Le Mosin-Nagant est une carabine à verrou d’une conception simple élaborée par le capitaine russe Sergei Mosin montée avec un magasin de cinq cartouches conçu par les Belges Émile et Léon Nagant. En service en Russie à partir de 1892, il est resté longtemps le standard de l'infanterie russe à travers la guerre russo-japonaise, la première guerre mondiale et, dans avec son amélioration de 1930, il a servi également lors de la seconde guerre mondiale. Il fut décliné en plusieurs versions, et utilisé de 1891 à 1965.
Durant le conflit russo-turc de 1877 à 1878, les troupes russes sont armées en majorité de fusils Berdan (en) à un coup alors que les Turcs disposent de fusils à répétition Winchester. En 1882, le ministère de l’armement russe décide de concevoir une arme alimentée par un chargeur de plusieurs cartouches. En 1889, un jeune capitaine nommé Sergueï Mossine soumet son projet de fusil à 3 lignes (une vieille mesure russe, 3 lignes équivalent à 0,3 pouce ou 7,62 mm) en concurrence avec le fusil à 3,5 lignes de Léon Nagant (d’origine Belge). Mais, à la fin de la période d’essais en 1891, les divers testeurs préfèrent le fusil de Nagant.
Lors du vote de la Commission pour l’approbation du fusil, le fusil Mossin recueille 14 voix contre 10. Cependant, des officiers plus influents poussent les constructeurs à un compromis : les fusils Mosin seront utilisés avec le système d’approvisionnement de Nagant. La production commence en 1892 dans les usines des arsenaux de Toula, de Sestroretsk et d’Ijevsk. À cause des capacités limitées de ces usines, 500 000 de ces armes sont produites à la Manufacture Nationale d’Armes de Châtellerault en France.
Entre l’adoption, en 1891 et 1910, plusieurs variantes et modifications aux fusils existants sont faites, incluant le changement des organes de visée, l’implantation d’une culasse renforcée (à cause de l’adoption d’une ogive de 147 grains), la suppression des doigts d’acier derrière le pontet, un nouveau canon et l’installation d’un montage à galets.
Après la victoire de l’Armée rouge, un département est créé en 1924 pour moderniser le fusil, qui est alors utilisé trente années supplémentaires. Cela a dirigé le développement du modèle 1891/30, basé sur la conception du modèle cavalerie original. Les changements incluent : la réintroduction d’organes de visée arrières plats, le rééchelonnement de la hausse en mètres à la place de l’antique archine sur les armes du tsar et le raccourcissement du canon de 5 mm. De plus, une nouvelle baïonnette à ressort est conçue pour ce nouveau modèle.
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Le fusil est conçu pour tirer avec la baïonnette déployée, ce qui augmente sa précision grâce aux vibrations harmoniques créées quand une balle est tirée.
Mais c’est en 1932, que l'Armée rouge a tiré des Mosin-Nagants des lignes d'assemblage pour les modifier pour en faire des fusils de sniper. Dans les années 1930, Le Mosin-Nagant connait une version de précision (en 1932), et est utilisé par les tireurs d’élite soviétiques pendant la seconde Guerre mondiale. Il a notamment servi pendant la bataille de Stalingrad qui a fait des snipers russes des héros comme Vassili Zaïtsev ou Roza Chanina. Ces fusils étaient réputés pour leur résistance, leur fiabilité, leur précision et leur facilité d’entretien.
Trois variantes au moins existent avec 3 lunettes différentes et des montages différents. Tous ont le levier de culasse allongé et coudé. Un, avec la lunette PU (3,5×22) et un montage latéral, un autre avec la lunette PE, plus élaborée et le dernier avec la lunette PEM et son montage spécifique, vissée à l’avant du boîtier également.
Les fusils de précision en PU ont une combinaison de marquages qui étaient utilisées sur les fusils ordinaires (comme les numéros de série, le contrôle de la qualité et les marques d'acceptation), et certaines spécifiques aux marques de fusils de précision. En commençant par des marquages spéciaux pour les fusils de précision, il est d'abord nécessaire de préciser quelle était l'approche de la production de fusils de précision en 1942.
Un peu avant la fin de 1942, lorsque la production de tireurs d'élite PU a commencé, la situation de l'approvisionnement et des machines est devenue un peu meilleure qu'au début de 1942. Les usines ont pu accorder plus d'attention à la précision de la production de canons, ce qui a permis de démarrer la production séparée de canons plus précis. Ces canons étaient considérés comme des canons de qualité sniper et étaient marqués d'un marquage spécial, qui indiquait qu'ils étaient produits avec des tolérances plus strictes et que leurs utilisations sur les fusils de sniper était autorisée.
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L'usine d'Ijesvk a utilisé un «C» dans un cercle de marque d'épreuve comme marquage de qualité de tireur d'élite. Fin de 1942 / début 1943, il a été estampé sur la partie avant gauche de la chambre, depuis le milieu de 1943 et plus loin - sur la partie avant droite de la chambre. Dans certains cas, il était décalé vers le milieu. Très souvent, ce marquage était mal estampé. L'usine de Tula a utilisé un marquage «CH» comme marquage de qualité sniper. Normalement, il était situé au-dessus de l'étoile, dans la partie supérieure médiane de la chambre. Parfois, il était décalé vers la droite ou la gauche. Très souvent, le marquage était mal estampé.
Durant le second conflit mondial, un type de soldat particulier fût exploité lors des batailles et opérations qui opposèrent l'Armée rouge et la Wehrmacht sur le Front de l'Est. En effet, ils pouvaient tuer plusieurs officiers et soldats sans se faire repérer. Ils influençaient également beaucoup sur le moral des troupes ennemies ainsi que des Alliés.
L'armée soviétique comptait 2000 femmes tireurs d'élite comme Ludmila Mikhaïlovna Pavlitchenkova (1916-1974), certainement la plus célèbre d'entre-elles avec ses 309 victimes homologués. Enfin, comment ne pas parler du binôme féminin composé de Natalia Venediktovna Kovchova (1920-1942) et Maria Semionovna Polinovna (1922-1942) qui obtinrent à eux deux près de 300 victoires. Elles connurent une fin tragique le 12 août 1942, dans la région de Novgorod. Engagées dans un combat inégal contre des nazis, les deux jeunes femmes blessées furent prises en tenaille par l'ennemi.
Parmi les hommes, la liste est longue mais deux d'entre eux sortent du lot. Le premier est Vassili Grigorievitch Zaïtsev, le même Vassili interprété par Jude Law dans le film Stalingrad. Le second est Simo Häyhä, surnommé Belaya Smert (Mort Blanche) par les Soviétiques.
Vassili Zaïtsev est né à Leleniskoï en 1915 dans une famille de paysans. Il a étudié dans une école de construction à Magnitogorsk puis intègre la marine soviétique en 1936 ou il se spécialise dans la gestion. Il fût affecté à la 284e division de fusilier de Sibérie puis devint sous-lieutenant de l'Armée rouge lorsqu'il traverse la Volga en 1942. Son commandant de régiment Metelev lui a offert son fusil, un Mosin-Nagant.
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Lors de la terrible bataille de Stalingrad, du 10 novembre au 17 décembre 1942, Vassili Zaïtsev abat 225 officiers et soldats allemands dont 11 tireurs d'élites. De retour sur le front, Zaïtsev finit la guerre sur le fleuve Dniestr au grade de capitaine. Puis, il rédige deux manuels sur sa spécialité qui est encore enseignée de nos jours. On estime à 28 le nombre de tireurs d'élite qu'il a entraînés. Zaïtsev est mort à l'âge de 76 ans à Kiev.
Il fût officiellement crédité de la mort de 505 soldats soviétiques, le chiffre non-officiel s'élève a 542 soldats tués sur le champ de bataille de Kollaa (7 décembre 1939 - 13 mars 1940). Son fusil était un M28, une variante finlandaise du Mosin-Nagant car l'arme convenait bien à son petit gabarit. Il mesurait 1 mètres 52.
Ce tireur d'élite hors du commun n'était pas comme les autres. Il n'utilisait aucune lunette de tir pour différents choix tactiques. Cela pouvait agrandir sa silhouette et causer des problèmes avec la réflexion du soleil qui révélant évidemment sa position à l'ennemi. Étant donné que son terrain favori était la neige, Simo Häyhä avait quelques astuces comme compacter la neige devant lui afin que le tir n'agite pas la neige et révèle sa position.
Les Russes tentèrent à plusieurs reprises différentes tactiques afin de le tuer, ou tout du moins le stopper (tireurs d'élite ou bombardement d'artillerie) mais sans jamais réussir à part déchirer sa veste grâce à un obus de fragmentation ! Le 6 mars 1940, Simo Häyhä pris une balle dans la mâchoire mais heureusement pour lui le projectile dévia à l'impact et quitta sa tête sans le tuer.
Roza Chanina se porte volontaire pour servir comme tireur d’élite en première ligne, et on lui attribue un total de 59 ennemis tués. Roza Chanina est née à Edma, petit village russe du gouvernement de Vologda, fille d’Anna Alexeïevna Chanina, une trayeuse de vaches dans un kolkhoze et de Gueorgui Mikhaïlovitch Chanine, un bûcheron infirme du fait d’une blessure reçue pendant la Première Guerre mondiale.
Elle participe ensuite volontairement au Vsevoboutch - l’entraînement militaire pour les hommes de 16 à 50 ans - et entre plus tard en juin 1943 à l’Académie centrale de formation des femmes tireurs d’élite de Podolsk dans l’oblast de Moscou après deux années d’altercations avec la direction du centre de recrutement, où elle venait régulièrement demander à être engagée. Le 22 juin 1943, Roza Chanina s’enrôle dans l’Armée rouge et le 2 avril 1944, elle rejoint la 184e division de fusiliers où un peloton féminin de tireurs d’élite avait été formé. Elle combat pendant neuf mois et participe à la grande offensive soviétique sur Vilnius, déclenchée le 5 juin 1944.
Chanina s’est décrite elle-même comme une « bavarde illimitée et téméraire » pendant ses années de collège. Selon la sœur de Chanina, Lidiya Vdovina, Roza avait l’habitude de chanter sa chanson de guerre préférée « Oy tumany moi, rastumany » (« Ô mes brumes ») à chaque fois qu’elle nettoyait son arme.
Roza Chanina a obtenu l’ordre de la Gloire par deux fois, devenant ainsi la première femme à recevoir l’une des plus hautes décorations soviétiques de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui a valu la célébrité dans l’ensemble du pays et la publication d’articles et de photos à son sujet dans les médias. Pendant la guerre, elle est baptisée par les journalistes étrangers la « Terreur invisible de la Prusse orientale », du nom de la région où elle combattait depuis l’automne 1944.
Les militaires de Bulgarie, Tchécoslovaquie, Estonie, Hongrie, Pologne, Roumanie et Serbie ont tous utilisé le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre durant le XXe siècle. Les Mosin dans ces pays subirent souvent des modifications, et furent souvent utilisés dans les années 2000-2006 comme fusils d’entraînement.
Durant les années 1920 et 1930, les forces communistes de Chine ont reçu des Mosin-Nagant de l’URSS pour contrer les forces nationalistes pendant la guerre civile chinoise. La Chine commença à fabriquer des M1944 sous l’appellation de Carabine Type 53. Les machines utilisées pour les produire étaient fournies par l’Union soviétique dans le début des années 1950. Elles diffèrent un peu des modèles soviétiques.
Après avoir conquis son indépendance, la Finlande acheta de nombreux Mosin à l’étranger, essentiellement des fusils autrichiens et allemands capturés aux Russes pendant la Première Guerre mondiale. Ces fusils, plus vieux, étaient ordinairement rénovés ; cela pouvait être aussi infime que les poinçons de l’armée finlandaise (SA) et une nouvelle bretelle, ou très important comme une refonte totale avec de nouveaux montages, organes de visée, détentes et un canon plus précis en diamètre 308 et non 311.
L’Empire allemand a capturé une grande quantité de Mosin-Nagant durant la Première Guerre mondiale. Ceux-ci ont reçu des modifications variées, notamment un recalibrage en 8x57S Mauser. Beaucoup étaient équipés d’un montage adapté pour recevoir une baïonnette-lame allemande. Ces fusils étaient distribués en seconde ligne et à la Kriegsmarine.
L’Union Soviétique et la République populaire de Chine ont fourni un nombre important de Mosin-Nagant à la Corée du Nord pendant la guerre de Corée. Cependant, la politique d’autarcie encore en effet aujourd’hui a fait que la Corée du Nord a produit ses fusils elle-même.
Dans les années 1920, la Pologne recalibra environ 77 000 Mosin-Nagant en 8mmMauser (8x57S). Beaucoup de modifications furent effectuées : les canons furent rechambrés en 8 mm et raccourcis à 23 pouces de longueur. D’autres modifications ont été faites aux culasses et aux chargeurs pour permettre l’utilisation des lames-chargeurs et assurer un approvisionnement correct.
Les États-Unis et les forces militaires alliées ont rencontré des fusils et des carabines Mosin-Nagant en action dans les mains de la guérilla Viet Cong et des soldats de l’armée nord-vietnamienne. Un certain nombre de M-1944 russes et de Type 53 chinois furent utilisés comme fusils lance-grenades avec des copies locales du lance-grenade US M7. Des fusils de sniper PU-scoped M91/30 furent aussi aperçus.
Pratiquement tous les pays qui reçurent une aide militaire de la vieille Union Soviétique utilisèrent le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre. Le Mosin-Nagant a aussi été vu en action dans les mains des moudjahidins en Afghanistan durant l’occupation de l’URSS dans les années 1970-80. Celles-ci servirent aussi aux forces de l’Alliance du Nord dans les années 1990 et au début du XXIe siècle.
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