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Le petit ouvrage (PO) de Laudrefang est l’un des 53 ouvrages de la ligne Maginot du Nord-Est de la France. Avec ses 5 blocs de combat, il est le plus puissant du secteur fortifié de Faulquemont. En 1940, son équipage compte 262 hommes commandés par le capitaine Gustave Cattiaux.

Du fait de son relatif isolement, le Bloc 3 a été conçu comme un véritable petit fortin autonome et l’on y retrouve tout ce qui caractérise un petit ouvrage : usine électrique lui fournissant son courant, salle des filtres utilisée en cas d’attaque aux gaz, citernes d’eau, chambrées, toilettes, magasins à munitions, etc. mis en œuvre par un équipage de 80 hommes commandés par le sous-lieutenant Choné.

Armement du Bloc 3

À cela s’ajoutaient les armements :

  • une tourelle de mitrailleuses (2 mitrailleuses MAC 31 Reibel 7,5mm et un canon antichars de 25mm),
  • deux cloches Guetteur et Fusil-Mitrailleur (GFM) pour mortier de 50mm, fusil-mitrailleur 1924/29 et instruments d’optique,
  • une chambre de tir d’infanterie pour deux jumelages de mitrailleuses MAC 31 Reibel 7,5mm et un canon antichars de 47mm,
  • une chambre de tir d’artillerie pour deux mortiers de 81mm d’une portée de 3600 mètres couvrant le PO de Téting,
  • divers armements de défense rapprochée (fusils-mitrailleurs, goulotte lance-grenade pour la défense du fossé diamant).

La Ligne Maginot en 1939-1940

La ligne Maginot est immédiatement occupée par les troupes de forteresse pour couvrir la mobilisation et parer à toute attaque surprise venant de l’Allemagne. Toutefois, à part quelques escarmouches, aucun combat n’a lieu sur la frontière jusqu’au 10 mai 1940, date de l’offensive allemande sur l’Europe de l’Ouest.

La défense de la frontière avec l’Allemagne devenue finalement inutile, le 13 juin 1940, les troupes d’intervalles situées sur les arrières de la ligne Maginot reçoivent l’ordre d’évacuer vers les Vosges. Les équipages des ouvrages doivent quant à eux tenir jusqu’au 17 juin pour couvrir ce repli puis celui, le 15 juin, des troupes occupant les casemates d’intervalles.

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Le 16 juin cependant, alors que les équipages ont débuté le sabordage des ouvrages, les troupes allemandes sont repérées sur les arrières. Force est de constater qu’il n’est plus possible d’évacuer le secteur et qu’il faut tenir.

Combats et Résistance

Le 18 juin 1940, un officier allemand accompagné de 4 soldats se présente devant le Bloc 3. L’officier allemand exige du capitaine la reddition de l’équipage. Gustave Cattiaux refuse catégoriquement et l’informe que sa mission est claire : tenir. L’officier ennemi, surpris par cette fermeté, lui confie que son ouvrage sera bombardé à partir de 19 h 00.

En effet, à l’heure indiquée, le petit ouvrage de Laudrefang reçoit son baptême du feu. Les projectiles viennent de tous les côtés, notamment des arrières où l’ennemi a installé, sur la ligne de crête, plusieurs canons. Dès le début des combats, au Bloc 2, le soldat Pierre Gauer décède à la suite d’un coup porté sur l’un des créneaux de la cloche GFM dans laquelle il était en poste.

Au Bloc 3, la situation n’est pas meilleure : « Ma tourelle a fait du tir automatique toute la nuit. Cela rassure les hommes et dissuade l’adversaire de venir rôder dans mes barbelés. […] J’ai repéré sept pièces [allemandes] en batterie entre la ferme de Brandstuden et la cote 400. Ils m’ont déjà tordu un canon de mitrailleuse et leurs obus arrachent des morceaux de béton deux fois gros comme une tête ! » relate le Sous-Lieutenant Choné lors d’une conversation téléphonique avec le lieutenant Vincent, au PC de l’ouvrage.

À la fin de la journée du 21 juin, Choné compte « 94 coups sur la tourelle et les cloches en sept minutes ». Pour autant, la chambre de tir des deux mortiers de 81mm, juste en dessous, est intacte et ces derniers mettent en échec plusieurs assauts ennemis sur le Petit Ouvrage de Téting, à 2 kms au sud.

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Finalement, le 25 juin 1940 à 0 h 35, l’armistice entre en vigueur. La France est vaincue, l’Allemagne victorieuse. Au secteur fortifié de Faulquemont et ailleurs sur la ligne Maginot cependant, les équipages tiennent encore. Le drapeau français flotte sur les ouvrages.

Le 30 juin 1940 pourtant, c’est la douche froide. Les équipages de l’Einseling, de Laudrefang et de Téting apprennent qu’ils sont faits prisonniers de guerre. C’est l’une des conditions exigées par l’Etat-Major allemand lors de la signature de l’armistice.

L'Arme Mixte de la Ligne Maginot

L'Arme Mixte de la ligne Maginot est un système d'armes associant sous une même rotule une arme de défense anti-char et une arme anti-personnel. Dès 1934, apparaît l'idée de placer dans un même créneau un tube antichar de 25 mm et un jumelage de mitrailleuses, afin d'éviter la dangereuse manœuvre de changement d'arme.

Ce nouveau matériel, baptisé "arme mixte", équipera certaines tourelles, des chambres de tir sous béton et surtout 72 cloches d'un nouveau modèle. Ce type d'équipement pesant jusqu'à 50 tonnes pour un diamètre de 2, 80 m à la base est le plus imposant type de cloche installée sur la ligne.

Les poignées des manivelles commandent indépendamment le tir des mitrailleuses et un levier déclenche le tir du canon antichar.

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En fonction des besoins, un ou deux pourvoyeurs, debout derrière le tireur, s'occupent de réceptionner les munitions et de recharger les trois armes du trumelage.

Les Canons à Balles de 1870

Les archives publiées plus de trente ans après les faits par la Revue militaire expliquent, pour partie, la différence entre les belligérants : à Saint-Privat, 1 510 tués ou blessés pour le 6e corps (Canrobert) et 10 500 pour la Garde prussienne et le 12e corps Saxon, 453 tués et blessés pour le 2e corps (Frossart) et 4 218 pour la 1re armée prussienne (Steimetz).

Cette arme, cause de pertes importantes chez les Prussiens, était utilisée comme les canons d’artillerie. Elle aurait été encore plus efficace et utile dans le cadre des armes de l’infanterie.

Mitrailleuse MAC31

Mitrailleuse MAC31, (ou mitrailleuses Reibel, du nom du colonel qui la fit mettre au point en tant que directeur de la manufacture d'armes de Châtellerault en 1930).

La mitrailleuse MAC31 de forteresse est appelée F, T ou TM suivant qu'elle est sous béton ou cloche (F), sous tourelle de mitrailleuse (T) ou en trumelage d'armes mixtes (TM).

Le FM 24/29 (nom officiel : MAC 24/29) est une mitrailleuse légère automatique construite par la manufacture d'armes de Chatellerault. Homologué en 1924, la série est lancée en 1925, et les Unités le touchent dès 1926. Le 24/29D est l'arme typique de défense rapprochée de la ligne Maginot.

Tourelles de Mitrailleuses

Parmi les 153 tourelles à éclipse de la Ligne Maginot, la tourelle de mitrailleuses est la plus "légère" (96 tonnes quand même) et surtout, avec 61 exemplaires installés, la plus répandue. Tous les ouvrages d'artillerie et d'infanterie possédaient une, deux, voire même trois tourelles de mitrailleuses.

La tourelle de mitrailleuses CORF est une tourelle à éclipse d'infanterie de la Ligne Maginot armée de deux mitrailleuses Reibel MAC Mle 31 de 7,5 mm. Elle est destinée à effectuer des tirs rasants dans toutes les directions jusqu'à 5 000 mètres et principalement à battre les dessus des ouvrages.

Tableau des différents types de tourelles à éclipse de la Ligne Maginot
Type de Tourelle Poids (tonnes) Portée (m) Nombre d'exemplaires
Tourelle de 75 modèle 1933 265 12 000 21
Tourelle de 75 R modèle 1932 189 9 500 12
Tourelle de 75 modèle 1905 modifiée 135 8 200 1
Tourelle de 135 modèle 1932 163 5 600 17
Tourelle de 81 modèle 1932 125 3 500 22
Tourelle de mitrailleuses 96 5 000 61
Tourelle d'armes mixtes 135 Portée mit. N/A
Tourelle d'arme mixte et mortier de 50 151 Portée mit. N/A

Caractéristiques générales de la tourelle

C'est la mitrailleuse Reibel de 7,5 mm Mle 1931 F MAC à tir automatique et fonctionnant par emprunt des gaz en un point du canon. Elle tire normalement la cartouche Mle 1929 D à balle lourde, alimentée en boîtes-chargeurs en tambours (dites "camemberts") de 150 cartouches. Cadence de tir de 450 à 500 coups à la minute, portée extrême 5000 mètres.

L'arme est toujours montée en jumelage et existe en modèles droit et gauche, non interchangeables. Elle ne peut tirer qu'en rafale et non coup par coup. Elle est refroidie par injection d'eau sous pression par un appareil Vermorel avec lequel la durée moyenne de refroidissement d'un canon échauffé par 300 coups en tir continu est de 20 à 30 secondes.

Alimentation en munitions

L'alimentation en munitions se fait en quatre étapes : arrivée depuis l'entrée de l'ouvrage et stockage en caisses dans le magasin à munitions des dessous du bloc, montée des caisses à dos par le personnel et par l'escalier du bloc (quand il n'y a pas de monte-charge), mise en boîtes-chargeurs à l'étage inférieur de la tourelle et montée à l'étage intermédiaire par le monte-charge inférieur, montée à la chambre de tir par le monte-charge supérieur.

La dotation par pièce est de 200 000 cartouches.

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