Cet article explore les aspects de la restauration d'un revolver Webley, en abordant les modèles, les modifications potentielles, et les considérations légales.
À la fin du XIXe siècle, l’industrie armurière connaît une croissance importante. De récentes avancées techniques accélèrent les découvertes, les brevets et les systèmes. Après avoir maîtrisé les aciers, l’industrialisation, la standardisation et le développement de la poudre sans fumée, l’industrie armurière développe le concept de semi-automaticité.
Plusieurs essais seront mis en œuvre, mais le seul revolver semi-automatique fiable reste le Webley-Fosbery, fruit du travail du lieutenant-colonel George V. Fosbery. La force de ce revolver est de combiner les qualités d’une arme éprouvée et de lui appliquer un système de réarmement semi-automatique.
L’idée est de rendre mobile l’ensemble canon / barillet sur la carcasse afin d’exploiter cette translation mécanique pour assurer le réarmement du chien et la rotation du barillet.
La première apparition publique du revolver semi-automatique Fosbery a lieu en 1900 lors d’une compétition sur le célèbre pas de tir britannique de Bisley. Après quelques perfectionnements, l’arme rencontre un certain succès auprès des compétiteurs. Bien qu’il soit relativement haut sur la main, ce revolver est confortable au tir et d’une grande précision.
Lire aussi: Guide de la restauration des fusils anciens
Si dès sa mise sur le marché, le revolver « Webley-Fosbery Automatic » (son premier nom commercial) a séduit un certain nombre de tireurs civils, sur le plan militaire, l’arme était irrémédiablement disqualifiée. Ainsi le Webley-Fosbery ne sera jamais adopté militairement.
Le réarmement semi-automatique de ce révolver simple action repose sur l’exploitation directe du recul du canon lors des tirs…finalement comme une majorité de « pistolets automatiques » tirant à culasse calée ! Lors du tir, la partie mobile est donc entrainée par le recul vers l’arrière de la partie fixe avant d’être renvoyée vers l’avant par le ressort récupérateur.
Le chargement de l’arme est pour le moins classique et en tout point identique aux autres armes à brisure du système Webley. Après approvisionnement, comme sur toute arme simple action, la mise en œuvre de l’arme passe donc par l’armement préalable du chien. Pour parfaire le tout, il possède une sûreté manuelle présente sur la gauche de la carcasse.
C’est la firme Webley & Scott de Birmingham qui va assurer la production de cette arme, estimée à moins de 5 000 pièces, de 1901 à 1924. Sur le modèle 1901, la procédure de dépose du barillet est héritée des autres révolvers Webley. À la différence des autres révolvers de la marque, ce levier n’est pas sécurisé par une vis.
Avec l’apparition du modèle 1902, le démontage du barillet se voit encore facilité : il suffit de faire pression sur le bouton-poussoir positionné sur la carcasse au-dessus du barillet. Le barillet est par conséquent lui aussi modifié : il reçoit un usinage supplémentaire sur la partie avant qui permet de loger l’arrêtoir de barillet.
Lire aussi: Législation française sur la restauration d'armes
Outre les différentes modifications « cosmétiques » du barillet et celle énoncée précédemment lié au démontage, le 1903 sera doté, vraisemblablement à partir de 1912, d’un barillet plus court. Différentes longueurs de canons ont également été proposées : 4, 6 et même 7,5 pouces pour le modèle « Target ».
Les dernières modifications dateraient de 1914 la Première Guerre mondiale ayant sans doute mis fin au perfectionnement de l’arme. L’arme dont nous avons eu la « jouissance » est un modèle 1903 Target à canon de 7,5 pouces. La longueur du révolver est de 30 cm pour une masse de 1280 g.
La ligne de visée est particulièrement soignée. Suffisamment longue pour exploiter les organes de visée, elle permet d’obtenir un contraste efficace entre le guidon et la hausse. Bien que perlé, le guidon permet une acquisition confortable de la cible.
L’approvisionnement de l’arme est particulièrement rapide et aisé. Le barillet étant en position horizontale, les munitions peuvent être introduites une par une avec une grande simplicité…mais aussi comme déjà évoqué, à l’aide d’un speedloader ! Pour refermer l’arme, il suffit de saisir le canon et de le ramener en position.
En effet, peu de tireurs ont un jour été amenés à armer un revolver en tirant le canon en arrière, à la manière d’un pistolet semi-automatique ! La mécanique est souple et parfaitement ajustée, il n’y a pas de jeu parasite entre les pièces mobiles et la carcasse.
Lire aussi: Guide de restauration de fusils de chasse
Pour restaurer le métal, voici une méthode de bronzage à froid :
Pour les bois, la méthode du poncé/huilé peut être utilisée. Si les bois ne sont pas en mauvais état et que l'on souhaite garder leur patine, poncer sans trop insister.
Au niveau mécanique, il est conseillé de tout démonter, procéder à un gros nettoyage en règle et vérifier l'usure des pièces. Il est également recommandé de consulter des ressources comme le dvd "Complete Winchester 97" produit par "Gun Video" pour éviter les pièges lors du remontage.
L'idée d'investir dans un Remington 1858 en calibre .44 et de le convertir pour tirer des étuis métalliques peut être attrayante. Voici quelques éléments à considérer avant de se lancer dans cette modification :
Plusieurs marques proposent des barillets de conversion pour les Remington 1858, permettant de remplacer facilement le barillet d'origine afin de tirer des cartouches métalliques. Par exemple, pour Uberti, la référence est : R&D Cartridge Conversion for 1858 Uberti 44 Colt.
Il est bien évident qu'une balle en .452" va trouver la cible, c'est juste qu'elle la trouve mieux quand elle est en .458", ou à jupe de type Webley. En ce qui concerne le rechargement, il faut adapter le rechargement qui sera "soft", une expérience, et le matos de rechargement de cartouches métallique est évidemment exigé.
Il est crucial de bien comprendre la réglementation française concernant les armes à feu et leurs conversions. Voici quelques points importants :
Il est conseillé de prévoir un envoi au banc d'épreuve de Saint Etienne de l'arme modifiée complète, par l'intermédiaire d'un armurier reconnu, habilité à la fabrication ou modification d'armes à feu.
| Calibre | Nombre de coups | Remarques |
|---|---|---|
| .45 | 5 | Conversion courante |
| .38 | 6 | Moins courant, nécessite des balles spécifiques |
tags: #restauration #revolver #webley #guide