Félicitations, après des dizaines d’heures de recherche, vous venez de faire l’acquisition d’un nouvel appareil photo et d’objectifs ! Il faut dire que pour choisir un sac photo en 2025 est particulièrement compliqué car vous avez du choix, beaucoup (trop) de choix. De la même manière qu’un objectif 24 mm et 200 mm répondent à des usages différents, les sacs photos répondent à des usages différents, et beaucoup de paramètres peuvent varier : le volume, les finitions, l’accessoirisation, le look, etc. Comme toujours, votre boussole, et ce qui va déterminer votre achat, ce sont vos besoins.
Mais avant de plonger dans les différents types de sacs photos, je voudrais dissiper ce qui est selon moi le gros malentendu des sacs photos. Il s’agit d’un piège ultra-classique dans lequel je suis moi-même tombé à mes débuts. Le gros sac photo unique à tout faire est un mythe car les besoins sont trop différents, comme on l’a dit. Les fabricants l’ont bien compris (les filous), en proposant des sacs toujours plus gros, toujours plus solides, et toujours plus chers. Il pèse 2,6 kg à vide, pour un volume max de 42 L, et coûte quasiment 500€. Alors soyons clairs : je ne dis pas que c’est un mauvais sac, loin de là (sans rancune Peter !) Je dis simplement ce n’est pas forcément le bon sac pour vous. Ne croyez surtout pas qu’en achetant ce sac, vous résoudrez durablement comme par magie votre problème de sac photo.
Comme son nom l’indique, le sac à dos permet une répartition équilibrée du poids sur les deux épaules et la taille pour un portage confortable, même chargé. Il existe plusieurs sous-catégories de sac à dos photo. Ils ont donc tendance à être volumineux pour emporter beaucoup de matériel (40 L voire plus). Ce sont toujours des sacs à dos, mais moins optimisés pour marcher longtemps. Souvent, ce genre de sac apporte un soin tout particulier à l’ergonomie et à l’accessoirisation, et souvent aussi, ils ne sont pas donnés. Personnellement, je trouve ça important dans un cadre professionnel ou en voyage d’avoir un look passe-partout, discret, et très fonctionnel.
J’ajoute aussi dans cette catégorie les sacs de voyage (Duffel bag en anglais) design qui font aussi sac à dos. L’avantage est d’avoir plus de volume pour stocker des affaires non-photo, et une fermeture éclair sur toute la longueur pour avoir accès plus facile. Si vous voyagez en avion, pensez à vérifier la taille maximale des bagages cabines avant de vous jeter sur le modèle 65 L !
Indémodable, c’est un peu le sac du photographe dans l’imaginaire collectif ! En plus d’être discret et léger, il ne ruine pas votre look, et comme vous l’avez sous la main et les yeux, très sécurisant contre les risques de vol. Deux inconvénients majeurs cependant. D’abord, le volume assez modeste. Une fois que vous avez rangé un appareil et un objectif, il ne reste pas toujours de la place pour prendre une bouteille d’eau, une veste !
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Littéralement “sac bretelle“. Mi-sac à dos, mi-sac en bandoulière, le Sling bag combine les avantages des deux. Il se porte en travers du corps via une unique bretelle rembourrée et peut pivoter rapidement sur le devant pour accéder au matériel. Comme vous pouvez voir, le sling bag épouse la forme du corps, ce qui bloque les mouvements de balancier quand vous vous déplacez.
Si vous ne saviez pas que le tote-bag photo existait, et bien moi non plus ! Notez ces tote-bags peuvent se transformer en sac à dos, et que la banane photo peut se porter autour de la taille ou comme un mini sling bag. Elles n’ont pas du tout le même usage que les sacs précédents.
Vous remercierez les roulettes pour aller de la gare/l’aéroport à votre Airbnb préféré. Attention à bien vérifier la taille maximale du bagage cabine des compagnies aériennes. Le top de la valise de transport de matériel. Elles ressemblent aux Fly cases, vous savez ces valises rigides utilisées par les musiciens en tournée ! Mais celles-ci ne sont pas en métal, mais plutôt en matériau plastique rigide ultra-résistant. Je les sépare volontairement des valises photos non-rigides, même si elles ont aussi parfois des roulettes et une poignée télescopique.
Après avoir exploré les cloisons amovibles en mousse pour valises rigides, parlons maintenant de l’insert photo. Non il ne s’agit pas d’un système de chauffage, mais simplement d’un module rembourré avec séparateurs ajustables qui permet de ranger et protéger votre équipement photographique. Bien évidemment, vous imaginez bien que Peak Design a un produit à proposer, avec le Camera Cube V2. Vous m’avez aussi parlé du Fjällräven Känken Photo Insert. Ces systèmes sont dits modulaires car vous pouvez faire varier le nombre de pochettes selon les besoins. Vous pouvez choisir des pochettes souples, ou bien davantage rembourrées (ça s’appelle un Holster), selon vos besoins. Si vous n’avez pas besoin d’être très réactif, vous pouvez aussi mettre ces pochettes dans un sac normal, non photo, pour transporter votre matériel. Notez aussi que les pochettes souples ont l’avantage d’être souples (!), donc vous pouvez les aplatir hors utilisation.
Ceci est un article sur les sacs photo certes, mais j’ai pensé utile de vous parler des autres façons de porter votre appareil ! Vous connaissez probablement Peak Design pour leurs sacs ou leurs sangles qui sont très populaires. Mais connaissez-vous leur premier produit, le Capture Clip, lancé en 2011, qui les a fait connaitre ? C’était via un financement participatif sur Kickstarter et ce fut un succès considérable. Le Capture Clip permet de fixer l’appareil à la bretelle de sac ou toute autre sangle de sac. L’appareil est monté sur un plateau rapide qui vient se clipper sur le support placé sur la sangle ou la bretelle. Encombrement minimum pour une mobilité maximale.
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Le premier (le plus douloureux) c’est le retour de balancier qui peut se produire si vous vous baissez vers l’avant par exemple. Pour contrer ça, Blackrapid propose une sangle améliorée, qui bloque ce mouvement grâce à une sangle supplémentaire qui passe sous votre bras et un ergot au contact de l’appareil pour l’empêcher de coulisser. En plus de ça, la sangle ne se met pas au milieu, car elle est attachée à la vis trépied sous l’appareil. Pas idiot du tout ! la manière dont les sangles se fixent à l’appareil photo sur les côtés. Et pour résoudre toutes ces petites tracasseries, je ne vais pas faire semblant, j’adore les sangles Peak Design.
Je tenais à vous en toucher un mot, mais clairement c’est un accessoire qui n’est pas pour tout le monde (d’un point de vue esthétique). Si vous voulez rester discret et ne pas ressembler à un membre du RAID en sortie photo, passez votre chemin. Remarquez, ça peut aussi être une stratégie pour dissuader les voleurs. Beaucoup plus discret que le harnais, j’ai nommé la double courroie ! Elle est surtout adaptée si vous avez besoin de porter deux boîtiers, typiquement en photo de mariage et événementielle. Notez que ce système est vraiment parfait pour faire des photos de manière continue en se déplaçant, mais sans avoir à marcher de longues distances avec vos boîtiers sur les côtés (exit la randonnée).
Quand je parle de besoin, je fais en fait référence aux différentes situations que vous rencontrez avec votre matériel photo. En guise de méthodologie de choix, le plus simple m’a paru de vous lister plusieurs situations photo types, pour que vous puissiez vous reconnaître dans une ou plusieurs d’entre-elles. Je vous suggérerai une solution de portage adaptée pour chaque situation (mais ce n’est pas la seule).
Compact, malin, durable. Le Deuter Stroof 5 n’est pas un sac à dos (ne vous trompez pas de rayon) : c’est une sling/crossbody de 5 L pensée pour la ville, les trajets multimodaux et les petites sorties. Organisation très soignée, port ambidextre, tissus recyclés et promesse de réparation à vie. Limites claires : capacité réduite, ventilation quasi nulle, pas d’étanchéité intégrale. Bref : excellent EDC urbain.
Deuter fait partie des historiques de la bagagerie outdoor. Sur le Stroof 5, la marque reprend ses recettes (matériaux costauds, conception fonctionnelle, garanties sérieuses) et les transpose à un usage quotidien. Mixte, oui : coupe unisexe, couleurs sobres, port à droite ou à gauche. On sent l’ADN montagne, mais l’objet reste résolument urbain.
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Pour situer le positionnement “port léger”, on peut rapprocher le Stroof 5 d’une banane technique.
Sangle large, rembourrée, réglages propres, sternum strap amovible pour plaquer la charge quand on marche vite ou qu’on pédale. Port droit/gauche au choix : utile pour éviter la fatigue unilatérale. Ventilation ? Presque rien (dos plein, normal pour une sling). Du coup, en été chaud : ça colle un peu.
La force du Stroof, c’est la rapidité : on pivote devant soi, zip, on attrape portefeuille, lunettes, passeport, mini-compact, chargeur. L’insert tablette rembourré sécurise une liseuse ou une petite tablette. Les poches internes évitent le “tout-au-fond-introuvable”. Simple.
Traitement DWR sans PFAS : pluie fine, RAS. Averse longue : contenu humide en bordure de zip. Orage + vélo ? Housse conseillée (non fournie). On parle bien de déperlance, pas d’un sac étanche soudé.
EDC urbain typique : portefeuille compact, clés, smartphone + batterie 5 000 mAh, lunettes, petite trousse (stylos + écouteurs + spray hydro), liseuse/tablette 8-10”, barres, et… c’est tout. Un coupe-vent très fin passe encore, mais pas de bouteille 1 L (réservez ça au Stroof 8).
Tissus 300D/500D recyclés, labels bluesign® et Green Button, déperlant PFAS-free, compensation carbone via ClimatePartner. Bref : cahier des charges sérieux sur l’impact. Et côté SAV, “Deuter Promise” : réparation à vie (vraie politique de réparation, pas du marketing vide).
Tarif public UE observé : ~70 € (Allemagne/Slovénie), ~79 € selon pays. En promo chez certains revendeurs : ~52-56 €. En dollars US : ~60 $. Peu d’avis publics spécifiques au Stroof 5 au moment d’écrire (les fiches officielles et certains shops n’affichent pas encore de notes). Sur des modèles comparables, les retours convergent : accès ultra-rapide en mobilité, organisation pratique, confort correct tant qu’on reste léger ; fatigue d’épaule si surcharge, ventilation faible l’été, et évidemment - capacité limitée, on vit avec. REI note l’Osprey Daylite Sling très haut (4,9/5) et Pack Hacker salue la praticité des sling 6-8 L.
Vous hésitez entre 5 L et 8 L ? Posez la règle suivante : si vous devez embarquer une bouteille 1 L, partez sur Stroof 8 ou Atom 8 L. Sinon, le Stroof 5 est plus compact, plus discret, et suffisant pour l’EDC.
Le Deuter Stroof 5 réussissait ce qu’il devait faire : remplacer un sac à dos quand un sac à dos est trop. On transporte l’essentiel, vite, bien, sans s’encombrer. Les matériaux sont propres, l’organisation est carrée, la promesse de réparation rassure. Ses limites ? Ventilation nulle, capacité serrée, et protection pluie “raisonnable mais pas plus”. À acheter si vous vivez en ville, bougez en vélo/métro, partez en city-break, et que vous aimez rester léger. À éviter si vous voulez randonner sérieusement ou porter de l’eau + une couche thermique. Simple. Net.
Voici plus d'un an que j'utilise les produits bikepacking du fabricant anglais Restrap. Un kit de bagagerie légère pour le vélo, fabriquée en Angleterre, très exactement dans le Yorkshire. C'est en 2010, à Leeds, chef-lieu du Yorkshire, que Nathan Hughes, le fondateur de la marque Restrap, débute, en concevant lui-même ses propres cale-pieds pour pédales. Puis ses amis ont commencé à lui passer des commandes. La petite machine à coudre dans sa chambre est désormais loin. Aujourd'hui, Restrap emploi une vingtaine de salariés et est installé dans un bel atelier, toujours à Leeds. Nathan et ses équipes revendiquent leur attachement aux terres qui les entourent et qui les inspirent. Ils en ont d'ailleurs fait leur slogan : "Handmade in Yorkshire". La gamme Carry Everything a été la première à voir le jour chez Restrap. C'est la gamme de bagagerie vélo destinée à l'aventure et au voyage ; Conçue pour ceux qui recherchent un ensemble léger et robuste et qui ne possèdent pas d'inserts pour d'éventuels porte-bagages (ou ne souhaitent pas en installer).
La sacoche de cintre Restrap Bar Bag (ici en version Large) fonctionne sur un principe d'étui (holster) venant englober un sac étanche (dry bag). La fixation se fait directement sur le cintre, qu'il soit courbé/route (drop bar) ou plat (flat bar). Selon votre besoin d'espace et le type de passage de gaine de votre cintre, vous pouvez utilisez des mousses (fournies) pour éloigner plus ou moins l'étui du cintre. Il faut donc s'assurer au préalable de bien arrimer l'ensemble pour que le bagage trouve sa place. Une fois que cela avait été ajusté, plus de souci. Toutefois, il faut veiller à ce que le sac étanche soit bien serré à l'intérieur de l'étui. Ce que j'ai beaucoup aimé à l'usage en revanche, c'est la petite sacoche supplémentaire qui vient s'arrimer sur le holster. Cette petite trousse d'environ trois litres se fixe grâce à des attaches magnétiques. Elle se déclipse ainsi très facilement. C'est parfait pour y mettre des choses importantes (portefeuille, téléphone, clé d'antivol ou même (petit) appareil photo). On peut ainsi emmener avec soit ce qui craint le vol lors d'un arrêt rapide.
La sacoche de cadre Restrap Frame Bag existe en différentes tailles (Small, Medium et Large), afin de convenir à différentes formes et tailles de cadre. Ici, la version Large s'installe parfaitement à l'intérieur d'un cadre en taille L/56. Difficile de dire que cette sacoche de cadre est mal arrimée. Avec pas moins de six fixations, le bagage tient parfaitement en place (3 fixations velcro sur le top tube, et 3 sangles). Je l'ai surtout trouvé très pratique. Le poids de ce frame bag Large est de seulement 255 grammes. La fermeture de gauche vous permet d’accéder à la quasi totalité du volume. Une fermeture zip de l'autre coté vous autorise à y glisser des objets plus fins (câbles, passeport, carte bancaire ou encore un smartphone). L'avantage d'un frame bag en bikepacking, c'est l'endroit qui subit le moins les chocs et les vibrations, si vous arpentez des chemins un peu défoncés (et/ou que vous voulez rouler vite). Vous pouvez donc y loger des objets plus fragiles.
Enfin, l'élément le plus emblématique du bikepacker : la sacoche de selle (que certains trouvent hideuse ou que d'autres comparent ça à un dard de guêpe). Ce Saddle Bag a été pour moi l'élément le plus pratique. Pourquoi ? Grâce à son système d'étui (holster, comme le bar bag). Une fois celui-ci fixé sur la tige de selle (et la selle), plus besoin de tout détacher lorsque vous arrivez sur le lieu de votre nuitée. Il suffit juste de venir retirer le sac étanche. Très pratique. L'étui est une sorte de coque semi-rigide, composée d'une plaque en plastique et recouverte par du tissu Cordura. Le laçage orange fait son petit effet. Le tout est à la fois très résistant, et permet aussi, sans trop de souci, de charger un peu l'arrière du vélo (bonne résistance au poids sur le fond). On a toujours un petit effet de ballotement (si vous n'en voulez plus, passez sur du Tailfinn) mais globalement rien de très gênant. La fixation du dry bag se fait par une sangle avec une attache magnétique, un peu similaire à du Fidlock. On peut serrer et attacher d'une main. Le sac est solidement arrimé et sera difficile à perdre.
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