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L'équipe de France de biathlon prépare les JO d'hiver de Pékin 2022 dans une usine de munitions allemande chargée d'histoire. Cette usine, située à Schönebeck, près de Magdebourg, est le lieu où les athlètes viennent se fournir en munitions.

Un fabricant de munitions quasi bicentenaire

Dans leurs bagages, les entraîneurs apportent les carabines de leurs athlètes pour tester les produits du fabricant quasi bicentenaire, le plus réputé sur ce marché de niche. «Il faut trouver la cartouche la plus adaptée au canon de chaque sportif. Chacun aura un lot de munitions différent», explique Franck Badiou, «luthier» du groupe France.

En biathlon, les fusils sont façonnés sur mesure pour les athlètes par des artisans, parfois eux-mêmes anciens sportifs. C’est le cas pour Franck Badiou, vice-champion olympique de tir (1992, Barcelone), mais aussi ancien entraîneur de l’équipe masculine (2016-2018), féminine (2019-2020). «Le matériel est un élément important, comme dans tout sport mécanique, même si, à la fin, c’est l’athlète qui fait la différence», explique-t-il.

Des tests rigoureux pour des performances optimales

Un employé de l’usine réalise des essais de tirs sur une cible, fournissant des données que notent scrupuleusement les entraîneurs, grâce à un logiciel relié à l’installation. Les tests sont réalisés dans une chambre froide, où les températures peuvent être artificiellement maintenues jusqu’à -20 degrés, même en plein été. Objectif : reconstituer les conditions climatiques qui prévalent lors des compétitions internationales.

«Le froid entraîne des contraintes mécaniques : quand une balle passe dans un canon gelé, elle est perturbée par la glace, et peut être moins rapide», explique Franck Badiou.

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Un acteur majeur du marché des munitions de biathlon

Avant chaque grande compétition, cette petite usine d’à peine 85 salariés voit défiler des dizaines de délégations internationales venues tester ses produits. L’entreprise, basée dans une ancienne région industrielle d’ex-Allemagne de l’Est, fournit en effet 96% des munitions utilisées dans les compétitions de biathlon. «Nous sommes régulièrement sur les trois marches du podium», se félicite le directeur de l’usine Uwe Müller, lui-même ancien pratiquant de ce sport.

Dans les bâtiments, où le vacarme des machines couvre les voix des ouvriers, tout est tourné vers l’esprit de la discipline nordique. Ici, chacun connaît sur le bout des doigts ce sport, qui s’invite dans les conversations et sur les murs, à travers des dizaines de photos dédicacées de biathlètes.

L'histoire riche de l'usine de Schönebeck

Les lieux sont imprégnés d’histoire : l’usine a été fondée en 1829 pour fournir la Prusse en matériel militaire, dans un contexte d’expansion de ce royaume, à l’origine de l’unité allemande. Après la Seconde Guerre mondiale, elle produit des munitions pour l’Allemagne de l’Est et les troupes du Pacte de Varsovie, les pays alliés à l’URSS, dans un contexte de guerre froide.

Pour survivre au vaste mouvement de désindustrialisation qui a frappé l’ancienne RDA, après la réunification du pays en 1990, elle s’est spécialisée dans la production de cartouches pour le tir sportif. En 1998, elle est finalement acquise par le groupe de défense norvégien Nammo, notamment fournisseur des armées de l’Otan, l’alliance militaire du bloc occidental pendant la guerre froide.

Considérée comme la plus vieille fabrique de munitions d’Allemagne, elle produit depuis près de 200 millions d’unités chaque année. «Ce sont vraiment de très bons produits, leur savoir-faire n’est pas contesté», commente Franck Badiou qui, les yeux rivés sur les données tirées des essais de tirs, ne veut rien laisser au hasard pour les JO.

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Objectif : Pékin 2022

Objectif : réitérer à Pékin les bonnes performances de 2018, où Martin Fourcade avait gagné deux médailles d’or, devenant le Français le plus titré de l’histoire des Jeux d’Hiver.

Pénurie de munitions .22LR et rôle de Lapua

La pénurie de munitions .22LR est un sujet de préoccupation pour de nombreux tireurs. L'usine Lapua possède 5 chaînes de fabrication de .22LR, mais actuellement, seulement 2 chaînes fonctionnent pour les .22, les 3 autres ayant été transformées pour fabriquer de la munition OTAN. Toutes les .22LR SK et Lapua sont fabriquées à Schönebeck. Nammo doit faire face à une demande de plus de 50 pays en .22LR et respecter des contrats importants avec des importateurs aux États-Unis et en Asie.

Fabricant Nombre de chaînes de production .22LR Statut actuel des chaînes Lieu de fabrication
Lapua 5 2 fonctionnent pour .22LR, 3 transformées pour munitions OTAN Schönebeck, Allemagne

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