La Manufacture de Gien excelle dans l’art de l’imitation, et fabrique des copies de pièces du passé à un prix accessible. L’estimation gratuite de votre céramique, faïence ou porcelaine, de la Manufacture de Gien est disponible en 24h seulement ! Nos experts et commissaires-priseurs étudient votre œuvre et vous proposent une estimation en ligne fiable et confidentielle. Découvrez le prix, la valeur ou la cote de votre céramique !
Tout commence en 1821, lorsque Thomas Edme Hulm, alias Hall, un industriel britannique loin d'être chauvin, décide de relever le défi de contrer la vague d’importations anglaises menaçant l’industrie française. Il faut dire que la faïence coule déjà dans ses veines. Depuis 1774, sa famille gère la faïencerie de Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne. Notre entrepreneur, doté d’un flair digne d’un Indiana Jones du savoir-faire, choisit l’ancien couvent des Pères Minimes à Gien pour y installer une nouvelle manufacture de faïence "façon anglaise". Mais pourquoi aller s’enterrer dans cette cité ligérienne ? Ce choix stratégique est loin d’être un hasard. Gien est voisin de la Loire, voie royale pour le transport, et de la forêt d'Orléans, réserve infinie de bois pour les fours de cuisson. Ajoutez à cela des cailloux de silice en abondance, et vous avez le parfait cocktail pour une révolution faïencière.
En 1821, l’industriel anglais Thomas Edme Hulm, dit « Hall », après avoir cédé la manufacture de Montereau, acquiert les terrains et immeubles et y installe une nouvelle manufacture de faïence, façon anglaise. La production s’est d’abord intéressée à la vaisselle utilitaire puis s’est orientée vers la fabrication de services de table, de pièces décoratives et de services aux armes des grandes familles. En 1882, la société se lance parallèlement dans la fabrication de carreaux de revêtement en céramique. Elle obtient notamment le marché du métropolitain parisien en 1906. L’importante production de lampes à pétrole ou à huile est une spécificité de Gien.
Depuis 1830, Gien affine sa recette secrète de faïence fine. Un mélange magique de onze terres différentes, cinq argiles, quatre sables et deux kaolins, broyés finement et associés à des galets de la mer du Nord, donne naissance à une barbotine unique. Le résultat ? Des pièces à la fois délicates et robustes, qui rivalisent avec la faïence anglaise. Créer une pièce Gien, c'est comme orchestrer une symphonie d'étapes minutieuses. De la préparation de la pâte à la cuisson dans des fours-tunnels de 38 mètres de long, chaque création passe entre les doigts experts de maîtres faïenciers. Ces artisans perpétuent des gestes vieux de 200 ans et un savoir-faire transmis de génération en génération, toujours réinventé avec un souci constant de perfection.
La décoration des objets est entièrement réalisée à la main, utilisant des techniques variées, de la chromolithographie aux décors plus complexes peints à main levée. En 1875, après une fusion avec la société Les Émaux de Briare, la manufacture adopte officiellement le nom de Faïencerie de Gien. Quand la Manufacture de Gien fait son entrée aux Expositions Universelles, de Paris à Philadelphie, c'est un festival de médailles et de récompenses. Et ce n'est pas tout. Les présidents de la République s'y mettent aussi. Vincent Auriol, par exemple, commande un service pour le château de Rambouillet, aujourd'hui encore au catalogue de Gien.
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L'influence de Gien s'étend au-delà de la table. En 1882, la faïencerie se lance dans la production de carreaux de revêtement en céramique et décroche le marché du métro parisien en 1906. Résultat ? Les célèbres carreaux blancs, rectangulaires et biseautés qui tapissent les parois et voûtes des stations. Ce partenariat, qui dure jusqu'en 1980, fait de Gien un incontournable de l'architecture parisienne… et de nombreuses salles de bain des bobos urbains. En 1933, autre ambiance, Gien quitte les sous-sols parisiens pour prendre le train du luxe. L'Orient-Express, icône des voyages raffinés, commande à la manufacture l'intégralité des équipements en faïence.
La Première Guerre mondiale met un frein brutal à l'essor de la faïence de Gien. Malgré un regain de commandes de vaisselle armoriée dans les années 1920, la production décline. Plusieurs repreneurs se succèdent, chacun apportant sa contribution, à l'image de l'entrée au prestigieux Comité Colbert en 1989. La faïencerie est reprise par Yves de Talhouët (ex-PDG de Hewlett-Packard) en 2014. Sous sa direction, Gien entre dans le XXIe siècle avec une vision claire : moderniser tout en préservant son héritage. La contribution de créateurs et designers comme Castelbajac ou Patrick Jouin, la personnalisation des pièces ou le lancement de la gamme "Les Dépareillées", un joyeux mix d’assiettes tombées en désuétude, sont au cœur de la nouvelle stratégie.
Parmi les nombreuses créations de Gien, le service "Le Gibier" occupe une place particulière. Kévin Stroh : La faïence de Gien est mondialement connue et est un acteur majeur parmi les grands noms des arts de la table. De plus, nous avons la chance d'avoir la faïencerie à 15 km ! Dans le cadre champêtre de l'Auberge, j'aime bien la collection "Les dépareillées". Nous utilisons également beaucoup "Chevaux du Vent". Au petit-déjeuner, nous proposons des collections qui changent au fil des années. Enfin, en période de chasse, je ne peux résister d'utiliser les collections idoines pour le gibier.
Ce service est particulièrement apprécié pour son esthétique et sa représentation de scènes de chasse. En effet, en période de chasse, je ne peux résister d'utiliser les collections idoines pour le gibier. Dessiné par Jean Bertholle, pour répondre à la demande du Président de la République René Coty, ce décor peint à la main, a été crée en 1955 pour équiper les demeures de prestige qui abritaient les chasses présidentielles.
GIEN, Service “Rambouillet” en faïence de Gien orné de gibier comprenant environ quarante assiettes, un légumier couvert et trois plats.
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Plusieurs récits de chasse paraissent, mais aussi des albums lithographiques, comme celui de Francisque Martin François Grenier de Saint-Martin (1829-1831). Au 19e siècle, la pratique de la chasse cesse d’être aristocratique et se démocratise. Elle fait partie intégrante des loisirs: gibier, ours, renards, loups, sangliers et lièvres sont traqués par les chasseurs et leurs chiens. Ne se contentant plus de cette faune locale, les amateurs s’offrent un nouveau terrain de chasse grâce aux colonies. Les animaux sauvages exotiques constituent des trophées prestigieux: chasse au lion («Pour s’habituer à la chasse au lion», Sarreguemines), au tigre (manufacture de Gien) ou au léopard (manufacture de Creil). Les séries cynégétiques semblent être prisées par les collectionneurs d’assiettes parlantes. Différents moments et techniques de chasse y sont représentés: la battue, la traque, le retour de la chasse, etc.
Véritable phénomène de mode au 19e siècle, les assiettes en faïence fine dites «parlantes» comportent un décor historié et légendé. Les sujets sont extrêmement variés: la vie militaire, la chasse, les monuments ou les mœurs de la société urbaine et rurale française. Fables, rébus, proverbes et chansons populaires sont également représentés ou inscrits sur ces pièces souvent satiriques ou caricaturales.
Leur fond est aussi bien orné de vignettes solennelles à l’image d’une France glorieuse et rayonnante - commémoration de hauts faits militaires ou exaltation patriotique -, que de scènes humoristiques, moins flatteuses, où hommes, femmes, bourgeois, paysans ou étrangers sont tournés en dérision. Personne n’est épargné! En France, aux 17e et 18e siècles, les faïences - non seulement les assiettes, mais aussi des pièces de forme (pichets, brocs, gourdes, etc.) - comportent des décors et inscriptions peints: slogans politiques, poèmes, proverbes, thèmes maçonniques, religieux ou patronymiques. Dès les débuts de l’impression sur céramique en Angleterre, les décors des assiettes nous racontent des histoires.
Plusieurs inventeurs dont les procédés varient légèrement déposent des brevets et se disputent la paternité de la découverte. La mise au point et le perfectionnement de la technique est en fait l’aboutissement de longues recherches menées en parallèle en Angleterre. Le premier aurait été John Brooks, graveur à Birmingham qui demande un brevet d’invention le 10 septembre 1751 et l’utilisera à Battersea. La même année, John Sadler et Guy Green transfèrent des motifs sur des carreaux de faïence à Liverpool et affi rment travailler au développement de leur technique depuis 1749 (soit avant Brooks)! Josiah Wedgwood adopte d’ailleurs leur technique dès 1761.
En Suisse, l’Anglais Adam Spengler aurait imprimé des décors sur la porcelaine de Zurich dès 1780. Grâce à l’impression, à partir d’un seul original gravé, on peut désormais reproduire un décor en de multiples exemplaires sans faire appel aux peintres. Cela constitue une économie de main d’œuvre considérable; en effet, le décor peint à la main est plus long à exécuter et plus coûteux. Désormais, il n’y a plus qu’un seul artiste: le graveur.
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De nombreux collectionneurs, souhaitant connaître la valeur de leurs céramiques, se tournent vers ces experts pour obtenir des estimations précises. Pour obtenir une estimation fiable d’une faïence, faites appel à des experts ou à des maisons de ventes aux enchères renommées. Il est possible de prendre rendez-vous gratuitement pour une première évaluation.
Une vente aux enchères exceptionnelle se déroule ce week-end. Un an et demi a été nécessaire à Jean-Maire Jacquet pour prendre la décision de vendre sa collection de 1 000 pièces de céramiques de Gien. « Oui, ce fut difficile de mettre fin à ce qui fut la passion de ma vie. Nous avons décidé de vendre notre maison et en toute logique, ce qu’elle abrite. Cependant, je suis heureux que ces objets soient découverts par d’autres. Être collectionneur, c’est être égoïste. C’est comme si l’on était aux prises d’un Toc ! Nés tous les deux à Gien, c’est après s’être installés à Saint-Herblain en 1972, qu’est née leur passion. « Dans les années 1960 et 1970, Gien comptait douze magasins, une manufacture qui employait 1 300 personnes. Nous vivions entourées de faïence et n’y prêtions guère attention. Ces objets racontent des histoires, telles celle d’une gourde qui retrace la première expédition de Charcot au pôle Nord, du service à orangeade de François 1er avec son emblème, la salamandre, ou du service de vaisselle de 135 pièces du président Vincent Auriol. Dans l’idéal, Jean-Marie Jacquet aurait aimé que sa collection muséale soit rachetée par un musée, cela ne s’est pas fait. C’est aux commissaires-priseurs Rouillac, Aymeric et Philippe, qu’il a confié la vente.
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