mortier, détruire les points forts et éliminer les nœuds de résistance ennemis sur le champ de bataille immédiat », explique un site spécialisé en armement. Des navires peuvent également emporter des paniers de roquettes BM-21.
Le système d’arme de lance-roquettes est le plus souvent monté à l’arrière du châssis du camion, d’où sa facilité de déplacement. Le mécanisme de lancement est alimenté par un petit système de générateur à l’intérieur du camion. Il peut tirer des roquettes directement depuis la cabine ou depuis une gâchette à l’extrémité d’un câble à distance. Les roquettes BM-21 peuvent être tirées individuellement ou en salve d’une durée de six secondes. Après le tir, le véhicule doit être rechargé, ce qui peut prendre environ 10 minutes avec une équipe expérimentée et l’équipement de rechargement approprié.
Le BM-21 Grad est le lance-roquette multiple le plus utilisé dans le monde jamais développé. Il a été utilisé en très grandes quantités par les forces soviétiques et certaines forces du Pacte de Varsovie lors des 50 dernières années. De nombreux systèmes ont été exportés vers des alliés du défunt « empire » soviétique en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud. En outre, de nombreux pays ont développé leurs propres variantes améliorées.
La Chine a lancé des roquettes et déployé des dizaines d'avions de combat et de navires autour de Taïwan ce mardi, pour une deuxième journée de manœuvres militaires simulant le blocus des ports de l'île dont le président a assuré ne pas souhaiter « aggraver les tensions ». Des journalistes présents à Pingtan, l'île chinoise la plus proche de l'île principale de Taïwan, ont vu une salve de roquettes exploser dans les airs vers 9 heures (2 heures en France), laissant derrière elles des traînées de fumée blanche. Ils ont également vu des touristes se presser vers les barrières en bois surplombant la mer et sortir leurs téléphones pour prendre des photos et des vidéos de la dizaine de roquettes tirées à quelques secondes d'intervalle.
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« A 9 h 30 (2 h 30 en France), le 30 décembre, les forces terrestres du Commandement des zones orientales de l'APL ont mené des exercices de tir réel à longue portée dans les eaux au nord de l'île de Taïwan et ont obtenu les effets escomptés », a indiqué l'armée chinoise dans un communiqué. Le ministère taïwanais de la Défense a déclaré mardi à 6 heures (23 heures en France lundi) avoir détecté 130 avions militaires chinois ainsi que 22 navires autour de l'île en 24 heures. Il s'agit du nombre le plus élevé d'avions chinois signalés en une seule journée depuis le 15 octobre 2024. L'Administration de l'aviation civile taïwanaise a fait savoir que Pékin avait décrété une « zone de danger temporaire » pour une durée de dix heures mardi, « ce qui devrait perturber le trafic aérien dans la région ».
Conséquence, selon elle, plus de 857 vols intérieurs, internationaux et de transit, seront affectés dans la journée. Des dizaines de vols à destination des îles taïwanaises de Kinmen et Matsu, situées tout proche des côtes chinoises, ont été annulés mardi, affectant environ 6 000 passagers, a ensuite ajouté la même source. Les gardes-côtes taïwanais ont indiqué mardi avoir déployé 14 navires pour surveiller l'activité navale, « en employant une approche de suivi individuel afin de dissuader fermement les navires » chinois.
La Corée du Nord a multiplié les démonstrations de force au cours des quatre derniers mois de 2022, notamment au plan balistique. Ces gesticulations s’inscrivent dans une perception continue de risque d’invasion du pays qui incite la Corée du Nord à se doter résolument d’une force de dissuasion de 1er rang, y compris pour procéder à d’éventuelles frappes préventives. A la suite de la rupture, en mars 2022, du moratoire qu’elle s’était imposée en 2017 sur les lancements d’ICBM, la Corée du Nord a repris ses essais de missiles balistiques qui se sont fortement accélérés au cours des derniers mois de l’année 2022.
Le tir, dans la nuit du 3 au 4 octobre d’un engin balistique qui a parcouru 4 500 km avant de s’écraser en mer du Japon après avoir survolé l’île japonaise d’Hokkaïdo en a préfiguré de nombreux autres, le 13 octobre, les 2-3-5-9 novembre, les 17-18 novembre, les 5 et 18 décembre, les 31 décembre et 1er janvier 2023. Le 17 novembre, la Corée du Nord a tiré un nouveau missile balistique à courte portée quelques heures seulement après une mise en garde de son ministre des Affaires étrangères au sujet du renforcement de l’alliance de sécurité entre Séoul, Tokyo et Washington.
| Date | Type de tir | Portée | Remarques |
|---|---|---|---|
| 3-4 Octobre 2022 | Missile balistique | 4500 km | Survol de l'île d'Hokkaïdo |
| 2 Novembre 2022 | 23 missiles | Courte et moyenne portée | Un missile tombé près des eaux territoriales sud-coréennes |
| 17 Novembre 2022 | Missile balistique | Courte portée | Après une mise en garde concernant l'alliance Séoul-Tokyo-Washington |
| Plusieurs dates | Tirs d'artillerie | N/A | Plus de 170 obus tirés vers des zones tampons |
L’administration Trump vient d’annoncer un paquet de ventes d’armes à Taïwan de 11 milliards de dollars ; si ces équipements sont livrés suffisamment tôt, ils renforceront la capacité de l’île à mener ce type de combat. Les armes incluses dans ce paquet reflètent en réalité la transformation progressive de la défense taïwanaise : on passe d’un dispositif fixe, relativement immobile - donc plus facile à cibler et à détruire - à une posture plus mobile, dispersée, létale et résiliente.
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La défense de Taïwan ne se résume évidemment pas au seul inventaire des matériels, mais il vaut la peine d’examiner les principaux systèmes inclus dans ce contrat de 11 milliards de dollars.
La géographie de Taïwan est telle que toute défense est d’abord une défense côtière. Mais l’île offre aussi suffisamment de profondeur pour que les forces taïwanaises puissent, et doivent, être déployées dans le cadre d’une défense plus mobile - donc plus survivable - capable de frapper des cibles en mer, sur les plages, et plus à l’intérieur des terres si l’ennemi parvient jusque‑là.
Avec quinze ans de retard, mais enfin, des instructeurs militaires américains sont présents à Taïwan en nombre utile. Les forces taïwanaises s’entraînent également aux États‑Unis aux côtés des forces américaines. Les exercices annuels Han Kuang mobiliseront cette année le plus grand nombre de réservistes jamais engagés, soit environ 22 000, et mettront en œuvre pour la première fois les nouveaux systèmes de lance-roquettes à haute mobilité, HIMARS, fabriqués par Lockheed Martin, ainsi que des missiles sol-air Sky Sword développés à Taïwan.
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