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Le rechargement de munitions représente bien plus qu’une simple économie financière - c’est un art qui combine précision technique, passion balistique et recherche constante de performance. Face à l’augmentation constante du prix des munitions manufacturées et aux pénuries récurrentes, de plus en plus de tireurs sportifs et de chasseurs se tournent vers cette pratique ancestrale modernisée.

Le rechargement consiste à réutiliser des douilles déjà tirées pour fabriquer de nouvelles cartouches. Cette pratique, qui remonte aux origines des armes à feu modernes, permet de reconditionner une cartouche en remplaçant l’amorce usagée, en ajoutant une nouvelle charge de poudre et en installant une nouvelle ogive. Le processus de rechargement transforme des éléments séparés (douille, amorce, poudre, ogive) en munitions performantes adaptées spécifiquement à votre arme.

L'importance du poids des cartouches

Il s'agit d'obtenir une munition capable de fournir des résultats d'une très grande régularité, il s'agit que chacune des munitions qui feront l'objet de votre séance de tir soit en tous points, semblable à celles qui constitueront ce lot . Ce n'est pas par hasard que les tireurs de précision à la .22 pèsent et répartissent en lot de même poids ou de mêmes caractéristiques, toutes leurs cartouches manufacturées.

Bien évidemment, ceux-ci prennent la précaution de les sélectionner parmi celles qui sont issues du même pack. En effet, puisque ce sont des cartouches à percussion annulaire, on ne sait pas les recharger mais il n'en reste pas moins intéressant d'essayer d'obtenir des lots de balles très semblables en espérant ainsi qu'elles seront des plus régulières entre-elles. Par conséquent, quand vous avez la possibilité de vous approcher d'une similitude presque totale de vos cartouches, faites-le car vous y gagnerez en précision.

Le rechargement doit pouvoir vous permettre d'atteindre cette régularité en jouant sur chaque composant de ladite cartouche. Pour ma part je trie également mes cartouches pour avoir des boites les plus homogènes possible en masse. J'ai pu constater de meilleurs groupements avec chacune des boites pour lesquelles l'écart de masse n'excède pas 2/100ème gramme.

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En toute rigueur il faudrait aller plus loin si c'était possible. En effet, ayant complètement démonté quelques dizaines de cartouches, j'ai pu constater que si l'écart de masse, qui peut dépasser 2/10ème de gramme, était le plus souvent dû au projectile, il y avait également des différences de masses sur la poudre (jusqu'à 10% d'écart, ce qui est énorme) et sur les étuis.

La répartition en masse des cartouches suit une classique courbe de Gauss (courbe en cloche). Curieusement (ou pas) la valeur moyenne n'est pas toujours la même d'un lot à l'autre. Enfin, plus les cartouches sont réputées de bonne qualité plus l'écart type est faible ce qui est normal.

Influence du poids sur les munitions .22lr

Sûr qu'avec ces petites cartouches, plein de paramètres entre en ligne de compte et le seul critère de poids total est bien subjectif. Néanmoins, je suis le premier à reconnaître qu'en 22LR, je pesais systématiquement TOUTES les cartouches du lot que j'achetais et en faisais des boîtes aussi homogènes que possible. Allez savoir si cela avait une influence sur les résultats ?... Moi j'en étais persuadé et dans ma tête, j'étais hyper sûr de mon matos et uniquement concentré sur pépère le Zef. Si tu y crois, fais le, camarade !!!

C'est comme pour la pêche : le leurre doit attraper le pêcheur avant le poisson. Comme le soulignait Larici dans un de ses récents posts = de quel (s) élément (s) de la munition provient la différence de poids ? Personnellement je m'y étais aventuré une fois & le résultat ne m'avait pas convaincu. Depuis je ne pèse plus & quand je décide de faire du point, je prends la "caouète de luxe" qui passe dans le canon de mon arme.

Ça ne veut pas pas dire pour autant que ce jour là je vais scorer, mais j'élimine un paramètre (je sais que cette mun passe très bien). Si mauvais résultat = le PB est ailleurs (le tireur dans son ensemble). Bien sûr qu'il n'y a pas que la mun qui fait les résultats, à mon niveau c'est certainement le tireur, mais si dans une marque qui passe bien on constate des différences de poids c'est peut être une raison objective de mauvais groupement ou d'une balle vagabonde.

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L'impact du sertissage sur la performance

Le sertissage final maintient l’ogive en position. Pour les munitions d’armes automatiques, un sertissage prononcé évite le recul de l’ogive lors du chambrage.

Pour la fabrication de mes cartouches j’utilise,entre autres,une presse Nemrod de la MANU. Grâce à sa position verticale et surtout à sa manette qui se baisse au fur et à mesure que l’ on Serti. N’exerçant aucune pression sur la bourre,la charge de plomb et la rondelle de fermeture lors de leur positionnement dans la douille et gardant 5 mm pour sertir,je suspends à l’extrémité de la manette,un petit sac pesant 3,5 kg qui va ainsi,exercer,je suppose,sur l’ensemble,une pression égale au poids dudit sac.

Ma question est simple : la pression exercée sur l’ensemble des composants est elle bien de 3,5 kg et pour un sertissage en rond de combien doit-elle être plus grande ou plus faible ?

Effectivement certains se préoccupent de la pression pour sertir une cartouche. Personnellement, je fais comme 7x7Albert, je laisse une hauteur suffisante pour le sertissage et je contrôle la hauteur finie. Comme je serti à la perceuse à colonne, difficile d'estimer la pression à exercer.

Si la cartouche est "lisse" en sortie, c'est bon, si elle présente des boursouflures créés par les plombs ou des plis car trop de pression ... c'est pas bon. La qualité de la cartouche se mesure à la répétabilité de sa fabrication et régularité de son chargement. (hauteur des éléments poudre, bourre, charge; hauteur finale) En clair, je ne me prend plus la tête avec ces détails de pression à exercer pour la fermeture.

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Une fois la cartouche sertie dans les régles à bonne longueur, tu n'as pas à te soucier de poids à exercer lors du sertissage, tu peux peaufiner et jouer sur la pression avec prudence par le biais de la longueur de cartouche sertie en utilisant un chrony et l'observation de ta gerbe par un ciblage en règle (35m, cercle de 76cm, plomb de 6, full), tu pourras observer que la longueur finale a un impact sur ta gerbe, procéder avec prudence et beaucoup d'observations des douilles tirées voir l'état du culot et de l'amorce (surpression à éviter). En l'absence de chrony il est plus sage de t'en tenir aux tables.

  • Pour le sertissage en étoile prévoir une hauteur de douille sans charge légèrement supérieure au rayon de la cartouche (11-12mm).
  • Pour le sertissage en rond la hauteur est moindre (6-8mm).

Après mesure de mes cartouches, je tombe bien sur longueur totale moins les 5 à 6 millimètres de sertissage, je présume donc que la pression exercée avec cette technique est satisfaisante car je n’ai aucun signe de surpression. En définitif ma méthode me permet d’avoir toujours la même force sur la manette et avec le même nombre de tours de manivelle j’obtiens des cartouches identiques.

Je ne me pose pas trop de questions non plus en ce qui concerne la pression lors du sertissage, que ce soit en rond ou en étoile. Je n'ai jamais eu de surpressions, même en rechargeant des 12/76 plutôt musclées chargées à la grenaille d'acier pour les oies. Si tu t'en tiens à des cartouches relativement douces, dans le style 30g et 1,70g de A1 (pour le cal.12) tu n'as pas à te faire de soucis pour les surpressions.

Les sertissages en rond offrent toujours moins de résistance que les sertissages en étoile, donc opèrent à des pressions inférieures - ce qui ne veut pas dire moins efficaces!

Longueur Hors Tout (LHT) et son influence

Le positionnement de l’ogive détermine la LHT finale. Cette dimension critique influence la pression et la précision.

Dans les tables, ils indiquent la longueur totale de la cartouche avec les valeurs de charge. Quand je regarde ma cartouche terminée, je trouve l'enfoncement excessif, bien au delà de la gorge de sertissage (qui certes n'est pas utile dans mon cas puisque je ne sertis pas)... Donc j'en réalise avec la même charge mais cette fois avec une LHT de 75 mm...

Première question, est ce comme moi vous trouvez la cartouche de gauche "étrange", trop "compacte" ? Ensuite, je me suis demandé quelle était l'influence en cible sachant que si j'enfonce plus la balle, je réduit le volume de mon étui, et donc en toute logique je modifie à la hausse la pression dans ce dernier, donc la vitesse de la balle etc....

La ballistique est une science complexe. Tout ce qu'on peut en deduire, c'est que plus un projectile est enfoncé, plus les pressions sont elevées par diminution du volume interieur et modification du taux remplissage. Est ce que cela peut avoir une influence sur la cible ? Cela est tres difficile à dire. Plus de pression c'est plus de vitesse.

Mais plus c'est enfoncé moins c'est pres des rayures avec des pressions de forcement donc plus faible (enfin c'est relatif). Et si le projectile est plus rapide, cela ne veut pas dire plus de precision, juste qu'il est plus rapide. Bref dans ce type de cas, seul la cible pourra te dire ce qui convient le mieux.

Il est évident que monter la balle la moins enfoncée possible fait gagner du volume interne a l'étui et donc monter la charge de façon a gagner en Vitesse initiale sans arriver a la zone de surpression aussi vite qu'une charge compressée dans une cartouche a balle plus enfoncée. Faire varier la profondeur d'enfoncement pour une charge de poudre donnée est conseillée par nombre de sources. je pense qu'au contraire faire varier la charge pour une longueur donnée est plus simple et plus répétitif.

En gardant en tête que cette longueur de cartouche fixe peut être celle que vous voulez tant que la balle est maintenue dans la collet et que l'ensemble passe par le magasin ou le chargeur. Par contre faire varier les deux valeurs dans un même test est le meilleur moyen d'avoir un résultat erratique qu'on ne pourra jamais reproduire car on ne sait pas de qui il est le résultat de la charge ou de l'enfoncement de la balle.

Quand tu fais un test de charge comme celui ci en faisant varier la charge au pas de 0,3 grains soit 0.0194397 grammes tu vois peu de différence tellement les résultats sont mauvais et que par coup de cul la charge de 28,1 elle fait mieux. Mais quand tu fais des dizaines de tests au pas de 0,3 après en avoir fait autant au pas de 0,5 grains et ne pas tomber sur une charge qui groupe QUE FAIS TU ?

Tu pense que le canon est foutu ? que tu sais pas tiré ? Ou finis tu par te poser la question de savoir si entre les charges que tu as testé il n'existe pas une charge qui elle groupe ?? Quand tu as testé 14 charges qui groupent pas il y a bien un truc qui déconne Alors tu es face a un choix penser que ça peut venir de la charge ou venir de tout a fait autre chose Quand tu as testé toutes les autres choses possibles et que ça groupe toujours pas Si tu n'es pas obtus tu te dis que même si c'est le moins probable tu ferrais bien de tester la charge en ne laissant pas de vide entre les charges pour le cas ou connement cela soit ça et quand par hasard un jour sur une seule variation de 0,1 grains soit 0.0647989 grammes et bien tu ...

Conseils de rechargement et de sécurité

La qualité du rechargement dépend directement de la préparation minutieuse des étuis. Cette phase commence par le nettoyage approfondi des douilles tirées. Le nettoyage humide avec un tumbler utilise de l’eau, du détergent et des aiguilles en inox pour nettoyer l’intérieur et l’extérieur des étuis. Le nettoyage à sec utilise des granulés de maïs ou de noix concassées dans un vibrateur.

Après nettoyage et séchage complet, l’inspection visuelle permet d’éliminer les étuis fissurés, déformés ou présentant des signes de fatigue. Le recalibrage complet (Full Length Sizing) redonne à l’étui ses dimensions d’origine. Cette opération, effectuée avec l’outil approprié monté sur la presse, s’accompagne généralement du désamorçage.

Pour les armes à verrou, le recalibrage partiel du collet (Neck Sizing) peut suffire et prolonge la durée de vie des étuis. La rectification du puits d’amorce avec un outil spécifique élimine les résidus et garantit l’assise correcte de la nouvelle amorce. L’installation de la nouvelle amorce demande précision et délicatesse. L’amorce doit affleurer ou être légèrement en retrait du culot, jamais en saillie.

Le dosage de la poudre constitue l’étape la plus critique. Respectez impérativement les données des tables de rechargement. Une balance de précision au 1/10e de grain minimum est indispensable. L’évasement du collet facilite l’installation de l’ogive sans la déformer, particulièrement important pour les ogives plomb. Le sertissage final maintient l’ogive en position. Pour les munitions d’armes automatiques, un sertissage prononcé évite le recul de l’ogive lors du chambrage.

Le choix de la presse détermine votre confort et votre productivité. Les presses mono-station comme la Lee Challenger III conviennent parfaitement aux débutants. Les presses à tourelle type Lee Turret 4 trous avec index automatique offrent un excellent compromis. Les presses progressives comme la Lee Pro 4000 s’adressent aux tireurs intensifs.

Une balance électronique précise au 1/10e de grain (0,0065g) est indispensable. Les modèles d’entrée de gamme à 50-70€ conviennent parfaitement. Le choix de la poudre détermine les performances. La législation française autorise le rechargement dans un « cadre privé ». Cette notion englobe l’usage personnel et familial, excluant toute activité commerciale. Vérifiez que votre assurance couvre le rechargement. La plupart des contrats de responsabilité civile chasseur incluent cette activité.

Techniquement oui, économiquement non. Les petits calibres (.22LR) ne sont pas rechargeables. Les calibres militaires surplus (.7,62×39) sont rarement rentables. Un étui de qualité en calibre pistolet standard supporte 10-20 rechargements. Pour les calibres puissants (Magnum), comptez 5-10 utilisations. La Lee Challenger III offre le meilleur rapport qualité/prix pour débuter. Simple, robuste et précise, elle permet d’apprendre sereinement.

Utilisez systématiquement une balance électronique. Pour les charges faibles, pratiquez le double pesage. Installez un bon éclairage et travaillez sans précipitation. Non pour les douilles d’usine, oui pour les douilles en vrac. Triez vos étuis par poids et marque. Utilisez des ogives match grade. Pesez chaque charge individuellement. Respectez une LHT constante.

Tableau récapitulatif des éléments influençant le rechargement

Élément Influence Conseils
Poids des cartouches Régularité et précision Trier les cartouches par poids pour homogénéiser les lots
Sertissage Maintien de l'ogive et pression Ajuster la pression de sertissage selon le type de cartouche et l'arme
Longueur Hors Tout (LHT) Pression et précision Respecter les données des tables de rechargement et adapter selon l'arme
Préparation des étuis Sécurité et précision Nettoyer, inspecter et recalibrer les étuis avec soin
Dosage de la poudre Vitesse et pression Utiliser une balance de précision et respecter les charges recommandées

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