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La société Smith & Wesson, fondée en 1852 par Horace Smith et Daniel B. Wesson, s’est rapidement imposée comme l’un des plus grands fabricants d’armes à feu au monde. Dès ses débuts, l’entreprise a démontré un flair indéniable pour l’innovation, et ce, particulièrement en ce qui concerne les revolvers à platine double action.

Les Débuts de Smith & Wesson

L’entreprise Smith & Wesson est née en 1852 de l’association de Horace Smith et Daniel Wesson, tous deux ayant déjà une forte expérience dans le domaine des armes à feu. La société Smith et Wesson développe tout d’abord un premier modèle, l’arme de poing ‘Volcanic’, dont les droits seront rapidement cédés à la société qui deviendra plus tard la firme Winchester. En 1857 est fabriqué le premier revolver Smith et Wesson appelé tout simplement ‘modèle numéro 1’.

La numérotation chez Smith & Wesson de ses revolvers à cartouches métalliques n’est pas d’une simplicité extrême. En illustration, on peut citer le revolver Smith & Wesson numéro ‘1’ qui possède trois différentes variations dont par exemple le premier ‘Smith et Wesson numéro 1 première version’ qui dispose de 6 versions différentes.

Développement et Innovations

Un tournant majeur dans l’histoire de la marque se produisit en 1872 lorsque Smith & Wesson entreprit de développer un nouveau mécanisme de platine à double action pour ses revolvers destinés à l’armée russe. Le gouvernement russe, en quête de révolvers performants pour ses troupes, avait demandé à S&W de concevoir un modèle spécifique. Cependant, bien que le projet ait été lancé avec enthousiasme, le gouvernement russe ne donna finalement pas suite à cette commande, laissant la société face à un défi supplémentaire : continuer à perfectionner le mécanisme sans client immédiat.

L’ingénieur John H. Bullard, connu pour sa maîtrise des mécanismes complexes, se vit confier la tâche de parfaire ce système de double action. Après plusieurs années de travail minutieux, le fruit de ce développement fut dévoilé en 1879 : un revolver de poche à extraction collective des étuis. Cette innovation, qui consistait à basculer l’ensemble canon-barillet vers le bas pour éjecter les étuis de manière simultanée, apportait une efficacité inédite aux revolvers de l’époque.

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En 1870, Smith & Wesson développe le premier revolver de gros calibre, le "Model 3 American". Ainsi, entre 1870 et 1874, l’armée américaine commande 28 000 exemplaires du Smith & Wesson Model 3. Une version modifiée sera même créée quelques années plus tard pour l’armée russe, qui en commandera 131 000 exemplaires. 1887 marque la création du Smith & Wesson Safety Hammerless, revolver à double action et à chien non apparent.

La contribution de Smith & Wesson à l'histoire des armes de poing et du développement des cartouches a continué à travers le 20e siècle. Le premier revolver Magnum, le 357 Magnum, a été présenté par la compagnie Smith & Wesson en 1935.

Les Modèles "Top Break" à Double Action

Ces revolvers, rapidement surnommés « Top Break » en raison de leur mécanisme particulier, étaient équipés d’une platine à double action, ce qui permettait à l’utilisateur de tirer plus rapidement tout en garantissant une précision accrue. Le premier modèle de la série fut produit en 1880 et portait un numéro de série compris entre 1 et 4000. Ce modèle se distinguait par une plaque de recouvrement relativement large découpée sur le côté gauche de la carcasse, une caractéristique qui devint emblématique des premiers revolvers de la marque. Cette plaque, qui servait à protéger et à maintenir en place le mécanisme interne, était aussi un moyen de simplifier l’entretien et le démontage de l’arme.

Les collectionneurs s’interrogent souvent sur le classement de certaines variantes tardives en calibres .38 et .32. La classification de ces variantes, aussi appelées « modèles » est encore obscure pour beaucoup de collectionneurs. Nous allons donc en rappeler brièvement les caractéristiques avant d’évoquer leur classement.

Les Différents Modèles

  • Premier modèle : comme pour le premier modèle en .38, cette version comporte une carcasse largement découpée du côté gauche pour une plaque de recouvrement donnant accès au mécanisme.
  • Second modèle : cette version comporte une plaque de recouvrement légèrement ovale, dont la surface moins importante fragilise moins la carcasse. La fabrication de cette version commença en 1882 et prit fin en 1883.
  • Troisième modèle : se caractérise par la suppression des doubles encoches d’arrêt sur le pourtour du barillet : une caractéristique qui fut maintenue sur les modèles suivants. Ce modèle fut fabriqué jusqu’en 1895 et les numéros de série de cette variante vont de 1190001 à 322700.
  • Quatrième modèle : comporte une détente en croissant et un pontet de forme ovale. Sa fabrication s’étendit de 1883 à 1909 et les numéros de série s’étendent de 43406 à 282999.
  • Cinquième modèle : cette version comporte un guidon forgé dans la masse du canon et non plus rapporté. Le marquage du canon ne mentionne que l’adresse du fabricant, sans date de brevet.

En 1884, la société apporta des modifications significatives à son modèle. Le second modèle, fabriqué entre 1880 et 1884, se caractérisait par une plaque de recouvrement plus étroite, qui visait à renforcer la solidité de la carcasse sans compromettre l’efficacité du mécanisme. L’objectif était de rendre l’arme plus résistante aux contraintes mécaniques et aux épreuves du temps, tout en maintenant une conception simple et pratique.

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Le troisième modèle, produit jusqu’en 1895, marqua une autre évolution importante dans l’histoire du revolver Top Break. L’une des modifications notables résidait dans la suppression des doubles encoches d’arrêt présentes sur le pourtour du barillet. Ces encoches, qui étaient présentes sur les modèles précédents, étaient nécessaires pour maintenir le barillet en place pendant le tir. Leur suppression dans ce troisième modèle était une avancée technique importante, car elle simplifiait le mécanisme sans pour autant en diminuer la sécurité. La stabilité du barillet était désormais assurée par un système de verrouillage plus avancé, qui permettait de réduire l’usure et d’améliorer la précision sur le long terme.

La fabrication du quatrième modèle, lancée en 1895, apporta encore de nouvelles modifications. L’arme se distinguait par une queue de détente et un pontet redessinés, ce qui améliorait son ergonomie et la facilité de prise en main. Le design du quatrième modèle visait à offrir aux utilisateurs un meilleur confort, tout en continuant de garantir la fiabilité et la durabilité du mécanisme. Ce modèle fut produit jusqu’en 1909 et fut également marqué par l’inclusion du brevet du 9 avril 1889, qui représentait une nouvelle étape dans l’évolution de la platine à double action.

En 1909, la société Smith & Wesson lança le cinquième modèle de son revolver Top Break, qui représentait une dernière évolution importante avant l’introduction de modèles plus modernes. Ce modèle se distinguait par un assemblage du canon sur la carcasse plus carré que les précédents, ce qui donnait à l’arme une apparence plus robuste et plus imposante. Le guidon était désormais forgé dans la masse, ce qui assurait une plus grande solidité et une précision accrue. Cette version finale du Top Break, produite en 1909, marqua la fin de la production de ce modèle spécifique, qui avait pourtant connu un grand succès depuis sa première commercialisation dans les années 1880.

Le .38 Double Action « Perfected Model »

Le revolver Smith & Wesson calibre .38 Perfected Model intègre les dernières innovations techniques de la marque, notamment un verrouillage du barillet par poussoir latéral, en complément du verrou supérieur. Le pontet et le guidon sont désormais usinés dans la masse, offrant une construction plus robuste et intégrée à la carcasse. Cette version, fabriquée de 1909 à 1920, comporte un pontet forgé dans la masse en même temps que la carcasse (alors que les versions précédentes étaient équipées d’un pontet rapporté, vissé sous la carcasse. Le « Perfected Model » comporte par ailleurs un second verrouillage de l’ensemble canon-barillet, actionné par un poussoir placé du côté gauche de la carcasse.

Les Modèles "Safety Hammerless" (Lemon Squeezer)

A la suite d’accidents mortels survenus avec des S&W à double action à chien extérieur, le fabricant proposa un modèle à sûreté automatique et à chien interne. La sûreté était composée d’un poussoir placé à l’arrière de la poignée, qui bloquait le chien si la poignée n’était pas fermement serrée par la main du tireur. Cette version à chien interne, couramment surnommée « Lemon Squeezer » (Presse citron) fut elle aussi déclinée en un certain nombre de modèles en calibre .38 et .32.

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Les Différents Modèles

  • Premier modèle : est équipé d’un verrouillage de canon par un poussoir transversal.
  • Second modèle : se distingue par un nouveau type de verrouillage par un poussoir placé en haut et à l’arrière de la carcasse.
  • Troisième modèle : se différencie du précédent par un verrou comportant un poussoir placé dans une cuvette au sommet de la bande supérieure du canon. La platine a également été modifiée pour que le basculement de l’ensemble canon-barillet bloque le chien. La production du troisième modèle s’étendit de 1890 à 1898, avec des numéros de série compris entre 42484 et 116002 .
  • Quatrième modèle : comporte le verrou en T classique sur la plupart des S&W « Top Break ». Cette version fut fabriquée de 1898 à1907 avec des numéros allant de 116003 à 220000.
  • Cinquième modèle : se distingue du précédent par son guidon usiné dans la masse du canon et son marquage de canon ne mentionnant que l’adresse du fabricant.

Les Modèles "Safety Hammerless" en Calibre .38

  • Premier modèle : est identique au .38 « Safety Hammerless » du troisième modèle mais ne comporte pas de blocage de la percussion au basculement de l’ensemble canon-barillet. Les revolvers de cette version, fabriquée de 1888 à 1902, portent des numéros allant de 1 à 91417.
  • Second modèle : comporte un verrou de canon en forme de « T ». Cette version, produite de 1902 à 1909 comporte des numéros de série s’étendant de 91418 à 169999.
  • Troisième modèle : se distingue simplement par son guidon usiné dans la masse et non plus rapporté. Cette version fut produite de 1909 à 1937 et ses numéros vont approximativement de 170000 à 242981.

Classement et Considérations Légales

Il en va de même de la plupart des modèles en calibre .32 et 38. Le classement des cinquièmes versions des revolvers en calibre .38 est sujet à interrogations, car ces versions sont apparues après 1900. Mais les caractéristiques des mécanismes, dont celles de brevets antérieurs à 1889, et les évolutions de fabrication (guidon et pontet usinés dans la masse) ne sont aucunement de nature à augmenter la dangerosité de l’arme. Concernant le .38 Double Action « Perfected Model », le SCAE considère qu’il s’agit d’un nouveau modèle à part entière et non d’une ultime variante du modèle de base.

Tout au long de ces décennies de production, le revolver Top Break de Smith & Wesson s’est imposé comme l’un des plus grands succès de l’histoire de la marque. Grâce à ses innovations successives, il a contribué à redéfinir les normes de conception des revolvers et à influencer de nombreux autres fabricants dans le monde. Son système d’extraction des étuis par basculement vers le bas, sa platine à double action, et ses diverses améliorations techniques ont fait de ce modèle une référence incontournable dans l’histoire de l’armurerie.

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