Le revolver Bulldog Belge est une arme de poing compacte et robuste qui a connu une grande popularité à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Fabriqué en grande quantité, principalement en Belgique, il a été diffusé largement en Europe et au-delà. Cet article explore l'histoire, les caractéristiques et les variantes de ce revolver emblématique.
Le concept du revolver Bulldog trouve ses racines dans le revolver Webley RIC (Royal Irish Constabulary), une arme brevetée en 1868 par la firme britannique Webley & Scott. Conçu initialement pour les forces de police irlandaises, le Webley RIC était un revolver robuste, fiable et relativement compact pour l'époque.
En 1878, Webley commercialise les premiers revolvers Bulldog. Ce revolver se distinguait par son design compact et sa puissance de feu, adaptée à un usage en défense rapprochée. Son canon court facilitait la dissimulation et la manipulation rapide. Le Bulldog était doté d’un mécanisme à simple action ou double action selon les modèles, offrant ainsi une certaine flexibilité d’utilisation.
Le succès du Bulldog fut tel que de nombreux armuriers, notamment en Belgique et au Royaume-Uni, en produisirent des copies en très grand nombre. Ces copies variaient considérablement en qualité, certaines étant presque identiques à l’original, tandis que d’autres présentaient des finitions plus grossières. Ces répliques furent fabriquées dans une large gamme de calibres, allant du .22 au .455, pour répondre aux besoins et aux préférences variées des utilisateurs.
Le Bulldog se caractérise par son canon court et son cadre solide, conçu pour supporter des calibres puissants malgré sa taille réduite. Le mécanisme du Bulldog repose sur un système à simple et double action, permettant à l’utilisateur de choisir entre une détente légère en simple action, nécessitant un armement préalable du chien, ou une détente plus lourde en double action, où le chien est armé automatiquement lors du tir. Ce mécanisme offrait un bon compromis entre rapidité de tir et précision.
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Le revolver Bulldog était disponible dans une variété de calibres, notamment :
Les revolvers Bulldog belges sont souvent marqués de poinçons spécifiques, permettant d'identifier leur origine et leur date de fabrication approximative. Parmi les poinçons courants, on retrouve :
Le revolver était souvent équipé d’une poignée en bois ou en corne, conçue pour offrir une bonne prise en main malgré la compacité de l’arme. Les finitions pouvaient varier, allant du bronzage au nickelage, avec parfois des gravures ornementales sur les modèles de luxe.
Parallèlement à la popularité du Bulldog, une autre arme compacte fit son apparition en 1878 : le « revolver-cycle » ou « revol-velo ». Conçu par l’armurier parisien Joubert, ce revolver était spécifiquement pensé pour se loger dans la poignée d’un vélo. Le mécanisme du revolver-cycle s’appuyait sur des brevets datant de 1868, similaires à ceux utilisés pour le Bulldog. Sa conception ingénieuse permettait de dissimuler l’arme dans une poignée de vélo, facilitant ainsi son transport sans attirer l’attention.
De nombreux armuriers ont produit des copies et des variantes du Bulldog, parfois sous d'autres appellations commerciales. Ces déclinaisons pouvaient présenter des différences au niveau du calibre, de la taille, du mécanisme ou des finitions.
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Le revolver Bulldog était une arme de défense personnelle populaire auprès des civils, en raison de sa compacité et de sa puissance de feu. Il était souvent porté discrètement dans une poche ou un sac.
Les usines belges, notamment à Liège, ont inondé l'Europe de ces petits revolvers, souvent revendus par correspondance, comme chez Manufrance.
En France, le Bulldog et ses copies sont classés en catégorie D en raison de leur ancienneté et de leur calibre. Ce classement concerne les armes à feu anciennes dont le brevet est d’avant 1900 et qui sont considérées comme moins dangereuses du fait de leur âge et de leur technologie. Toutefois, certaines versions en calibres 6.35 mm et 7.65 mm, ont été surclassées par arrêté, ce qui signifie qu’elles sont soumises à une réglementation plus stricte.
Cette distinction est importante pour les collectionneurs et les amateurs d’armes anciennes, car elle détermine les conditions d’acquisition, de détention et de transport de ces revolvers.
Les revolvers Bulldog sont très recherchés par les collectionneurs, en particulier les modèles d'origine en bon état et portant des marquages distinctifs. Les variantes rares et les finitions de luxe peuvent également susciter un intérêt particulier.
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Même si les revolvers Bulldog sont en vente libre, le transport et le port de ce genre d'arme requièrent au moins une raison légitime. Vous devez donc fournir ce motif en cas de contrôle ou vérification de sécurité. Notez que les forces de l'ordre considèrent le lieu et le contexte afin de déterminer si la raison de porter une telle arme est valable. Ils étudient ainsi le motif légitime au cas par cas.
La restauration d'un revolver Bulldog peut nécessiter plusieurs interventions, notamment sur la mécanique. Voici quelques points à considérer :
Au vu des questions posées par les collectionneurs il apparaît qu’il existe une confusion entre les modèles Mark IV « Boer War Model » en calibre .455, conçu en 1897, qui est effectivement classé en catégorie D§e) et le Mark IV en calibre. Les revolvers Webley Mk I à Mk IV chambrés en calibre .455 sont classés en catégorie D§e), en raison de leur conception, de leur mise sur le marché (notion correspondant au « modèle » militaire), ou de leur adoption par l’armée britannique avant 1900. Le cas du Webley Mark IV en calibre .38 est tout à fait différent.
Pendant la guerre de 1914-1918, le revolver Webley MarVI, avait été la principale arme de poing utilisée par la Grande Bretagne et ses Dominions. Aussi l’armée britannique demanda-t-elle à Webley & Scott, qui lui fournissait ses revolvers depuis 1887, d’étudier une arme plus légère et plus compacte. Les ingénieurs de Webley & Scott qui s’étaient mis à l’ouvrage en 1921, arrivèrent vite à la conclusion que l’objectif d’allègement qui leur avait été fixé ne pouvait pas être atteint sans une réduction de calibre.
L’arme qui en résulta fut proposée à l’armée britannique, qui la testa, mais lui préféra finalement un autre revolver en calibre .38 (aussi appelé calibre .380 quand il est exprimé non plus en centièmes mais en millièmes de pouce), qui avait été développé par l’arsenal d’Enfield. Pour baptiser cette nouvelle arme, Webley & Scott choisit de lui donner le nom de « Mark IV » : non pas pour le rattacher au revolver Mark IV « Boer War model » en calibre .455 qui était à cette époque rangé au rayon des antiquités, mais parce qu’il prenait ainsi logiquement la suite des Webley Mark II « New Self ejector model » et Mark III « Pocket model » en calibre .38 du siècle précédent.
Afin de diversifier sa gamme de produits, Webley en établit également des versions en calibre .32 et en calibre .22, ces dernières étant surtout destinées aux tireurs sportifs. Le Mark IV en calibre .38 n’est donc pas un lointain parent du « Boer war model » en calibre .455. En 1927, la fabrication du Mark IV « Boer war » model avait été abandonnée depuis près de quinze ans au profit de celle du Mark V et du Mark VI. L’histoire des revolvers Webley est relativement embrouillée et certaines similitudes d’appellation ne font que renforcer la confusion.
Bien entendu, nous ne prétendons pas tout savoir sur les revolvers Webley. Aussi les collectionneurs qui contesteraient cette position peuvent se faire connaître, à condition de nous fournir des documents incontestables pour étayer leur thèse afin que nous puissions réexaminer notre analyse. Si vous détenez une arme malheureusement classée en catégorie B 1°), pour couler des « jours heureux » vous devez impérativement vous mettre en règle.
Revolver Webley Ric, déjà libéré par l’arrêté du 7 septembre 1995. Ces Webley ne sont pas très beaux et n’ont jamais eu vraiment la cote chez les collectionneurs. Il suffirait que l’on fasse croire à des collectionneurs qu’ils sont libres, pour que des « aigrefins » s’enrichissent. L’Enfield Mark 2 en calibre .476 datant de 1881 a été classé en 8ème catégorie en 1986 et repris dans la liste de l’arrêté du 7 septembre 1995. Le SCAE à effacé toutes les fiches qui classaient à tort des Webley MK V sauf la BR477 qui répertorie un Webley en 44 Colt.
A noter que les munitions de revolver Webley en calibre .38, .455 et .22 sont également classées en catégorie D§§J bis) à condition d’être chargées à la poudre noire et fabriquées avant 1900.
Les Bulldogs et Vélodogs sont libérés depuis 1987 et les revolvers que les collectionneurs ont baptisé de l’appellation générale de « Vélodogs » le sont depuis 2013. Il est vrai que la charnière 19/20e siècle a vu se développer d’innombrables petits revolvers. La particularité des armes que nous étudions dans cette page est d’avoir un barillet non basculant dans lequel les cartouches doivent être chargées une à une et les étuis extraits un par un après le tir à l’aide d’une baguette basculante logée dans l’axe du barillet.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Calibre | .320 PN (Poudre Noire) |
| Mécanisme | Simple et double action |
| Longueur | Environ 14 cm |
| Hauteur | Environ 10 cm |
| Catégorie (France) | D (selon la législation) |
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